Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique (SMNDA)

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Publications des SMNDA

"Partage 30 Aprile"

La revue des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique

2003 - n.4

Septembre 2003

Les SMNDA et le SIDA:

leur travail pour combattre le SIDA
l'accompagnement de ceux et celles
"affectés" par le SIDA

Ensemble pour vaincre !

Il y a quelques semaines, en compagnie d'une assistante sociale, Margaret Okolo, je suis allée à Kibera, un des bidonvilles les plus étendus de toute l'Afrique. Margaret s'occupe de fournir des prêts à divers groupes de personnes et d'en vérifier l'utilisation. Une des femmes concernées était malade le mois dernier, donc incapable d'ouvrir son kiosque et sans doute aussi de rembourser le prêt. Nous faisons des prouesses d'équilibre pour enjamber les égouts et les ruisseaux de boue qui brillent au soleil et nous arrivons à la maison dont la porte est fermée. Dehors, quelques femmes font la lessive. Nous leur demandons si Paulina est absente. " Elle est décédée hier après-midi ", dit l'une d'elles. C'est la 20ème à mourir ce mois-ci parmi celles qui sont aidées par l'Assistante sociale.

Nous poursuivons notre recherche un peu plus loin par un labyrinthe d'étroits sentiers entre les maisons, les égouts et les monceaux d'ordures ménagères. Nous frappons à une autre porte. Joyce est alitée et très faible. Inutile de lui demander si elle s'alimente, quand elle n'a sûrement pas d'argent pour acheter quoi que ce soit ! Elle ne parle que de ses enfants. Que leur arrivera-t-il quand elle sera partie ? Pourront-ils continuer à l'école ? Qui s'occupera d'eux ? Elle n'a pas de famille en ville.

Deux exemples de situations dramatiques, qu'on peut multiplier tant de fois.

Le SIDA/IVH frappe l'Afrique inexorablement. Personne n'est épargné, personnes âgées ou jeunes, hommes et femmes, riches et pauvres. Le SIDA non seulement façonne le présent, mais il compromet l'avenir même de l'Afrique et des Africains.

Depuis de nombreuses années, nous les SMNDA, avec bien d'autres religieux, religieuses, organismes caritatifs, sociétés civiles, agents de la santé et personnes de bonne volonté, nous avons pris soin des malades et accompagné les mourants, formé les jeunes à un changement de comportement, veillé à ce que les orphelins soient pris en charge et nous avons participé à des campagnes pour l'obtention de médicaments à des prix abordables. C'était notre façon de combattre le SIDA et d'être solidaires des victimes et de leurs familles. Mais aujourd'hui, l'extension du mal est telle que nos gestes de miséricorde, si nécessaires soient-ils, ne suffisent plus ; nous sommes appelées à aller plus loin et à envisager d'urgence une autre politique.

Ce n'est pas tout de faire du bon travail. Il faut prendre le temps de réfléchir à partir de notre expérience et de celle des autres, noter ce qui réussit et être capables de l'organiser pour le proposer à d'autres. Le temps consacré à la recherche n'est pas du temps perdu, comme on le pense trop souvent. Servir les gens, c'est aussi consacrer du temps et des ressources et participer à ces recherches à notre niveau.

Le drame actuel de l'Afrique causé par le SIDA/VIH devient un appel pressant adressé à toutes personnes et organismes, pour unir leurs forces afin de vaincre cette calamité. Les efforts isolés sont condamnés à l'échec, même chez les grandes puissances. Il est impératif d'agir en solidarité : les pays riches partageant leurs ressources, leurs techniques et le fruit de leurs recherches ; les grandes compagnies pharmaceutiques découvrant de nouveaux médicaments et les offrant à des prix raisonnables ; les Nations Unies étant le lien entre les pays et les Organismes ; les Organisations internationales faisant des arrangements qui facilitent l'accès aux médicaments, à la nourriture, et créant un environnement avec des conditions favorables ; les Églises et les Organisations inspirées par la foi, usant de leur influence, appuyées sur la confiance des gens et sur leurs communautés répandues dans le monde...

Imaginons un instant quel serait l'impact formidable si tous ces " acteurs " travaillaient ensemble avec désintéressement, au service d'une cause commune : l'éradication du SIDA/VIH et l'espoir d'un mieux-être chez les victimes de cette terrible maladie. Ne serait-ce pas la seule façon d'espérer réussir un jour ?

Oui, le temps est venu de travailler ensemble. C'est un moment favorable, un temps de détresse et de souffrance qui réclame de nouvelles attitudes pour la vie et pour le travail. C'est un appel à vivre de nouvelles formes de partenariat, même avec ceux que nous critiquons parfois ou avec qui nous n'avons pas l'habitude de collaborer. Travailler avec d'autres différents a toujours fait partie de notre charisme. Agir en solidarité, c'est aussi agir avec lucidité, afin que nos démarches et les partenariats que nous créerons soient au service des pauvres et des malades, au service des personnes et non pas au bénéfice personnel de quelques privilégiés.

Begoña Iñarra
Editeur

MWANZA ! Entrez ! Ici la MAISON DE LA PAIX

Missionnaire à Mwanza (Tanzania) depuis longtemps, Cornelia (Corrie) Vork connaît bien la population et ses besoins. Ainsi, il y a plusieurs années, alors qu'elle rendait visite aux malades à l'hôpital et à domicile, elle s'est rendu compte de la détresse des victimes du SIDA qui étaient souvent rejetées à cause de la crainte que la maladie inspirait à leurs familles. Elle s'est sentie appelée à leur accorder une attention particulière. Puis ce qu'elle a commencé humblement comme attention aux malades et aide aux familles s'est développé (tout comme la maladie !) et est devenu le " Shalom Care Home " (Maison de soins de la paix), une des initiatives de l'Église catholique en faveur des malades du SIDA/VIH.

En 1990, avec une compagne, Sr Corrie commence des soins à domicile. Ensemble, elles vont d'abord au Centre Médical Bugando, afin de faire connaissance avec les malades hospitalisés. Puis quand ceux-ci retournent à la maison, elles leur rendent visite chez eux. La paroisse de Bugando met alors une petite salle à la disposition des malades qui peuvent y venir pour conseils et traitement. A mesure que la maladie se répandait et que le service des bénévoles était connu, plusieurs nouveaux noms s'ajoutaient à la liste du début. Corrie aide les victimes du SIDA à " vivre " et, en d'autres cas, elle les aide à mourir avec dignité.

L'accompagnement des malades dans les débuts de la maladie, quand ils découvrent qu'ils sont touchés est très important pour eux, mais aussi pour ceux qui les entourent : la famille, les enfants, les gardiens ou parents adoptifs, les employeurs. Ceux-là aussi sont affectés d'une façon ou d'une autre et ont besoin d'aide. La situation économique se détériore rapidement, parce que les malades ne peuvent travailler et ne jouissent d'aucun système de sécurité sociale. Le Shalom Care Home aide régulièrement environ 200 familles avec un surplus de nourriture.

En 1994, les patients ont mis sur pied un groupe de soutien qui se réunit une fois par mois pour un encouragement mutuel et la mise en commun de leurs problèmes et des solutions qu'ils ont trouvées. Un an plus tard, en 1995, est né le " Club des Orphelins du Sida " pour répondre aux besoins des enfants qui, ayant le sentiment d'être abandonnés, sont traumatisés après la mort de leurs parents et même d'autres membres de leurs familles. Les gardiens ou parents adoptifs, dont la tâche n'est pas facile, se rencontrent aussi régulièrement afin de s'entraider à traverser des périodes plus dures et recevoir le soutien du " counselling ".

De nouveaux besoins appellent de nouveaux services. La petite salle mise, par la paroisse, à la disposition des malades et de ceux qui les aident est devenue un Centre de soins, avec un dispensaire et une équipe comprenant un médecin, une infirmière, des conseillers et des bénévoles. Les activités du Centre sont orientées vers les soins à domicile, le " counselling ", la prévention, l'accompagnement pastoral pour les patients, les gardiens, les orphelins et l'équipe de service. Sr Corrie s'est aussi impliquée dans la recherche de ressources pour soutenir les différentes activités.

Le SHALOM CARE HOME/ MAISON DE LA PAIX a maintenant développé trois sections:
- des activités à partir des trois principaux hôpitaux : Bukumbi, Sumve et Butimba ;

S des programmes au niveau des paroisses avec une nouvelle approche de la santé et une réponse dans la foi ;

S les visites et soins des malades et des orphelins et l'orientation des jeunes vers le mouvement " Youth Alive " (Jeunesse debout).

Sr Cornelia (Corrie) Vork, Mwanza, Tanzania

"P A S A D A" VISE LE POSITIF

PASADA est une agence de service social qui a été mise sur pied en août 1992 par l'archidiocèse de Dar es Salaam pour venir en aide aux personnes touchées par le SIDA.

PASADA s'est développé rapidement en réponse à l'explosion des demandes d'aide. L'organisme s'efforce d'atteindre les plus pauvres parmi les pauvres, leur offrant une assistance médicale et sociale, matérielle et spirituelle selon leurs besoins, sans aucune distinction de croyances religieuses ou d'ethnies.

Dans sa lutte contre le SIDA, PASADA présente une approche holistique, grâce surtout à son principal Centre de Soins : Chang'ombe-Upendano.

S Après une session de counselling, on offre des tests pour détecter la présence du virus. De 1.000 tests environ effectués chaque mois, 26% révèlent que les personnes sont séropositives. Ces dernières peuvent alors compter sur une aide appropriée sous forme de counselling, soutien social et spirituel, traitement et même hospitalisation à domicile, si nécessaire. De plus, dans toutes les cliniques pré-natales de l'archidiocèse, des conseils et tests sont offerts gratuitement aux mamans ; celles qui se révèlent séropositives reçoivent un traitement au moment de l'accouchement, afin d'empêcher la transmission du virus à leur enfant.

S Un programme d'éducation communautaire " Stepping Stones " orienté vers un changement de comportement, offre des variétés de séminaires, dans tous les coins de la ville et dans les 5ème, 6ème et 7ème années d'une quarantaine d'Écoles primaires. Tous les enseignants bénévoles ont bénéficié d'une formation de seize semaines. Le programme tend à rendre les communautés locales capables de discuter ouvertement et honnêtement des questions liées au comportement sexuel et des obstacles à la communication et au changement de conduite.

Savez-vous que 16.000 personnes sont atteintes chaque année du virus du SIDA et de ce nombre, 50% sont des femmes. En Afrique subsaharienne, 55% des adultes sont des femmes, et, chez les adolescents, les filles ont 5 ou 6 fois plus de risque d'être contaminées que les garçons.
S PASADA offre aussi une aide matérielle et un soutien moral aux 'familles élargies' qui se chargent des enfants dont les parents ou gardiens sont morts du SIDA. 1.300 orphelins sont aidés actuellement. Un fort pourcentage des personnes qui demandent un traitement à la Clinique sont des enfants de moins de 10 ans : 500 sont actuellement suivis pour VIH.

- Les personnes qui ont besoin d'aide, mais sont trop malades pour se rendre à la clinique, peuvent compter sur des soins à domicile de la part du personnel de la clinique ou des éducateurs de santé bénévoles, plus ou moins 90. Tout en répondant aux demandes croissantes pour des visites à domicile, - environ 1.000 patients sont visités chaque mois, - PASADA travaille à rendre les communautés locales capables d'assurer elles-mêmes régulièrement des soins de qualité à leurs malades.

Quels sont les résultats de tous ces efforts ?

Grâce à l'aide qui leur est apportée, de plus en plus de personnes séropositives ou victimes du SIDA se révèlent capables de réagir positivement. Ainsi par exemple, un homme, père de cinq enfants, avait été reconnu séropositif, alors que sa femme n'était pas contaminée. " Au moins, tu seras là pour les enfants ", lui dit-il, alors qu'elle songeait avec tristesse à sa mort prochaine.

Une rencontre mensuelle d'un groupe de soutien est ouverte à tous, et préparée par les participants eux mêmes, dans le respect des croyances personnelles de chacun. Une variété de sujets est au programme. De plus, afin de rendre ses services davantage accessibles à ceux qui en ont besoin, PASADA les offre également par l'intermédiaire des autres dispensaires de l'archidiocèse.

C'est ainsi que PASADA remplit un rôle unique à Dar es Salaam en aidant les personnes touchées par le SIDA/VIH à intégrer l'expérience de la maladie avec leurs croyances religieuses et spirituelles. L'équipe se compose actuellement de 62 membres tanzaniens avec 5 missionnaires étrangers. Depuis mars 1996, je travaille au Centre trois jours par semaine, pour l'administration financière et la gérance du personnel.

Francine Maas, Dar es Salaam

Ça bouge à KALILO !

Quand les femmes sont conscientisées, les choses commencent à bouger. Personnellement, je ne suis pas directement engagée dans l'un ou l'autre des programmes concernant le SIDA. Cependant, à la paroisse, je rencontre divers groupes de femmes pour une variété d'activités. Ces rencontres nous donnent l'occasion d'échanger sur des questions qui touchent plus ou moins le problème du SIDA.

Ainsi, il y a quelque temps, les femmes ont été invitées à participer à une session de trois jours organisée par le diocèse sur le thème de changement de comportement. Deux femmes d'un groupe ont été choisies pour représenter leurs compagnes et je me suis jointe à elles. Les non-participantes attendaient avec impatience le retour de leurs déléguées et le compte rendu qu'elles feraient de leurs activités. Après la session, nous avons donc organisé un atelier d'une journée pour tout le groupe. La rencontre a été très animée. Une saynète illustrant la façon dont le VIH se répand, a contribué à mettre en lumière un bon nombre de points.

Pour la première fois, les femmes ont elles-mêmes pris conscience de la nécessité de remettre en question certains aspects de leur culture. Par exemple, elles ont réclamé que de telles sessions soient organisées plus souvent et que maris et femmes y participent ensemble. Selon leurs traditions, jusqu'à présent, ceci n'était pas admis. Elles ont compris que le fait de venir ensemble, hommes et femmes, leur donnerait l'occasion de commencer à échanger sur des sujets d'une brûlante actualité. Elles ont ensuite ajouté que la coutume pour les femmes " d'avoir de l'eau dans la bouche " (ce qui signifie qu'elles ne peuvent parler) entraîne la désunion plutôt que la vie au sein du couple.

J'ai réalisé alors combien il était important pour les femmes d'apprendre à échanger entre elles sur des problèmes dont elles n'ont pas l'habitude de parler, et ainsi de partager tout aussi bien leurs craintes que les initiatives qu'elles osent prendre. C'est un bon point de départ. La majorité de ces femmes viennent de régions plutôt déshéritées et là où certaines traditions culturelles ont encore une forte influence sur la population.

A partir de cette session, nous avons pu constater une plus grande ouverture chez un bon nombre des participantes et certaines ont demandé d'avoir un test VIH. Elles veulent s'assurer de leur état de santé.

Mon rôle consiste simplement à les mettre en relation avec l'équipe qui répond aux demandes pour les " Tests volontaires ".

Juliana Karomba - Kalilo, Zambia


Savez-vous que :

* EATG est une excellente revue traitant du SIDA. Elle est distribuée gratuitement et est publiée en anglais, espagnol, français, italien et portugais.
Si l'on désire s'abonner, donner son nom et son adresse au complet , en ajoutant les numéros de téléphone, FAX et E-mail et mentionnant la langue que l'on préfère.
EATG : FAX : 49.211.788.5914 - E-mail : office@eatg.org - Site Internet : www.eatg.org

Frappons la pierrejusqu'à ce qu'elle éclate !

POUR LES ENFANTS EN DÉTRESSE de KITWE

Depuis 1996, je travaille à Kitwe avec CINDI (Children in Distress), une ONG zambienne. La branche de Kitwe est la plus importante puisqu'elle est chargée de 14 000 orphelins réunis dans 11 " villages ". Dans l'ensemble de la ville il y aurait, dit-on, 60 000 orphelins. Selon CINDI, qui n'a pas confiance dans la formule des orphelinats, les enfants ont plus de chance de faire des progrès s'ils sont laissés dans leur environnement naturel.

Pour ma part, je suis chargée de l'éducation des 14 000 orphelins et dois m'assurer que chacun ait une place à l'école. Ce n'est pas une sinécure. Actuellement, il s'agit de coordonner le programme d'éducation pour 7 000 orphelins, répartis en 60 écoles primaires et secondaires. Tenir compte de la nouvelle politique du Gouvernement pour l'enseignement gratuit, est un réel défi dans ce temps de crise économique. Jusqu'à présent, nous avons réussi à placer 57% des enfants à l'école, ce qui nous a demandé beaucoup de démarches auprès des autorités scolaires et du Ministère de l'Education.
Sans augmenter le nombre des 14.000 orphelins dont nous avons la charge, notre organisation s'est merveilleusement développée ces dernières années, grâce au soutien de nos bienfaiteurs. Elle a un sérieux impact dans la région du Copperbelt, en Zambie, et même au-delà.

La protection des jeunes contre VIH/SIDA est une de nos priorités. Aussi luttons-nous pour le droit des enfants à l'éducation en essayant de susciter des prises de conscience face à la corruption et à l'injustice. Mon rôle consiste principalement dans cette conscientisation, et dans le lien à maintenir entre les pays occidentaux et nous. Le fait que notre ONG zambienne soit dépendante d'autres ONGs hors d'Afrique nous cause quelques problèmes. Certains de ceux qui désirent nous venir en aide semblent vouloir nous ramener au temps de la colonisation, avec toutes ses contraintes. Serait-ce une nouvelle forme de colonialisme ? Nous avons l'impression qu'étant à l'extérieur, certains sont aveugles face à nos problèmes et craignent que leur argent soit gaspillé. C'est pourquoi nous accueillons de nombreux visiteurs et les conduisons sur le terrain pour leur ouvrir les yeux.

Nos objectifs :

  • Par une information sérieuse concernant la maladie et une éducation sexuelle des adolescents, veiller à ce que les orphelins ne soient pas contaminés.
  • Assurer aux orphelins, surtout aux malades chroniques, les soins de santé essentiels et une nourriture suffisante.
  • Collaborer avec d'autres organisations engagées dans la lutte contre le VIH/SIDA.
  • Rendre les membres de la communauté locale capables de s'attaquer au problème de façon continue.
  • A long terme, augmenter les services de santé, d'éducation, dans la famille et la société, afin de soutenir les enfants, adolescents et parents qui sont touchés par VIH/SIDA. Aider les parents, les enseignants, les infirmiers à comprendre les besoins des enfants victimes de la maladie et savoir répondre à ces besoins.
  • A moyen terme, intensifier les efforts en travaillant avec les jeunes adultes et en les impliquant dans les prises de décision et les activités, y compris la prévention de VIH et l'attention portée aux enfants.
  • A court terme, réduire le nombre des nouvelles victimes en s'assurant que les enfants, adolescents, jeunes adultes et tous ceux qui en sont chargés soient bien informés touchant la maladie et qu'ils aient toutes les possibilités d'apprendre comment s'en préserver. Aider d'une façon spéciale les jeunes à 'haut risque', sans oublier les adolescentes.
  • Assurer le nécessaire comme nourriture et habillement aux groupes les plus vulnérables.

Impact du VIH/SIDA sur l'Education

Diminution du nombre d'enfants capables de compléter leur formation scolaire.
Diminution du nombre d'enseignants diplômés, à cause des nombreux décès.

Contraintes

Propagation du fléau du VIH/SIDA.
Élévation du niveau de pauvreté.
Afflux d'orphelins étrangers.
Manque d'un minimum de ressources.
Manque de moyens de transport.
Apathie des jeunes adultes.

Comme le remarque ironiquement le Dr Barko, délégué des Nations Unis pour le Sida : " …nous allons continuer à frapper la pierre à coups de marteau cent fois ou plus jusqu'à ce qu'elle éclate. Même si nous ne voyons pas ce résultat, nous nous redirons que nous étions engagés dans le processus. "

Françoise de Traversay, Kitwe, Zambia

Ne pas oublier que :

  • Les personnes porteuses du virus VIH trouvent une consolation et un soutien dans une communauté où règne une estime mutuelle, sans doigt accusateur. Elles sont souvent elles-mêmes victimes avant d'être responsables.
    Au lieu de les juger, retroussons nos manches et passons à l'action en recherchant les moyens de les aider.
  • On dit souvent que la parole est d'argent, mais que le silence est d'or. Dans nos relations avec les malades du SIDA et leurs familles, ne cherchons pas à nous mêler de tout, demeurons discrets. Ayons un cœur compatissant.
    Donnons l'information, si elle est nécessaire, mais sans préjugés. Ne vivons pas avec le souci constant de répondre aux attentes des autres, soyons nous-mêmes.

Solidarité et Heure de Grâce

Sœur Rosalia a passé la plus grande partie de sa vie missionnaire en Zambie. De retour dans son pays d'origine, les Pays-Bas, elle demeure en relations avec les Zambiens et des coopérants qui ont travaillé en Zambie et vivent désormais en Europe. A cause de son expérience en Afrique, elle est souvent invitée, comme observatrice ou participante, à des conférences ou ateliers sur le SIDA. En certains cas, comme lors de la Conférence Internationale de 1997, elle a l'occasion de rencontrer des participants venant d'Afrique. Elle nous fait part ici de quelques-unes de ses activités.

Pendant 15 ans, j'ai été aumônier à l'Hôpital général et à la prison de Mansa, en Zambie, et membre de l'Équipe de " counselling ". A cette époque, l'hôpital comptait 390 lits occupés en majorité par des malades de la tuberculose ou du SIDA/VIH.

En 1991, je revenais aux Pays-Bas. L'année suivante, en 1992, j'étais invitée à participer au Congrès international sur le SIDA qui se tenait à Amsterdam. Le congrès aurait dû se tenir aux USA, mais à cause de la difficulté d'obtenir les visas pour les participants des pays du Sud, il fallut changer au dernier moment. À Amsterdam, le Conseil des Églises, la municipalité, les hôtels et les médecins, tous se sont montrés très disponibles.

En 1993, je fus invitée à Groningen pour l'anniversaire de l'Indépendance de la Zambie. Cet anniversaire est célébré tous les ans, le 23 octobre, dans un endroit différent, par les Zambiens qui vivent aux Pays-Bas. Cette fois, nous étions appelés à nous réunir à la résidence d'un médecin hollandais, Dr. Jaap v.d. Boom, dont l'épouse zambienne est également médecin, Dr. Apakombwela Chisuse. En plus de leurs deux enfants, ce couple a pris à sa charge trois orphelins de la famille de leurs frères et sœurs, et a ensuite organisé l'hospice Funsani à Kitwe pour d'autres orphelins, dont certains déjà touchés par le SIDA (voir ci-après). Je reste en relation avec cette famille et ils sont reconnaissants du soutien, moral surtout, que je leur apporte. A l'occasion, j'essaie de les mettre en contact avec des personnes ou organismes susceptibles de les aider dans leur engagement.

Faire connaître la vérité
Il y a quelque temps une association nationale ayant pour but de venir en aide aux malades du SIDA préparait une exposition de photos qui devait faire le tour du pays. En plus des photos, il y avait peu de paroles écrites, mais on pouvait y lire le message suivant : " Les Évêques catholiques encouragent le SIDA en ne permettant pas l'usage des condoms ".

Des personnes impliquées dans la lutte contre le SIDA m'en ont informée et à leur demande j'ai pris contact avec l'association en question. J'ai reçu une réponse très bienveillante et nous avons pu organiser une rencontre avec le Ministre de la Santé, des délégués de Memisa (organisme d'aide) et le Directeur de l'Exposition. On m'a assurée que le texte serait modifié puisque nous avions pu faire reconnaître le travail positif de l'Église catholique et des Évêques en faveur des personnes touchées par le SIDA/VIH. En définitive, l'exposition mobile n'a pas été organisée et j'ai reçu une lettre de remerciement pour avoir attiré l'attention des responsables sur le fait que des Zambiens présents en Hollande avaient été peinés en reconnaissant certaines personnes sur les photos.
A partir de cet incident, une nouvelle relation s'est établie entre nous et, cette année, la revue " Stop Aids Now " (Fin au SIDA maintenant) a publié un excellent article sur la contribution des Églises face au problème du SIDA, mentionnant le rôle joué par les Églises chrétiennes et exposant une large photo de Mgr De Jong, évêque de Ndola (Zambia).

La réalité du SIDA
Le nouveau Président de la Société Internationale du SIDA, Joep Lange, dont le dévouement à la cause et l'intégrité ne font pas de doute, disait dans une interview : " La situation est terrible. Le SIDA ravage les individus, les communautés et les populations dans une mesure telle qu'on doit parler de tragédie humaine. La souffrance, la misère et l'absence totale d'espérance dont je suis témoin quand je voyage à travers l'Afrique sont au-delà de toute description. Le message que j'adresse à tous ceux qui cherchent des solutions à ce problème, c'est de créer des réseaux de solidarité entre le nord et le sud, de partager les expériences des uns et des autres et de former des alliances qui interpellent et qui soutiennent. " Même si beaucoup reste à faire, il faut admettre que beaucoup d'efforts sont actuellement consacrés à affronter ce drame du SIDA, tant dans le sud que dans le nord, en vue d'une mise en commun des ressources et des connaissances.

De même on a de plus en plus le souci de voir les victimes du VIH/SIDA traitées avec respect. Ainsi le groupe européen s'est-il plaint à la Société Internationale du fait qu'à la Conférence de 2002 à Barcelone, les personnes touchées par VIH/SIDA avaient été exclues de prises de décision importantes à tous les niveaux, tout particulièrement dans des domaines concernant leur propre bien-être.

Aux jeunes, nous pouvons dire que la vie n'est pas un événement, mais un processus, et la pensée de la mort est difficile à affronter quand on a vingt ou même trente ans. Pour les personnes touchées par le VIH, le processus est accéléré et elles sont confrontées à des questions qui habituellement se posent plus tard. Dans la phase ultime de la vie, Dieu se profile discrètement à l'horizon, mais la priorité revient aux gestes de tendresse à donner et à recevoir. La réconciliation avec l'environnement le plus proche semble parfois plus importante que la réconciliation avec un Dieu lointain. Bienheureux ceux qui sont appelés à accompagner leurs frères et sœurs à cette étape difficile de leur vie.

Je suis souvent stimulée moi-même par le courage de ceux qui sont marqués par la maladie, c'est pourquoi je tiens à participer chaque année à la rencontre d'Amsterdam qui est un service de prière et de partage appelé l'HEURE DE GRÂCE.

Deux questions

  • Nous nous sentons poussés à apporter une aide spirituelle aux personnes mourant du SIDA. Avons-nous également le souci de leur procurer les médicaments dont elles auraient besoin ?
  • La réintégration est une urgence. Que signifie 'aider les personnes à vivre avec VIH/SIDA' ?

    Sœur Rosalia, Esch (Pays Bas)

Prière et Vie

* Dans la langue hébraïque, on ne trouve pas de traduction spéciale pour le mot " prière ", parce que prière et vie sont une seule et même chose. Un pasteur bien connu et apôtre auprès des sidéens, Fr. van Kilsdonk, me dit un jour : " Dans mes conversations, je ne mentionne pas toujours Dieu et ses saints anges, -vous comprenez ce que je veux dire- mais à travers des contacts humains chaleureux, j'espère tout de même rayonner quelque chose du Seigneur qui vit en moi. " (communication de Sr Rosalia)

FUNSANI à Kitwe

Extraits de l'allocution du Docteur Apakombwela Chisuse, lors de l'ouverture de l'Hospice Funsani à Kitwe, Zambie - 8 décembre 2002

L'Hospice Funsani est un Foyer où nous voulons accueillir les enfants demeurés orphelins, comme conséquence directe de la pandémie du SIDA.

Quand ma mère est décédée en 1994, à l'âge de 61 ans, je me suis dit qu'au moins elle avait eu une bonne vie, et vu les enfants de ses enfants.
Quand mon jeune frère Kanga est décédé en 1996, 6 jours avant son 29ème anniversaire, il nous laissait au moins le petit Kwilole pour nous rappeler son souvenir.
Quand ma jeune sœur est décédée en 2001, à l'âge de 35 ans, j'étais désespérée. Heureusement je pouvais me dire que j'étais privilégiée d'avoir un mari comme Jaap. Il arrive que les mots soient impuissants à exprimer le chagrin que nous ressentons, ou la gratitude qui nous habite. Mais nous espérons que nos actions pourront parler.

En conséquence de ce qui précède, j'ai développé une nouvelle passion. Mes énergies sont maintenant orientées vers les enfants. Il faut à tout prix les retirer de l'environnement du SIDA. Et, selon moi, l'ADOPTION est la réponse. J'ai partagé mes pensées avec un ami qui est aussi un avocat. Je voulais adopter tous les enfants de ma famille, de moins de 15 ans, et il y en avait 10.
" Non, ce n'est pas possible, au moins pas selon la loi, me dit-il.
" Combien alors ?
" 3 à la fois.
" C'est bien, disons 3. "
Pendant toute une année il y eut un échange de lettres et documents entre le Royaume Uni et la Zambie. Aujourd'hui je peux dire avec fierté que je suis la mère heureuse de 5 enfants de 16 à 6 ans. La bataille n'est pas gagnée cependant. Les trois enfants adoptés ne sont pas autorisés à rejoindre leurs parents adoptifs en Grande Bretagne, selon une décision des Autorités représentant le gouvernement britannique en Zambie. Ainsi la lutte doit continuer et c'est pourquoi je suis revenue en Zambie.

La question demeure : Que faire des autres enfants qui sont tout aussi importants ? Il y a le petit 'trésor' que ma sœur Kumi nous a laissé et qui n'avait alors que 9 mois. Il est sous traitement antiretroviral ce qui coûte une fortune à son père.
Puis, il y a notre oncle Wilson, cet oncle au si grand cœur. Il a perdu sa femme il y a trois ans et lui-même n'est pas bien et pourrait nous quitter assez vite. Que faire de ses garçons ? Comme il a sacrifié toute sa vie pour servir notre famille, nous avions un devoir envers lui. Si je pouvais assurer l'avenir de ses enfants pendant qu'il est encore avec nous, il saurait qu'ils sont heureux et qu'ils peuvent envisager l'avenir. Voilà comment l'Hospice Funsani est né à Kitwe !

Je voudrais étendre notre activité à la communauté locale. Quant au nombre, nous espérons pouvoir héberger jusqu'à 200 enfants. Cela peut paraître un projet trop optimiste, mais même cela, c'est tout juste une goutte d'eau dans l'océan quand on songe à l'immensité du problème.

Plus nous y pensons, Jaap et moi, plus nous réalisons que nous avons reçu un APPEL auquel nous ne pouvons pas nous soustraire. Vous savez ce qui est arrivé à Jonas et à la population de Ninive… !

La vraie lutte ne fait que commencer et nous avons besoin de tout le soutien possible.

Merci !

Docteur Apakombwela Chisuse

HNe me laissez pas mourir seul

Un fait vécu par Soeur Rosalia

A l'Hôpital général de Mansa, un prisonnier était sur le point de mourir. Près de lui se trouvait un officier de la prison avec son arme. Dans la soirée j'ai voulu donner au prisonnier une petite croix. Il ne l'a pas acceptée, mais me dit : " Le Christ sur la croix avait deux meurtriers à ses côtés. Ils ont parlé et Jésus a murmuré : 'Aujourd'hui, tu seras avec moi…'Aussi ne me laissez pas seul. "

Alors j'ai demandé à deux étudiants infirmiers de passer la nuit avec lui ou de veiller à ce que les étudiants se relaient pour assurer une présence. Le matin suivant on m'a dit : " X…est mort paisiblement. Il murmurait à voix basse avec nous. Nous chantions. Il est mort dans la paix. " Il a fallu deux semaines avant de pouvoir l'inhumer, personne ne réclamait son corps. En définitive, la Commune l'a pris en charge. Trois mois plus tard, sa mère est venue de l'autre bout du pays et m'a apporté… un poulet !

Jeter l'ancre au "Relais Espérance"

Lors du Synode diocésain de 1990, l'Eglise de Marseille a décidé d'ouvrir un Centre d'Accueil où pourraient être reçues les très nombreuses victimes du SIDA. L'année suivante, en 1991, l'Association " Relais Espérance " ouvrait ses portes, avec comme logo une ancre marine voulant signifier que l'endroit est comme " un port où l'on peut faire escale et se reposer ".

En 1996, je me suis sentie interpellée par la situation des sidéens, si souvent exclus de leur famille et de la société. Alors je me suis jointe au groupe des bénévoles, car ce service me paraissait être dans la ligne de notre Charisme. C'est ainsi que j'ai assuré des permanences au Centre et qu'un malade à domicile m'a été confié.

A Relais Espérance, les bénévoles ont un rôle d'accueil, d'écoute et d'accompagnement, au plan psychologique ou spirituel, selon les besoins. Ils travaillent en équipes, orientent les malades vers les services sociaux appropriés et surtout donnent la possibilité de parler à tous ceux dont le passé souvent chargé est lourd à porter : s.d.f., (sans domicile fixe), drogués, homosexuels, toxicomanes.

Au Centre, l'atmosphère est habituellement simple et confiante et devient même familiale à l'occasion des anniversaires et fêtes quand des repas collectifs sont offerts auxquels sont invités amis et sympathisants. De temps à autre, ce sont les " accueillis " eux-mêmes qui préparent un repas collectif ; l'un d'eux distribue les rôles et l'ambiance est sympathique, d'autant plus que certains sont d'excellents cuisiniers et même pâtissiers. Durant la bonne saison, des sorties organisées sont fort appréciées.

Les nouvelles thérapies offertes aux malades permettent à certains de reprendre un travail à mi-temps. Ainsi A… ayant trouvé une activité selon ses capacités est tout heureux, car il se sent revalorisé en étant capable de réintégrer le marché du travail. Par contre B… qui avait été admis comme agent téléphoniste, a été forcé de laisser son emploi à cause de l'évolution de la maladie. Ce sont alors les bénévoles qui allaient vers lui et l'accompagnaient sur son chemin douloureux. Sa mère est venue demeurer chez lui jusqu'à son décès. Le groupe a été très affecté par ce départ de même que par celui d'un autre jeune décédé à la suite d'une overdose de drogue. Les parents sont reconnaissants de ce que nous faisons pour leurs fils et ils demeurent en relation avec nous. Un autre exemple de solidarité : F. et S., de milieu très modeste, ont préparé leur mariage dans une paroisse tenue par les Jésuites, car F. était connue des paroissiens. L'équipe paroissiale s'est chargée de l'organisation de la cérémonie et de la collation qui a suivi.

Il y a trois ans, un service à domicile, " Soin Assistance ", a demandé l'aide de nos bénévoles pour accompagner régulièrement un de leurs malades. Ce type d'accompagnement nous semble positif et les malades s'intègrent bien au groupe " Relais Espérance ", lors des repas collectifs et des sorties.

Dans plusieurs cas, il faut bien l'avouer, nous constatons des régressions et des absences dues à la drogue ou à l'alcool,. mais un jour ou l'autre, " les accueillis " reviennent au port parce qu'ils peuvent se dire : " Je ne suis pas seul, quelqu'un rame à côté de moi. "

Germaine Feuillat, Marseille (France)

PARTAGE-TRENTAPRILE EST PUBLIÉ 5 FOIS PAR AN PAR LES SOEURS MISSIONNAIRES DE NOTRE-DAME D'AFRIQUE
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Editrice: Begoña Iñarra - Traductions: C. Bélanger, M. Gemme, J. Rondeau
Mise en page à l'ordinateur, impression: Marie-Vincente Brouca - Expédition: Odile des Roches

 

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