Ad
Gentes Ad Extra
La
mission de l'Église universelle
est d'annoncer la Bonne Nouvelle
à
tous les peuples de la terre
et, avec le Christ,
de ramener vers le Père
l'humanité réconciliée.
Le salut est pour tous.
Fort
de cette conviction,
le cardinal Lavigerie, guidé par l'Esprit,
fonde
la Congrégation
des Surs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique.
Exclusivement
missionnaire,
elle est destinée principalement à l'Afrique,
mais
disponible pour répondre, en d'autres lieux,
à des demandes précises
du Saint-Siège.
Constitutions
SMNDA n° 1

Editorial
- Notre Mission ad gentes et ad extra pour l'Afrique
A
l'approche du Chapitre général l'équipe chargée de
Partage Trentaprile a voulu consacrer un numéro de notre Bulletin de Nouvelles
à la manière dont nous comprenons et vivons aujourd'hui la Mission
ad gentes et ad extra pour l'Afrique.
Comme nous l'avons écrit dans notre dernière Lettre Circulaire,
notre charisme missionnaire et son actualisation ne sauraient être absents
du programme du Chapitre puisque la mission est la raison d'être de la Congrégation,
le véritable pourquoi de son existence. Tous les autres thèmes (formation,
ressources, structures, etc
) sont aussi très importants, et à
certains moments il peuvent même être prioritaires, mais ils sont
toujours relatifs au charisme.
Ainsi, ces derniers mois, des revues missionnaires (SEDOS, Spiritus, etc) ont
donné une place importante au thème de la Mission ad gentes et à
l'avenir des Instituts exclusivement missionnaires comme le nôtre. Quelques
points de vue contrastés, et surtout un article du P. Michaël Amaladoss,
s.j. ont provoqué des débats bien intéressants.
Les questions que l'on se pose ne sont pas toutes du même registre. Certaines
relèvent de l'ecclésiologie, de la missiologie, de la christologie.
D'autres portent sur la capacité des Instituts missionnaires à relever
le défi de l'interculturalité. D'autres encore sont plutôt
d'ordre pratique (ex le financement).
A travers tout cela nous voyons que le besoin actuel de redéfinir la mission
ad gentes et ad extra s'explique non seulement par les changements qui ont eu
lieu dans le monde et dans l'Église mais aussi par ceux qui se sont produits
à l'intérieur même des Congrégations missionnaires.
Et nous, SMNDA ?
Le Document "Vita Consecrata" appelle à "une fidélité
créatrice" "en réponse aux 'signes des temps' qui apparaissent
dans le monde actuel" (Vita Consecrata 37).
Dans des situations historiques qui ont changé, c'est une invitation à
renouer avec la vision et l'élan des origines ; invitation à réinterpréter
le charisme et à l'exprimer dans des orientations et des choix, peut-être
inédits.
Lorsque notre congrégation a été fondée, et dans le
contexte où elle est née, la spécificité de notre
charisme missionnaire était claire et évidente. A cette époque,
plusieurs congrégations étaient déjà établies
en Algérie, mais elles n'avaient pas, comme visée propre, le service
de la population locale, algérienne et musulmane. Le Cardinal Lavigerie
s'est senti responsable de cette " parcelle de la mission " qui semblait
alors négligée ou ignorée et il en a fait un choix exclusif
pour ses missionnaires. Autant en Afrique du Nord, que, par la suite, en Afrique
subsaharienne, les deux Instituts qu'il a fondés pour l'Afrique, ont réalisé
un vrai travail de pionniers, à plusieurs points de vue.
Aujourd'hui,
comment définirions-nous notre identité propre ?
Tout en affirmant que la congrégation est exclusivement missionnaire et
destinée principalement à l'Afrique, est-il suffisant de partir
ailleurs ou d'être en Afrique, pour vivre notre vocation spécifique
? Notre charisme peut-il être réduit uniquement à des critères
géographiques ? Il est aussi une manière d'être, de s'engager,
de choisir parmi les très nombreux appels dans l'Église et dans
la société.
Quels critères nous permettront d'apprécier
si tel apostolat, telle présence, sont des expressions de notre charisme,
aujourd'hui ?
Depuis notre fondation, et pendant plus d'un siècle, notre Congrégation
a été organisée et perçue comme formant deux ensembles
distincts : l'Europe/Amérique - qui étaient les continents d'où
venaient les missionnaires - et l'Afrique qui était le continent de la
mission. Aujourd'hui notre configuration a changé mais nos mentalités
ont-elles fait les réajustements nécessaires ?
A coté de ces questions de fond, il y en a d'autres d'ordre pratique mais
aussi très importantes, car la viabilité de la Congrégation
en dépend en grande partie : possibilités de recrutement, de financement,
d'engagement dans un travail valable, etc.
Dans quelle mesure devrions-nous
en tenir compte au moment d'établir nos priorités apostoliques ?
Tous ces points et d'autres encore, sont reflétés dans les articles
que vous allez lire. Mais, il n'y a pas que des questions ! Il y aussi des convictions
et, surtout, ce que notre Fondateur a appelé " zèle apostolique
" ou encore " amour de l'Afrique " et que nous pourrions traduire,
en reprenant le thème du Congrès de la Vie Consacrée : Passion
pour le Christ, passion pour l'humanité.
Merci beaucoup à toutes celles qui par leur contribution nous aident à
avancer dans la réflexion.
Vous remarquerez que presque toutes les réponses reçues viennent
de l'Europe et de l'Amérique ! Recevrons-nous quelques contributions venant
de l'Afrique pour un prochain numéro ?
Piluca
Benavente - Conseil Général - Rome


Une
Interrogation qui me poursuit !
La
question posée par Begoña en vue du Partage Trentaprile est une
interrogation qui me poursuit depuis longtemps. Mais j'ai toujours tardé
à prendre le temps de m'asseoir pour écrire et je sais pourquoi.
Il y a 15 ou 20 ans déjà, nous cherchions à clarifier une
" nouvelle vision de la mission ", élargissant l'orientation
'ad gentes' pour y intégrer les notions de dialogue, libération,
inculturation. Nous nous efforcions de trouver des mots et des gestes concrets
pour exprimer cette nouvelle vision, mais tout au fond de nous mêmes, nous
étions convaincues de l'actualité de notre charisme.
"
Nous sommes une congrégation exclusivement missionnaire (ad gentes et ad
extra), destinée principalement à l'Afrique ... envoyée pour
proclamer la Bonne Nouvelle du Salut aux peuples africains, afin qu'ils connaissent
le Christ et le proclament à leur tour. "(Constitutions).
Mais aujourd'hui ?
Nous nous considérons encore comme un Institut missionnaire dont le seul
objectif est la mission 'ad gentes' en Afrique et pour l'Afrique, et nous réunissons
et formons des missionnaires pour les envoyer 'ad extra'. Nous sommes toujours
convaincues que la mission est au coeur de nos vies : " soyez des apôtres,
ne soyez que cela
"
Mais la mission est aussi au coeur de la vie de toute Église locale - chaque
Église locale est responsable de sa mission qui est de bâtir le Royaume
de Dieu et d'établir l'Église qui en est le signe et la servante.
L'Église locale est partout présente en Afrique - l'Église
du Synode africain qui s'efforce d'être de plus en plus signifiante et crédible.
Alors on nous dit que les Instituts missionnaires 'ad gentes' sont en crise
et pas uniquement à cause de la diminution de leurs membres.
Quand les idées deviennent 'vagues', il est bon de revenir aux principes
solides. J'ai donc repris deux documents ecclésiaux importants Evangelii
Nuntiandi et Redemptoris Missio. Il y est écrit que :
S
Le Christ est le premier évangélisateur et il a proclamé
par des paroles et par des signes la venue du Royaume de Dieu
S Le Christ
est né en étant envoyé, l'Église à son tour
est envoyée par Jésus
S Pour l'Église, évangéliser
signifie transformer l'humanité de l'intérieur par la Bonne Nouvelle
bousculant,
par le pouvoir de l'Évangile, les critères de jugement, les valeurs
en cours, les orientations de pensée et les styles de vie
A cause de la complexité de l'action évangélisatrice, l'Église
continue de faire une distinction entre la 'mission ad gentes' et les autres activités
de son unique mission...
L'ad gentes s'adresse " aux peuples et aux
groupes humains qui ne croient pas encore au Christ
chez qui l'Église
n'a pas encore été enracinée
" (RM 33-34). Mais
les frontières entre ces catégories ne sont pas toujours clairement
définies, aussi RM 37 mentionne-t-il d'autres domaines de la mission ad
gentes :
S Mondes
nouveaux et phénomènes sociaux nouveaux (urbanisation, jeunesse,
migrants et réfugiés ; situations d'extrême pauvreté
)
S
Aires culturelles ou aréopages modernes (mass-média, engagement
pour la paix, le développement et la libération des peuples, droits
humains, promotion de la femme et de l'enfant, sauvegarde de la création,
recherche scientifique, rapports internationaux, etc.).
L'expression de 'première
évangélisation' a plus ou moins disparu.
Nous savons que la réalité de la mon- dialisation influence la compréhension
de l'ad gentes ; les 'gentes' (païens) aujourd'hui ne se définissent
plus tellement par des territoires, mais plutôt par des identités
culturelles, qui se déplacent et qui changent et par conséquent
on trouve des païens partout. Qu'est-ce que cela veut dire pour nous qui
sommes vouées exclusivement à l'évangélisation de
l'Afrique ?
On
nous dit que nous ne devrions peut-être plus considérer l'ad extra
de façon rigide, mais nous montrer plus flexibles
Pourquoi ne pas
demeurer dans nos pays d'origine, mais en gardant l'orientation 'ad gentes' ?
Et comment le faire ?
A l'heure actuelle, les religions sont souvent sollicitées par les forces
fondamentalistes et 'utilisées' pour contrôler la société
aux plans politique et économique. Des formes pentecostales et charismatiques
de christianité prennent de plus en plus d'importance autour de nous et
influencent la vie des catholiques. Par ailleurs, elles offrent peu d'espoir aux
populations dans leur lutte pour un monde juste. De quelle façon sommes-nous
appelées au dialogue interreligieux, particulièrement avec l'Islam
?
Nous sommes
confrontées à un défi socio-économique sans précédent.
Les systèmes économiques africains s'effondrent au moment même
où l'argent est la seule chose qui semble compter. L'État devient
de plus en plus impuissant, le secteur public est démoralisé, le
domaine de l'éducation est appauvri, le système sanitaire est en
débâcle, du moins en Zambie. Dans ce nouveau contexte, qu'en est-il
de notre option pour les pauvres ? Nous voulons être avec les pauvres, à
la base, mais les pauvres sont maintenant trop écrasés et démolis
et n'ont plus la force de changer quoi que ce soit. L'ambition nécessaire
pour transformer des situations ne peut exister que si les besoins humains fondamentaux
sont satisfaits.
Acceptons de reconnaître que nous faisons l'expérience d'une situation
missionnaire en pleine confusion, laquelle reflète la confusion de l'ordre
international. Et si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous connaissons
aussi la confusion. Comme Lavigerie, nous 'aimons tout de l'Afrique' -mais comment
pouvons-nous tirer parti de toutes les occasions pour présenter une image
plus vraie et plus positive du continent africain (AC93), si nous sommes désillusionnées
devant la lenteur de l'évolution et si nous expérimentons impuissance
et frustration.
Si toute l'Église est missionnaire et si tous ses membres sont appelés
à s'engager pour la mission, y a-t-il encore un rôle pour les Sociétés
exclusivement missionnaires ? Que disons-nous vraiment quand nous affirmons que
nous sommes appelées ou invitées par les Églises locales
pour collaborer à la croissance d'une Église établie ?
Je sais que tel n'est pas le tout de la situation. Mais je dois vivre avec le
fait d'avoir plus de questions que de réponses. Nous avons été
invitées à 'provoquer' une réflexion en vue de notre prochain
Chapitre général. Ma provocation va-t-elle trop loin ? Quoi qu'il
en soit, je sens vivement que le Chapitre devra oser soulever des questions exigeantes,
et ceci par amour pour notre charisme.
En fait, je suis fière d'être
SMNDA !
Diana Hess, Lusaka, Zambia


Ad
gentes / Ad extra : Une recherche pour aujourd'hui
L'Afrique
n'est-elle pas aujourd'hui un monde éclaté ? Telle est la question
que l'on ne peut manquer de se poser face à la réalité douloureuse
de l'émigration clandestine rencontrée en toutes ses phases partout
où nous nous trouvons, en Afrique autant qu'en Europe et en Amérique.
Tous les " migrants " cherchent à fuir des situations économiquement
ou politiquement insupportables, affrontant déserts, mers et océans,
au risque de leur vie, pour atteindre un paradis qui trop souvent se transforme
en enfer. L'Afrique, c'est aujourd'hui encore le continent constitutif de notre
charisme. Mais cette Afrique continent, pour nous SMNDA, est-elle la seule ? Que
faisons-nous de l'autre, celle dont les " éclats " atterrissent
sur la " planète Nord " où se trouve maintenant la plus
grande proportion de SMNDA qui ont rejoint leur pays d'origine pour des raisons
diverses tout en continuant à se sentir missionnaire ad extra et ad gentes.
Ad
extra, signifie " à l'extérieur ", au-delà des
frontières nationales et même parfois culturelles, ce qui élargit
quelque peu le concept. En ce sens, celles qui, sans être en Afrique, ont
encore la possibilité de s'investir dans des tâches diverses au service
des Africains et de l'Afrique, vivent une certaine forme d'ad extra lorsqu'elles
accueillent, informent, font partie de réseaux divers... L'ad extra, elles
le vivent par leur plongée dans un monde culturel bien différent
de celui de leurs origines, se situant alors sur les marges de leur propre Église,
ces zones de fracture qu'elles contribuent à relier vers un ad intra, l'intérieur
de leur pays, de leur Église.
Il n'en demeure pas moins que, compte tenu de notre charisme originel, cette façon
de vivre l'ad extra n'en épuise pas le sens premier. Ad extra c'est d'abord
un " ailleurs ", hors de son Église, de son pays, que nous proposons
aux jeunes qui désirent nous rejoindre, quelle que soit leur origine. L'ad
extra pour nous reste bien l'Afrique en tant que continent peuplé d'hommes
et de femmes qui attendent encore l'annonce de la bonne nouvelle de Jésus-Christ
par des missionnaires venus d'ailleurs. Une annonce qui devrait pourtant se vivre
dans l'échange : la missionnaire ad extra a au moins autant, sinon plus,
à recevoir qu'à donner et d'abord en étant ou en ayant été
physiquement immergée dans cet ailleurs auquel elle a été
envoyée...
Nous sommes aussi envoyées ad gentes, c'est-à-dire " aux nations
" qui ne sont pas membres de l'Église ; autrement dit, à ceux
qui ne sont pas baptisés et même, souvent, ne désirent pas
le baptême. Ils sont convaincus de posséder la vérité
pleine et entière, tout à fait comme nous par rapport à notre
propre foi. Voilà bien une leçon que tout missionnaire peut tirer
de la résistance opposée au christianisme par les grandes religions
du monde. Je pense tout particulièrement aux croyants de l'islam auxquels
nos Constitutions nous appellent à porter une attention particulière
en fidélité à nos origines (n° 18). Il faut se souvenir
que certaines régions du continent africain ont été islamisées
bien avant la venue du christianisme, dès le 9ème siècle
grâce aux voyageurs et commerçants descendant le long des côtes
orientales, ou vers le 14ème siècle par l'expansion de mouvements
confrériques venus d'Afrique du Nord. Quant à l'Afrique du Nord
où nous sommes nées dans le troisième quart du 19ème
siècle, elle était largement islamisée depuis le 9ème
siècle et totalement à partir du 12ème siècle, l'ancienne
et majestueuse Église des martyrs et des premiers Pères latins ayant
progressivement disparu, affaiblie et brisée par ses luttes intestines
qui n'avaient rien à voir avec l'enseignement de Jésus.
Ainsi, deux universalismes, le chrétien et le musulman, se sont affrontés
et continuent encore de le faire. Aujourd'hui, cela conduit les missionnaires
et les théologiens, les oblige même, à réfléchir
sur cette réalité vécue en Afrique comme ailleurs d'un pluralisme
religieux qui ne manque pas de richesse ni de valeurs pour ceux qui acceptent
de s'y investir. C'est certainement là un nouveau visage de l'ad gentes
dont la motivation se transforme. Aujourd'hui, ce qui devient primordial, c'est
la certitude que " la plénitude " dont parle le Prologue de Jean
est pour tous, dès le point de départ. Un ad gentes où nous
sommes appelées à recevoir de l'autre avec humilité et respect
autant, sinon plus parfois, qu'il peut recevoir lui-même, faisant confiance
à l'Esprit Saint qui travaille en TOUTE femme, TOUT homme... l'ouvrant
à une liberté intérieure qui souvent, ne le conduit pas à
demander le baptême.
En réfléchissant sur l'ad gentes vécu aujourd'hui - sur ma
propre expérience de vie en milieu musulman - dans une Afrique, dans un
monde caractérisé par le pluralisme religieux, " Signe des
temps " disent certains théologiens, j'ose avancer ici quelques convictions
qui pourraient soutenir une réflexion sur notre charisme ad gentes pour
aujourd'hui.
Le pluralisme religieux est un mystère qui fait partie du dessein même
de Dieu. C'est le témoignage de " la surabondante générosité
avec laquelle Dieu s'est manifesté au genre humain d'une multitude de manières,
et de la réponse plurielle que, dans les diverses cultures, les êtres
humains ont donnée à la révélation que Dieu fait de
lui-même " . Et je me permets d'ajouter un passage bien connu du Coran
qui dit quelque chose d'analogue : " Si Dieu avait voulu, Il aurait fait
de vous tous une seule communauté. Mais Il veut vous éprouver en
ce qu'Il vous donne. Cherchez à vous surpasser les uns les autres par vos
bonnes actions. C'est vers Dieu que tous vous retournerez " (5,48). Ce texte
m'a aidée dans ma découverte du sens que peut recouvrir l'infini
du mystère divin exprimé dans le pluralisme religieux.
Dieu ne réserve pas son salut aux seuls baptisés ou aux seuls disciples
de Jésus. Il veut en effet que tous soient sauvés. C'est bien ce
dont témoignent les rencontres de Jésus rapportées par l'Évangile.
Dieu est tellement au-delà des limites que nous serions tentés de
lui imposer dans nos orthodoxies qui s'affrontent... Nous le savons bien. Mais
comment, en conscience, vivons-nous cette certitude ?
Le Royaume de Dieu présenté par Jésus ne se réduit
pas à l'Église qui n'en est qu'un signe, un sacrement. Le seul incontournable
pour nous, c'est de confesser Jésus Christ comme l'événement
de la révélation complète et définitive sur le mystère
de Dieu. Une condition toutefois, ne pas donner à cette certitude un sens
totalitaire qui exclurait la validité des autres traditions de foi, sans
pour autant relativiser notre propre foi !
Lucie
Pruvost, Rome, 28 décembre 2004


Une
nouvelle page missionnaire
Aujourd'hui les horizons de la mission se déplacent, les frontières
s'ouvrent à une solidarité universelle. La mission ad Gentes est
maintenant à notre porte, dans nos villes et nos villages. Antwerpen où
nous avons été envoyées il y a six ans, est un port cosmopolite
qui, depuis longtemps, accueille des gens de tous les continents, dont beaucoup
d'Africains. L'Islam y a bien sa place. Antwerpen est aussi " la ville du
diamant " où de nombreuses communautés juives se sont installées
depuis des siècles. Le nombre de chrétiens diminue sensiblement,
mais les trois religions monothéistes s'efforcent de faire l'expérience
d'un dialogue interreligieux soutenu par l'amitié et la collaboration dans
la vie quotidienne.
Et nous, huit SMNDA, comment exprimer notre identité de religieuses missionnaires
pour l'Afrique dans une résidence qui regroupe sept différentes
congrégations, dont six d'orientation apostolique et une d'orientation
contemplative ? Comment continuer à vivre selon notre charisme ad Gentes
et ad Extra dans cette situation complexe où l'intérêt pour
la Mission et pour l'Afrique n'est pas le souci primordial ?
Nous ne sommes plus jeunes, notre moyenne d'âge dépasse largement
les '80'. La plupart d'entre nous ont vécu pendant de nombreuses années,
l'ad Extra de la mission sur le sol africain. Ce charisme et cette expérience
demeurent notre inspiration, mais comment se concrétise aujourd'hui notre
vocation ad Gentes ? Certaines réalisations propres à notre charisme
me semblent particulièrement actuelles et toujours à notre portée
; par exemple :
- Respecter
toute personne, dépassant les murs qui séparent races, religions,
idéologies
- Être
témoins de vérité, de charité, de justice, selon la
parole de notre Fondateur : " Je suis homme et rien de ce qui est humain
ne m'est étranger (Église du Gesù, Rome, 1888)
- Demeurer
intéressées aux problèmes des migrants, des étrangers,
en particulier des Africains, gardant pour eux une place de choix dans notre prière,
nos contacts, notre amitié
- Favoriser
le dialogue interreligieux, la défense des droits humains, la non-violence
- Rester
des semeuses de la Parole de Dieu. Parallèlement à beaucoup d'indifférence
religieuse, on perçoit chez nos concitoyens une grande recherche spirituelle.
- Être
porteuses d'espérance.
Comme l'écrit saint Paul, " le but de tout charisme est la croissance
dans la charité ". Tout en gardant sa spécificité, notre
charisme est dynamique : il nous appelle constamment à trouver de nouvelles
réponses selon les situations changeantes. C'est ainsi que même vécue
loin de l'Afrique, notre mission pour l'Afrique ad Gentes et ad Extra procède
de la même inspiration première et du même envoi initial.
Personnellement, je participe à cet effort dans la mesure de mes possibilités
en proposant à des laïcs et à des communautés religieuses
une ouverture missionnaire par des journées de spiritualité, des
récollections, des moments de réflexion et de dialogue et en publiant
régulièrement des articles ou interviews dans des hebdomadaires
néerlandophones. Puis, alors que mes forces diminuent, la prière
prolongée me fait adopter les souffrances du monde et particulièrement
celles de l'Afrique : unie au Christ, je rejoins toute l'humanité. Enfin,
la nouvelle forme de vie communautaire en résidence intercongrégation
ne va pas de soi, c'est ensemble, dans la foi et la charité, que nous devons
la créer jour après jour.
C'est à travers tout cela que je continue avec mes soeurs à vivre
le tout à tous, ad Gentes, à Antwerpen, en Belgique.
Frieda
Avonts, Antwerpen, Belgique


C'est
ici pour moi la mission - Lille Saint-Gabriel : Foyer-Logement
Comment
exprimer ce que je vis aujourd'hui ? Oui ! c'est ici pour moi, la Mission. Celle
que j'ai vécue depuis mon premier engagement, à travers différentes
obédiences au Mali, puis en France. Dans le monde d'aujourd'hui, ma consécration
accompagne et donne force et sens à ma petitesse et à mes limites,
et dynamise la vie reçue de Dieu voici 85 ans. Oui la fidélité
de Dieu m'a accompagnée, encouragée, relevée et poussée
en avant.
Le
milieu où je vis aujourd'hui, en Foyer-Logement, est l'image en petit,
des 5 continents. Il s'y trouve des richesses d'amour à travers les actes
du quotidien dans l'entraide, le partage, la fraternité. Il s'y trouve
aussi des zones d'ombre : la déchristianisation a continué. Elle
progresse aussi dans la perte de sens, chez beaucoup. L'inquiétude inavouée
de personnes en fin de vie trahit ce souci : " De quoi demain sera-t-il fait
? Comment cela se passera-t-il ? "
Ici je suis dans un monde de petits :
- Naissance
dans un milieu peu favorisé au point de vue de la famille, de l'éducation,
de l'intelligence, ainsi que par la vie de travail et le peu de ressources qui
ont fait que la vie au quotidien n'a pas toujours été facile.
- Quelques
personnes de l'association " Papillons blancs ", au service des handicapés
mentaux.
- Des
femmes sans doute peu respectées ; leur histoire racontée à
l'occasion me dit que leur dignité fut souvent bafouée.
- Des
ouvriers de la mine, de l'usine, avec là aussi un passé lourd :
alcoolisme, peu de liens familiaux.
- Il
y a aussi des personnes dont la vie a été plus équilibrée,
famille stable, enfants et petits-enfants attentifs à leurs parents.
- Des
chrétiens qui se souviennent de leurs racines, mais restent insensibles
à l'appel qui leur est offert pour la prière.
- Quelques
croyants pratiquants, fidèles à la messe hebdomadaire et qui prient
chez eux.
- Un
résident d'origine martiniquaise, ancien champion de boxe, qui accepte
difficilement les progrès du cancer dont il est atteint. C'est pour lui
une décadence " après avoir vécu la grande vie ".
Il est noir et, au sujet de sa négritude, bien des réflexions m'ont
révélé que le racisme était là bien présent
parmi ces petits. L'islamisme bien sûr est aussi visé. Il est la
cible, même chez les chrétiens pratiquants qui se retiennent cependant
pour exprimer leur rejet.
En fin de vie, je me dis que je suis toujours missionnaire. Consacrée pour
la mission qui est ici, parmi les plus petits des enfants de Dieu. C'est parmi
eux que j'ai commencé ma vie apostolique au sein de l'Action Catholique
Ouvrière et ma première consécration a été
là, au milieu des jeunes de l'époque (1936-1945).
L'Afrique est loin ? Pas si loin que cela. Il y a tous les Africains du quartier
que je rencontre : beaucoup de Maghrébins, d'autres de l'Afrique sub-saharienne,
et du monde entier. Même si je ne peux que leur offrir un visage souriant,
ma prière les accompagne. Les enfants et petits-enfants de mon ami "
le boxeur " ; mes visites à quelques résidents. Je rencontre
l'une ou l'autre aide-ménagère africaine. Parmi elles, une Somalienne
et nous aimons nous rencontrer. Il y a le personnel qui a besoin d'attention,
de bienveillance, de compréhension.
L'étape où je suis, celle d'une fin de vie, est faite d'action de
grâce et de demande de pardon. C'est pour moi, le moment de " l'être
et non plus celui du faire ". Je ne regrette rien. Merci, mon Dieu, de tout
ce que j'ai vécu en compagnonnage avec Toi. Peut-être ne suis-je
pas assez humble pour pouvoir dire ton amour à ceux qui m'entourent. Mais
j'essaie de le dire à ma façon. Je ne suis plus aussi mobile : le
temps m'est donc donné pour prier davantage. J'essaie de le faire, mais
à certains jours, c'est plus dur, comme ce le fut sans doute au long de
ma vie. Mais l'offrande du vécu et ma prière pour tous est relation
à Dieu. J'aime toujours cette prière de la diaconie, apprise lors
de mon séjour à Toulon :
"
Accueille Seigneur en ce jour (ce soir) mon désir de te servir.
Je t'offre
ce que je suis. Ta grâce me suffit.
Je ne demande rien d'autre afin de
vivre selon ton Évangile
Unie à toutes celles et ceux qui, dans
la diaconie de ton Église,
cherchent à faire ta volonté.
"
Jacqueline
Pinson, Lille St-Gabriel, France


Charisme
inchangé et inchangeable... MAIS...
Aujourd'hui, comme hier, 'ad gentes' signifie 'vers les Gentils'.
Gentils
(selon la définition de Théo p.290) : " Avec une pointe de
mépris, les Juifs appelaient les non-Juifs " goyim ", littéralement
'les nations', ce qui a été traduit en latin 'gentes', d'où
le mot français, GENTIL. Les mêmes termes ont été repris,
mais dans un autres esprit, par les premiers chrétiens pour désigner
les 'PAIENS'. Paul sera l'apôtre des 'Gentils'.
De son temps, les Gentils se trouvaient hors du territoire juif, 'ad extra' :
Paul a voulu parcourir le monde méditerranéen pour aller à
la rencontre des Gentils, qui deviendront les communautés chrétiennes
dont l'Église est née. Au cours des siècles, l'Église
a grandi grâce à son esprit missionnaire : " Allez, et de toutes
les nations, faites des disciples ".
Lorsque Lavigerie, Évêque d'Alger, a demandé et obtenu de
l'Église la juridiction pour le Sahara et le Soudan occidental, et ensuite
pour l'intérieur de l'Afrique, son but profond était d'y annoncer
l'Évangile aux non-chrétiens, musulmans et païens, donc il
s'est tourné 'ad gentes'. En nous fondant, il nous a associées à
la réalisation de sa Mission. En nous engageant dans la Congrégation,
nous avons expressément pris l'engagement de collaborer en tout à
l'oeuvre de Dieu pour l'annonce de son Règne en Afrique, c.à.d.
aux Africains : Aller ad extra.
Le Charisme est inchangé et inchangeable, MAIS l'Europe, les autres Continents
et donc l'Afrique, ont bougé !
Les circonstances exigent de nous de chercher constamment comment vivre notre
charisme. A l'heure qu'il est, nombre d'Africains vivent, étudient, travaillent
en Euramérique, y rencontrent des difficultés, d'énormes
problèmes, etc.
Nous-mêmes, à l'âge de la retraite,
nous rentrons dans nos pays d'origine. Il nous faut prier et travailler parmi
les Gentils, 'ad gentes', là où nous sommes, c'est-à-dire
dans des pays largement devenus étrangers à notre culture religieuse
; nos familles elles-mêmes comptent des 'gentils'. Il nous faut entrer dans
la Mission universelle qui est d'annoncer la Bonne Nouvelle à tous les
peuples.
Notre
spécificité pour l'Afrique : Comment la vivre ?
Les derniers numéros de Partage Trentaprile fourmillent de témoignages
de soeurs travaillant hors d'Afrique ; ces témoignages sont des réponses
à la question. En les lisant, nous nous disons que, comme nous, elles gardent
les yeux ouverts sur la réalité qu'elles ont à vivre, et,
soumises à l'Esprit-Saint, savent trouver des réponses aux appels.
Nos deux communautés comptent plusieurs nonagénaires, les autres
soeurs ayant toutes dépassé les 80 ans. Nous mettons l'accent sur
les contacts avec le personnel dont près de la moitié n'est pas
d'origine française, ainsi qu'avec les résidents de toutes conditions
sociales qui vivent (comme nous) à la Maison des Augustines. Nous voulons
donner le témoignage d'une vie humaine et chrétienne en cultivant
l'amitié vraie.
L'une d'entre nous continue à donner du temps à la formation des
adultes qui sollicitent le baptême, cinq autres font partie de l'aumônerie
de la maison. Une autre soeur, vu sa connaissance de l'arabe, a été
sollicitée pour faire partie du groupe de personnes s'occupant des familles
des prisonniers de droit commun.
Meaux
(France) : les deux Communautés


De
la théorie au témoignage
L'évangélisation est d'abord et avant tout une action du Christ
par la puissance de son Esprit. La présence du Christ n'est pas subordonnée
à la mission, mais elle la domine. L'évangélisation est au
service de l'Évangile et est destinée à toutes les nations
et à toute créature, personne n'en est exclu.
La mission " ad gentes " est l'action de l'Église envers les
peuples, les groupes humains, les contextes socio-culturels dans lesquels le Christ
et son Évangile ne sont pas connus ou dans lesquels il n'y a pas de communautés
chrétiennes assez mûres pour pouvoir incarner la foi dans leur milieu
et l'annoncer à d'autres groupes (cf. Redemptoris Missio).
La mission " ad extra " rejoint la mission ad gentes et touche les mêmes
groupes, mais envoie ses apôtres au-delà des frontières de
leur pays d'origine.
En Afrique aujourd'hui, comme ailleurs, l'Église en général
devient une Église de pauvres. De plus, elle est déjà et
sera de plus en plus façonnée par les laïcs unis à la
hiérarchie. La théologie produite par cette Église sera surtout
une théologie basée sur l'expérience et les ressources des
petites gens.
Les
voies de la Mission- évangélisation :
La première forme
d'évangélisation est le témoignage.
Viennent ensuite
:
la première annonce du Christ Sauveur
la conversion et le baptême
la fondation d'Églises locales
les communautés ecclésiales
de base, force de l'évangélisation
l'incarnation de l'Évangile
dans la culture des peuples, les peuples africains spécialement, pour nous
le
dialogue avec des frères et soeurs d'autres religions
la promotion du
développement et la formation des consciences.
Jésus a apporté une espérance qui continue aujourd'hui à
la condition d'oser vivre comme lui et avec lui, notre histoire humaine. C'est
au coeur de ce vécu que nous retrouvons un Dieu qui ne craint pas de prendre
partie pour les pauvres, les petits, les exclus de toutes sortes. Tel est le salut
qu'il nous offre en Jésus-Christ
La Mission, c'est Dieu qui, à
travers ses apôtres, à travers nous, s'intéresse à
toute personne humaine là où nous sommes et cela aujourd'hui.
Témoignage
personnel
Après
avoir vécu une trentaine d'années au Burundi, je suis revenue en
Europe en 1981. Pour différentes raisons, n'ayant pu rejoindre ce qui était
ma mission "ad gentes", c'est l'Europe qui est devenu mon lieu d'apostolat.
Après
quelques services en Belgique et en France, je me suis fixée en Belgique
et c'est ici que j'ai retrouvé l'Afrique.
Dès les débuts, j'ai aidé à l'ouverture du Pavillon
missionnaire à Banneux où la Vierge a dit dans son Message : "
Je viens pour toutes les nations ". Chaque année, j'avais le bonheur
de passer dans ce pavillon d'accueil, plusieurs semaines, et le thème de
ce qui était proposé était toujours missionnaire.
Il m'a aussi été demandé d'accompagner, comme infirmière,
trois fois pendant un mois, des enfants de Tunisie pour des colonies de vacances
dans le Jura français.
Mais c'est surtout à Bruxelles que l'Afrique me fut donnée. Un religieux
du Sacré-Coeur accompagnant des Africains d'Afrique Centrale à Bruxelles
est venu me demander si je voulais devenir visiteuse de malades africains dans
la capitale. Il ne s'agissait pas de tous les Africains, mais de ceux qui arrivaient
seuls d'Afrique et n'avaient aucune connaissance de notre pays. J'acceptai volontiers
et pendant plusieurs années, d'hôpitaux en hôpitaux, il m'était
donné de rencontrer l'un ou l'autre malade ou blessé venant d'Afrique
Centrale, mais aussi du Ghana, du Niger, de Guinée, etc. Certains restaient
pour de longs séjours.
Depuis quatre ans, je suis à Namur-Salzinnes où je découvre
encore quelques ouvertures sur notre chère Afrique. Le choix du Seigneur
pour ses missionnaires est toujours le même. Il nous dit encore et toujours
: " C'est moi qui vous ai choisis ". Avec grande reconnaissance, je
dis merci au Dieu de tous, merci pour cette vie "ad gentes" et "ad
extra".
Jessy Goosse, Namur-Salzinnes, Belgique


Ad
extra et Ad gentes vécus à Louvain-la-Neuve
Bien difficile de préciser comment nous vivons cet aspect de notre mission
en Europe, à Louvain-la-Neuve.
"
Ad Gentes " : Nous pouvons dire que les païens modernes sont chez nous
si, par païens, on entend les baptisés qui ont perdu pratiquement
toute participation à la vie liturgique ; même si les enfants sont
encore baptisés soit à la naissance, soit à leur demande
à l'âge scolaire, les parents ne viennent à l'église,
même pas à Pâques, parfois à Noël.
Que
pouvons-nous faire dans cette situation ? Entretenir de bonnes relations de voisinage,
d'amitié et, à l'occasion, poser une question ou répondre
à une autre et faire un bout de chemin avec ceux qui ont tout de même
un désir d'autre chose que travail, loisirs, relations familiales ou autres.
Un événement familial, deuil, baptême d'un enfant, sont souvent
l'occasion d'amorcer une réflexion chrétienne et parfois même
la reprise d'une vie sacramentelle.
Il est important aussi de rester attentives aux problèmes de notre société,
aux soucis des parents dans le contexte actuel et ne pas oublier de " voir
" et d'apprécier tout le positif de cette société.
" Ad extra " : Nous
la voyons dans les relations avec les étrangers nombreux ici, et avec des
" nouveaux belges " qui gardent leurs racines, leurs façons de
vivre la foi chrétienne et qui se sentent encore souvent marginalisés
dans notre société de consommation.
Nous gardons le souci d'éveiller la communauté chrétienne
au sens de la mission universelle de l'Église, pas seulement par des actions
de solidarité auxquelles les gens sont vite sensibles, surtout à
l'occasion de cataclysmes. Autre chose est le partage matériel, autre chose
un partage de foi qui nous permettrait de grandir ensemble comme " Corps
du Christ " avec l'enrichissement de nos différentes cultures et l'impact
que cela pourrait avoir sur notre société. Le " Voyez comme
ils s'aiment " est appelé à se vivre sans exclusion. Devenir
ensemble des " chrétiens sans frontières " tournés
vers ceux qui restent en marge, soit matériellement (les plus pauvres),
soit moralement et spirituellement.
Nous avons aussi l'occasion de nouer des relations avec quelques femmes nord-africaines
musulmanes qui habitent dans notre quartier. Avec elles, ce n'est pas difficile
de se souhaiter la bénédiction de Dieu.
Notre participation aux activités de "Missio Brabant wallon",
AEFJN, Centre national des vocations nous donne aussi l'occasion d'approfondir
certains aspects de notre mission aujourd'hui.
Maria
Alexis et Lucienne Fraipont, Louvain la Neuve, Belgique


Forum
communautaire à Sceaux Filmins
AD
GENTES : sortir de soi pour aller vers les autres, vers les peuples, vers des
personnes d'autres nationalités. S'adresser à ces personnes là
où nous sommes.
AD EXTRA : aller vers l'extérieur, vers un autre pays, l'Afrique pour nous.
Pas de Mission Ad Extra pour nous ? si ce n'est par la prière, l'intérêt
porté à l'Afrique, aux Africains, le soutien donné à
nos Soeurs au loin.
Aspects
essentiels de notre charisme
- Le
Tout à tous
- Être
Pont, lien entre les différentes nationalités, les peuples différents,
les ethnies diverses ; entre les Églises d'ici et celles d'Afrique, ouvrir
nos paroisses à celles d'Afrique.
- La
promotion de la femme africaine et des enfants : alphabétisation, formation
artisanale, éducation pour les enfants (les futurs adultes!) ; les aider
à se prendre en mains, à se mettre debout, leur faire découvrir
leurs valeurs.
- Se
former et oeuvrer à la justice, la Paix, la non-violence, la sauvegarde
de la création. Ici : l'ACAT, FOI et JUSTICE.
- La
formation des formateurs.
Notre
spécificité pour l'afrique, ici, aujourd'hui:
- Porter
intérêt à toute l'Afrique, par nos lectures, en restant en
contact avec nos Soeurs en Afrique ou venues en congé, en cherchant à
découvrir l'art, la culture africaine.
- Faire
aimer l'Afrique, faire découvrir aux autres les cultures, les valeurs africaines
; en saisir toutes les occasions.
- Participer
aux rencontres missionnaires, visiter nos amis africains, si possible.
- Être
ouvertes à ce qu'ont vécu nos Soeurs dans d'autres régions
d'Afrique.
RÉFLEXIONS
PERSONNELLES DE SIX SOEURS DE LA COMMUNAUTÉ
Marie
Madeleine Mériot:
Ad
extra signifie un mouvement, évoque l'appel de Dieu à Abraham
"quitte ton pays" "pars". C'est un saut vers l'inconnu, dans
la confiance totale en Dieu: "pars au loin, suis-moi, je suis avec toi".
- Dieu
en m'appelant m'a fait un cadeau immense. C'est bon !!!
- Maintenant,
je suis en France ; dans l'obéissance, il y a eu le retour ; le "ad
extra" pour moi, c'est fini, puisque je ne repartirai pas. Dans mon coeur,
la dimension "ad extra" demeure par la prière pour l'Afrique,
pour ce que vivent mes Soeurs là-bas, par les nouvelles reçues,
les passages des Soeurs arrivant d'Afrique, par les informations apportées
par les revues, les médias etc...
Ad
gentes : Aller vers les peuples, vers les nations, avec la dimension d'universalisme,
"tous les peuples", là se vit le tout à tous. Restant
dans mon pays, j'ai à vivre cela. Nous avons à vivre, à croître
ensemble ; la croissance n'est jamais finie et nous sommes appelées à
nous aider à croître les unes les autres : croissance humaine, psychique,
spirituelle.
Finalement,
notre vocation consiste à participer à " ramener tout sous
sa tête " (cf. Paul). Nous laisser conduire par le Christ pour aller
vers le Père. Alors, dans la quotidien, la question 'ad extra' - 'ad gentes'
ne se pose pas. C'est simple. Comme les Mages qui virent une étoile et
se mirent en route, allons dans la Paix et la Joie !!!
Thérèse
Maurel:
La
Mission "ad gentes", je la vis ici, en France, dans la rencontre et
le travail auprès des femmes qui ont quitté leur pays d'Afrique
pour chercher, avec leurs familles, des conditions de vie meilleures.
Je vis
la Mission "ad gentes" en solidarité avec les Soeurs qui oeuvrent
dans les pays d'Afrique.
"Ad
extra" : La Mission est UNE. L'information, les nouvelles et la prière
sont les moyens de garder des liens de communion. La Mission, je la vis en participant
aux actions proposées par le RESEAU FOI ET JUSTICE, pour arriver à
une plus grande justice dans les échanges entre les pays du Nord et ceux
du Sud.
Geneviève
Pajot
Mission
"ad gentes" : je la vis en France depuis 29 ans, ne pouvant plus repartir
en Afrique, ni me lancer, ici, en France, dans des activités missionnaires,
ou autres, à cause de ma santé fragilisée. Ma mission est
d'être là, en communauté, auprès des Soeurs. J'essaie
d'être disponible, de les comprendre, de les aimer toujours davantage. Je
me réjouis avec elles, lorsqu'elles peuvent retourner en Afrique.
J'ai compris, comme le dit Jean-Paul II, que nous sommes missionnaires avant tout
par ce que nous sommes, avant de l'être par ce que nous faisons. La mission
ne s'appuie pas sur les capacités humaines, mais sur la puissance du Ressuscité.
La congrégation ayant opté pour une culture de la Paix, j'essaie
de cultiver cette magnifique plante car la Paix dans le monde suppose aussi, de
notre part, des gestes concrets entre nous qui feront "boules de neige".
La communion que nous nous efforçons de vivre entre nous, en communauté,
est un réconfort et un témoignage.
Dans la situation qui est la mienne, je vis en solidarité avec les malades,
les handicapés mais surtout avec les femmes africaines.
Jeannine
Harleux
Que veut dire pour moi "ad gentes" et "ad extra" aujourd'hui
?
Ad extra
: La mission de notre congrégation est pour l'Afrique. Pour une SMNDA africaine,
c'est la vivre dans un autre pays que le sien.
Ad gentes : Nous sommes
appelées à vivre cet aspect " je suis venu pour qu'ils aient
la vie et l'aient en abondance " partout où nous sommes envoyées.
Cela fait partie de notre charisme.
Aspects
essentiels de notre Charisme :
- même consécration à Dieu
- évangélisation de l'Afrique
- communautés internationales
Notre
spécificité pour l'Afrique
Rentrée en Europe depuis 11
ans, mon séjour en Afrique est une richesse. Il m'aide à vivre la
rencontre des peuples, des religions, à être ouverte à l'aspect
universel de l'Église ; à partager les joies, les peines ; à
découvrir les croyants de l'Islam ici ; le passage des Soeurs africaines
(SMNDA ou autres) ; le contact avec des prêtres africains en Mission ici
; ma façon de témoigner, d'être vis-à-vis de l'Afrique
; mon engagement pour la justice.
Pour moi, aujourd'hui, la vie communautaire tient une place importante : prière
- partage - accueil de l'autre nous permettent d'affermir notre communion fraternelle
qui sera témoignage pour l'extérieur.
Mère Marie Salomé disait " L'esprit de famille qui doit régir
une communauté se résume en deux mots : s'aimer et s'entraider ".
Françoise
Delouis :
Pour moi, ici en France, nous vivons la Mission "ad gentes" et "ad
extra".
Notre Mission est UNE où que nous soyons ; la même, pas la moitié.
Nous avons été envoyées en Afrique et, de là-bas ,nous
avons été envoyées dans nos pays d'origine, lorsque les Supérieures
l'ont jugé bon pour une raison ou pour une autre.
Nous avons été envoyées Importance de l'ENVOI.
Ici, nous
rencontrons les Africains venus d'ailleurs vers la France ; venus de l'ad extra
vers nous.
L'important est d'aller vers les autres, vers tous les autres,
de sortir de soi et d'aller là où notre charisme peut être
vécu.
Aspects
essentiels de notre Charisme vécus ici :
- Le " tout à
tous "
- Être Pont entre les peuples, les ethnies
- Femme-apôtre
pour les femmes en particulier, combattre la pauvreté, leur esclavage,
la violence envers elles, l'analphabétisme, les aider à se prendre
en charge ; participer à l'éducation des enfants, futurs adultes
! lutte contre le sida sans exception de personne.
- Promouvoir la justice,
la paix , la non-violence, en commençant par soi-même ; en participant
aux divers réseaux : FOI et JUSTICE, ACAT, aux associations qui parrainent
des villages africains...
- Ouverture aux besoins des temps.
- Aider l'Église
d'ici à s'ouvrir à l'ailleurs : races, religions
Notre
spécificité pour l'Afrique, ici :
- Si nous avons le choix,
aider les Africains.
- Nous ouvrir à l'Afrique, en suivre les événements
; faire aimer l'Afrique, montrer les valeurs des Africains, faire découvrir
leurs cultures. Nous intéresser à l'art africain, aux films africains.
Micheline
Laroche :
La MISSION "ad extra" se vit en Afrique et en Euramérique, du
seul fait que je sois SMNDA, à cause de mon engagement, de toute ma vie
orientée dans ce sens ; tout ceci m'a façonnée.
Lorsque je rencontre des Africains ou des étrangers, mon 'coeur smnda'
pense, agit différemment et me fait vivre une plus grande ouverture. La
Mission ad extra se vit maintenant dans nos pays, dans nos rues, dans le métro.
Communauté
de Sceaux Filmins, France


Façonnée
par l'Afrique
Aujourd'hui,
que signifient pour moi 'ad gentes' et 'ad extra' ?
Durant 20 ans, j'ai vécu en Afrique l'aspect 'ad extra' de la mission.
Au cours des années, je suis devenue plus consciente du don précieux
que j'avais reçu de l'Esprit Saint. Pour exprimer mon amour pour l'Afrique
et pour son peuple, je pourrais dire avec le Cardinal Lavigerie : " J'ai
tout aimé de notre Afrique. "
Avant
d'entrer dans la congrégation, j'avais un vif désir de partager
avec les Africains ce que j'avais reçu comme éducation, foi, connaissance
et amour. Le fait de vivre sur le sol d'Afrique me gardait en santé physique
et morale ! L'Afrique m'a enrichie de bienfaits dont je n'aurais jamais rêvé
et que je n'aurais pas trouvés ailleurs.
Les
femmes d'Afrique m'ont appris à mieux me connaître. En découvrant
leur culture, j'ai mieux compris et découvert la mienne. Je suis consciente
plus que jamais d'appartenir à l'Église universelle de Jésus
Christ.
Oui, l'Afrique
m'a façonnée et cela m'impose la joyeuse obligation de vivre l'aspect
'ad gentes' de la mission, dans mon pays d'origine, les Pays-Bas, avec tous ceux
qui m'entourent et avec mes soeurs.
Aspects
essentiels de notre Charisme
J'appartiens
à un groupe de dialogue interreligieux avec des personnes de différentes
confessions. Ensemble, nous apprenons à mieux connaître la religion
et la culture des unes et des autres de façon à mieux comprendre
nos diverses façons de vivre.
Ce
que j'ai acquis comme expérience au Ghana me conduit à une plus
grande solidarité avec les réfugiés qui ont dû fuir
leur pays à cause de la guerre, ainsi qu'avec les femmes et jeunes filles
qui ont été trompées et réduites à une vie
misérable loin de leur foyer.
Dans
notre pays, les réfugiés connaissent des situations de vie difficiles.
Je remercie le Seigneur qui me donne la santé, le temps et les moyens de
venir en aide à tous ces gens blessés.
Spécificité
pour l'Afrique
Hors
d'Afrique, les gens comprennent difficilement notre spécificité
pour l'Afrique.
Personnellement,
je suis convaincue d'être toujours missionnaire, appelée par le Christ
à le suivre partout où il voudra que j'aille. Jésus est devenu
pour moi un Ami irremplaçable : je ne veux que vivre pour lui et le faire
connaître à tous ceux que je rencontre dans mon pays. Chaque jour
j'essaie de découvrir son visage en ceux que je côtoie. Sur cette
route vers Dieu, j'ai le devoir d'aider les uns et les autres pour qu'ensemble
nous accomplissions notre mission.
Catharina
van Kaam, Esch, Pays-Bas

Un apostolat tracé par la main
de la Providence
Première
réaction :
J'étais au Mexique pour un Congrès missionnaire des Jeunes. Monterrey,
ville de plus de 5 millions d'habitants, avait reçu des milliers de jeunes
venus de toutes les régions du Mexique. Au moment le plus solennel, celui
où le délégué du Pape leur adressait la parole, voici
ce que les jeunes ont entendu :
"
On peut être missionnaire partout, voyez l'exemple de sainte Thérèse
de l'Enfant Jésus qui n'a jamais quitté son pays ni son carmel ".
Moi, si "
cool " j'étais rouge de colère rentrée. Nous, SMNDA,
étions depuis 10 ans à Morelia pour essayer d'ouvrir l'Afrique aux
Mexicaines qui ressentaient une inquiétude missionnaire
mais n'avaient
pas le courage de quitter leur pays et lui, quittait Rome pour venir leur dire
de rester chez-elles !
La vie missionnaire est plus qu'une intention de prière, si sainte soit-elle.
C'est une présence durable au milieu d'un peuple en épousant l'histoire
et la destinée de ce peuple, en essayant d'y faire découvrir Jésus-Christ
déjà présent. Dans les paroisses québecoises, quand
j'entends : " Tout le monde peut être missionnaire ", je comprends
le sens de cet énoncé. Mais avouez que la place où vous avez
les pieds, la natte sur laquelle vous êtes couché, les bruits que
vous entendez la nuit, les odeurs que vous respirez, tout cela vous façonne.
Donner les fruits de l'arbre c'est une belle chose, mais donner tout l'arbre et
le transplanter ailleurs, c'est tout autre chose. Voilà ma première
réaction. Depuis une trentaine d'années, nous nous sabotons nous-mêmes
en répétant ces slogans.
Ad
Gentes, intra populo !
Deuxième
réaction :
A l'époque où les seuls noirs du Canada étaient les employés
des chemins de fer, j'ai donné ma vie à l'Afrique et j'y suis partie.
Maintenant, plusieurs nations africaines sont arrivées ici. Les statistiques
sont là pour le prouver. C'est un fait visible dans les espaces publics,
dans les églises, écoles et universités, à Washington
comme à Toronto et à Montréal. Si nous n'étions pas
allées en Afrique, cette réalité ne serait pour nous qu'un
phénomène culturel.
Parce
que nous avons connu les Africains dans leurs pays, nous avons en nous ce qu'il
faut pour les rencontrer ici, en reconnaissant en eux la richesse de leur tradition.
Ils sont plus que des étrangers qu'il faut accueillir, ils sont des amis,
des hôtes d'antan. Eux-mêmes nous ont jadis offert une hospitalité
sans limite. Notre spécificité pour l'Afrique trouve ici une application
nouvelle et fort pertinente : l'étranger venu ici a besoin d'être
accueilli, guidé et rassuré sur la place qu'il pourra tenir dans
notre société et l'avenir qui l'attend. Nous lui offrons en plus,
une reconnaissance de son passé, une mémoire commune des mêmes
amours. Ces liens sont affectifs, culturels et spirituels.
Nous avons là un apostolat tracé par la main de la Providence et
qu'approuveraient nos fondateurs. A nous de trouver comment et où, selon
nos lieux d'habitation, notre santé et nos capacités, nous pouvons
y répondre. Voilà la face nouvelle de notre charisme et plusieurs
d'entre nous en éprouvent déjà les joies.
Pierrette
Pelletier, (ex-Mali, Burkina, Mexique) Montréal Cartierville (Canada)


Nous
collaborons à la vitalité du Corps
Ad Gentes
évoque l'universalité de la mission : " Allez enseigner toutes
les nations
"
Notre charisme est vécu partout où
nous sommes envoyées : nous collaborons ainsi à la vitalité
du Corps entier. L'Église est universelle, n'excluant personne.
Ad
Extra : La mission spécifique de notre congrégation est "
ad extra ", pour l'Afrique. (AC99)
Pour nous les aînées :
- Nous
voulons garder le coeur et l'esprit ouverts à l'universel :
- Là
où nous sommes, nous désirons promouvoir une rencontre entre l'Évangile
et les peuples de notre temps
- Dans
notre société multiculturelle, être signe de fraternité
universelle
- Dans
toutes nos relations, favoriser tout ce qui va dans le sens de l'ouverture à
l'autre
- "
Ad extra " peut devenir en priorité, la rencontre avec les nombreux
Africains qui vivent chez nous.
Aspects
essentiels de notre charisme
- Consécration
pour la mission de Jésus-Christ : c'est du tout à Toi que jaillit
le tout à tous
- Envoi
en communautés interculturelles pour l'évangélisation des
peuples africains
- Attention
particulière aux croyants de l'Islam
- Solidarité
avec les femmes africaines.
Aspects
particuliers à vivre aujourd'hui dans un monde globalisé, où
l'écart entre le Nord et le Sud s'accentue cruellement. Que pouvons-nous
faire concrètement ?
- Etre
sensibles aux situations de détresse : importance de l'information
- Nous
intéresser aux grandes questions de justice, paix, intégrité
de la Création
- Vivre
d'abord ces valeurs entre nous dans nos relations communautaires
- Nous
engager si possible (ex. AEFJN) - Dénoncer les injustices (voir témoignages
ci-après)
- Conscientiser
les citoyens de nos pays
Notre
spécificité pour l'Afrique aujourd'hui
-
De par notre charisme, nous sommes envoyées à ceux qui sont loin
- en Afrique- mais notre mission est une où que nous soyons.
- Nous,
les aînées, rentrées au pays, nous nous sentons missionnaires
à part entière.
- Particulièrement,
nous veillons à donner une image positive de l'Afrique.
- Notre
charisme est un héritage à transmettre : le faire partager par des
laïcs.
- Quel
que soit notre âge, l'Afrique reste au coeur de notre prière.
DEUX
TEMOIGNAGES DES SOEURS
Dénoncer les injustices :
Lors
de la crise de la "vache folle", un Européen est arrivé
au Burkina Faso proposer un tourteau de viande moins cher que celui produit dans
le pays. Nous l'avons signalé à la police et l'affaire est remontée
jusqu'au Ministère qui a expulsé la personne en question.
Une
même démarche d'information avait été faite au moment
de l'introduction des O.G.M. (organismes génétiquement modifiés)
Au Rwanda, des laïcs prennent conscience de leurs responsabilités
et s'engagent :
- Attention
aux malades du SIDA, aux femmes seules, en collaboration avec des O.N.G., l'Église
et l'État, par la création d'associations et de coopératives.Des
orphelins sont accueillis dans des familles déjà nombreuses et dans
des orphelinats.
-
Attention aux enfants de la rue.
-
Attention aux jeunes: depuis 4 ans, existe le Forum des Jeunes qui rassemble des
délégués de chaque diocèse durant quelques jours de
vacances scolaires, pour une recherche et éducation aux valeurs morales
et civiques. Le but est de former ces jeunes chrétiens à devenir
des animateurs auprès des autres jeunes, dans leur école ou leur
paroisse.
Face aux problèmes ethniques, des initiatives sont prises pour aider les
personnes d'un même milieu à se connaître (par le travail ensemble
dans des champs), se parler, s'entendre. Progressivement des peurs disparaissent
et font place à la confiance, à la réconciliation.
Ce
travail nous a permis d'approfondir encore les documents de la congrégation
: Constitutions, Actes capitulaires, Lettres circulaires, travaux des récents
Chapitres. MERCI.
Communauté
de Namur-Salzinnes, Belgique


Les
associé(e)s des SMNDA de la CUM
'Ad Gentes', aspects de notre charisme aujourd'hui, notre spécificité
pour l'Afrique, sont autant d'éléments qui se retrouvent dans le
projet des associé(e)s des SMNDA de notre Province.
D'où
est né ce projet
Ni d'un rêve, ni même d'un songe,
mais bien d'une réponse adaptée à de nombreuses requêtes
que des laïques engagés ont adressées à l'Équipe
provinciale. Il y eut aussi, dans Redemptoris Missio, le rappel de l'Église,
à tous les baptisés, de leurs droits et devoirs dans l'engagement
missionnaire et l'appel pressant à tous les Instituts missionnaires de
partager leur 'mission' avec eux. Le Chapitre général de 1999 a
reconnu l'association SMNDA comme une réponse aux défis de nos sociétés
et aux aspirations de nos contemporains, réponse basée sur une solide
conviction de l'actualité de notre charisme pour le partager avec des groupes
de tous âges, affiliés et associés. Nous étions ainsi
appelées à la persévérance, à la collaboration
entre provinces et à la créativité.
Quand nous parlons d'une longue expérience de collaboration avec les laïques
en pays de mission, il faut nous rappeler les premières caravanes des Missionnaires
d'Afrique, au sud du Sahara, accompagnées de 'zouaves, laïques engagés'
partageant la vie missionnaire et ses projets d'évangélisation.
Que fallait-il offrir à la fin de ce XXe siècle, et au début
de ce nouveau millénaire?
'
Une communauté dans la province
Après consultation avec
toutes les communautés de la province, il a été décidé
que celle de Montréal rue Guy recevrait ce mandat d'accueil et de formation
de laïques désirant partager notre mission en Afrique. Cette communauté
devint, pour ces personnes, un lieu d'initiation à notre charisme et à
notre vie missionnaire, un espace d'information, de réflexion et de maturation.
' Une formation
missionnaire
Une formation solide leur est donc offerte par la participation
à la formation intercommunautaire déjà existante : 9 ou 10
fins de semaine par année, pour une période de deux ans, sur l'identité
personnelle, chrétienne et missionnaire, la spiritualité missionnaire,
la sociologie et la missiologie. Notre charisme SMNDA se partage encore davantage
par huit journées de formation au cours de ces deux années. De plus,
chaque mois, un accompagnement personnel aide la personne en formation à
discerner sa vocation missionnaire et son appel à vivre selon notre charisme.
Des temps d'immersion dans la communauté nous aident à répondre
plus personnellement aux besoins de chacune et nous permet de développer
et de vérifier leur sentiment d'appartenance à la famille Lavigerie
ainsi que l'authenticité de leur engagement. La durée de cet apostolat
bénévole en Afrique est d'au moins deux ans.
'
Une communauté à Mwanza
Il devint évident que les
provinces d'Afrique ne pouvaient recevoir dans leurs communautés ces missionnaires
associé(e)s. Nous avons reçu cette décision comme un appel
à faire du neuf. Avec la collaboration de l'E.A.P., une maison a été
mise à notre disposition. De là une SMNDA ferait le lien entre l'Évêque
du lieu et l'équipe apostolique des associés. Ainsi en juin 2002,
Colette Joubert partait avec une associée des SMNDA, néo-canadienne
d'origine vietnamienne, et, en septembre-octobre 2003, elles étaient rejointes
par cinq associé(e)s, deux couples et une dame seule.
'
Un charisme partagé
Les engagements apostoliques des six associé(e)s
s'inscrivent au cur même de notre charisme :
- Un engagement missionnaire
à Ukerewe, une île où il y a peu de personnel diocésain,
et où les deux couples s'engagent dans l'éducation, la sensibilisation
au SIDA et le soin des nombreux enfants handicapés. Ils portent une attention
spéciale à assurer une relève locale au sein même de
leurs engagements. Ces couples acceptent un style de vie simple, semblable à
celui des gens de l'Ile. On pourrait dire que les conditions de vie et de travail
s'apparentent à celles qu'ont connues nos surs qui étaient
présentes sur l'Ile dans les années '50.
- Une autre associée vit dans une communauté religieuse tanzanienne,
les 'Surs du Kilimanjaro', qui lui ont généreusement ouvert
leur cur et leur maison. Elle est engagée dans la paroisse de Bukumbi
et ses nombreux villages, avec les malades du SIDA et leurs familles.
- La sixième associée a vécu à Mwanza et s'est impliquée
dans le projet des enfants de la rue Upendo daima commencé par une de nos
surs.
Un
charisme partagé, c'est aussi un charisme enrichi par l'expérience
missionnaire de laïques, soit célibataires, soit en couples. En dialogue
avec la réalité de notre temps, la grande famille Lavigérienne,
déjà présente dans plusieurs pays, élargit notre charisme.
' Une insertion
dans un projet
Une recherche pour un engagement apostolique dans un milieu
francophone nous a permis d'envoyer une missionnaire associée dans un projet
des enfants de la rue, administré par un Miss. d'Afr., à Ouagadougou,
au Burkina Faso. Elle vit dans un quartier populaire et sa relation avec les Missionnaires
d'Afrique, (les Pères et nos soeurs), ainsi qu'avec le groupe local des
Lavigériens, lui permet d'approfondir notre charisme et d'en vivre.
Perspectives
d'avenir
Les Évêques concernés sont-il heureux
de cette contribution des missionnaires associés ? Le mois dernier, Mgr
Mayala, évêque de Mwanza, référait à la communauté
de Mwanza une laïque engagée, tanzanienne, désireuse de devenir
missionnaire associée. En effet, l'an dernier, Colette avait commencé
une initiation à notre charisme avec un groupe de laïques, 'intrigués'
par ces missionnaires associé(e)s. Ce même Évêque nous
répétait la réaction des gens de l'île : " On
dirait que nos missionnaires sont revenus ! "
Les
missionnaires associé(e)s expriment leur désir de vivre leur mission
en équipe apostolique internationale/interraciale, un élément
du charisme lavigérien qui nous est très cher et qui est source
de solidarité universelle.
La
plus jeune génération SMNDA qui a grandi avec les enseignements
de Vatican II, ne peut ignorer l'importance de la promotion des laïques dans
notre monde ecclésial et missionnaire. Sauront-elles, ou encore saurons-nous
comme congrégation, reconnaître ces signes de l'Esprit ? Daniel Cadrin,
o.p., dans un article publié par LE PUITS, avril 2002, (p.8) nous assure
que c'est une condition d'avenir. Dans un style lapidaire, il nous dit :
"
Partez en famille élargie,
et vous serez féconds.
Autrement,
vous mourrez
dans votre coquille. "
Puissions-nous,
dans ce temps de préparation au prochain Chapitre général,
mettre en pratique ses sages conseils (p.7) : " Nous avons à retrouver
un équilibre, un mélange de vieux et de neuf, qui sauve de l'anonymat
et qui est signe de santé, car il indique une attention à la fois
aux mouvements du contexte et des personnes et aux fondements qui nous enracinent
dans une histoire ".
Montréal,
20.01.05, l'équipe de la rue Guy :
Colette
Joubert - Madeleine Lacoursière - Viviane Lafrenière (à Mwanza)
- Suzanne Plouffe et Danielle Vermette


Kalilo:
Des faits à l'engagement
Les Soeurs de la communauté de Kalilo (Zambia) essaient de voir quelles
sont les réalités positives du monde actuel, au-delà de tout
le négatif dont on parle surtout :
Des pays font preuve de solidarité à l'occasion des catastrophes
naturelles
Ils acceptent de dialoguer au moment des conflits
Les laïcs
chrétiens désirent s'engager dans l'Église
Dans certains
pays, l'oecuménisme progresse
L'Église accepte de parler pour
les sans-voix
Actuellement, les communications font du monde un grand village
L'Église
offre de très bonnes publications pour aider les gens à être
plus conscients des problèmes sociaux et politiques
En plusieurs pays,
les jeunes sont nombreux, ce qui est une richesse
A la suite d'une conscientisation,
l'éducation a été mise davantage à la portée
des femmes et des jeunes filles
Des femmes ont accès au parlement et
à des postes de responsabilité
Les gens sont créatifs
pour utiliser les ressources locales, ce qui crée des emplois.
Les
soeurs soulignent aussi quelques aspects de notre Charisme qu'elles se sentent
poussées à approfondir :
Dans
l'Église locale et auprès des Congrégations africaines, nous
avons un rôle de soutien
SMNDA, nous voulons faire route ensemble comme
disciples de Jésus
Demeurer près des gens, par un style de vie
simple, à l'exemple de nos premières soeurs
Être tout à
tous, femmes apôtres avec les femmes
Réévangéliser,
aidant les chrétiens à approfondir leur foi, dans leur nouveau contexte
de vie
Étant peu nombreuses, travailler en collaboration avec d'autres
congrégations, des ONG, des associations, par exemple dans les programmes
de Justice et Paix
Veiller à ce que quelques-unes de nos jeunes soeurs
soient prêtes à s'engager dans le dialogue interreligieux, les programmes
de justice sociale, d'éthique
Aider les petites communautés chrétiennes
à s'ouvrir à la mission universelle pour devenir missionnaires à
leur tour. "... l'oeuvre durable doit être accomplie par les Africains
eux-mêmes, devenus chrétiens et apôtres." (Cl. Lavigerie)
Se
faire servantes plutôt que directrices de programmes et de ressources
La
communauté de Kalilo


PARTAGE-TRENTAPRILE
EST PUBLIÉ 5 FOIS PAR AN PAR LES SURS MISSIONNAIRES DE NOTRE-DAME
D'AFRIQUE
15 VIALE TRENTA APRILE - 00153 ROMA - ITALIE
Editrice: Begoña
Iñarra - Traductions: Claire Bélanger, Doris Gastonguay
Mise
en page à l'ordinateur, impression: Marie-Vincente Brouca - Expédition:
Odile des Roches
