Dans l’Editorial de décembre 2006, le C.G. a rappelé les « Objectifs de la Campagne du Millénaire » avec un titre fort : « Dieu vient : le cri des pauvres au cœur de notre vie ». Cet appel devrait garder une place effective dans notre mémoire et même être intégré dans chacune de nos vies, quelle que soit notre situation. N’est-ce pas d’ailleurs l’un des critères essentiels de nos insertions diverses et tout particulièrement de ce que, depuis le chapitre de 2005, nous appelons « Œuvres à nous », lieux de visibilité, certes, mais aussi service des plus petits et des plus pauvres ?
Souvenons-nous ! En raison de circonstances politiques, sociales et ecclésiales, nous avons vécu un peu partout en Afrique, une période assez longue d’engagements professionnels en dehors de la congrégation. Un certain nombre d’entre nous ont travaillé ou travaillent encore dans des institutions étatiques ou d’Eglise, écoles, hôpitaux, assistance sociale, etc. Peu à peu, on en est arrivé à constater que ces engagements, tout en correspondant à notre charisme pour l’Afrique, pour les femmes et pour les plus démunis, risquaient de nous enfermer dans une discrétion peu propice à notre visibilité en tant que SMNDA.
En remarquant cela, les capitulantes de 2005 ont insisté sur le fait que nous sommes toutes concernées par la vie de notre charisme. Elles ont alors réfléchi au titre de l’AMV sur l’utilité d’avoir des « œuvres à nous ». Il serait nécessaire « qu’une ou plusieurs sœurs aient un apostolat permettant à celles qui nous approchent de voir concrètement quels sont notre mission, notre charisme et nos priorités. Dans ce sens, il serait utile d’avoir une ‘œuvre à nous’ qui permette d’accueillir des jeunes en leur donnant de voir comment nous vivons les priorités de notre charisme » (AC 2005, p. 65). En juin 2006, le chapitre inter-provincial d'Afrique réuni à Nairobi, a étudié la question. Il s’est appuyé sur une synthèse fort suggestive des provinces d’Afrique, récapitulant 24 « œuvres à nous » (actuelles ou envisageables) qui y étaient réparties. Parmi les critères, relevons l’intégration possible de jeunes et la visibilité identifiée SMNDA.
Et voici que, aujourd’hui, Partage vous présente quatre de ces « œuvres » prises, chacune, dans une des quatre anciennes provinces, regroupées à ce jour dans l’unique province d’Afrique. Deux de ces œuvres concernent les petits enfants, un jardin d’enfants à Gumo (Ghana) et une école maternelle à Arusha (Tanzanie). Une autre s’adresse à des malades, atteints du Sida pour la plupart, le centre de soins à Gitega (Burundi). La quatrième enfin vise un autre genre de public, professeurs et étudiants universitaires, c’est une bibliothèque universitaire à Oran (Algérie).
L’histoire de la congrégation remporte les suffrages d’un certain nombre de lectrices et lecteurs, comme le montre la collaboration spontanée d’une lectrice qui retrace les débuts de la mission au Burundi, il y a cent ans. Une « promenade à travers les archives » permet aussi de présenter les premiers pas au dehors de St-Charles, de nos premières sœurs Géronimites, entre 1872 et 1894, et comment elles ont ainsi donné vie aux ancêtres des « œuvres à nous ».
Il faut bien aussi partager quelque chose de ce qui s’est vécu à la Maison généralice au cours des trois derniers mois. D’abord le passage du relais d’une économe générale, Pilar Navarro, à l’autre, Francine Maas, marqué par deux célébrations, l’une « officielle » organisée par le C.G. et l’autre plus communautaire. N’oublions pas le rajeunissement apporté à la communauté par la présence du Juniorat 2006 au Villino tout proche. Les trois participantes nous en donnent un écho.
Vous trouverez enfin, comme de coutume, les communications et informations diverses fournies par le secrétariat général. A toutes, bonne lecture !
Lucie Pruvost
Des “Œuvres à nous”
TAMAHA,un jardin d’enfants à Gumo, Ghana
Lorsque je suis arrivée à Gumo en septembre 2002, le jardin d’enfants de Tamaha, « Espérance » en dagbanli, n’en était qu’à ses premiers balbutiements. Il s’agissait d’une reconversion du projet de « Centre de ressources » commencé en particulier par Maricruz Torrès. Tamaha a été créé avec l’accord des autorités villageoises. Depuis sa construction début 2001, les bâtiments étaient utilisés le matin pour rassembler les jeunes enfants d’âge préscolaire, leur donner des rudiments d’anglais et quelques connaissances de base dans différents domaines. Ils formaient un seul groupe d’une trentaine.
Au mois de septembre 2002, ils ont été partagés en deux groupes. Une postulante, Vinolia Ayivor, et notre jardinier, Idrissu, enseignaient sans aucune formation préalable. Les premiers mois, tout en apprenant le dagbanli, j’ai essayé une fois par semaine de leur apporter quelques conseils de pédagogie, préparation de classe et organisation. Plus tard, j’ai passé du temps dans la classe avec eux. Il s’agissait d’une œuvre naissante, sans passé ; donc, cela a été un défi pour moi. J’ai une formation et une expérience d’institutrice dans les classes primaires, mais je me suis sentie dépourvue pour ce niveau de maternelle. Et puis le système éducatif du Ghana est différent de celui de ma Bretagne natale ! C’est ainsi que la créativité se développe ! Récupération de toutes sortes de petit matériel, imagination, demande d’idées et de conseils pour « inculturer » localement la mission confiée. Je suis allée visiter plusieurs jardins d’enfants. J’ai collecté leurs programmes, puisque rien d’officiel n’existait. J’ai fait des erreurs. Mais cela m’a profité. Ainsi, pas assez d’apprentissages purement scolaires ; j’avais l’image d’une école maternelle à la française où on ne commence réellement ces apprentissages qu’au primaire, tandis que, au jardin d’enfants, on développe d’autres facultés préparatoires.
La création d’une œuvre demande d’établir des contacts avec l’environnement, d’être en relation avec des œuvres du même type. Cela demande un esprit d’initiative et de créativité, la disponibilité à se réajuster sans cesse, l’ouverture à la communauté, la confiance en soi… autant de qualités bonnes à découvrir et à développer ! Je me suis sentie parfois en dessous de ces capacités, ne sachant par quel bout prendre les choses, manquant d’organisation… J’ai appris à avancer doucement, à accepter mes limites, à me remettre à l’Esprit, à trouver encouragements dans l’expérience de mes sœurs aînées dont beaucoup sont passées par ce même genre de situation. J’ai encore beaucoup à améliorer. Je crois que nous n’avons jamais fini et j’apprécie beaucoup l’aide de mes sœurs à travers leurs questions, défis, conseils.
Des choix de fonctionnement
« Une œuvre à nous », c’est aussi bien sûr un investissement financier ; tout l’aspect matériel est entre les mains de la congrégation. Mais l’expérience que nous avons à Gumo est que les amis, connaissances et même parfois des gens inconnus s’intéressent à notre œuvre, « l’œuvre des sœurs », et font preuve de beaucoup de générosité par des dons en nature ou en es-
pèces. En 2003, des lycéens ont organisé une collecte de matériel pour les enfants de Tamaha qu’ils avaient connus par Internet ! Je pense que les enfants sont aussi une population qui éveille l’intérêt des gens ; nous sommes par eux au service du futur d’un peuple.
Dans « l’œuvre à nous », les choix de fonctionnement internes sont ouverts et permettent de refléter notre esprit de congrégation. A Tamaha, dans les relations avec les parents et avec les enfants, par l’esprit de fraternité et de pardon que nous essayons de développer, c’est ma foi dans l’Amour du Christ que je désire partager, ma certitude que chacun est enfant de Dieu, habité de Sa présence, chargé de talents particuliers à développer. Dans le cas d’une école, nous avons libre choix des enseignants. Pour le moment, notre jardin d’enfants n’est pas « reconnu » dans le système éducatif public ou catholique. Cela nous prive du bénéfice des sessions de formation offertes aux enseignants et de certains dons matériels. Mais au Ghana, c’est seulement en 2005-2006 que deux années de maternelle ont été intégrées dans le cursus scolaire et qu’un programme d’activités vient juste de paraître. Cependant, Tamaha est enregistré au Bureau d’Education du District depuis avril 2006 (nombre d’enfants, d’enseignants, âges…). Cela nous fera bénéficier des visites de supervision. Nous payons nous-mêmes les enseignants sur le Fonds Apostolat. Des lois nouvelles (2005) rendent une « reconnaissance » officielle dans l’enseignement catholique plus compliquée ; elle ne peut se faire que si le jardin d’enfants est rattaché à une école primaire.
Comme nous avons la charge de cette œuvre, il est aussi plus facile de s’organiser, de s’ajuster aux autres appels de la mission : dates d’ouverture et fermeture sont parfois décalées, un enseignant remplacé par une autre personne… Cela a été le cas lorsque des postulantes étaient chargées de l’une des classes. Elles ont eu plusieurs fois des sessions
de formation prises sur le temps scolaire. Pour moi aussi, nous nous sommes ajustés quand je suis partie en Algérie ou au moment de mon congé. Bien sûr, l’un des avantages est que cette œuvre est une « plateforme de lancement » pour les plus jeunes. Elle le fut pour moi – et je continue d’apprendre beaucoup – et pour plusieurs postulantes. Lorsque des aspirantes passent quelques jours chez nous, « l’œuvre à nous » est aussi intéressante pour elles : elles découvrent une façon de vivre notre charisme et d’y prendre part.
Toucher la population
Le fait que ce soit un jardin d’enfants, et juste à côté de chez nous, est un moyen privilégié pour toucher la population. Par les enfants, nous sommes en lien avec les familles. Nous pouvons transmettre des connaissances aux élèves, leur partager ce que nous savons, mais aussi les aider à grandir dans toutes les dimensions de leur être, les éveiller à la présence de Dieu et leur apprendre à vivre ensemble. Cette expérience du groupe est la première pour les plus petits. L’éducation est une pierre de fondation dans la vie d’une personne. Ce qu’elle acquiert dès le plus jeune âge construit son être social, intellectuel, spirituel.
C’est une œuvre de prévention aussi. Les jeunes éduqués s’enfuiront moins facilement dans des tentations destructives, afin de gagner leur vie ou de lui donner sens. Mais, avec l’expérience de trois années maintenant, cela devient une évidence pour moi que le jardin d’enfants devrait être suivi par un primaire solide. L’acquis est là, mais il est fragile. Nous n’avons pas de bonne école primaire proche. Je constate que les enfants régressent dans leur aisance à parler anglais. L’ensemble des connaissances devrait être consolidé lors des premières années de primaire qui forgent les bases de toute scolarité.
C’est une mission dans laquelle je trouve beaucoup de joie, les enfants ont soif de connaître, de découvrir leurs talents ; nous grandissons, eux et moi, les uns par les autres !
Véronique Hégron, Gumo, Ghana
A ORAN, UNE BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE
Toute une histoire
La bibliothèque que nous avons à Oran a toute une histoire. Ecoutons ce que nous disent les premières sœurs qui se sont installées au « Square Cayla » où, aujourd’hui encore, se trouve la bibliothèque.
« En octobre1964, nous sommes troissœurs pour Oran et nous nous installons dans un appartement plus grand et plus accessible aux jeunes filles… A la maison, la supérieure donne des cours à une dizaine de jeunes filles et jeunes femmes analphabètes, plusieurs fois par semaine. Une petite bibliothèque surtout centrée sur la femme, l’Afrique et l’islam, fournit de la lecture aux élèves de l’Ecole Normale, des lycées ou aux coopérants désireux de mieux connaître l’islam. Une dizaine de jeunes filles du lycée viennent travailler ou discuter à la bibliothèque qui a quelques abonnés réguliers. Sr Marguerite Tortel passe souvent des livres aux normaliennes. Des étudiantes et lycéennes y cherchent des ouvrages inscrits au programme, qu’on ne trouve que difficilement dans les librairies… »
Depuis, les réalités ont changé. La communauté n’habite plus sur place. Elle est installée au centre ville, à environ dix minutes à pied de l’appartement du « Square ». Quelques aménagements ont été nécessaires pour avoir plus de place. La bibliothèque doit son image actuelle à ces travaux et aux quatorze années de labeur d’Agnès Genevrois qui en a transmis la responsabilité à Danuta Kmieciak, bibliothécaire de formation.
Aujourd’hui, la bibliothèque est informatisée. Elle est ouverte aux étudiants universitaires, filles et garçons, spécialisée en littérature, langues et psychologie. Cinq cents lectrices et lecteurs y sont abonnés avec une carte annuelle. Le milieu est presque exclusivement musulman, avec quelques unités de personnes d’autres religions. L’islam est en effet la religion de la majorité des Algériens.
Répondre aux besoins
L’objectif est de répondre aux besoins des universitaires, étudiants, enseignants et professeurs, diplômés en recherche d’emploi ou à ceux d’autres lectrices et lecteurs. Il faut savoir que le marché du livre dépasse les capacités financières de la plupart des abonnés.
C’est pour répondre aux demandes et compte tenu des besoins exprimés que nous donnons des coursde langues : français, anglais, espagnol. Nous proposons aussi une initiation à l’ordinateur. Il y a deux ans, nous avions aussi un « club littéraire » autour d’un auteur. Cela favorisait des échanges intéressants, concernant surtout la littérature maghrébine. L’expérience s’est avérée enrichissante. Mais, faute de volontaires pour l’organisation et l’animation, elle est actuellement interrompue. Nous restons cependant ouvertes à toutes les initiatives pouvant encourager des activités littéraires et culturelles maghrébines.
Présence permanente
Ces activités supposent une présencepermanente assurée par diversespersonnes. Clémentine Mukampabuka SMNDA, quatre ans de vœux temporaires, avec 29 h 30 de présence par semaine, en est la responsable depuis septembre 2006. Elle succède à Danuta Kmieciak qui, tout en ayant été nommée régionale du Maghreb, continuera à assurer les achats de livres et à s’occuper des comptes. Elle reste aussi disponible quand nous avons besoin d’elle pour le bon fonctionnement de la bibliothèque.
Une autre SMNDA, Valérie Kaboré, trois ans de vœux temporaires, a aussi sa bonne part de présence. Une laïque, Mme Natalia Korchi, Russe mariée avec un Algérien, travaille avec nous depuis six ans et assure 14 h par semaine. Nous sommes aussi en collaboration étroite avec la communauté des Frères Maristes : Xéma, Espagnol, dispense 3 h de cours d’espagnol par semaine ; Arturo, Mexicain, donne une initiation à l’informatique à raison de 2 h 30 par semaine ; Jean-Marie enfin, un Français, donne des cours de français. Une Algérienne, Mme Aïcha Chiikh, professeur d’anglais à la retraite, donne 3 h de cours d’anglais par semaine, tandis que Mme Galina Missoum, une autre dame russe marié à un Algérien donne 3 h de cours d’ordinateur par semaine.
Financement
Il faut aussi penser au financement qui doit couvrir les indemnités de tout le personnel, y compris des smnda engagées dans la bibliothèque, le loyer, l’achat des livres ou autre matériel. L’aide de Misereor et les inscriptions annuelles couvrent ces frais. Nous n’avons pas de démarches spéciales à faire en rapport avec les autorités locales. Mais comme nous sommes en appartement, un appartement propriété de la congrégation, nous payons les charges communes, nous participons aux réunions des propriétaires et locataires pour la bonne organisation de l’immeuble.
« Chez les sœurs »
La bibliothèque touche notre vie communautaire en ce sens que ce que vit chacune fait partie de la mission commune. Par ailleurs, sa situation non loin de notre communauté favorise la visibilité de notre engagement. Il faut dire que tous ceux qui viennent chez nous savent que c’est « chez les sœurs ». Ainsi, même dans un pays où il est pratiquement impossible, en tant qu’étranger, de trouver un travail rémunéré, nous pouvons offrir une insertion aux nouvelles sœurs ou aux autres personnes voulant bien collaborer avec nous. Nous pouvons aussi vivre cette collaboration en allant vers des personnes engagées ou voulant s’engager dans des associations ou autres activités, ce qui nous fait sortir du cadre établi. Tout ceci peut être favorisé par des rencontres et des amitiés contractées au sein de la bibliothèque. C’est aussi grâce à la bibliothèque que nous sommes en contact avec les écrivains algériens, par la lecture ou par les conférences diverses.
Clémentine Mukampabuka, Oran
ECOLE MATERNELLE D’ARUSHA – UN PROJET SMNDA
« Ecole maternelle St-Simon », tel est le nom de cette « œuvre à nous » avec ses trois classes : une crèche appelée « Lavigerie », une classe moyenne, « Marie-Salomé », et une classe supérieure, « St Simon ».
Bref historique du projet
Cette école maternelle a été ouverteparlesparoissiens en 1997, pour les enfants du voisinage qui, ainsi, n’auraient pas à aller trop loin. Dès le début, l’une d’entre nous, Sr Theresia Schmitt, a été responsable de l’administration, spécialement des finances, et de la supervision. Puis, en 2003, Sr Gisela Schreyer prit sa relève. L’école était sur le point de tomber en raison du petit nombre d’enfants et du manque de fidélité dans le paiement des frais de scolarité. Avec l’aide de Birgitta Gremm qui avait une formation pour les écoles maternelles, et grâce à ses efforts personnels, il y eut une nette amélioration aussi bien pour l’enseignement que pour la discipline. En mai 2005, Harriet Kabaije s’y ajouta pour l’enseignement et en vue de prendre la relève de Birgitta.
Les objectifs ?
Aider les enfants de notre voisinage et leur offrir un bon départ pour l’éducation scolaire
Aider les enfants venant de familles démunies ; les aider à avoir entre eux des relations saines et leur faire connaître Dieu
Accueillir des enfants de diverses confessions et favoriser entre eux de bons rapports
Utiliser la voie de la non-violence pour éduquer les enfants à travers le jeu
L’école et les autorités locales
Celui qui représente les parents des enfants au niveau local est le Président du Conseil d’administration, qui est aussi Président du village. Il nous aide bien en consultant les parents et en ayant des réunions avec eux.
Combien d’entre nous sont-elles impliquées ? Nous sommes deuxà être engagées : pour l’enseignement et l’administration : Harriet Kabaije, 31 ans, première année de profession ; pour l’enseignement - Hortencia Sizalande, 33 ans, six ans de profession. Mais d’une manière générale, toute la communauté se trouve impliquée. Par exemple, Gisela Schreyer et Pierrette Renaud veillent sur le bâtiment ; Akeza Hagos, 43 ans, 11 ans de profession, a apporté son aide comme enseignante pendant neuf mois. Entre nous en communauté, il y a beaucoup de soutien et de collaboration, puisque nous sommes sûres que c’est notre projet SMNDA (un trésor dans nos mains). Le reste du personnelesttanzanien : Sabina John, enseignante, Kesia Alfred, cuisinier.
Ouverte à tous
L’école se trouve dans le village, à proximité de la paroisse et de notre communauté. Elle est ouverte à tous, peu importe la religion. Nous avons des enfants de diverses Eglises, luthérienne et catholique, Pentecôtistes, Assemblées de Dieu. Une fois, nous avons même eu un musulman. Vingt enfants au moins pourraient être parrainés. Mais cette année, nous n’en avons eu que dix. Ces enfants, aidés par notre congrégation, sont surtout des pauvres, n’ayant qu’un seul parent - le père ou la mère étant décédé(e) - ou appartenant à des familles en situation précaire.
J’ai déjà dit comment toute la communauté se sentait engagée dans notre projet, et chacune sent la contribution de l’autre selon ses capacités personnelles. Notre propre visibilité ressort du support et de l’aide réciproque. Nous travaillons ensemble comme des sœurs et partageons ce qui arrive dans l’école. Il est intéressant de voir comment chacune de nous collabore, en particulier au moment de la fête de remise des récompenses aux enfants. Voilà qui donne une bonne idée de l’esprit de famille que nos ancêtres, Marie-Salomé et Lavigerie, souhaitaient que nous ayons.
Harriet Kabaije, Arusha
LE CENTRE DE SOINS DE GITEGA - UNE « ŒUVRE A NOUS »
Débuts et évolution
Lors de notre arrivée à Nyamugari, un quartier de Gitega, voyant que j’étais infirmière, la population de ce quartier nous a demandé d’ouvrir un centre de santé. Mais en raison de la proximité de l’hôpital de Gitega et d’autres centres de santé, le Conseil provincial de l’époque n’avait pas prévu cela. En fait, ce sont les événements qui nous ont poussées à avoir une formation médicale dans ce quartier.
Les premiers soins ont été donnés dans notre propre maison en 1993. Plus tard, le SIDA a pris racine dans ce quartier populaire. Pour accueillir ces malades, nous avons aménagé un local qui, bien vite, est devenu trop petit. C’est alors que nous avons acheté une parcelle de terre et procédé à la réfection des bâtiments. C’est ainsi que, en février 2005, a été ouvert le « Centre de soins EPC Nyamugari », une « œuvre à nous » agréée par la Province. « EPC » veut dire « Equipe de Prise en Charge des Séropositifs ».
Le centre de soins est situé dans un quartier populaire de la ville, à majorité musulmane. Nous soignons beaucoup de musulmans, de protestants de diverses Eglises, de catholiques, le personnel de la paroisse et les bénéficiaires de la Caritas paroissiale, des orphelins de la guerre et du SIDA, entre autres les enfants du centre FVS (Famille pour Vaincre le SIDA).
L’ouverture de ce nouveau centre a coïncidé avec une grève à l’hôpital de Gitega. C’est alors qu’ont commencé à arriver les personnes qui, jusque là, avaient peur de venir se faire soigner, croyant que c’était un centre destiné aux « Personnes Vivant avec le VIH/ SIDA » (PVVS). Nous soignons des malades de Gitega et des collines environnantes. Les plus démunis qui n’ont pas facilement un peu d’argent sous la main, nous les soignons aussi, et ils peuvent payer plus tard. L’augmentation du nombre des malades a logiquement entraîné une augmentation du personnel et des changements dans l’organisation. Nous avons instauré un nouveau système de fiches et de tenue de registres. Nous avons installé une petite pharmacie et nous fabriquons des sachets pour mettre les médicaments.
Engagées dans ce service
Nous sommes deux SMNDA infirmières engagées dans ce service : Jeanne d’Arc Ouattara, 37 ans, quatre ans de profession, et Felisa Garcia Galàn, 67 ans, 42 ans de profession. Toutes les deux, nous assurons la gestion du centre, la coordination des activités, l’économat… Sept autres personnes font équipe avec nous :
- Deux infirmières font la consultation des malades, les pansements, des soins à domicile pour les cas graves et autres activités propres à leur qualification.
Une aide-infirmière est chargée, trois fois par semaine, de la réhabilitation nutritionnelle des enfants, causeries sanitaires et nutritionnelles aux mamans et tutrices, pesée des enfants. Elle fait aussi la consultation, aide pour les rapports.
Une autre dame prépare avec une des mamans la nourriture pour les malnourris, veille à la propreté du matériel chirurgical et des lieux, fabrique des sachets pour les médicaments et les remplit et assure d’autres multiples services.
Un jeune homme est chargé principalement de la pharmacie et de la distribution des médicaments aux malades. Il aide aussi pour les achats.
Une jeune fille fait l’accueil des malades, distribue les fiches, fait payer, remplit le registre.
La septième est une jeune fille qui chemine avec nous. Venue à Gitega pour nous connaître davantage, elle assure trois fois par semaine le service des malnourris, remplace à la pharmacie et dans d’autres services, fait des visites à domicile…
A cet ensemble s’ajoutent, depuis trois ans, des jeunes aspirants MAf. qui viennent faire une partie de leur apostolat au centre. Cette année, ils sont sept dont un infirmier. Deux d’entre eux viennent deux matinées par semaine ; les autres, deux ou trois heures par jour. Ils aident un peu partout.
Activités réalisées
Les activités réalisées au Centre se répartissent entre soins et réhabilitation nutritionnelle.
Les soins concernent diverses catégories de personnes : les malades en général ; les Personnes Vivant avec le VIH/SIDA (PVVS), au centre et à domicile pour les cas graves. A cela s’ajoutent des hospitalisations ponctuelles surtout de jour ; le suivi des malades hospitalisés à l’hôpital de Gitega ; la prise en charge psycho-sociale des PVVS ; les entretiens pré et post-test VIH.
Nous faisons aussi de la prévention des maladies « opportunistes » (maladies pouvant survenir ou être développées par la personne en raison de la faiblesse de son état immunitaire) : deux après-midi par mois, nous réunissons tous les PVVS pour la distribution du bactrim, éventuellement une aide matérielle et des causeries, des vidéos qui les aident à vivre leur positivité et à éviter de contaminer d’autres personnes. N’oublions pas le suivi des malades sous anti-rétroviraux et des PVVS anonymes ainsi que les visites à domicile.
Quant à la réhabilitation nutritionnelle, elle concerne les enfants mal-nourris qui sont très nombreux dans notre entourage. Ce sont surtout des enfants en bas âge, orphelins ou pas, qui présentent un poids très inférieur à la normale. Nous les recevons trois fois par semaine pour l’éducation sanitaire et nutritionnelle et ils reçoivent un appoint alimentaire.
Divers projets en lien avec le Centre
Mais ce n’est pas tout. Il faut aussi mentionner divers projets en lien avec le Centre :
Pour la quatrième année consécutive, Caritas-Irlande « Trocaire » finance un projetdescolarité pour enfants et jeunes. Les bénéficiaires de ce projet sont les enfants des séropositifs, des enfants PVVS, des orphelins et autres « vulnérables ». Cette année, nous prévoyons de scolariser 210 enfants et jeunes du primaire et du secondaire et de soutenir par des Activités Génératrices de Revenu (AGR) 70 familles parmi les plus pauvres. Pour l’exercice 2006-2007, 10.000 € nous ont été accordés.
Les cas de paludisme sont très nombreux au Burundi, et Gitega n’est pas épargnée. Les cas de résistance aux antipaludéens sont fréquents. Afin de lutter contre ce fléau et sachant que « mieux vaut prévenir que guérir », j’ai préparé un projet pour acheter des moustiquaires. Une association de femmes allemandes nous a accordé une aide qui a permis de distribuer plus de 800 moustiquaires.
Enfin, pendant trois ans, nous avons reçu le bactrim nécessaire pour les PVVS grâce à un projet que l’OMS a accordé au
Comité National de Lutte contre le SIDA (CNLS). Mais par la suite, nous avons dû acheter le bactrim. En janvier 2006, j’ai adressé un petit projet au C
mité Provincial de Lutte contre le SIDA (CPLS). Ce projet a permis aux 136 PVVS de prendre leur dose journalière pendant trois mois. Depuis, nous avons continué à acheter nous-mêmes le bactrim nécessaire.
Sources de financement
Le financement du Centre a plusieurs sources. La principale provient, en nature, de l’Ordre des Chevaliers de Malte France- Nord. A cela s’ajoutent le Fonds d’Apostolat SMNDA ; les fonds reçus de donateurs éventuels et du Comité National de Lutte contre le SIDA ( CNLS). Les malades qui le peuvent donnent aussi leur participation.
Visibilité
Quant à la visibilité, elle existe réellement. En effet, cette œuvre donne aux jeunes qui veulent cheminer avec nous et qui habitent au loin, la possibilité de venir et de nous voir afin de mieux nous connaître. Elles peuvent ainsi discerner leur vocation et, en même temps, elles gagnent un peu d’argent pour aider leur famille. Cela nous permet aussi de mieux les connaître, de les aider dans leur cheminement. Cette « œuvre à nous » est donc un lieu ouvert sur les vocations.
Felisa Garcia Galàn, Gitega
LA VIE SE PARTAGE
D’UNE ECONOME GENERALE A L’AUTRE
LE RELAIS SE TRANSMET
Le 16 décembre 2006 avait lieu à la Maison généralice, le passage officiel d’une économe générale, Pilar Navarro, à l’autre, Francine Maas. Ce passage se préparait depuis quelque temps déjà. Francine avait quitté sa chère Tanzanie en septembre 2003 pour apprendre le français à Paris. Elle est arrivée ici, à Rome, en mars 2004 pour, auprès de Pilar, se familiariser avec l’art et les secrets de sa future responsabilité. La tâche ne lui était sans doute pas totalement inconnue. Ne s’était-elle pas déjà frottée à des tâches analogues dans son diocèse ?
Pour PILAR, la page se tournait vraiment. Il fallait bien, après plus de dix années d’un service qui n’avait pas été de tout repos. Le 25 avril 1996, elle avait elle-même succédé à Johanna van der Heijden, le relais se transmettant ainsi de génération en génération. Les gros travaux entrepris pour l’installation de la Maison généralice à Rome n’étaient pas achevés. Il restait encore à terminer les dépendances creusées dans le sous-sol du jardin, garage, autres annexes, et surtout y aménager une chapelle qui remplacerait celle, provisoire, jusque là installée dans l’une des chambres d’hôtes. Toutes choses qui, en plus des rencontres de chantier, architecte et entrepreneurs, comptaient beaucoup de démarches administratives. A Rome, tout comme en d’autres villes, on ne construit pas ce que l’on veut, là où l’on veut.
Diverses festivités étaient prévues pour ce passage. Il y eut d’abord la cérémonie officielle de passation préparée par le Conseil général, une cérémonie à la fois simple et solennelle, insérée dans un temps de prière. C’est ainsi que Pilar reçut les messages d’intendante fidèle, rapportés par les évangiles, « celle qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes ». Et puis cet appel : « Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées ». C’est alors que, à son tour, le Maître « prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour ».
Quant à FRANCINE, elle écouta d’abord, lus par Piluca, les passages des Constitutions relatifs à la charge d’économe générale. Puis, Pilar fut invitée par le Conseil Général à lui remettre le vade-mecum contenant le détail des divers aspects de la tâche d’économe générale. Tout un symbole, cet « aide-mémoire », et fort utile pour s’en imprégner peu à peu et bien remplir sa tâche.
Après quoi, en un court dialogue rempli d’affection fraternelle, Pilar encouragea Francine, et Francine rappela les dispositions de Pilar dans l’exercice de sa fonction. Retenons-en l’amour pour la congrégation, sa mission et toutes les sœurs, la disponibilité, la sagesse, qualités de base pour un pareil service. Dernier élément du passage, la lecture du procès-verbal de ce transfert et sa signature par chacun des membres du Conseil Général et par les deux « actrices » principales, suivies des applaudissements de toutes les présentes et de you-you… et l’envoi par Piluca vers une nouvelle étape. Enfin, pour clôturer le tout, apéritif et repas de fête !
Deux jours plus tard, le 18, c’était au tour de la communauté de faire ses adieux à Pilar. On commença en fin de matinée avec une prière spéciale, sous le signe de la joie et de l’action de grâce. « Etre tristes de la séparation ? Non, car nous t’envoyons Pilar, pour continuer à te réjouir dans le service du Seigneur ». Chants, textes d’Ecriture, des Constitutions et des Actes capitulaires, ont alterné pour illustrer les diverses qualités de l’héroïne du jour, énumérées le 16 par Francine, et pour rendre grâce. Et pour finir, l’envoi par Piluca :
« Le Seigneur confie maintenant à Pilar
l’écoute de sa Parole pour toujours
mieux servir
et vivre le dialogue
avec les croyants de l’islam. »
De nouveau, apéritif et repas de fête… Mais ce n’était pas tout, puisque l’après-midi et la soirée allaient être consacrés à visionner en primeur, grâce à un DVD, un film, « Le grand silence », dont la sortie « grand public » ne devait avoir lieu que le 20 décembre. Nous voulions offrir à Pilar, en une dernière rencontre de communauté, le spectacle de ce long métrage, presque trois heures. Avec elle, nous avons été transportées dans le silence de la Grande-Chartreuse, monastère suspendu au flanc des Alpes de la région de Grenoble en France, et réputé pour son austérité et la rigueur de sa clôture. C’est ainsi que, avec très peu de paroles, ensemble, nous avons visité ce lieu de silence et de majestueuse beauté, découvrant peu à peu l’invisible à l’intérieur duquel l’auteur du film voulait introduire les spectateurs.
Et voilà ! C’est ainsi que nous avons donné la route à Pilar et avons accueilli Francine dans sa nouvelle responsabilité.
Merci Pilar, et bienvenue Francine !
Lucie Pruvost, Rome
Je marcherai sous le soleil trop lourd,
Sous la pluie à verse ou dans la tornade.
En marchant, le soleil réchauffera mon cœur…
La pluie fera de mes déserts un jardin.
A force d’user mes chaussures,
J’userai mes habitudes.
Je marcherai, et ma marche sera démarche.
J’irais moins au bout de la route
Qu’au bout de moi-même.
Je serai pèlerin.
Je ne partirai pas seulement en voyage.
Je deviendrai moi-même un voyage,
un pèlerinage.
Poème de Jean Debruyne
ECHOS DU JUNIORAT 2006
Nous avons eu la joie de nous retrouver pour trois mois à Rome à l’occasion de notre juniorat : Jeanne d’Arc Ouattara venant du Burundi, Laurence Huard de Mauritanie et Véronique Hégron du Ghana. Ce temps fort d’approfondissement de notre être et de notre mission SMNDA a renforcé notre attachement au Christ et notre sens d’appartenance à la congrégation. Aujourd’hui, dynamisées, nous rechoisissons cette vie, jusqu’à la mort. Dans la célébration d’ouverture nous avons représenté notre projet apostolique et nos désirs pour ce temps de vie par le symbole et la dynamique du tissage.
COMMENT NOUS SOMMES-NOUS LAISSE TISSER, FAÇONNER ?
Dès le début, les bases ont été posées sur ce qui fonde notre consécration : la vie religieuse et les vœux. Sœur Marie-Luce Baillet, marianiste, nous a introduit les vœux sous un angle nouveau. En nous créant à son image, Dieu nous a bénies de trois dynamismes qui vont nous permettre de nous réaliser : « Portez du fruit, multipliez-vous, dominez la terre… » : ce sont nos désirs de posséder, d’aimer et de décider. Les vœux nous sont donnés pour orienter ces désirs, détournés par le péché, vers la Vie. Nous sommes revenues sur ce moyen essentiel de notre vie religieuse tout au long du juniorat. Avec Marie-Luce, nous nous sommes défoulées dans d’énergiques parties de ballon pendant les pauses ! A la fin, nous lui avons offert les « Dix commandements de la vie religieuse », fruits de ce qu’elle nous avait apporté.
La maturité humaine approfondie dans cette session a résonné dans celle qui l’a suivie, sur l’Interculturalité animée par Marie-Alice Terrettaz et Bijundi Bashige. Nous avons découvert que nous sommes marquées par les valeurs et contre-valeurs reçues en famille. Elles nous ont façonnées et elles influencent nos relations communautaires et apostoliques. L’iceberg, le cycle de vie évangélique, high et lowcontext, les règles d’une communication respectueuse… sont autant d’outils reçus pour nous réajuster sans cesse et faire de nos différences une richesse au service de la mission commune.
Même à quatre, car Maïté Oiartzun nous avait rejointes pour les trois premières sessions, l’échange aurait été pauvre, car nous sommes de la même génération. Nous avons beaucoup apprécié la participation de nos sœurs de la Maison généralice, venues enrichir certains partages.
Dans la même ligne, la session sur la Communication non-violente nous rappelait que la connaissance de soi est essentielle pour gérer les conflits, prendre part à une négociation, lutter contre les injustices… d’une manière évangélique. Notre animateur, le père Guy Theunis (MAf), s’est livré en nous partageant son expérience personnelle. Sa méthode inter-active nous a entraînées à aller chercher jusqu’au fond de nous-mêmes les sources de nos réactions. Ces partages profonds et vrais ont été offerts au cours de nos Eucharisties. Ils en ont fait des moments de communion forte dans le Christ et avec le monde.
Puis, nouvel approfondissement du vœu de pauvreté et de notre appartenance à un Corps à travers la session Gestion responsable donnée par notre sœur Daphné Alphonso. Une recherche biblique nous a permis de nous redécouvrir intendantes des biens de ce monde. « Tout ce que nous sommes, tout ce que nous recevons et utilisons est au service de la mission » (Const. n°35). Nous avons pris conscience de l’importance de garder en vue le but de notre vie consacrée : la mission à la suite du Christ qui a pris l’option pour les pauvres. Depuis, nous réfléchissons avant de donner « notre accord » ! (N’est-ce pas Daphné ?)
La semaine suivante, Annemie Hens nous a permis de réfléchir sur cette Mission confiée par l’Eglise à notre congrégation. Elle l’a située dans le contexte de la mondialisation et nous en a donné l’historique et les fondements théologiques. Après avoir regardé Jésus vivre sa mission, nous avons beaucoup partagé sur notre propre expérience apostolique. Comment dégager ensemble les priorités de la mission aujourd’hui en actualisant notre charisme ? C’est ce à quoi nous avons réfléchi ensemble. L’expérience d’Annemie dans le monde arabo-musulman a provoqué un partage de nos différentes expériences au contact de l’islam. Cela nous a permis de sentir encore l’importance de notre présence SMNDA sur ces lignes de fractures ; femmes de rencontre, femmes d’accueil et de dialogue, femmes qui osent « proposer leur foi » dans le respect de la foi de l’autre pour construire le Royaume, voilà ce que nous voulons devenir. Enthousiasmées par son intervention, nous l’avons nommée « docteur de l’Eglise » et lui avons remis le « stéthoscope de la mondialisation » !
La dernière session a encore fait résonance à la première. Toute la démarche du juniorat a culminé et s’est unifiée dans l’approfondissement de nos Constitutions et de nos Actescapitulaires. « Femme au cœur de feu » retraçant l’histoire humaine de nos Constitutions comme texte inspiré par l’Esprit, Suzy Hadermann nous mettait l’eau « vive » à la bouche ! A travers cet héritage, nous avons relu les vœux en y apportant cette fois notre spécificité SMNDA, femmes-disciples-apôtres, religieuses et missionnaires pour l’Afrique, où que nous soyons. Tout notre vécu des vœux temporaires s’ajustait au tissage de la congrégation. Nous découvrions comment nos écrits nous façonnent eux aussi ; « Nos cœurs n’étaient-ils pas tout brûlants lorsqu’Il nous parlait en chemin ? »
Dans notre retraite qui a suivi, Suzy nous invitait alors à suivre le Christ à la lumière de nos Constitutions; contemplant Jésus et lui offrant le vécu de nos trois mois, nous l’avons laissé nous aimer, nous parler et nous envoyer en « Galilée » où il nous précède. « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ; qu’elles aient en elles ma joie et que leur joie soit parfaite ! » (Jn 17).*
La richesse de ces sessions a été complétée par des temps de détente, de convivialité et de ressourcement : balade à la mer, soirées récréatives, découverte de Rome, pèlerinages sur les pas de saint François à Assise et de saint Benoît à Subiaco, avec nos frères, Missionnaires d’Afrique…
Nous sommes heureuses d’avoir pu vivre ce juniorat près de la Maison généralice, rencontrer nos sœurs du Conseil général, prendre conscience de l’importance de la mission de nos sœurs dans les services internes ici, visiter les archives… Cette proximité nous a permis de prendre part à des célébrations de famille : le jubilé de 30 ans de vie religieuse d’Hélène Mbuyamba, les remerciements au Conseil d’Europe sortant et la joie de renouveler nos vœux (Jeanne d’Arc et Véronique) avec toutes nos sœurs et nos frères MAfr. le 8 décembre. Etre à Rome nous a plongées au cœur des origines de l’Eglise. Nous avons pu aussi nous lancer sur les pas du Cardinal Lavigerie au cours d’une journée pleine d’émotion.
ET, EN CONCLUSION…
« Nous laisser tisser, façonner pour à notre tour collaborer à tisser, façonner en femmes responsables une communauté de Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique porteuse des valeurs qui, depuis nos origines, ont contribué à construire le Royaume. » Nous pouvons rendre grâce à la fin de notre juniorat d’avoir vécu cet extrait de notre projet apostolique dans la joie et la fraternité. Nous sommes prêtes à repartir vers nos « Galilées » pour continuer à « tisser l’étoffe qu’est la Mission confiée à la congrégation » avec nos communautés : Jeanne d’Arc à Gitega, Véronique à Gumo et Laurence à Gay-Lussac en France. Nous remercions le Conseil général, nos Conseils provinciaux, nos communautés et toutes nos sœurs qui nous ont soutenues dans la prière.
Un merci tout spécial à Bijundi (Madame Coco !). Elle a fait communauté avec nous et nous a accompagnées tout au long de notre cheminement.
Jeanne d’Arc, Laurence et Véronique
Les dix commandements de la Vie Religieuse
Le Christ seul tu chercheras et suivras. Tes motivations secondaires, tu éclairciras. Pour bien vivre les vœux, ta maturité humaine développeras. Ton vrai nom dans le cœur de Dieu, tu découvriras. Chacune étant blessée, nulle sœur tu ne jugeras. Jour après jour, une femme accomplie tu deviendras. A corps fatigué, âme troublée : ton budget d’énergie point ne négligeras. A la grâce d’état, tu croiras et à la supérieure, tu obéiras. Dans un monde idolâtre, Jésus, ton seul trésor, tu rayonneras et prophète tu seras. Ainsi avec Marie, Corps et Sang de Jésus Christ, tu deviendras.
PROMENADE A TRAVERS LES ARCHIVES
LES GERONIMITES SORTENT DE ST CHARLES
Des œuvres à nous ? Comment les choses se passaient-elles dans les premiers temps de notre histoire ? Sans se poser encore la question de visibilité ou d’intégration de jeunes qui, alors, composaient la totalité de la congrégation, il fallait répondre au plus vite aux besoins criants des lieux de nos envois. N’avions-nous pas été fondées, un peu dans l’urgence, pour prendre en charge un orphelinat de 300 enfants, succédant aux sœurs de St-Charles de Nancy, dont la présence n’était que provisoire ? Mais surtout, notre Fondateur ne portait-il pas en lui un projet apostolique dépassant largement son seul diocèse algérien ?
En novembre 1866, au lendemain de l’inauguration à Tours, d’une église élevée sur le tombeau de saint Martin, « apôtre des Gaules », à laquelle il avait participé, il avait eu un songe impressionnant : « il se trouvait transporté dans un pays inconnu où des hommes à la peau foncée et parlant un langage étrange venaient à lui » (Voir F. Renault, Le Cardinal Lavigerie, Paris, Fayard, p. 111). Un songe devenu signe de discernement pour accepter la proposition inattendue du Gouverneur général de l’Algérie, qui devrait lui ouvrir une porte sur le centre de l’Afrique, « ce continent de 200 millions d’âmes ». Bien des œuvres à lancer pour la congrégation naissante. Cela s’appelait « asiles », « orphelinats » et « hôpitaux ». La Charité, moyen fondamental de l’apostolat en milieu musulman et auprès des populations du centre de l’Afrique, pourrait s’y exercer !
La lecture du premier volume des Diaires, celui de 1894, permet de se rendre compte des conditions très rudes dans lesquelles s’est exercé le zèle apostolique des premières smnda. Où qu’elles aient été envoyées, en Afrique du Nord d’abord, puis à « l’Equateur », les sœurs arrivaient dans des lieux difficiles d’accès, parfois même après des semaines ou des mois de voyages. Les conditions de vie qui les attendaient étaient des plus rudimentaires. Si l’on n’avait pas été précédé par d’autres, généralement des MAfr., il fallait aussi se faire accepter des populations, ce qui, à la vérité se faisait assez vite : on s’efforçait de se familiariser au plus vite avec langues et coutumes.
D’abord sortir de St-Charles : le premier appel est pour Laghouat, à la marge nord du Sahara algérien. Après un voyage d’une vingtaine de jours, le 23 janvier 1872, arrive un petit groupe de 3 Géronimites. Mgr Lavigerie qui les y envoie, répond ainsi à une demande des autorités françaises de l’époque. Les sœurs y vont pour ouvrir une école-ouvroir. Mais elles commencent par « soigner les Arabes des environs ». L’une d’elles contracte la variole et donne de grandes inquiétudes à ses compagnes. Lorsque tout risque de contagion est écarté, elles ouvrent l’école. L’Histoire des Origines note qu’elles sont très aimées de la population, tant européenne qu’algérienne musulmane. Mais, pour des raisons que rapporte l’Histoire des Origines (pp. 83 et 103), cette présence ne dure qu’une année.
Viennent ensuite, à partir de 1873, les fondations de la vallée du Chélif, St-Cyprien des Attafs d’abord, où Mgr Lavigerie installe les ménages d’orphelins pour en faire des agriculteurs. « Les premières sœurs de cette fondation (cinq Géronimites) avaient reçu « la mission d’enseigner l’agriculture auxchefs de famille et les soins du ménage à leurs femmes. Elles furent de plus, durant la première année, chargées de la cuisine de tous les habitants de Saint-Cyprien. L’archevêché fournissait des provisions pour les chrétiens arabes et du pain aux missionnaires » (Diaire 1894 (manuscrit), p. 24, bref historique de la création de St Cyprien et des 12 postes fondés jusque là et existant encore début 1894). Pour tous, sœurs, pères et jeunes couples nouvellement installés, la vie était rude !
Non loin de là, la maison de Ste-Monique des Attafs reproduisait une situation analogue. Ouverte en 1877, elle permettait aux sœurs de ne plus avoir à faire le trajet depuis l’hôpital fondé lui aussi par Mgr Lavigerie début 1876. Dans ce quasi désert en effet, cette institution devait offrir le service d’une charité effective aux populations musulmanes particulièrement pauvres de la région. Une sœur de l’Assomption en fut la première supérieure jusqu’à la nomination de M. Marie-Salomé en 1879. Cet hôpital appelé aussi « Maison Dieu », en arabe « Beyt Allah », était placé sous le patronage de sainte Elisabeth. En 1893, « la famine y amena de nombreuses abandonnées ; les petites filles furent envoyées à St-Charles ; les femmes qui s’étaient réfugiées à l’hôpital en offrant le travail de leurs bras y demeurèrent » (Bref historique de la fondation rapporté dans le Diaire 1894, p. 16). Jusqu’à son transfert à la Santé publique algérienne le 1er janvier 1972, cet hôpital allait demeurer l’une de nos œuvres types. Il en fut de même pour les deux autres hôpitaux smnda d’Algérie eux-mêmes ouverts en 1894 (Ste-Eugénie à Beni Mengallet – Kabylie) et 1895 (Lavigerie à Biskra – Sud algérien). Se développant peu à peu, ces trois hôpitaux ont largement participé à la formation d’un personnel infirmier algérien compétent.
Mais déjà, à partir de 1878, c’était l’orientation vers la Kabylie, massif montagneux à l’est d’Alger. Les MAfr. y étaient arrivés en 1873. Sur les instances de la population, ils demandent des sœurs. Le 21 mars 1878, « Sr Salomé et Sr Pélagie (…) avec une sœur de l’Assomption qui leur avait été donnée pour supérieure » arrivaient aux Ouadhias. Le voyage à dos de mulet à partir de Tizi-Ouzou, par des sentiers escarpés à flanc de montagne, dure 8 heures. Il s’agit d’abord de se faire accepter et non plus d’élever des orphelines déjà recueillies, une forme nouvelle de mission, note un ancien historique. Visitant les villages avec un interprète, elles distribuent des remèdes aux malades et font de véritables miracles, avant de parvenir peu à peu à réunir quelques élèves.
Plusieurs fondations se succèdent ensuite, Beni-Ismaïl, appelé plus tard Bou-Noh, en 1884 où l’on ouvre une école, puis Djemaa Saharidj en 1887 où l’on se trouve non loin d’une station de diaconesses protestantes avec lesquelles les rapports sont bons. L’œuvre ici encore est une école de filles. En 1894, enfin, les sœurs arrivent à Ighil-Ali. Elles y sont solennellement accueillies par des groupes qui leur souhaitent la bienvenue, un groupe de Kabyles se disant « fort heureux de voir, pour la première fois, des sœurs dans leurs montagnes ». ( Diaire 1894, p. 495)
Entre temps, la congrégation a commencé à sortir d’Algérie pour s’installer en Tunisie. Les sœurs y arrivent en octobre 1882 et s’installent à La Marsa, à une vingtaine de km de Tunis, dans une maison offerte par le Cardinal, comportant un terrain au défrichage duquel elles vont s’atteler, tout en ouvrant une école dans le village, puis un « refuge » en 1885. « Leur pauvreté les réduisait à de grandes privations, mais là comme partout ailleurs, Dieu était près de ses missionnaires » (Diaire 1894, p.58)
D’autres fondations se succèdent : en 1894, on en compte quatre disséminées aux quatre coins du pays.
L’année 1894 marque un élargissement considérable de nos champs d’activité, alors que la congrégation compte 106 professes. C’est le départ pour l’Afrique intérieure avec l’ouverture de Ushirombo et de Karéma au Tanganyika. Cent ans après, Partage Trentaprile (juin 1994) racontait l’épopée de leur long voyage. En raison des circonstances, notamment la mort du Cardinal en 1892, il avait fallu du temps pour répondre à la demande des MAfr. Ceux-ci désiraient avoir des SMNDA pour s’occuper des détresses féminines de la région. Elles seraient les premières Européennes à pénétrer ainsi au plus profond de l’Afrique, loin des côtes de l’Océan Indien, à des journées de voyage à pied, en machilla, à dos d’ânes ou en barques. A leur arrivée, elles allaient avoir fort à faire. Elles auront en effet à s’occuper d’orphelinats, asiles et écoles accueillant orphelines, esclaves rachetées, femmes en fuite, à soigner les malades des alentours, sans compter les difficultés de l’acclimatation. La population de ces sortes d’asiles ne cesse d’augmenter. On catéchise, on apprend à lire et à écrire aux plus jeunes… Les baptêmes sont nombreux. Les ménages chrétiens se multiplient. De quoi remplir de joie et d’espérance ces femmes qui avaient tout quitté, et pour toujours, pays, familles, consœurs…
On constate ainsi que les premières œuvres SMNDA tournaient autour de l’accueil des enfants les plus démunis et des femmes en détresse. Ainsi se précisaient les éléments essentiels de notre charisme pour l’Afrique. Qui pourra dire la foi, la générosité, l’amour, le courage de ces femmes, nos « ancêtres » dans la mission à laquelle Dieu ne cesse encore aujourd’hui de nous appeler ?
Lucie Pruvost
CENTENAIRE DE L’ARRIVEE AU BURUNDI DES SOEURS DE NOTRE-DAME D’AFRIQUE -
1906 - 2006
PTA, dans son n° de décembre 2006, a évoqué brièvement le centenaire de l’arrivée des SMNDA au Burundi (p. 108) Nous pouvons aujourd’hui vous offrir le récit de cette arrivée, raconté par Gyslaine Dubé.
Il y a cent ans le 19 octobre 1906, quatre Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique, « les femmes en blancs » venant d’Usumbura arrivaient épuisées mais heureuses, à Buhonga, ce plateau, niché au cœur des collines surplombant le lac Tanganyika (Buhonga signifie : « Tas de pierre »). Il s’agissait de Mère Clémence, une Allemande, et de trois Hollandaises, les sœurs Willibrod, Lamberta et Alexandra. Ce fut « la grande nouvelle de l’année qui a fait résonner les échos des montagnes de Buhonga », lieu choisi pour accueillir la première communauté des sœurs missionnaires en « Urundi.» écrivait le P. René Collart (l’Urundi était alors un « Protectorat allemand) (Cf. R. Collart, Les débuts de l’évangélisation au Burundi, Perugia, E.M.I., 1981, T II, p. 158).
Déjà en 1905, le 9 septembre, Mère Claver et ses compagnes, quittent Marseille en passant par Mombasa, puis par l’Uganda et la Tanzanie. Quelques-unes des sœurs vont rester dans ces pays pour commencer la mission. Quant à Mère Claver et sa compagne de voyage, Sr Joachim, elles traverseront ensuite l’Urundi en passant par Muyaga, Mugera, et Usumbura. Leur objectif est d’étudier les possibilités de fondations dans l’Urundi. Dans son diaire Voyage dans l’Afrique Equatoriale (p.172), Mère Claver raconte : « Nous voici en pleine ‘Suisse africaine’ : les montagnes succèdent aux montagnes ; jamais au centre de l’Urundi nous n’avons tant grimpé à pic, ni passé plus de rivières… Enfin, les trois heures de marche prévues se changent en 6 heures et demie de courses à pied, car il est impossible de se faire porter dans ces sentiers abrupts. De roc en roc, de descente en descente, puis de bananeraies en bananeraies, nous atteignons la station des missionnaires, appelée Buhonga. Sur un plateau élevé, nichée dans la verdure des bananiers et des palmiers à l’huile, la maison domine une merveilleuse vallée. A l’ouest, dans l’échancrure des montagnes, le Tanganyika apparaît, et, à la saison des pluies, on aperçoit tous les détails de la côte sur l’autre rive du lac. ».
Dans son livre Naissance d’une Eglise (Usumbura, Presses Lavigerie, 1963, p.53), le P. Jean Perraudin écrit : « Lorsque les quatre religieuses arrivèrent le 19 octobre 1906, on leur ménagea un accueil chaleureux. Mais on n’avait pas eu le temps de leur préparer une maison définitive. Les maçons étaient rares à cette époque, et les missionnaires devaient exécuter eux-mêmes maintes besognes que plus tard ils abandonneront à des collaborateurs patiemment formés. »
Quel était donc la situation du poste de Buhonga à l’arrivée et au cours des années qui suivirent l’arrivée des Sœurs ? D’abord, un peu de géographie ! A 1335 mètres d’altitude, ce coin de colline était littéralement taillé dans les flancs du Mboza. Mgr Gorju, Père Blanc, raconte : « C’est à coup de pioche et de barre à mine qu’il fallut s’installer. Plus haut, on accrocha ensuite le nid des Sœurs Blanches, à force d’escaliers et de murs de soutènement. Ici, tout est pris : crête, pentes, replis, tout n’est qu’une mosaïque variée dans laquelle revient souvent le manioc, fond de la nourriture de cette partie du pays. » (Cf. Mgr Gorju, En zigzags à travers l’Urundi, Anvers-Namur, Missionnaires d’Afrique, 1926, p.59)
Le 2 juin 1903, le Père Sweens décrit « l’événement du jour » : « Une foule d’environ 200 personnes monta le Mboza… C’est la plantation d’une longue croix sur son sommet… Pour la première fois, les Barundis prononcent sur le Boza les 12 articles de la foi au pied du signe de notre salut : espérons qu’à son ombre, par nos humbles travaux, Notre-Seigneur crucifié établira son Royaume ». En 1904, il écrit : « La mission marche doucement : 100 à 150 personnes viennent au catéchisme tous les jours dont une trentaine reçoit une instruction plus ample. A Usumbura, les Allemands continuent à libérer les esclaves, 10 ans après en avoir défendu la traite. » Ainsi, un garçon et deux jeunes femmes arrivent à la mission où ils sont pris en charge (Cf. R. Collart, p. 143 et p.152). Le 10 juin de cette même année, en la veille de la Pentecôte, on célèbre le premier baptême solennel à Buhonga. Il s’agit d’une petite fille libérée par la station militaire.
C’est en 1907 que le Frère Egide construit la maison définitive des sœurs. Elle fut bénite le 29 novembre. Le diaire de mars 1907 signale que le Frère a obtenu une chaux bien blanche, en faisant chauffer des coquillages ramassés sur les bords du lac. En 1908, on fonda une école pour les garçons et on confia celle des filles aux Sœurs. Les Sœurs et les Pères ont déjà la possibilité de soigner les malades : ils ont construit deux dispensaires dans les environs.
Cette même année, les Sœurs fondent un ouvroir pour femmes et filles : elles enseignent toutes sortes de choses dont la