Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique (SMNDA)

MSOLA site
in English


Communautés Chrétiennes
Dialogue Inter-religieux
Groupes de femmes
Animation des jeunes
Justice et Paix
Réfugiés et immigrés
Victimes d'abus
Santé
SIDA / HIV
Éducation
Religieuses africaines
Animation Missionnaire


Notre spiritualité

Priez avec nous
Spiritualité en Dessins
Prier avec le mondee



Rencontres personnelles
Des histoires vraies
Nos responsables
Nos soeurs défuntes


Partage notre mission
Témoignages
Missionnaires laïques
Aidez-nous



Engagement à vie
Laïques Associés
Laïques Affiliés


Nos fondateurs-trices
Nos premières soeurs
Nos soeurs défuntes
Album de famille


Les artistes de la saison
Artisanat Africain









</


Partage Trenta Aprile

Juin 2007
N° 3/2007

Femmes en détresse

 

Sommaire

Editorial: Lucie Pruvost

" FEMMES EN DETRESSE"

Détresses féminines en Ouganda : Bernadetti Musimenta
En R.D.Congo - Femmes en détresse : Bibiane Cattin
A Ouagadougou, le centre Delwende : Maria Weis

La vie se partage

A huit, faisons transition (Le groupe)
A Rome, une célébration festive : Lucie Pruvost
Au revoir, Marie Vincente ! : La communauté de Rome
Vœux perpétuels de Florence Mwamba M. : Montserrat Roset
Manifestations contre des Accords de Partenariat Economique (APE) déséquilibrés : Madeleine Bédard

Promenade à travers les archives

Accueillir des femmes en détresse, une option ancienne : Lucie Pruvost

Savez-vous que ?

Des SMNDA s'engagent contre le trafic des femmes
Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux
Union Internationale des Supérieures Générales
Un nouveau livre du pape Benoît XVI

cenefe_bur_4_400

 
 


EDITORIAL

Comme aucune de nous ne l'ignore, c'est d'abord pour une présence engagée auprès des femmes en tout ce qui peut les rendre vulnérables et les faire tomber dans la détresse que nous avons été fondées. " Femmes apôtres auprès des femmes ", comme l'écrivait notre Fondateur et comme ne cessent de le dire nos " Ecritures ". Combien reste actuel cet appel premier qui fait vraiment partie de notre charisme ! Il rejoint bien les Objectifs de la Campagne du Millénaire, rappelés par le Conseil général au début de cette année, qui nous invitent, entre autres, à assurer leurs droits aux femmes.

Cet appel rejoint aussi un souci de l'Eglise entière, comme il a été possible de s'en rendre compte lors du Chemin de Croix du Vendredi-Saint de cette année au Colisée de Rome, en écoutant le commentaire de la neuvième station, lorsque Jésus rencontre les femmes de Jérusalem : " Autour de Jésus, se presse une foule de mères, de filles et de sœurs. Nous imaginons à présent aussi toutes les femmes humiliées et victimes de violences, celles qui sont rejetées et soumises à des pratiques indignes, les femmes en crise et seules face à leur maternité (...), celles de tous les pays en guerre, les veuves ou les personnes âgées oubliées par leurs enfants. " Une énumération bien présente à nos cœurs et à nos esprits unis à tout ce que réalisent aujourd'hui encore un certain nombre de SMNDA : toutes celles qui, en Afrique tout particulièrement, inscrivent dans leur projet apostolique personnel et communautaire la lutte contre les maux qui atteignent aujourd'hui encore tant de femmes africaines. C'est à ce type de présence qu'est consacrée une grande partie du Partage que vous lisez aujourd'hui.

Dans le dossier concernant spécialement les " Femmes en détresse ", vous trouverez l'évocation de trois types différents de présence, qui correspondent vraiment à des besoins actuels. Non pas que la promotion féminine proprement dite ait été oubliée ! Mais il y a aussi toute la place donnée à la lutte contre les détresses féminines modernes. C'est ainsi qu'un texte arrivé de Nairobi décrit les détresses féminines rencontrées par Bernadetti Musimenta, sage-femme engagée auprès des mères et futures mères atteintes du Sida. Ailleurs, au Congo, comme le rapporte Bibiane Cattin, ce sont les femmes victimes de la guerre et, butin de guerre malheureusement trop utilisé, subissant les affres du viol. Au Burkina Faso, Maria Weis, qui a pris la suite de Carmen Garcia, dénonce un autre type de détresse, celui des femmes accusées d'être des " mangeuses d'âme " : chassées de chez elles, elles trouvent refuge à Delwende, " Appuie-toi sur Dieu ".

Le même thème est prolongé par une " Promenade à travers les archives " où l'on peut redécouvrir deux œuvres anciennes, les " Refuges " fondés dans une optique analogue en Tunisie d'abord, puis plus tard, au Congo. On le retrouve enfin dans un
" Savez-vous que ? " qui nous dit comment, pour l'Afrique encore, à l'initiative de plusieurs d'entre nous, a été lancée une campagne de sensibilisation des jeunes Africaines, attirées en Europe par le piège de la prostitution.

D'autres aspects de nos vies se partagent, comme vous pourrez le voir en lisant trois récits d'actualité : à Rome, participation de trois d'entre nous à une manifestation contre des accords déséquilibrés de partenariat économique ; de Rome encore, le compte-rendu de la session anglophone des 65-75 ans ; et enfin, quoiqu'un peu tardivement, la relation d'une cérémonie tout à fait inculturée, les vœux perpétuels de Florence Mwamba à Kalemie (Congo).

Une vie que Partage souhaite à toutes et à chacune pleine de lumière de communion et d'amour.

Lucie Pruvost

flech

cenefe_bur_4_400

 
 

 

FEMMES EN DETRESSE

Détresses féminines en Ouganda

Je m'appelle Bernadetti Musimenta et suis Ougandaise. J'ai 27 ans, et deux ans de profession comme SMNDA. Je travaille comme sage-femme à l'hôpital de N.D. de la Consolata à Kisubi, fondé par nos sœurs il y a cent ans.

Au pavillon de la maternité, je rencontre divers types de " femmes en détresse ". Ces femmes sont soit économiquement pauvres, soit séropositives, soit encore en dessous de l'âge normal pour porter un enfant, c'est-à-dire qu'elles ont moins de 18 ans.

Femmes séropositives

L'hôpital s'occupe beaucoup des femmes séropositives. Le grand défi auquel nous sommes affrontés, en tant qu'hôpital et que nation en général, est l'augmentation chez les gens du virus HIV/SIDA. Il y a de plus en plus de femmes enceintes séropositives qui viennent à l'hôpital pour accoucher ou qui ont besoin de soins médicaux.

Au cours des consultations prénatales, toutes les mères participent à des séances d'assistance psychologique concernant le virus HIV/SIDA durant lesquelles on les encourage à faire un test HIV. C'est une grande aide pour les mères et pour nous, sages-femmes, surtout quand on découvre qu'elles sont séropositives. Cela leur permet de se rendre à la consultation des personnes porteuses du virus HIV et de recevoir un traitement gratuit.

Ecouter, stimuler

Ces femmes ont besoin d'être écoutées, et la plupart d'entre elles partagent tout à fait librement les difficultés qu'elles rencontrent dans leur vie. Pour moi, le meilleur moment pour leur parler est quand je suis en train d'assister l'une ou l'autre, en lui montrant comment laver le bébé et nettoyer le cordon ombilical. Tout en faisant cela, je questionne la mère en lui demandant par exemple : " Quel est ton travail ? " Je découvre alors que beaucoup de ces femmes sont vendeuses de légumes ou de fruits. Ce qui est très triste, c'est que les ressources de ces pauvres femmes ne suffisent pas pour les nourrir et élever les enfants, vu que les maris ne sont pas d'un grand secours.

Je ne suis pas une conseillère qualifiée, mais grâce aux quelques techniques de base reçues au cours d'ateliers de conseil et en écoutant également les conseillers plus âgés de l'hôpital, j'arrive à donner des avis et des conseils du mieux que je peux. Ils sont toujours reçus avec reconnaissance, spécialement au cours du service de nuit, lorsqu'il n'y a personne à consulter.

La plupart de ces mères sont mariées, mais pour une raison ou pour une autre, elles ne peuvent pas dévoiler leur séropositivité à leur mari. Il est difficile de guider et d'aider un couple, lorsque l'un des deux n'est pas conscient d'être séropositif. Avec les autres sages-femmes, nous faisons de notre mieux pour aider de tels couples, soit en rencontrant femme et mari séparément, soit en leur rendant visite chez eux. Ce n'est jamais facile.

Les mères connues pour être séropositives reçoivent des soins particuliers durant l'accouchement. Elles ont tendance à perdre leur énergie du fait qu'elles souffrent. Ce que je fais normalement, c'est de les stimuler et les soutenir avec une perfusion intraveineuse de glucose et en les soutenant moralement, par exemple. Il est très encourageant pour elles d'apprendre que les douleurs de l'accouchement sont normales et ne sont pas dues à leur séropositivité. A un certain moment durant les douleurs de l'accouchement, on donne à la mère à titre préventif un comprimé de " niverapine ". Ce comprimé devrait permettre d'éviter que la mère infecte l'enfant avec le virus. A la naissance, le bébé est lavé avec une solution antiseptique, et on lui donne du sirop " niverapine " à titre de prévention.

Prévention du HIV/SIDA

Ce programme destiné à prévenir la transmission du virus HIV/SIDA par la mère à l'enfant, est très actif à l'hôpital. Deux semaines après la naissance, ces mères sont visitées chez elles pour surveiller leur bien-être et celui du bébé. Une fois qu'elles ont des bébés, ces mères sont encouragées à se joindre à un groupe de soutien psychosocial, qui se réunit chaque premier mercredi du mois. Au cours de ces rencontres, elles sont invitées à se partager mutuellement leurs expériences et se dire comment elles font pour vivre positivement avec le virus HIV/SIDA. Après la réunion, celles dont les bébés devraient être testés pour savoir s'ils sont porteurs du virus sont encouragées à le faire. La bonne nouvelle est que la majorité des bébés nés dans notre hôpital, se sont révélés négatifs. C'est toujours une grande joie pour la sage-femme et pour la mère, ainsi que pour la famille en général. Au nombre des enfants reconnus négatifs, se trouvent deux jumeaux d'une famille pauvre dont le père est mort un mois après leur naissance.

Parmi les cas très tristes que j'ai connus, il y a celui d'une jeune femme de seize ans qui était séropositive et abandonnée par la famille. Elle est arrivée à l'hôpital avec sa pauvre grand-mère, alors que le travail avait déjà commencé. Elle était si pitoyable et si accablée ! Une de ses voisines de salle lui a offert deux vêtements de bébé. Ce fut une expérience touchante, et je ressentis une joie profonde à voir combien la voisine était attentive aux besoins de l'autre.

C'est important de...

Ce qui est important pour moi, c'est d'être certaine que la femme rentre chez elle avec un minimum de connaissance sur la façon de prendre soin du bébé, c'est-à-dire soigner son cordon ombilical, apprendre la bonne manière de laver le bébé et l'hygiène quotidienne. Je sais qu'en faisant cela, j'aide la jeune femme à éviter certaines maladies qui pourraient la ramener à l'hôpital où elle dépenserait plus d'argent.

Avec la communauté

Pouvoir partager de telles expériences avec la communauté est pour moi une grande aide. Une fois, nous avons réfléchi ensemble à la façon dont nous pourrions participer et dépanner les mères qui arrivent avec presque rien pour accoucher. On proposa de préparer une " trousse maternelle ". La " trousse maternelle " se compose de deux draps de bébés, une lame de rasoir, un peu de coton et l'essentiel de ce dont une femme aura besoin immédiatement après la naissance.

Notre charisme

J'ai le privilège de partager notre charisme d'être femme apôtre parmi des femmes. La question stimulante que je me pose de temps en temps lorsque je rencontre ces " femmes en détresse " est la suivante : " Quand les injustices et la misère auront-elles une fin ? "

Mon expérience quotidienne avec des " femmes en détresse " me fait réaliser combien notre charisme en tant que femmes apôtres parmi les femmes est encore largement nécessaire pour la femme africaine, dans notre monde actuel de guerres sans fin. " Situations d'injustices, détresse, violence et exclusion... " sont en augmentation. C'est très clair parmi nos personnes déplacées à l'intérieur du pays et vivant dans des camps ici en Ouganda.

Ma prière est que le " Maître de la moisson " nous bénisse avec plus de vocations et fasse grandir notre espérance en un avenir meilleur.

Bernadetti Musimenta, Kisubi (Ouganda)

flech

cenefe_bur_4_400

 
 

 

EN R. D. Congo - Femmes en détresse

Depuis que je suis arrivée au Congo (RDC) en 1972, j'ai été appelée à travailler surtout avec les femmes et les jeunes filles (foyers, promotion féminine, alphabétisation, développement....). Ce qui est tout à fait dans la ligne de notre charisme SMNDA.
" En toutes situations, s'exprime notre solidarité avec les femmes africaines pour qu'elles puissent apporter leur richesse spécifique à la société et à l'Eglise " (Constitutions n° 19).

Me préparer à pouvoir aider

De 1999 à 2002, j'ai suivi la formation de l'Institut de Formation humaine intégrale de Montréal (IFHIM), avec un objectif, selon la demande explicite de ma supérieure provinciale de l'époque, Herenia Ezquerra : avant de retourner au Congo (RDC), me préparer à pouvoir aider toute personne traumatisée, notamment les femmes et les jeunes filles victimes de viol. En effet, avec la guerre, c'est la femme qui a payé le plus lourd tribut à celle-ci. Comme le disent les A.C. 1999, elles font parties des " groupes vulnérables " soumis à ces diverses formes " d'oppression " auxquels " la culture mondiale mène... " (A.C. p. 37). Devant cette situation, l'Union des supérieures majeures a appelé les congrégations à être attentives à ce défi lancé à notre Eglise.

Dans l'expérience traumatique

Sans les outils reçus à l'IFHIM, notamment celui de " l'Actualisation des Forces Vitales Humaines " (AFVH) et de la
" Restauration des FVH dans l'expérience traumatique
", je n'aurais pas pu aider les femmes venues me voir à se redresser, le plus souvent déjà après une seule rencontre. En effet, lors d'un tel événement et du traumatisme qu'il provoque, les perceptions de la personne sont brouillées, et elle ne voit plus clair dans sa situation. Elle a honte de ce qui lui est arrivé et vit avec le sentiment de n'être plus rien, de ne plus rien valoir.

La personne se redresse lorsqu'elle arrive à découvrir toutes les décisions prises sur ses forces lors de l'événement, et qui lui appartiennent en propre. Elle peut faire la différence entre ses actes et ceux qui dépendent de son ou ses agresseurs. Voici le récit d'une de ces femmes et du travail réalisé avec elle (le nom, différents aspects ont été changés, afin qu'aucune personne ne puisse être identifiée).

Expérience de Mama Riziki

Mama Riziki arrive chez moi, la tête baissée, et ne me regardant pas. Elle s'assied. Elle a l'air triste. Elle a environ la cinquantaine. Je m'intéresse à elle, je lui demande d'où elle vient... Elle a cinq enfants en vie, me dit-elle, et son mari est petit commerçant. Peu à peu, je lui demande ce qui l'amène à venir me voir, là au Centre de Santé où je travaille. Elle me dit que c'est le médecin qui l'a envoyée chez moi, car elle est toujours fatiguée, avec des maux de tête depuis la catastrophe qui lui est arrivée. Et elle commence à pleurer. Elle ajoute qu'elle ne veut plus vivre, que si elle avait un médicament, elle se ferait disparaître. Je demeure avec elle en silence... Puis au bout d'un moment, je commence à travailler avec elle, en lui posant quelques questions :

Mama Riziki, voulez-vous que je vous aide à " redresser la tête " ?... Elle acquiesce de la tête, sans me regarder.

Pouvez-vous m'en dire davantage ?

- Un soir, il y a six mois environ, des hommes armés sont entrés chez nous, dans notre maison. Je me trouvais là avec mon mari. Ces hommes ont d'abord ligoté mon mari. Ils ont demandé où se trouvait notre argent. Mon mari m'a dit de leur donner ce que nous avions. Ce que j'ai fait. A la vue de nos quelques dollars épargnés, ces hommes n'étaient pas satisfaits. Ils ont commencé à fouiller partout... L'un d'eux s'est approché de moi et m'a dit de me coucher. J'ai refusé. J'ai essayé de me faufiler pour me sauver. Il m'a retenue par mon pagne et m'a frappée avec son fusil. Et je me suis retrouvée par terre... Je ne pouvais même plus me débattre. Il m'a prise devant mon mari... Elle se cache le visage...

Mama Riziki, qu'avez-vous fait, quand cet homme vous a dit de vous coucher ?

- Je n'ai rien fait.

Regardez bien ! Vous n'avez rien fait, vous vous êtes laissée prendre ?

- Non, j'ai refusé et j'ai essayé de m'enfuir, mais il m'a rattrapée...

Qu'avez-vous fait encore ?

- J'ai crié aussi.

Vous avez refusé, vous avez essayé de vous enfuir et vous avez crié... Vouliez-vous être prise par cet homme ?

- Non, je ne l'ai pas voulu.

A qui cela appartient-il d'avoir refusé, d'avoir essayé de s'enfuir et de crier ?

- A moi !

De vous avoir rattrapée, de vous avoir frappée avec son fusil, de vous avoir prise, à qui cela appartient-il ?

- A cet homme !

Si vous regardez cela comme deux photos différentes, ce que vous avez fait d'un côté, et ce que cet homme vous a fait, que voyez-vous ? Qui doit avoir honte, vous ou lui ?

- C'est lui, mais lui, il n'a pas honte. C'est moi qui ai honte devant mon mari.

Et votre mari, que vous a-t-il dit ?

- Il m'a dit qu'il n'a pas pu m'aider, qu'il a bien vu que je ne le voulais pas et que je
n'ai pas eu assez de force pour me défendre et ne pas être prise...

Votre mari a vu que vous ne le vouliez pas et que vous lui êtes restée fidèle ?

- Oui, c'est cela !

Maintenant, Mama Riziki, acceptez-vous de regarder ces trois photos. Vous, vous avez refusé, vous avez essayé de vous enfuir, vous avez crié. C'est la première photo. Lui vous a rattrapée. Il vous a donné des coups et il vous a prise. C'est la deuxième photo. Votre mari a vu que vous ne l'aviez pas voulu. C'est la troisième photo. Qui doit avoir honte alors ?

- C'est lui ! Et au bout d'un moment d'ajouter : Et voilà que c'est moi qui ai honte !

Qu'allez-vous donc faire de votre honte maintenant ?
Un bon moment s'écoule, puis elle me dit :
- Je ne devrais plus avoir honte.

Alors qu'allez-vous faire de cette honte ? Elle me regarde sereinement.

- Je vais la laisser tomber.

Mama Riziki, voyez-vous que vous restez bien Mama Riziki comme avant ce qui vous est arrivé ? Allez-vous choisir de vivre en restant Mama Riziki comme avant ?

- Oui !

Et pour qui allez-vous choisir de vivre encore ?

- Pour mon mari et pour mes enfants aussi... Après un moment, elle ajoute : Mais, c'est difficile, car ils ont pris tout l'argent qui nous aidait à vivre.

Maman Riziki, oui, ces hommes vous ont pris beaucoup de choses. Mais qu'est-ce que ces hommes n'ont pas pu vous prendre ?

- Je ne vois pas...

Qu'est-ce que ces hommes n'ont pas pu vous prendre et qui reste entre vous et votre mari ?

- Notre amour... Elle me sourit en me regardant dans les yeux.

Mama Riziki, qu'allez-vous conserver de notre entretien ?

- Je me sens bien. Je ne vais plus m'en faire comme avant. Je choisis de vivre. Vous m'avez lavé les yeux et le cœur !

Depuis mars 2005, je donne aussi une formation aux mamans qui accompagnent des personnes traumatisées, notamment les femmes et jeunes filles victimes de viols. En effet, nombreuses sont les associations qui s'occupent d'elles, sans trop savoir comment les aider à se redresser. Quant à moi, je le fais en partageant mes expériences et les outils que j'ai pu acquérir à l'IFHIM.

Au Centre de santé, avec une assistante sociale de ce centre, j'accompagne les personnes traumatisées et je donne une formation à tout le personnel, deux jours par mois, durant toute une année. Former des multiplicateurs est aussi un des aspects de notre charisme en tant que SMNDA. Ma joie profonde est de pouvoir contribuer à ce que la personne soit libérée.


Bibiane Cattin, Goma, R.D. Congo

flech

cenefe_bur_4_400

 
 

 

A Ouagadougou - le centre Delwende

Le centre Delwende, " Appuie-toi sur Dieu ", accueille les femmes accusées d'être des " sorcières " ou " mangeuses d'âme ". La croyance en la sorcellerie est très présente dans la société burkinabè. Pour certains Burkinabè, il y a des êtres humains qui ont la capacité de manger l'âme d'autrui, grâce à un pouvoir mystique.

Ces femmes ?

Qui sont ces femmes au centre ? Ce sont des pauvres, abandonnées ou chassées de leur milieu, de leur famille, accusées de sorcellerie. En réalité, ce sont des femmes seules, sans défense, dont les fils sont partis à l'étranger pour chercher du travail ou encore ce sont des femmes malades ou infirmes à la charge de leur famille. Certaines n'ont jamais eu d'enfants, ou leurs enfants sont morts. D'autres sont chassées pour avoir refusé un second mari imposé à la mort du premier. Elles sont accusées d'être la source d'un malheur ou du décès d'un enfant ou d'un jeune dans la famille ou dans le village. Elles sont chassées de leur famille, du village, malmenées ; on a brûlé leur case ainsi que tout leur avoir. Elles marchent plusieurs jours en brousse, s'orientent vers la ville en espérant vivre de la mendicité. Souvent, en ville, elles apprennent l'existence du centre ; elles viennent demander l'hospitalité. Elles arrivent épuisées, sans sourire, mais après un certain temps, le sourire revient.

Le centre : histoire et organisation

Le centre Delwende a été créé en 1966 pour les indigents. Il était géré par la Mairie. Sr Madeleine Fournigault (décédée en 1982) allait visiter ces pauvres. C'est ainsi que cela a commencé pour nous SMNDA. En 1983, il est devenu un centre pour les femmes chassées. La Mairie en a alors confié la gestion à la Mission catholique qui, à son tour, l'a confiée aux Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique. Depuis, nos sœurs gèrent ce centre, aidées par une Sœur de l'Immaculée Conception et un secrétaire qui, eux, sont toute la journée auprès de ces femmes.

Les 400 femmes sont bien organisées, comme une grande famille, un grand village. Une femme de la cour est responsable de toute la cour. Elle a de l'autorité, et on la respecte. D'autres partagent avec elle la responsabilité de l'entretien de la cour, du jardin, de la cuisine...

Dans la cour, les femmes mènent certaines activités propres à la bonne marche de la vie du groupe : préparation des repas communs, l'entretien de la cour, le soin des plus faibles, des malades... Chaque malade ou infirme a une femme qui s'occupe particulièrement d'elle pour tous les besoins. Elles savent s'organiser aux jours de fêtes (Noël, Pâques, baptêmes des femmes du centre...) pour se réjouir, chanter et danser ensemble...

Elles ont aussi certaines activités personnelles qui les aident à gagner un peu d'argent pour leurs besoins élémentaires, par exemple : filage du coton, jardin potager dont elles vendent une partie des produits... Certaines vont balayer toutes sortes de céréales dans les marchés. Elles les trient, les lavent et les revendent aux gens du quartier ou les consomment elles-mêmes. En hivernage, toutes les femmes en bonne santé vont aux champs d'autrui où elles cultivent des arachides, des haricots et divers légumes ou se trouvent un petit coin pour " leur propre jardin ".

Notre rôle

Nous témoignons de la souffrance de ces femmes, de ce qu'elles ont enduré avant d'arriver au centre, de leur tristesse de ne pouvoir vivre dans leur milieu familial, entourées des leurs. Ces personnes que nous côtoyons tous les jours sont des êtres humains ; elles ont des droits reconnus par la loi, droit à une protection sûre comme citoyennes burkinabè, droit au respect, droit à être reconnues dans leur dignité humaine.

Nos Sœurs ont toujours travaillé à la sensibilisation de la population, des autorités, afin que cette coutume disparaisse pour éviter tant de souffrances à des personnes dont le seul tort est de ne pas pouvoir ou de ne pas savoir se
défendre, et pour que les femmes puissent vivre en toute paix dans leur famille. Nous con-
tinuons dans cette ligne ; nous prenons toutes les occasions et moyens pour sensibiliser. Beaucoup de personnes, des familles, des groupes, associations, commissions, ministères... viennent visiter les femmes et leur font des dons en espèces ou en nature. Chaque fois, nous interpellons les visiteurs et les invitons à agir en faveur de ces femmes.

Des pas se font. Le ministère des Droits humains a établi des actes de naissance et des cartes d'identité à un groupe de ces femmes. La radio et la télévision en parlent. Beaucoup de groupes s'intéressent, veulent faire quelque chose. Mais on ne voit pas de changements dans la société, car presque chaque jour de nouvelles femmes arrivent au centre pour y chercher asile.

Les femmes du centre savent qu'elles vont terminer leur vie là, mais leur seul souci et leur souhait restent que leurs filles ou petites filles n'aient pas le même sort. Que Dieu écoute leurs cris et leurs prières !

Selon notre charisme

Notre présence auprès des femmes en détresse au centre Delwende va bien dans la ligne de notre charisme. Déjà nos Constitutions (n° 19) le disent : " En toutes situations s'exprime notre solidarité avec les femmes africaines ".

Ce qui est bien repris par les A.C. 1999 appelant à bâtir une culture de paix, en oeuvrant " spécialement avec les femmes dans leurs luttes pour la reconnaissance des droits et de la dignité de tous et de toutes " (A.C. 1999, p. 119).

Maria Weis, Ouagadougou (Burkina Faso)

flech

cenefe_bur_4_400

 
 

 

SHARING LIFE

A huit, faisons transition !

Elles étaient huit, nos premières sœurs, nous ouvrant la route à nous toutes. Nous étions huit pour cette session intégrant notre vie missionnaire.

EN PARCOURANT LES CHEMINS A LA SUITE DE NOTRE FONDATEUR...

* Chez nos Frères, sur la tombe du Cardinal où nous avons prié nos frères martyrs dont les noms sont inscrits sur la pierre, et nos sœurs martyres dont les noms sont inscrits dans nos cœurs.

* Marchant sur ses traces à Rome, là où il vécut, étudia, missionna et pria comme étudiant, puis plus tard comme Evêque.

* Naviguant à travers les archives des deux Maisons généralices où nous sommes revenues à nos racines et avons senti la présence de nos ancêtres, Sœurs et Pères grâce à leurs écrits et à leurs reliques.

La première semaine, ce fut une " ballade " dans notre passé,
pour recueillir les FRUITS DE NOTRE VIE dans la mission du Seigneur,
tandis que la deuxième semaine se passa dans une mise en commun
de la SITUATION ACTUELLE de chacune où qu'elle soit.
Durant la troisième semaine, nous nous sommes équipées d'outils utiles
pour vivre et partager EN COMMUNAUTE.

* En tout cela, nous avons été aidées par des intervenants extérieurs parmi lesquels quelques-uns de nos frères, et accompagnées tout au long avec délicatesse par Marie McDonald.

* Le partage chaleureux et éclairant avec Marie-Alice Terrettaz et Chantal Vankalck nous a remplies d'émerveillement, d'espérance et d'un courage nouveau.

* Nous nous sommes aussi unies au deuil de nos frères pleurant Martin Addai et à la célébration de sa vie de joie et de dévouement.

* Nos liturgies expressives et ferventes, nos repas animés et nos joyeuses sorties ensemble, ont renforcé notre réelle communion entre sœurs, si heureuses d'appartenir à cette famille SMNDA sans pareille.

Ces trois semaines furent vécues comme un saint pèlerinage du cœur. Et aujourd'hui, nous sommes pleines de reconnaissance et nous bénissons nos sœurs et nos frères qui ont permis que ce don précieux se réalise pour nous, en ce moment particulier de notre vie.

Le groupe

flech

cenefe_bur_4_400

 
 

 

A Rome, une célébration festive et priante autour de Notre-Dame d'Afrique

Comme à l'accoutumé, nous nous sommes retrouvés chez nous, Viale Trenta Aprile, une cinquantaine de personnes environ, MAfr de Rome - Via Aurelia et PISAI - et SMNDA de la Maison généralice et du Troisième An. Cette année, la célébration commune de la fête de Notre-Dame d'Afrique, reportée au samedi 5 mai, nous a réunis pour une grande matinée de prière à partir de la belle brochure composée à cette intention par nos deux Conseils généraux et intitulée A bras ouverts. Grâce à l'ingéniosité de celles qui s'étaient plus spécialement chargées de la préparation de la journée, nous avons pu offrir divers lieux de prière, sans oublier le jardin, la pluie du matin ayant peu à peu cédé la place au soleil.

La rencontre a débuté avec une courte introduction de prière dans la grande chapelle, si bien aménagée pour pouvoir s'ouvrir à un grand groupe. C'est là aussi que, en fin de matinée, nous nous sommes retrouvés pour une Eucharistie où pouvait s'entendre la diversité des langues utilisées entre nous. Entre les deux, une bonne plage de prière personnelle.

Après ce temps, nous nous sommes retrouvés en sept groupes anglophones ou francophones fort bien organisés eux aussi. Sans pour autant être directives, les organisatrices avaient réparti un nombre équilibré de pères et de sœurs auxquels restait le choix de leur groupe à condition d'en respecter l'équilibre. Nous avons ainsi pu avoir un petit temps de partage, trois quarts d'heure environ, à partir des questions proposées par la brochure. Voilà qui a permis à chacun de parler un peu de ce qu'il avait vécu auparavant ou vit encore dans cette grande ville de Rome. Les rues et les marchés n'y sont-ils pas peuplés de migrants, bien souvent clandestins, ces petits marchands venus de partout, (Afrique, Inde, Extrême Orient parfois, qui vendent toutes sortes de marchandises importées de Chine ou d'ailleurs), ceux aussi que la mendicité aide à vivre pour le meilleur et pour le pire, plus spécialement des personnes arrivées surtout d'Europe de l'Est.

A l'Eucharistie présidée par le P. Gérard Chabanon, nous avons présenté ces personnes en une longue prière d'intercession composée par chaque groupe à partir du partage qui venait de se tenir. L'Eucharistie s'est clôturée avec un vibrant Sancta Maria chanté dans le jardin autour de la Vierge du Vœu, en un grand cercle porteur de la prière de nos deux familles religieuses.

Et pour finir, un magnifique buffet froid où chacun pouvait venir se servir avant de regagner sa table. Ici encore, l'équilibre avait été respecté grâce aux couleurs différentes des serviettes, vertes pour nos invités et blanches pour nous.

Souhaitons que le désir de nos deux Conseils généraux ait pu être réalisé d'une manière assez générale et avec autant de joie et de communion à travers toutes nos communautés.

Lucie Pruvost

flech

cenefe_bur_4_400

 
 


Au revoir, Marie Vincente !

Le 8 mai dernier, la communauté de Rome a voulu marquer le départ de Marie Vincente Brouca après seize années passées au service du secrétariat général, à la Villa Vecchia pour commencer puis à Rome lorsque, en septembre 1993, la Maison généralice a été transférée Viale Trenta Aprile. Ne fallait-il pas remercier notre sœur pour sa présence prolongée et efficace aussi bien dans la communauté que dans son travail de secrétaire ? C'est elle qui, pendant des années, a pris soin de la publication de tous les documents qui nous tiennent au courant de tant d'aspects de l'ensemble de la vie de la congrégation. La liste en est longue...

Lors de l'arrivée parmi nous de Madeleine Bédard, elle a pu lui transférer avec précision l'ensemble de ces tâches. Ensuite, elle a remplacé Odile des Roches, toujours dans le même service, mais avec des tâches différentes, tout aussi prenantes et précises comme la tenue de divers registres nécessaires dans un secrétariat " de direction " en quelque sorte, comme aussi l'expédition de tous les documents envoyés partout dans la congrégation et ailleurs pour ne citer que le plus visible !

Marie Vincente ! Une fourmi très active aussi dans la communauté. Il suffit d'énumérer sans pouvoir être exhaustive, les services communautaires à assurer par l'une ou l'autre comme la mise en forme des longs rapports annuels et ceux auxquels chacune participe les jours de fête et de congé, la cuisine par exemple ou encore, au jour le jour, une présence d'accueil souriant à la porte et au téléphone.

Vous voyez ? Il fallait bien lui dire un merci festif à notre Marie Vincente, aussi bien en notre nom qu'en celui de toute la congrégation ! Sa prochaine communauté ? Rien de précis encore, mais sûrement, un retour dans son pays d'origine, la France.

La communauté de Rome

flech

cenefe_bur_4_400

 
 

 

Vœux perpétuels de Florence Mwamba Malunga

C'est avec peu de temps pour son congé que Florence est arrivée de son stage à Lubumbashi, pour sa retraite, et ses voeux perpétuels dans sa paroisse du Christ-Roi ici à Kalemie. Quelle joie de la recevoir ! Angela Damiano Kapitingana venait d'arriver de Kigali pour perfectionner son français. Ensemble avec le P. Jean-Paul Guibila, MAfr, elle a volontiers accepté de tout faire pour que la cérémonie d'engagement définitif de Florence soit bien réussie.

Nous toutes, les sœurs alors présentes à Kalemie, comme le veut la coutume, nous sommes allées chercher Florence à la maison, pour l'accompagner jusqu'à l'église. En arrivant sur l'esplanade de l'église, nous avons retrouvé les Kizitos et Anuarites de tout le doyenné portant drapeau et foulard. C'était très émouvant. Ils étaient donc là pour accompagner leur Cheftaine qui allait dire son " Oui " définitif au Seigneur. De plus, leur fondatrice, Tina Anthonissen, était aussi présente. Quelle émotion pour toutes et tous !

L'entrée dans l'église très bien ornée fut très solennelle. Et il y eut de si beaux chants. Vicky Cirharhula a bien animé, et Amalia Garcia a lu l'histoire de l'arrivée de nos sœurs, depuis les toutes premières jusqu'à aujourd'hui. L'Abbé doyen, qui a présidé l'Eucharistie, a exprimé sa reconnaissance au Seigneur pour notre présence et celle des MAfr dans ce diocèse. Il a rappelé, le début de la " Mission " de nos premières sœurs, leur foi et leur courage. Il a évoqué le souvenir de Sr Marie Claver, comment elle est arrivée à Mpala, comment, sans peur et avec courage, elle a su aller jusqu'au bout de sa mission et comment elle a donné sa vie... Beaucoup de filles portent son nom : " Marie Claver ". Il nous a encouragées à marcher à sa suite, à redécouvrir et actualiser le dynamisme de nos premières sœurs.

C'est Herenia Ezquerra qui a reçu les vœux de Florence, et tous, nous avons applaudi. Accompagnée de Mariette Macozi, d'Angela, et de Mapendo Masirika, Florence a chanté et dansé le Magnificat. Toute l'assemblée et nous toutes, nous nous sommes engagées avec elle au moment de l'action de grâces. Tout fut très beau.

Après l'Eucharistie, Herenia a " envoyé " Florence à Nairobi. Le Président du Conseil paroissial, heureux de ce que notre paroisse devienne missionnaire, l'a envoyée lui aussi au nom de tous les chrétiens. Il y eut ensuite une procession avec tous les symboles des SMNDA, pour les présenter à l'autel.

Puis, ce fut au tour de Papa Mwamba d'exprimer ses sentiments :

" En ce jour solennel, nos cœurs sont remplis de joie, une joie unique, car le Seigneur continue de faire pour nous des merveilles ; c'est pourquoi, nous partageons notre joie avec Lui et avec vous tous ici présents. Que son Nom soit glorifié !

(S'adressant ensuite à Florence) : Nous, tes parents, nous avons remarqué depuis ton jeune âge que tu cherchais quelqu'un qui pouvait donner sens à ta vie. Enfin, le Christ t'a choisie et Il t'appelle aujourd'hui à le servir dans la vie missionnaire. Toute la famille, tels que tu nous vois, nous avons accepté et respecté ta volonté. C'est pour cela que tu nous vois tous t'accompagner devant l'autel. La vie missionnaire que tu as choisie a ses difficultés inhérentes à toute vie ici sur terre, que tu sois dans la vie missionnaire, laïque, ou engagée dans le mariage. Notre conseil, c'est que tu prennes ton fardeau, que tu l'amènes chez Celui qui t'appelle, le Christ. Lui seul saura comment l'alléger et comment t'assister dans ton apostolat, pour répandre le Royaume de Dieu. AMEN. "

Un palmier a ensuite été mis en valeur. Le palmier est un symbole chez le peuple " Hemba ". Selon les coutumes ancestrales, il est relié à la vie. C'est pourquoi, dans chaque clan se trouve un champ de palmiers du clan, et, avant de mourir, chaque chef de clan doit léguer un champ de palmiers en héritage. Un clan sans champ de palmiers est considéré comme un clan " nomade ".

C'est Mireille, la sœur de Florence, qui a parlé :

" Florence, voici ton palmier... Tes ancêtres se réunissaient sous l'ombre de ce palmier. Ils se racontaient la vie du village. Ils y accueillaient pour un petit repos tout visiteur étranger fatigué. C'est donc aussi un signe d'hospitalité. Toi, tu devras être accueillante, serviable dans ta communauté, en recevant jeunes et vieux sans distinction.

" Florence, voici ton palmier... De ce palmier, on extrait l'huile de palme : par ton baptême et ta confirmation, tu as été ointe des saintes huiles pour être soldat du Christ. Vas donc répandre la Parole de Dieu aux païens et incroyants, pour qu'à leur tour ils puissent être baptisés et oints des huiles saintes.

" Florence, voici ton palmier... Du palmier, on extrait du vin, boisson saine qui donne la joie de vivre et qui unit des gens. Aux noces de Cana, Christ a multiplié le vin pour permettre aux convives des noces de continuer à fêter. Tu seras donc ce vin de noces, en apportant la joie dans ta communauté.

" Florence, voici ton palmier... Ce palmier donne des branches, 'les mangalala'. A leur tour, les branches portent des tiges que l'on peut assembler pour former un balai qui fait la propreté dans la maison. Une seule tige de balai ne sert à rien. Mais ensemble, des branches peuvent faire de grandes choses. Sache que l'union fait la force, et l'union avec tes consœurs permet un meilleur apostolat.

" Florence, voici ton palmier... De ce palmier est extrait le sel qui assaisonne les mets en leur donnant un goût agréable. Sois donc ce sel qui assaisonne ta vie, en joignant tes paroles à tes actes, pour attirer les jeunes filles ! AMEN ! "

Montserrat Roset, Kalemie, Congo

flech

cenefe_bur_4_400

 
 

 

Manifestations contre des Accords de Partenariat Economique (APE) déséquilibrés
entre Union européenne et pays d'Afrique


Le 19 avril dernier : jour de manifestation à travers le monde ! En effet, ce jour-là, dans divers pays d'Europe, d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), on a voulu dire " non ensemble " à d'injustes Accords de Partenariat Economique (APE) que l'Union européenne (U.E.) souhaiterait imposer aux ACP. Dans un bon nombre de capitales, diverses organisations de la société civile et des mouvements sociaux du monde entier ont lancé une journée d'action. Les manifestants étaient appelés à se rendre devant le siège des ambassades d'Allemagne, l'Allemagne étant actuellement présidente de l'U.E. en la personne d'Angela Merkel.

Que sont au juste les APE ? Ces accords ont pour objectif d'abattre toutes les barrières douanières commerciales entre les deux continents. Ils devraient entrer en vigueur à compter du 1er janvier 2008. Selon leurs promoteurs, une telle libéralisation du commerce international, des produits agricoles en particulier, serait l'unique voie envisageable par les ACP, tout spécialement l'Afrique qui en constitue le plus grand nombre - 50 pays environ - pour sortir de la pauvreté. Or il est facile de constater que pays européens et pays africains vivent des réalités socio-économiques très différentes. Les pays africains font partie des pays les plus pauvres et les moins industrialisés du monde, ce qui est tout à fait le contraire pour les pays européens qui, eux, sont parmi les pays les plus riches et les plus industrialisés du monde.

Une telle libéralisation entre des partenaires aux antipodes les uns des autres s'avère tout à fait menaçante pour l'Afrique. Elle n'aiderait pas l'intégration des pays africains actuellement recherchée par ceux-ci, au moins déjà sur le plan régional, comme c'est le cas pour l'Afrique Occidentale. Elle faciliterait aux pays européens l'entrée dans les pays africains de marchandises produites à des prix très compétitifs, les produits agricoles notamment. Un exemple entre autres : les produits laitiers. L'importation en Afrique de ces produits en excédent dans les pays européens et, de surcroît, subventionnés, ruinerait les petits agriculteurs africains. En effet, elle leur imposerait des prix de vente largement inférieurs à leurs coûts réels de production, les réduisant à la ruine et les obligeant à chercher des sources de revenus en d'autres secteurs souvent difficilement accessibles. Or l'histoire du développement industriel enseigne que les pays en première phase de développement doivent pouvoir se protéger de la concurrence des pays déjà développés.

On se mobilise pour dire " Non ". Pareille menace avec ses conséquences catastrophiques pour l'Afrique ne pouvait pas demeurer sans réponse. C'est pourquoi de nombreuses ONG et divers mouvements soutenus par " Justice et Paix " se sont impliqués pour montrer le caractère déséquilibré et injuste d'accords de libre-échange conclus au détriment des pays les plus pauvres. Les familles de producteurs ruinés par de tels accords ne pourraient trouver de revenus dans d'autres secteurs économiques, le secteur industriel entre autres, qui n'auraient pas la capacité d'absorber la main d'œuvre ainsi rendue disponible. Déjà, fin 2005, diverses orga-
nisations de paysans africains et européens s'étaient mobilisées pour dire " non " à ces APE. Elles rappelaient alors que l'intégration européenne avait été basée, entre autres, sur l'agriculture et la préférence communautaire. C'est une stratégie semblable qui devrait être appliquée en Afrique et dans les autres ACP. Aujourd'hui, il faut faire vite, car les APE devraient être signés le 31 décembre 2007.

A Rome même, nous étions trois sœurs de la communauté, Renza Spizzo, Nicole Robion et moi-même, Madeleine Bédard, à participer à la manifestation organisée ici aussi devant l'Ambassade d'Allemagne. Il ne s'agissait pas d'une marche, mais plutôt d'un sit-in. C'est avec conviction, que nous nous sommes jointes aux ONG présentes pour exprimer notre opposition aux APE. Divers moyens avaient été prévus :
une lettre remise à l'Ambassade pour Angela Merkel, des feuillets explicatifs, des affiches et des banderoles portant l'inscription : L'Afrique n'est pas à vendre. Les policiers italiens postés en grand nombre devant l'Ambassade nous ont réservé un accueil cordial. Quant aux ONG, elles ont pu obtenir un rendez-vous avec l'Ambassadeur pour être mieux entendues au sujet de leur démarche.

Ce fut une manifestation pacifique mais résolue, pour que justice soit rendue aux APC. Il faut que l'Union européenne trouve d'autres alternatives prenant en compte les pays moins favorisés.

Madeleine Bédard, Rome

flech

cenefe_bur_4_400

 
 


PROMENADE A TRAVERS LES ARCHIVES

Accueillir des " femmes en détresse ", une option ancienne...

En fondant notre congrégation, Lavigerie voulait répondre à un besoin urgent : accueillir les " orphelines de la famine ". Mais il désirait aussi avoir sous la main des femmes apôtres, des religieuses, qui seraient envoyées aux femmes pour les soigner, les instruire, en un mot les aider à sortir de leur condition pas toujours enviable. Bien que l'expression " femmes en détresse " ne soit pas encore utilisée, l'évolution de nos engagements apostoliques montre que ces femmes vont très vite faire partie de nos préoccupations. C'est ce dont témoignent bien deux fondations au moins, en 1886, le " Refuge " de La Marsa (Tunisie) et, en 1907, celui de Kasongo, Manyema, (Congo).

A La Marsa

Les sœurs arrivent à La Marsa en 1882. Le Cardinal vient d'acquérir en dehors du village, route du Djebel, une ancienne maison mauresque ayant abrité durant quelques années le Consulat de Hollande. En dehors des résidences d'été du Bey et de familles aisées, la population est composée de Tunisiens nettement moins fortunés et d'Italiens ou de Maltais, installés en Tunisie depuis une période assez ancienne. C'est à eux que s'adresse une école ouverte dans le village.

En septembre 1885, le Cardinal vient visiter la communauté et expose un autre projet : ouvrir dans la maison un Refuge où pourraient être accueillies les femmes en détresse de l'époque. Le Journal de la Maison du Refuge, vieux diaire manuscrit, rapporte ce projet. " Dans cette circonstance, écrit la chroniqueuse, nous avons une fois de plus admiré le grand cœur de notre Père bien-aimé qui, connaissant la lourde tâche qu'il nous offrait, ne voulait pas nous obliger à en porter tout le poids, sans nous avoir consultées auparavant. Il demanda à chacune des sœurs si elle se sentait la force d'entreprendre une telle tâche, si elle ne se sentait pas trop de répugnance à vivre avec un pareil milieu. Plusieurs sœurs se sont proposées, d'autres ont reculé. Puis, son Eminence n'a rien décidé, nous laissant jusqu'après la retraite pour réfléchir aux devoirs si graves qu'entraînerait une pareille œuvre. " Comme convenu, après la retraite, les sœurs sont appelées chez le Cardinal. " La fondation du refuge a été décidée. Tout est à organiser. Avec quelles ressources, nous n'en savons rien. Mais Dieu y pourvoira. " Le " Refuge " commence à fonctionner dans les premiers mois de 1886.

De quels " enfants " - pour reprendre le terme utilisé par le Journal - s'agit-il ? En 1888, parlant des fillettes ou même des femmes qui arrivent au Refuge, la chroniqueuse écrit : " Nous avons donné asile à 19 enfants préservées et à une repentie. " " Notre but, est-il précisé en 1889, est de ramener des âmes égarées ou de préserver celles qui sont en danger de se perdre. " Ces " enfants " de tous âges, fillettes à partir de 13 ans et femmes adultes, qui sont-elles ? Il y quelques orphelines d'origine maltaise ou italienne. Il y a aussi des " Arabes " dont certaines ont été envoyées des Attafs, une certaine Alyma par exemple. " Cette malheureuse est mariée à un arabe qui la maltraitait si fort qu'elle en a perdu un œil et que l'autre est bien en danger de se perdre. " Des parents confient aussi leur(s) fille(s) " pour tâcher de les faire rentrer dans le droit chemin " et les soustraire " aux tentations qui s'offrent à elles ". Ils connaissent en effet la sévérité du régime imposé par les sœurs dont la pédagogie reste marquée par l'époque, punitions diverses et surveillance attentive pour empêcher les fugues.

Bien que le terme " prostituée " ne soit pas employé, on comprend à demi-mot que les " repenties ", celles qui ont " reçu l'habit des Madeleines ", viennent de ce milieu. Ainsi Sophie, " une des enfants de la classe des pénitentes " qui, le 23 mai 1893, rend son âme à Dieu. Le diaire retrace longuement ses derniers mois au Refuge. Ce qui est dit de sa triste destinée et de son repentir au cours de ces 18 mois permet de se rendre compte de l'apostolat des sœurs auprès de ce type de personnes qui ne sont pas des " Arabes ". " Cette pauvre âme jetée, par ses parents au milieu d'un monde corrupteur à l'âge de 16 ans, se laissa aller à toutes sortes d'excès, rien ne pouvant la retenir sur la pente du vice. Elle traîna sa misérable vie en France pendant 6 ans. Puis elle vient en Afrique où elle se livre à tous les excès... Elle vient se fixer à Tunis où elle achève de s'enfoncer dans la boue. " Finalement, réduite à un état de profonde misère, la police la fait entrer à l'hôpital. Elle y entend parler du Refuge et demande à y être admise. Elle y termine sa vie dans de grandes souffrances qu'elle supporte de manière tout à fait édifiante... Ce genre d'accueil se poursuit jusqu'en octobre 1906, lorsque " les dernières 'repenties' quittèrent le Refuge, qui dès lors fut transformé en Maison de préservation sous le nom de 'Maison de Notre Dame d'Afrique'... ". On y reçut des fillettes pauvres de 10 à 21 ans. Ces enfants furent élevées dans la piété et le travail.

Un relais est pris au Congo. Kasongo, ouvert en 1907, a des œuvres multiples, écoles, internat, hôpital, dispensaire, ouvroir. Quant à l'œuvre du Refuge il est difficile de préciser la date de sa fondation. C'est à partir de 1920 que les rapports annuels commencent à en parler : " Depuis quelques années... ". Leur description de l'œuvre est très succincte. On sait seulement que le Refuge a été ouvert pour accueillir des femmes d'un tout autre genre. D'âges divers, expulsées de chez elles, elles sont accusées d'être des sorcières.

A Kasongo

Il s'agit souvent de femmes d'un certain âge qui sont chassées impitoyablement par leurs familles. Elles arrivent de toutes les régions du Manyema. L'accusation de sorcellerie n'est qu'un prétexte pour s'en débarrasser. On leur impute d'avoir causé par leur seule présence un malheur, une maladie, une mort subite. Inutile de chercher des preuves faciles à inventer. Ainsi par exemple, les sœurs vont apprendre que " l'une de celles qu'elles ont dû renvoyer pour motifs de vols répétés a été enterrée vivante à côté d'un jeune sultan mort subitement, puisqu'elle seule revenue au milieu d'eux pouvait être la cause de ce malheur. " Souvent, ce sont de très pauvres veuves, jeunes parfois, dont les grandes filles excitent la convoitise d'autres parents. D'autres ont été abandonnées par leur mari. Parmi celles qui se savent accusées, il y en a qui réussissent à échapper à l'épreuve du poison et se sauvent chez les sœurs.

Les premiers rapports décrivent les " bien grands services " qu'elles rendent aux sœurs. Elles leur " fournissent le bois et l'eau nécessaires, entretiennent une grande partie des cultures ". A la demande des Pères, " elles cherchent à deux heures d'ici la terre devant servir à la fabrication des tuiles, le bois pour leur cuisine, préparent la farine pour les bœufs et font l'huile de
palme ".

Chrétiennes, jeunes veuves et femmes abandonnées par leur mari, font l'objet d'attentions particulières. Réunies dans une section spéciale, elles reçoivent une petite formation catéchétique donnée par un catéchiste puis, plus tard, par une sœur africaine, " étant donné la diversité des langues indigènes ". De même pour " plusieurs très vieilles qui viennent pour mourir chez nous... Nous les préparons pour le mieux au baptême... " Parmi les plus jeunes, certaines " ont pu plaire à un homme de leur âge. Ces derniers vont chez le R.P. Supérieur pour avoir la permission d'aller voir chez la Mère Supérieure si telle ou telle voudrait bien de lui... Ces nouveaux ménages s'installent dans un village sur notre propriété parce qu'étant réputées sorcières, elles (sic) apportent le malheur dans le village, et personne ne les veut comme voisins. " La population du Refuge n'est pas stable. Certaines femmes " ont repris la clef des champs... " De même dans le village où finalement, bien des inconvénients ne manquent pas non plus.

Dans les premiers temps, " l'œuvre ne nous donne aucun espoir pour le bien de leurs âmes. " Et pourtant, lors du jubilé de la fondation, en 1932, on constate que, tout compte fait, l'œuvre valait bien la peine de s'y consacrer. " Le Refuge des vieilles a vu passer toutes les infortunes... Cette partie de l'internat reste la plus peuplée. Nous avons en ce jour 85 femmes au Refuge. " Il faut dire aussi qu'un Lazaret, ouvert par les Pères en 1903, " fait suite au Refuge, puisque les femmes trop usées peuvent y aller finir leur jour en paix... " Tels sont les premiers fruits de notre attention à tant de détresses féminines qui, malheureusement, ne semblent pas diminuer au cours des âges.

Lucie Pruvost

flech

cenefe_bur_4_400

 
 

 

Des SMNDA s'engagent contre le trafic des femmes

En 1991, des religieuses de diff érentes congrégations missionnaires internationales ont fondé un groupe destiné à lutter contre le trafic en Europe de femmes venant des pays en voie de développement et d'Europe de l'Est et contraintes à la prostitution par les recruteurs. Il s'agit de la " Fondation des Religieux contre le trafic des femmes ", SRTV, selon le sigle tiré de la dénomination néerlandaise (Stichting Religieuzen tegen vrouwenhandel).

Les sœurs ont commencé par engager une correspondance personnelle avec leurs consœurs. Au cours du temps, le trafic s'est accru, prenant des dimensions dramatiques. La communication s'est alors développée rapidement prenant les dimensions d'un véritable réseau d'échange d'informations.

Il y a une quinzaine d'années, la SRTV a composé un dépliant destiné à être massivement distribué dans les écoles, les paroisses et les organisations de femmes par les volontaires qui informent les jeunes femmes :
" Avertissement aux femmes ! Le Paradis en Europe ? Ne croyez pas tout ce qu'ils disent ! "

La campagne s'est étendue aux pays d'Afrique où le relais a été assuré, entre autres par plusieurs SMNDA. Le dépliant, traduit en 49 langues, est actuellement distribué dans plus de 80 pays, à quoi s'ajoutent non seulement le bouche à oreille, mais également l'envoi de ces tracts au maximum de congrégations oeuvrant dans les divers pays concernés.

Trois SMNDA aujourd'hui retournées dans leur pays d'origine, font partie des volontaires :
- Constance Gemme, qui a travaillé au Ghana et qui, chaque année, a diffusé plusieurs milliers de photocopies du dépliant traduit en twi (langue de Kumasi). Elle poursuit sa tâche aux Etats Unis.
- Catherina van Kaam et Maria Schoorlemmer qui, après avoir diffusé le message dans leur pays de mission, prolongent cette activité de conscientisation aux Pays-Bas.

La SRTV est en lien avec l'association allemande SOLWODI, (Solidarité avec les femmes en détresse), - en anglais Solidarity with women in distress.

flech

cenefe_bur_4_400

 
 


Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux


En dernière heure, nous apprenons que le Vatican va rétablir le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, son principal instrument de communication avec le monde musulman. Cette nouvelle a été annoncée le 27 mai 2007 par le cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d'Etat. Il faut se souvenir que l'année dernière, Benoît XVI avait placé cet organe sous la tutelle du Conseil pontifical de la Culture, son Président Mgr Michael Fitzgerald étant alors nommé nonce au Caire.

Le cardinal Bertone a déclaré au quotidien italien La Stampa que le Conseil aurait de nouveau rang de service à part entière. Et il a ajouté " Ce changement souligne l'importance du dialogue interreligieux ". En tant que SMNDA, ce retour à la situation antérieure nous intéresse directement, puisque le dialogue interreligieux fait partie de nos tâches missionnaires sur lesquelles le chapitre de 2005 a particulièrement insisté. Nous devons donc nous en réjouir. L'agence Reuters qui a communiqué la nouvelle la commente en disant qu'il est rare pour le Vatican de revenir sur ses décisions, surtout dans un délai aussi court.

flech

cenefe_bur_4_400

 
 


Union Internationale des Supérieures Générales (UISG) 6-10 mai 2007

Du 6 au 10 mai dernier, Piluca Benavente a participé à l'Assemblée plénière de l'UISG qui se tient à Rome tous les trois ans. Cette année, plus de 800 supérieures générales y participaient, représentant plus de 800.000 religieuses répandues de par le monde et travaillant dans tous les secteurs d'évangélisation concernant tout spécialement les femmes, les laïcs, les religions du monde, les déplacés, la terre et son caractère sacré. Pour cette année, la réflexion avait pour thème : " Appelées à tisser une spiritualité nouvelle d'où jaillissent espérance et vie pour l'humanité ".

Le 7 mai, les participantes ont été reçues par Benoît XVI, au cours d'une audience où il a remercié toutes les religieuses du monde pour le témoignage d'amour du Christ qu'elles donnent à travers toutes leurs activités.

Piluca a fait partie du groupe de quatre supérieures générales qui ont rédigé la Déclaration finale qui commence ainsi : " Au cours de cette Assemblée, nous avons écouté l'invitation à vivre avec Dieu le pacte à être co-créatrices pour engendrer la vie et l'espérance à travers des relations de respect, dialogue, inclusion, confiance, coresponsabilité et interdépendance... En contemplant la Parole de Dieu, nous nous sentons appelées à lire les signes des temps avec les yeux de Dieu et avec notre cœur de femmes. "

flech

cenefe_bur_4_400

 
 


Un nouveau livre du pape Benoît XVI

A l'occasion de ses 80 ans, Benoît XVI vient de publier un nouveau livre Jésus de Nazareth qui, dès sa sortie le 16 avril dernier, a été présenté dans une conférence de presse. Ainsi, on a pu apprendre que le pape veut se situer en simple théologien déclarant que ce livre " n'est absolument pas un acte relevant de son magistère de pape ". Mais c'est simplement, a-t-il précisé, " une expression de sa recherche personnelle ". A ce titre, il peut donc être discuté, voire contesté ou contredit par les catholiques.

L'intention de Josef Ratzinger - tel est le nom d'auteur sous lequel l'ouvrage a été publié, même si le nom de Benoît XVI apparaît clairement sur la couverture - veut réconcilier le personnage historique du Christ avec celui des évangiles. L'auteur rappelle " la primauté de Dieu " sur tout autre enjeu de la vie humaine. Et il explique : " Là où Dieu est considéré comme une dimension secondaire que l'on peut temporairement ou durablement mettre de côté au nom de choses plus importantes, alors ces choses prétendument plus importantes échouent. " Il multiplie les allusions à diverses situations très concrètes, et notamment au " drame des populations de l'Afrique, volées et pillées " matériellement et spirituellement par le " style de vie " des sociétés occidentales.

En analysant le récit de la vie de Jésus rapporté par les évangiles, Josef Ratzinger affirme se livrer à une " interprétation théologique de la Bible ", " sans renoncer au sérieux historique. "

Précisons que ce livre sera traduit en une vingtaine de langues, certaines traductions pouvant déjà se trouver en librairie.

flech

cenefe_bur_4_400