Tout au long de l'année 2007, pour répondre aux recommandations du Conseil général, Partage s'est efforcé de rappeler les " Objectifs du Millénaire pour le Développement ", qui devraient être atteints en 2015. Bien que le thème de ce numéro soit relatif aux Laïcs missionnaires liés à notre Congrégation et ne relève pas directement de ce sujet, nous ne pouvons pas ne pas en faire mémoire dès l'éditorial. Le bilan, publié en juillet 2007, montre que le résultat final reste incertain. Un chiffre concernant les femmes le dit bien : en Afrique subsaharienne, la probabilité pour une femme de mourir au cours de la grossesse ou après l'accouchement est de 1 sur 16, alors qu'il est de 1 sur 3000 environ dans les pays développés. En 2007, l'Eglise a célébré le 40ème anniversaire de Populorum Progressio publié en 1967 par Paul VI. A cette occasion, Caritas Internationalis a composé avec plusieurs animateurs de Justice, Paix et Intégrité de la Création, un opuscule de 29 pages, Rompre avec la routine - Atteindre les objectifs du millénaire pour le développement, qui rappelle ces " Objectifs " d'une manière très pédagogique et les éclaire de quelques chiffres.
C'est dans une perspective assez proche qu'il faut situer les " Accords de Partenariat économiques entre Europe et Afrique " (APE) lancés en 2003. Bien que ceux-ci se situent plutôt dans le domaine du commerce, ils n'en prévoient pas moins d'être menés en collaboration étroite avec la coopération au développement. C'est bien cet aspect " développement " qu'ont voulu rappeler 2000 personnes rassemblées à Dakar le 7 janvier 2008.
Elles étaient soutenues par la coalition nationale " Non aux APE " et par le gouvernement. " L'Afrique nécessite un partenariat véritable avec l'Europe, fondé sur la création d'emplois durables et décents, et ces accords ne permettent pas à l'Afrique d'aller vers cela. " (Site Afrik.com) Et nous, que pouvons-nous faire à notre niveau de SMNDA ? Rappelons-nous une réflexion de Kofi Annan, ancien secrétaire général de l'ONU selon lequel il nous faut " Rompre avec la routine ".
De fait, un bon nombre de SMNDA sont engagées dans ce combat aussi bien en Afrique qu'en Euramérique. Il en va de même pour certains membres des divers groupes de Laïcs missionnaires liés à notre Congrégation, qui s'engagent directement dans des tâches de développement portées par le charisme de Lavigerie pour ce continent. Sans tous quitter leur pays, tous, ils sont soutenus par la devise " Caritas " et veulent vivre le " tout à tous ". Comme le montrent bien les témoignages offerts à votre lecture, c'est ce qui donne leur couleur aux diverses dimensions de leurs engagements, sa dimension spirituelle notamment.
" La vie se partage " entre nous qui désirons rester en communion les unes avec les autres, comme le Chapitre de 2005 nous y a invitées. C'est ainsi que nous pouvons nous sentir solidaires des sœurs de Kalemie, qui après la fermeture de leur communauté, font le récit de leur départ vers de nouvelles obédiences. Une communion que nous voulons vivre aussi avec celles que leur troisième an a amenées à Rome au cours de l'automne dernier.
Vous pourrez retrouver le thème de ce numéro dans un " Savez-vous que ? " : des " Familles spirituelles " liées à des Instituts religieux se sont pour la première fois réunies à Lourdes en octobre 2007. Dans la même rubrique, nous retrouverons Claire Bélanger qui, du Canada, reste toujours proche de Partage et nous envoie un petit historique sur les Sœurs de la Charité de Québec dans la maison desquelles, elle-même a pris sa place en octobre dernier.
Et pour terminer, diverses communications qui, elles aussi, permettent de fortifier une vraie communion entre nous.
Lucie Pruvost
"Laïques missionnaires"
LAÏCS MISSIONNAIRES
DE NOTRE-DAME D'AFRIQUE
Dès 1985-86, au Canada, des SMNDA ont eu l'idée de proposer à des laïcs un projet de vie selon le charisme de Lavigerie. Jusqu'à ce jour, c'est déjà toute une histoire qui se met en place.
En 1985-86 des chrétiens se sentent appelés à se nourrir d'une spiritualité apostolique, à en vivre et à la partager avec d'autres. Il était clair pour les SMNDA qu'il y avait une route à suivre, une réponse à donner. C'est ce que nous avons voulu faire à partir d'un projet de participation destiné à des laïcs. Nous, SMNDA, nous sommes en effet marquées et enrichies par les nombreuses années vécues en Afrique, dans un milieu international. C'est pourquoi nous avons voulu présenter un projet d'affiliation aux personnes qui, en tant que laïques, veulent vivre du charisme lavigérien, d'une façon différente et apporter une énergie nouvelle dans l'Église. En voici les points essentiels :
* Approfondissement de la foi dans sa dimension universelle
* Réflexion sur ce Dieu venu " Sauver l'humanité "
* Prière, vie sacramentelle - Partage de la Parole de Dieu, favorisant la contemplation dans l'action
* Attention vivante aux problèmes du Tiers-Monde et plus spécialement de l'Afrique.
S'affilier à la Congrégation des SMNDA, ne serait-ce pas entrer dans cette dynamique ?
BUT DE L'AFFILIATION
L'affiliation est une démarche personnelle à vivre l'engagement baptismal en partageant notre spiritualité apostolique et notre charisme missionnaire, en vue de devenir aussi des porteurs et porteuses d'évangile dans leur propre milieu. Animés par le Tout à tous du Cardinal Lavigerie et de Mère Marie-Salomé, les membres affiliés vivent leur vie chrétienne et apostolique dans l'esprit de notre fondateur, le Cardinal Lavigerie :
* Esprit œcuménique et international
* Ouverture au monde
* Engagement à répandre l'esprit missionnaire dans leur milieu
* Apprentissage de la spiritualité ignatienne
* Engagement apostolique concret.
PREMIÈRES RÉALISATIONS
Peu à peu, quelques parents des sœurs et des ami(e)s se sont présentés et ont formé des groupes à Québec et à Montréal. Des réunions de prière, d'échanges et de connaissance mutuelle leur ont permis de connaître la spiritualité et le charisme lavigérien. A la suite du décès de plusieurs membres et faute de jeune relève, dans les années '90, les rencontres dans la région de Québec se sont éteintes.
Mais à Montréal, le groupe s'est poursuivi comme le rapporte l'une des participantes : " En 1994, écrit-elle, un groupe existait encore et était bien vivant. Il y avait 7 personnes, surtout des femmes : célibataires, mariées, veuves et ex-religieuses. À l'occasion, quelques hommes se présentaient, mais pour une courte durée. Lors des rencontres, il y avait toujours un sens spirituel par une réflexion sur un passage de la Bible. Une fois par année, nous avions une journée d'intériorité. De plus, une personne ayant vécu en Afrique, soit une SMNDA, soit une laïque, nous partageait son expérience missionnaire " (Mme Lapointe).
NOUVELLE ORIENTATION, VERS L'AFRIQUE
En 1999, plusieurs laïcs désiraient faire un stage en Afrique. Le Conseil provincial des SMNDA a alors décidé de lancer un programme de formation pour répondre à ces nouvelles demandes. Cette mission a été confiée à la nouvelle communauté de la rue Guy à Montréal. On a donc appelé ce nouveau groupe de laïcs : " Les Associé(e)s ".
DÉBUT DE FORMATION
En 2000, la communauté de Lilongwe, Malawi, accueillait déjà une première LMNDA après un stage de deux mois dans la communauté de la rue Guy. Nous nous sommes jointes pour un temps aux MAfr qui préparaient eux aussi des laïcs missionnaires. Nous avons alors profité du " Programme Intercommunautaire de Formation Missionnaire " (PIFM), donné chez les Pères des Missions Étrangères. Des modules de formation sont étalés sur une période de deux ans : identité personnelle, identité spirituelle, spiritualité missionnaire, missiologie et sociologie.
En 2001, trois dames se joignaient à notre communauté pour une période d'un mois. Déjà un début de formation prenait naissance. Dans la même année, les sœurs de Moundou (Tchad), de Nouakchott (Mauritanie) et de Tunis (Tunisie), acceptaient de recevoir une associée parmi elles pour un temps déterminé.
Nous avons organisé des rencontres quatre fois par année dans le but de faire connaître l'Afrique, les coutumes, la femme africaine, définir la spiritualité missionnaire et le charisme lavigérien, et donner une introduction à la Bible. Un temps d'immersion de 2-3 jours dans notre communauté était requis et l'est encore, pour une meilleure connaissance du charisme lavigérien et de la mission.
Certaines exigences étaient posées :
* Aller au nom de sa foi
* Avoir suivi la formation PIFM et celle des SMNDA pendant 2 ans, en raison d'une fin de semaine par mois
* Vivre de la spiritualité missionnaire et du charisme lavigérien
* Avoir une profession ou une formation technique
* Aimer les Africains
* S'engager dans un bénévolat ici
* Continuer un apostolat au retour toujours dans l'esprit de Lavigerie.
Au terme de cette formation, les nouveaux LMNDA sont reçus officiellement dans notre grande famille lavigérienne à l'occasion, soit d'un départ en Afrique, soit d'une rencontre de fin d'année.
Laïques missionnaires
DES RÉALISATIONS
En 2004, deux couples et deux dames partaient avec Colette Joubert, SMNDA, ouvrir une maison, pied à terre, à Mwanza, en Tanzanie. Cette expérience soutenue par l'évêque du lieu, Mgr Mayala, s'est avérée très heureuse, en ce sens que, selon l'évêque du lieu, les laïcs ont donné un témoignage digne des premiers missionnaires SMNDA et MAfr, en Tanzanie.
En novembre 2005, lors du chapitre post-capitulaire de la CUM, des représentants des affiliés et associés ont été invités à assister aux échanges sur " Le partage du charisme ". À cette occasion, les affiliées et les associé(e)s partageant même spiritualité et même charisme, demandent de former un seul groupe de laïcs en lien avec nous. Ce n'est qu'en septembre 2006 qu'officiellement les deux groupes se rencontrent pour devenir les LMNDA d'aujourd'hui.
En 2006, diverses activités ont été partagées entre les LMNDA et nous. C'est ainsi que :
Les LMNDA ont été invités à participer à des rencontres intercommunautaires sur " l'Arrimage " (participation à la Mission et au charisme de la Congrégation), la journée sur l'islam et le partage sur le charisme lavigérien.
Les LMNDA préparent en lien avec les SMNDA le programme des journées de rencontre.
Le site Web, commencé par Viviane Lafrenière en lien avec un MAfr, a été pris en charge par M. Jean-Jacques Allaire.
La responsabilité de la rédaction de la Lettre de nouvelles, commencée par Danielle Vermette, est remise aux mains de Mme Francine Allaire.
Une invitation est quelquefois lancée aux LMNDA lors de célébrations de famille.
LE DERNIER VENU
A la demande des laïcs, un comité exécutif des LMNDA a pris naissance en septembre 2007. Mme Raymonde Lapointe a été élue présidente du comité. Deux autres LMNDA font partie du comité ainsi que les sœurs de notre communauté. Ce comité exécutif organise diverses activités, et les membres sont délégués dans la préparation et la logistique de celles-ci :
* Les rencontres des LMNDA dans l'année en cours
* Préparation d'un Guide de Vie (demandé par les LMNDA)
* Préparation de la fête de N. D. d'Afrique à laquelle seront invitées les SMNDA et les MAfr
* Préparation aussi d'un feuillet pour la célébration du 8 septembre 2008.
LA FONDATION LAVIGERIE
Ne pouvant plus compter sur une aide financière d'organismes d'ici, les LMNDA ont offert de mettre sur pied la Fondation Lavigerie qui a pris naissance il y a deux ans. Les fonds de cette fondation sont assurés par la cotisation des membres et les dons. Le comité est responsable de la cueillette de dons et d'approcher des organismes susceptibles d'aider financièrement les projets des LMNDA en Afrique. De plus, il prévoit les activités susceptibles d'aider les levées de fonds, afin de payer le budget quotidien des LMNDA en Afrique. Noter que les LMNDA partant en Afrique pour deux ans ou moins, doivent payer tous leurs frais de voyage avant le départ.
Laïques missionnaires
Un dépliant de propagande est envoyé un peu partout pour augmenter le nombre de cotisations et agrandir ainsi la famille LMNDA. Tout dernièrement, un nouveau logo exprimant l'identité des LMNDA a fait son apparition, grâce à a collaboration des enfants du couple Allaire.
LA SITUATION DÉBUT 2008
Nous avons un couple LMNDA à Mwanza, Tanzanie, une dame à Ouagadougou, Burkina Faso. Une autre dame prépare son départ pour fin janvier, elle aussi à Ouagadougou.
Au Canada, trois couples et 5 dames revenus d'Afrique continuent leur mission ici. Deux dames, autrefois affiliées, font partie des LMNDA et sont très intéressées aux différentes rencontres régulières des membres. Plusieurs personnes se préparent en suivant la formation : un couple et deux dames en première étape, deux dames et un homme pour la seconde étape de formation.
La semence est jetée... Elle germe déjà !
La communauté de la rue de St-Vallier, Montréal, Canada
LA PRESIDENTE DES LMNDA S'EXPRIME
Mme Lapointe, présidente actuelle des LMNDA, ajoute quelques précisions plus personnelles sur la vie du groupe. Voici quelques extraits de son témoignage :
J'ai commencé à participer aux groupes des affiliés en 1994... Le but était de partager le charisme des SMNDA en connaissant d'abord qui en était le fondateur, Mgr Lavigerie, son amour pour l'Afrique et son peuple, en se sentant solidaire, c'est-à-dire membre de cette famille religieuse, s'inspirant de son esprit, participant à son œuvre aujourd'hui, en vivant de sa spiritualité et en étant en communion de prière et d'action.
Donc, lors de ces rencontres il y avait toujours un sens spirituel par une réflexion sur un passage de la Bible, et une fois par année, une journée d'intériorité. De plus, à chaque rencontre, nous avions le plaisir d'entendre le témoignage d'une personne qui avait vécu en Afrique, religieuse ou missionnaire laïc.
Les caractéristiques de l'engagement des membres du groupe sont la prière fréquente, le service et l'union aux autres, soit en devenant missionnaire laïc en Afrique, soit en s'impliquant bénévolement dans notre milieu, en vivant le " Tout à tous " à travers nos activités et tâches quotidiennes. Quelle que soit notre implication, il n'y a aucun doute que nous en ressortons grandi (e)s spirituellement et socialement.
Vers 1996, suite à la demande grandissante de laïcs désirant partir en Afrique, les SMNDA ont mis sur pied le groupe des " Associés " en leur proposant une formation de 2 ans. A partir de 1999, plusieurs personnes ont eu le bonheur de partir comme missionnaires laïques en Afrique de l'Est ou en Afrique de l'Ouest.
En 2000-2001, partageant le même charisme, les affiliés demandent de ne former qu'un seul groupe de laïcs ayant des liens avec les SMNDA. Ce n'est qu'en 2007 qu'officiellement, les deux groupes se rencontrent pour devenir les LMNDA. Par la formation, les rencontres, la journée d'intériorité, les LMNDA sont en contact et conservent des liens avec les SMNDA.
Raymonde Lapointe, Montréal, Canada
LA FAMILLE LAVIGERIE EN FRANCE
La Famille Lavigerie a pris la suite d'un groupe d'environ 1500 affiliés, qui s'engageaient à dire la prière à Notre-Dame d'Afrique chaque jour et qui recevaient, chaque trimestre, une feuille de Jeanne Calafel et Marcelle Limosin, de Marseille. Lors d'une rencontre d'AMV en novembre 2002 à Mours, cinq sœurs se sont proposées pour réfléchir à la question des laïcs : Bernadette Agneray, Elisabeth Bouillard, Florence Jaud, Danièle Follain et Marie-Claude Berrod. Par la suite, Pierrette Coudé s'est jointe à notre groupe.
Nous avons alors demandé à tous les affiliés de prendre contact avec nous s'ils souhaitaient continuer la route. Nous proposions comme orientation :
"Ce groupe voudrait se faire oreilles, coeur et bouche dans nos relations avec vous:
attentives à ce qui peut faire grandir en vous l'esprit missionnaire,
à vous aider à communiquer entre vous,
à soutenir vos différents engagements missionnaires."
Cent cinquante environ ont répondu en donnant leurs motivations. Ce fut le début de la Famille Lavigerie en France. Chaque trimestre, nous nous réunissions à Paris Gay-Lussac pour préparer la lettre.
Actuellement, l'équipe comprend : Marie-Claude Berrod (Fribourg), Florence Jaud, Charlotte Fuin, Suzanne Le Gal (Paris Gay-Lussac), Danièle Follain (Marseille), et pour les expéditions, Jeanne Dollinger et Léontine Beaulieu (Verrières-le-Buisson). Nous tirons la feuille trimestrielle à 200 exemplaires. Elle est envoyée à environ 150 laïcs, ainsi qu'à 50 communautés ou prêtres. Trois groupes sont aujourd'hui constitués et se rencontrent à Carcassonne, Paris et Marseille.
RENCONTRES DE CARCASSONNE
Le groupe a commencé avec Marinette Grard, d'abord sous la forme d'une fête des peuples et d'une invitation dans la communauté des sœurs. Il est accompagné par un prêtre ouvrier connu des sœurs. Il se réunit tous les deux ou trois mois. Marie-Claude Berrod les a rencontrés trois fois. Les conditions dans lesquelles sont arrivés ces frères et sœurs sont similaires. Cela permet partage et solidarité.
Comment le groupe est-il composé ? Il comprend trois Rwandais et trois chrétiens d'origine kabyle. Parmi les Rwandais, un couple d'environ 60 ans a obtenu l'asile politique. La femme est une ancienne élève des sœurs. Chrétiens fervents et dynamiques, ils ont mis en place une association sans but lucratif " Le Futur Génie " pour aider les enfants orphelins. L'association réunit à Carcassonne une vingtaine de personnes. L'évêque a demandé au mari de faire partie de la Pastorale des migrants. Tous les deux font aussi partie d'un groupe de prière charismatique. La troisième est une mère de famille d'une quarantaine d'années, avec 4 enfants entre 20 et 8 ans. Son mari, inculpé par le TPI d'Arusha y est incarcéré. Cette femme qui a eu des responsabilités administratives dans son pays, fait des ménages pour gagner sa vie.
Quant aux trois chrétiens d'origine kabyle, il s'agit d'une famille dont la mère est une ancienne élève des SMNDA, 65 ans environ. Sa grand'mère avait été baptisée par le Cardinal Lavigerie. Le mari est un ancien orphelin recueilli par les MAfr. Ils sont très attachés à la Famille Lavigerie, non sans un brin de nostalgie. Ils ont dû quitter l'Algérie et ont souffert pour s'acclimater en France. Leur fils vient d'épouser une jeune femme née de mariage mixte - père algérien musulman et mère française chrétienne.
Lorsque les SMNDA étaient encore à Carcassonne, d'autres Rwandais et quelques chrétiens français participaient aux réunions. Mais depuis qu'elles sont parties, il n'y a pas eu de nouvelles entrées.
Le groupe se réunit cinq fois par an. Cette année, l'évêque les a introduits au nombre des mouvements diocésains. C'est ainsi qu'ils ont participé à l'exposition de tous les mouvements diocésains, au même titre que la Pastorale des migrants.
RENCONTRES DE PARIS
Le groupe de Paris est né comme une suite de la Lettre à la Famille Lavigerie. Commencé en 2003, ce groupe varie de treize à vingt personnes qui viennent de toute la France. S'y retrouvent des parents de nos plus jeunes sœurs, d'anciennes enseignantes ou infirmières qui ont travaillé dans nos écoles ou nos hôpitaux. L'âge moyen est relativement élevé, entre 55 et 75 ans. Les liens se sont d'abord tissés avec l'une ou l'autre sœur. Maintenant, une véritable amitié existe entre eux tous. Neuf personnes qui ont participé à toutes les rencontres forment un noyau stable. L'une d'elles a suivi pendant trois ans la formation Lavigerie. Elle est très impliquée dans le travail social auprès des Turcs et des personnes âgées. Une autre passe plusieurs mois chaque année au Burkina Faso, d'abord chez les Sœurs de Notre-Dame du Lac (Bam) et maintenant à Ouagadougou. Une autre encore part depuis quelques années en Israël pour œuvrer avec des Palestiniens. Une autre enfin va partir une dix-huitième fois au Burkina Faso. La communauté de Paris Gay-Lussac qui accueille ce groupe s'investit beaucoup dans cette journée toujours chaleureuse.
Les thèmes étudiés sont divers : " Transmettre la foi ", " Musulmans ", " Justice et solidarité ", " Témoignages d'Afrique ", " Mauritanie - Migrants ", " Burkina ", " Congo ", " Tout à tous ".
RENCONTRES DE MARSEILLE
Le groupe est né de l'initiative de Marie-Claude Berrod en 2004. Il se retrouve deux fois par an. Ses membres, des seniors pour la plupart, sont surtout des connaissances du quartier. Une de ces personnes, 70 ans environ, a participé à la préparation de la Lettre et à la recomposition du programme Lavigerie et du questionnaire pour les laïcs. Une cheftaine scoute (50 ans), formatrice d'adultes, est très engagée dans le CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement). Responsable de l'équipe paroissiale, elle a été envoyée au National pour représenter la Région. Le groupe s'est interrogé sur son autonomie et sur sa prise en charge par lui-même. Il prévoit d'envoyer un ou deux de ses membres rencontrer le groupe de Carcassonne.
Thèmes étudiés : " La Mission à Marseille " (à partir d'un texte du diocèse), " Marseille carrefour des religions et des peuples ", " Découverte de l'islam ", " Peut-on prier avec les musulmans ? ", " Les femmes dans l'Évangile et notre rôle de femmes ".
Conclusion
Il est probable qu'une partie de ces groupes s'éteindra d'elle-même. Il en restera cependant un noyau de personnes convaincues et engagées qui auront tout intérêt à suivre la formation et à prendre des initiatives. Elles sont capables d'aller plus loin que nous. Pour ce " petit reste ", on pourrait envisager une certaine forme d'affiliation ou d'association, lorsque le temps sera venu et après en avoir assuré la formation lavigérienne spécifique. Profitons des quelques années où nous pouvons encore semer... Le Seigneur donnera la croissance. Notons aussi que, par ce groupe, plusieurs ont retrouvé le chemin de la foi et s'appellent des " re-commençantes ". Les groupes ont tout intérêt à se structurer et à avoir des relations entre eux.
Quelques chiffres
Mariés : 33 - Célibataires : 17
Répartition par âge : 30-40 ans : 5 ; 40-50 ans : 1 ;
50-60 ans : 3 ; 60-70 ans : 19 ;
au-dessus : les autres
Engagements : dans un travail professionnel : 6 ; pastoral : 28 dont 10 dans la catéchèse ;
CCFD : 3 ;
Engagement en Afrique : 3 ; en Israël : 1
Marie-Claude Berrod et la Famille Lavigerie
DES MEMBRES DE " LA FAMILLE LAVIGERIE " S'EXPRIMENT
Le charisme du Cardinal Lavigerie pour l'Afrique se reflète bien dans les neuf témoignages reçus de membres de la " Famille Lavigerie " en France. Faute de place, il n'est pas possible de reproduire ici la totalité de chacun d'eux. Une synthèse en aurait détruit la cohérence. Il fallait pourtant faire un choix, celui d'en citer des extraits regroupés autour d'un point important.
CE QUI M'A ATTIREE ?
Durant ma vie d'étudiante, après discernement, je me suis sentie appelée à une vie dans le célibat pour le Royaume. Le groupe Lavigerie m'a confirmée dans ma vocation. 'Je suis toute à Toi' est une manière de renouveler l'engagement du baptême. Ayant la conscience que Dieu m'avait aimée le premier, j'ai désiré répondre à cet amour en me livrant totalement à Lui dans ma condition laïque, en enseignant la physique-chimie à des lycéens de l'Enseignement public.
Actuellement, je tâche de vivre cette consécration baptismale dans la fidélité aux exi-
gences de l'Évangile, en vivant sous le regard du Père qui voit dans le secret. Je désire aimer Dieu et le faire aimer là où je suis placée, c'est-à-dire à Marseille(...) dans le rayonnement de notre 'Bonne Mère, en étant retraitée et avec beaucoup de limites, avec mon âge avancé. (...)
C'est pourquoi je suis très reconnaissante envers le Cardinal Lavigerie d'avoir pris, pour emblème de l'Amour, le don jusqu'au sang du pélican qui donne sa vie pour ses petits. Donc je comprends très bien qu'il faille être " tout à tous ", mais à cause de mon passé, (j'ai enseigné 18 ans en Tunisie), je garde dans mon cœur un amour et une attention spéciale à l'Afrique et aux musulmans, ce qui est un tremplin pour l'ouverture au monde entier, à tous. "
Être Missionnaire ? Du fait de notre incorporation au Christ, " Nous sommes chargés d'annoncer les merveilles de Celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable Lumière " (1 P 2,9). Ainsi nous participons à la fonction prophétique du Christ quand nous nous efforçons d'annoncer la Bonne Nouvelle qu'est l'Évangile, surtout par notre vie, et quelquefois par nos paroles. La Mission, c'est aussi partager avec ceux que nous côtoyons ce que nous avons reçu comme une richesse et un motif d'espérance. Il faut essayer d'exprimer (...) qu'être chrétien est un bonheur ! Quant à transmettre la foi, je ne pense pas que nous puissions transmettre la foi qui est un don de Dieu. Nous devons préparer le terrain pour que les gens puissent l'accueillir. À cause de tout ce que j'ai découvert en Tunisie (autre culture, autre manière de vivre, autre manière de prier) continuer une fois en France, à échanger avec des Pères Blancs. J'ai pu étudier les textes importants de la revue Mission de l'Église sur " Dialogue et Annonce " (1992) et " Eucharistie et Mission " (1999).
(...) Puis les Sœurs Blanches m'ont fait signe pour participer à un groupe (...). Nous avons approfondi l'islam et produit des documents pour le SRI (Secrétariat pour les Relations avec l'Islam, organisme mis en place par les évêques de France en 1974) comme " Carême et Ramadan ". Après quelques années d'interruption, c'est avec joie que j'ai répondu à leur invitation pour notre Groupe actuel. Pratiquement j'aide une partie de l'année pour des cours de Bible en paroisse, et je reste en éveil pour tout ce qui se rapporte au monde arabe, à l'islam (...).
Pour l'avenir, je désire que le Groupe continue à se structurer avec le but bien énoncé " d'être missionnaires ensemble à Marseille, dans ce pays multicolore et multireligieux, avec une attention spéciale à l'Afrique et à la solidarité dans le monde ".
Mireille Blanc, Marseille
Je cherchais à me rapprocher de la Congrégation que ma sœur aînée, Élisabeth Bellais, avait choisie. (...) J'ai d'abord été membre affilié à l'Institut des Missionnaires d'Afrique ; nous nous réunissions déjà une fois par an, réunion suivie de l'Eucharistie ; nous nous engagions à prier à l'aide de la belle prière à Notre-Dame d'Afrique tous les vendredis. J'ai mieux appris à vous connaître grâce aux séjours au Mali avec mon mari et mes enfants; nous avons rencontré les Pères et les Sœurs dans leur mission. Mes filles, Carine et Armelle, ont fait des routes missionnaires et participaient aux rencontres du groupe Agadès à Paris.
Mes liens avec la famille Lavigerie se sont fait au rythme des propositions de rencontres (...) On ne peut rien tout seul, il faut se laisser interpeller par ceux qui ont des choses à vous dire sur ce qu'ils vivent ici ou ailleurs avec des frères et sœurs, croyants ou non, mais qui posent une réflexion sur le sens à donner à leur vie.
Le " Tout à tous " est difficile à expliquer. Sans doute penser au Tout Autre premier servi - " tous " avec nos différences
selon les continents, les peuples et les cultures, mais une seule foi à vivre en unité dans l'Église universelle.
L'amour de l'Afrique et des peuples africains, vient d'abord par la connaissance des autres. (...) Nous nous arrêtons souvent sur des préjugés. (...) Nous sommes submergés d'images télévisuelles nous montrant des pays en guerre, des peuples souffrant de malnutrition, forcés d'émigrer, des pays riches de leurs ressources et qui laissent leur population dans la misère. Il y a pourtant de grandes qualités humaines dont on ne nous parle jamais, mais qui forcent notre respect. Que d'interrogations ! Que pouvons-nous faire ensemble ? Le Cardinal Lavigerie et les missionnaires qui se sont engagés avec lui ont répondu en aimant l'Afrique et les Africains.
Transmettre sa foi, vaste programme... De par mon baptême, j'y suis engagée, de par ma vie, je dois en témoigner. Ce qui me semble plus difficile, c'est parler de sa foi. Avec les jeunes enfants, cela passe par leurs propres interrogations. Mais ensuite ? Avons-nous assez de connaissance ? Faisons-nous des efforts pour mieux nous connaître et annoncer les valeurs évangéliques que Jésus a incarnées dans sa vie ?
J'aimerais dire que l'important n'est pas de faire des choses extraordinaires ; que chaque jour je m'attache à demeurer dans l'amour du Très-Haut ! Que je m'ouvre aux autres pour les aimer le mieux possible et ne pas juger les personnes sans m'interroger moi-même sur ce que je fais ou pense.
Béatrice Scantamburlo, Paris
Dès la première rencontre, j'ai cherché à découvrir, à faire connaissance, à comprendre l'appel de ce partage à Maisons-Alfort. Les murs étaient couverts de reproductions, visages africains, demeures modestes, qui nous étaient expliquées par les religieuses présentes. Une de ces images m'a beaucoup impressionnée : cette jeune femme de 27 ans, atteinte du Sida, accompagnée de sa maman musulmane, qui acceptait que sa fille soit baptisée, mais exigeait que son premier prénom soit " Marie " et " Thérèse " ensuite. Parce que, disait-elle, " Moi, Marie, je la connais, je la prie tous les jours ! " Ce témoignage est inoubliable... Quand depuis des années, on accueille chez soi des Équipes du Rosaire ou d'Eucharistie à domicile, des visites en maisons de retraite, on ne peut oublier une mère si proche de la foi chrétienne elle aussi.
L'Afrique ? A deux reprises, j'ai eu l'occasion d'aller au Maroc (...). J'ai visité l'hôpital d'Agadir où chaque lit était occupé par une maman tuberculeuse, hospitalisée avec son bébé à côté d'elle, et une grand'mère sous le lit, assise, préparant un petit repas dans une gamelle pour sa fille qui allaitait son bébé sans doute tuberculeux aussi. (...)
En 1955, nous étions 5 infirmières (soins à domicile), à sillonner Colombes et Nanterre. Là, les locaux n'existaient pas encore (...). Seulement des groupes de 50 personnes qui logeaient dans des cabanes et se servaient de journaux pour boucher les trous et les courants d'air des fissures, un seul robinet pour 50 personnes. Des agents de service nous accompagnaient dans chaque cabane où ils nous attendaient pour éviter d'éventuels
problèmes. Certains " riches arabes " exploitaient les " plus petits " (...). Jusqu'au jour où des règlements de compte les ont fait disparaître, mais aussi expulser les " plus petits " qui ne savaient pas où aller.
Un avocat de 40 ans avait réuni de nombreuses personnes un soir de novembre. Puis il a posé des questions sur ce sujet. Un jeune homme s'est levé timidement : " Moi, Monsieur, voilà 3 mois que ma femme, mon bébé et moi, nous habitons sous une tente. " Cet avocat l'a immédiatement accompagné jusqu'à la tente et lui a trouvé un gîte.
Nous sommes en 2007. On retrouve des choses identiques sur les quais de la Seine à Paris... des petites tentes, des Africains sans papiers, sans nourriture...
Colette Billiau, Paris
UNE OUVERTURE AUX AUTRES - JOIE DE RENDRE SERVICE
Mon premier contact avec la Congrégation des SMNDA date des années 1950-51. J'avais 18 ans et me posais beaucoup de questions : quel choix de vie, quelle pratique de ma religion (...), tout en préparant mon diplôme d'Éducatrice spécialisée. Je fréquentais de temps en temps le postulat de Caluire et Cuire. Après trois ans de travail, dans le premier internat créé en France pour des enfants handicapés mentaux profonds, à Narbonne, je suis partie pour une année scolaire à la Maison Lavigerie, à Carthage.
Je retiens de cette année :
La joie de rendre service, loin de ma famille (...)
L'accueil de la supérieure de la Maison Lavigerie, Sr Savine, à Carthage, et son respect de ma liberté. Quand elle m'a annoncé que je ne pourrais pas rejoindre la Congrégation, elle me laissait la possibilité de rompre mon contrat avec la Maison dès le mois d'avril ou rester jusqu'en juillet comme prévu. Je suis restée.
La rencontre avec Suzanne Le Gal avec laquelle je suis restée en lien depuis plus de 50 ans, et je l'ai suivie par correspondance dans les différentes missions de sa vie dans la Congrégation. (...)
L'accompagnement spirituel du Père Xavier Henri (MAfr) cette année-là. (...)
Les années passent, je travaille, je me marie. Nous nous installons à Dijon. Les enfants ne viennent pas, mais l'adoption de deux garçons se réalise, Bruno à 5 ans 1/2 et Emmanuel à 13 mois. Les lettres avec Sr Savine ou Sr Suzanne, les " cousins ", des amis m'aident à vivre un mariage qui s'avère assez vite être un échec. Mais l'esprit missionnaire m'habite toujours, et je rejoins à Dijon le Service diocésain de la Coopération missionnaire. Les sessions régionales me font rencontrer Sr Jeanne Dollinger et sa communauté de Clerval.
Entre temps, le divorce est prononcé, je retrouve la joie de vivre. Je me mets au service d'une famille : les parents, deux enfants, puis trois pour avoir un salaire et subvenir à mes besoins et celui de mon plus jeune fils. (...) Après 6 ans de travail, chez elle, j'en rejoins une autre : même situation, où je reste 5 ans jusqu'à l'heure de la retraite.(...) Les contacts avec les SMNDA se poursuivent.
En janvier 98, je prépare mon départ pour Aïn Karem, près de Jérusalem. Après des recherches, j'ai trouvé un temps de bénévolat de deux ans (...). Je suis au service d'enfants lourdement handicapés, dont le corps et l'intelligence sont profondément abîmés. Mes échanges avec la congrégation continuent par correspondance, mais j'ai la chance de rencontrer les Pères Blancs du Cardinal Lavigerie à la Basilique Ste-Anne.
Deux années de ce service m'ont profondément transformée, m'ont ouvert autrement le cœur, l'intelligence au monde, m'ont appris en profondeur le respect de l'autre différent, par sa langue, sa religion, son origine, m'ont appris la patience, l'amour des petits, les préférés de Jésus. Je travaille avec des Israéliens, des Palestiniens, des jeunes originaires du monde entier. J'échange avec des juifs, des chrétiens, des musulmans. Je parcours en tous sens le pays de Jésus et découvre la Bible avec une saveur toute particulière.
La correspondance me permet de conserver tous les contacts en France ou ailleurs. Au retour, j'ose m'engager au CCFD, à L'ACI (...). J'ai aussi rejoint deux groupes : le premier appelé " Jeûne pour la Paix en Israël-Palestine "; les participants chrétiens, de temps en temps des juifs et/ou des musulmans, se réunissent autour de textes ou de témoignages. Le deuxième, " Groupe de dialogue chrétiens-musulmans " où " Tout à tous " trouve bien son sens. (...). Rejoindre la Famille Lavigerie à Paris était tout naturel pour moi.
Claire Galmiche, Paris
UN DYNAMISME CRÉATEUR
C'est dans la foulée du charisme fondateur, qu'un couple de réfugiés politiques venus d'Afrique, âgés d'une soixantaine d'années, a pu exercer son dynamisme fondateur. L'épouse raconte :
" La regrettée Sr Marinette (Marie-Thérèse Grard décédée en 2005) était amie de la famille. C'est elle qui m'a entraînée dans la fondation de la Famille Lavigerie à Carcassonne... Au fur et à mesure que nous faisions les réunions, j'ai trouvé l'humanité, la charité et les charismes du Cardinal Lavigerie... J'ai bien compris qu'on ne vit pas pour soi seulement, mais aussi pour les autres, qu'il faut marcher sur les traces du Cardinal en étant attentif aux autres, surtout aux plus démunis et en élargissant le regard autour de moi. " Et notre amie, ancienne enseignante, poursuit. " Je me suis sentie prête à rendre service à toute personne qui est dans le besoin et à continuer à m'engager bénévolement dans des associations différentes. "
Avec son mari, elle a aussi créé une nouvelle association Le Futur Génie dont elle présente la genèse et le fonctionnement. " En Afrique, nous avons vu des enfants sans toit, sans nourriture, sans habits, sans école. Nous avons relu Mt 25, 35-40 : 'J'ai eu faim, j'étais nu, étranger, prisonnier, et vous m'avez aidé'. L'enfant privé de scolarité par la misère a retenu notre attention. Quelles que soient sa race, son ethnie, sa religion, condamné à ne jamais étudier ou à être renvoyé de l'école, faute de pouvoir payer, il ne peut que devenir objet de commerce ou de manipulation. C'est ainsi que nous avons créé le Futur Génie...
Tous les enfants naissent avec des possibilités :artisan, artiste, sportif, scientifique, parent, prêtre, religieux, professeur, se trouvent en potentialité dans cette foule d'enfants délaissés... En lisant le livre Vent d'Avenir(1) nous avons été touchés de voir Lavigerie loger, nourrir, scolariser tant d'enfants orphelins rôdant sur les routes en quête d'abri et de nourriture. En lui nous avons trouvé un modèle. Il nous encourage à poursuivre cette œuvre encore embryonnaire. Parmi les élèves aidés, huit ont obtenu le baccalauréat en 2006. En 2007, le Futur Génie a payé en tout ou en partie les frais de scolarité de dix-huit élèves, donnant la chance à tous les enfants du monde, en parrainant un enfant pauvre pour sa scolarité. "
Aux huit élèves qui avaient réussi à leur baccalauréat, la présidente de l'association a envoyé des encouragements pour la suite : " Si tu penses faire des études supérieures, continue à améliorer tes connaissances pour préparer un autre examen. Plus de points te donneront accès à une bourse d'études donnée par l'État. Je souhaite que tu sois heureux partout où tu seras. Cela dépendra de ton comportement, de ton esprit de recherche et de tes initiatives. Ne néglige pas les langues que tu as apprises. Car il faut s'exprimer pour faire entendre ses idées. Je te conseille de rester en contact avec le Futur Génie par correspondance. Il peut te donner des conseils. "
(1) J. Perrier, Vent d'avenir - Le Cardinal Lavigerie, Karthala, 1992, p. 29, " Père des Orphelins ".
L. N. , Carcassonne
UN DYNAMISME QUI DONNE SENS À L'ACTION
Jusqu'en février 2005, j'ignorais tout des SMNDA. C'est à cette date que j'ai franchi pour la première fois la porte de la communauté des Sœurs Blanches de Marseille. Étant au chômage à l'époque, j'avais du temps libre, et le prêtre des Chartreux que je connais depuis plus de 30 ans (...) m'avait proposé de donner un coup de main à une religieuse qui avait le désir de lancer le CCFD sur la paroisse. Je ne me doutais pas à l'époque que cela allait changer beaucoup de choses dans ma façon de penser. (...)
Avec Marie-Claude Berrod, j'ai découvert peu à peu le CCFD dans lequel je me suis de plus en plus engagée au niveau de la paroisse, d'abord en tant qu'équipe locale. (...) Puis au niveau du diocèse où, avec d'autres adultes, nous nous sommes occupés depuis novembre 2005 de l'organisation de Bouge ta planète auprès des jeunes. (...) Par ce biais, nous avons mis en place en septembre 2007, une commission " Jeunes " au CCFD, histoire de rajeunir un peu les troupes, les militants du CCFD à Marseille étant un peu dans les seniors. (...)
Lors de nos réunions de travail avec Marie-Claude, je découvrais les sœurs de sa communauté. Qui aurait pu deviner en croisant dans la rue ces dames d'un âge respectable, la vie extraordinaire et le courage qu'elles avaient eus : des aventurières de la foi. Au hasard des conversations que j'avais avec l'une ou l'autre, je sortais toujours rassérénée et de bonne humeur (...). Au fond de moi, j'admirais leur esprit de tolérance et d'ouverture. C'est surtout leur simplicité qui me bouleversait.
Parallèlement à tout cela, j'ai été invitée aux réunions Lavigerie. J'avoue que la première fois, j'ai été un peu étonnée de l'âge assez élevé des participantes et me demandais sérieusement si j'allais y revenir. J'ai un peu parlé et j'ai surtout écouté. Beaucoup d'entre elles avaient vécu en Afrique, et la richesse de leurs propos et de leurs réflexions me surprenait. Assez bizarrement, j'ai toujours été attirée par l'Afrique, et c'est le seul continent où je n'ai jamais mis les pieds. Au fur et à mesure des réunions, je découvrais le sens de la mission de Lavigerie et je comprenais de plus en plus profondément le sens de cette " devise " : " Être tout à tous parce que tout à Toi ", phrase que je me répète souvent.
Je m'interroge fréquemment sur le pourquoi de cette rencontre et demande au Seigneur de m'aider dans mon engagement tant au CCFD qu'au LMNDA. Je crois que grâce aux Sœurs Blanches, j'ai pris conscience du mot " missionnaire ". J'ai complètement révisé ma façon de penser sur des problèmes qui me laissaient relativement indifférente jusqu'alors, tels les migrants ou les sans-papiers.
Dans mon travail, je suis formatrice d'adultes en français ; j'ai souvent eu des stagiaires de cultures différentes et des personnes issues de milieux défavorisés. Certes, j'ai toujours eu de bons échanges avec eux, mais ma rencontre avec Lavigerie m'a permis de renforcer la valeur de ces échanges. J'ai beaucoup de stagiaires musulmans et je remarque qu'en étant chrétien au milieu d'eux, Lavigerie m'a aidée à affirmer ma foi auprès d'eux ; il y a une écoute et un respect profond de part et d'autre. Un petit exemple tout récent : juste avant les vacances, ils m'ont souhaité un bon Noël ; je leur ai répondu tout naturellement, et je dirai presque machinalement : " Bon Aïd ! " Nos regards se sont croisés, et j'ai vu dans leurs yeux un sentiment de reconnaissance et de complicité. On s'est souri...
Chantal Mullard, Marseille
L’OUVERTURE AUX AUTRES
Je ne connais pas l’Afrique, sauf en touriste (Égypte, Tunisie), et c’est tout à fait fortuitement, sans doute un clin d’œil du Seigneur, que j’ai connu les Sœurs Blanches à Sceaux (…). C’est ainsi que j’ai pu m’intéresser davantage que par le passé à la Mission qui, à travers des lectures et des témoignages m’a été plus familière. Aussi dès que cela m’a été proposé, j’ai adhéré tout de suite à l’idée de faire partie de la Famille Lavigerie.
Comme beaucoup de femmes de ma génération, issue d’une famille chrétienne, pratiquante dès mon plus jeune âge, j’ai fait partie de mouvements d’Église (…), ainsi que des associations d’aide aux enfants handicapés. J’ai eu le bonheur d’avoir un mari partageant mes valeurs. Actuellement, je ne fais plus partie que du Hcr, tout en continuant à m’intéresser à ce qui se passe autour de moi et à la paroisse.
L’appartenance à la Famille Lavigerie m’a apporté sans doute ce que je cherchais, « un supplément d’âme », et m’a permis de découvrir la Mission et cette Afrique inconnue ou mal connue, si pleine de promesses. Je ne peux plus me contenter des idées toutes faites, récoltées par la radio ou la télévision, rencontrer un Africain sans me demander quelles difficultés il peut rencontrer pour s’adapter, travailler si loin de son pays…
Gabrielle Laurent, Paris
ET POUR CONCLURE...
Des souhaits d'avenir ? Je vieillis et j'essaie malgré tout de garder un œil sur le voisinage, ce qui se fait dans la paroisse (...), présence auprès des malades. Je souhaite de rester disponible à l'annonce de Dieu quoiqu'il arrive. Son soutien ne m'a jamais manqué dans de très graves situations. Que Sa volonté soit faite selon Son bon plaisir ! Qu'il me garde unie aux SMNDA, et s'il m'arrive de perdre la mémoire, je sais qu'Il sera toujours là.
Aliette Mazin, Paris
La vie se partage
IL ETAIT UNE FOIS... KALEMIE HIER, AUJOURD'HUI
Il était une fois... une caravane de SMNDA qui se dirigeait, il y a 112 ans, au-delà du grand lac Tanganyika. Les sœurs s'installèrent dans le grand Vicariat apostolique du Haut-Congo, Beaudouinville, qui, en 1971, devint le diocèse de Kalemie-Kirungu. Dans les premiers postes, Kirungu en 1895, Mpala en 1898, et Kalemie en 1921, leur premier souci fut de s'intégrer dans leur nouveau milieu de vie en visitant les villageois. Elles se mirent à apprendre leur langue, dépister les besoins et surtout annoncer la Bonne Nouvelle.
Pour faciliter leur intégration, elles ont ouvert dispensaires, écoles primaires, école ménagère, orphelinat et alphabétisation. Elles se donnèrent au développement intégral de la personne, surtout auprès des femmes congolaises. Au fil des années, les œuvres se sont étendues à d'autres besoins. Des hôpitaux furent créés ainsi qu'écoles secondaires, catéchèse, cours de Bible, coupe-couture, foyer des mamans, ainsi que des mouvements de jeunes et vocationnels. Au total, de 1895 à 2007, 330 sœurs se sont consacrées aux différentes œuvres : à Kirungu, de 1895 à 1996, 139 ; à Mpala, de 1898 à 1953, 53 sœurs ; à Kalemie, de 1921 à 2007, dans différentes communautés, 138 sœurs.
Aujourd'hui, la restructuration nous appelle à passer sur l'autre rive. C'est à d'autres que nous laissons les œuvres qui nous étaient confiées, les Sœurs congolaises de la Compagnie de Marie Notre-Dame et à des laïcs. Partir, c'est mourir un peu pour nous qui partons, et pour ceux avec qui nous collaborions.
Nos derniers jours à Kalemie furent des moments intenses où se mêlaient reconnaissance et tristesse. " Pourquoi partez-vous ? " - " Quand revenez-vous ? " Les fêtes d'adieu se sont succédées, actions de grâces, prières, célébrations, lettres, fleurs, cadeaux. Des réceptions furent organisées chez les Sœurs de St-Joseph, congrégation à l'origine de laquelle nous avons été en 1911.
Au niveau du diocèse, ce fut une belle rencontre où Mgr Kimpinde exprimait sa reconnaissance par ces mots : " Merci pour l'œuvre immense que vous avez réalisée pendant plus d'un siècle de présence dans notre diocèse. Vous avez rayonné dans différents secteurs chacune selon son charisme. Ce sera comme un miroir qui reflétera votre présence parmi nous pendant longtemps. Merci d'avoir abandonné vos familles respectives pour l'annonce de l'Évangile dans notre diocèse ! "
Les Sœurs de la Compagnie de Marie N.D. sont venues nous rejoindre en communauté le 14 septembre. Ce fut une grande joie de les accueillir, de faire la passation et laisser les clefs. Pilar Delgado nous avait déjà quittées le 28 août. Le 16 octobre, les quatre autres, Andrée Bouchard,
La vie se partage
Amalia Garcia, Montserrat Roset et Tina Anthonissen prenaient l'avion pour Bukavu. Du haut de l'avion, nous contemplions une dernière fois ce beau lac Tanganyika avec ses immenses richesses. Notre charisme est l'annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ en Afrique, et c'est à cela, dans le diocèse de Kalemie-Kirungu, que, à travers divers engagements, toutes les sœurs se sont données corps et âme.
Que Dieu garde celles et ceux que nous avons connus, aimés, enseignés, soignés, encadrés dans la foi et l'amour ! Nous les gardons en mémoire, dans nos prières de reconnaissance pour leur collaboration et leur affection.
Tina Anthonissen, Bukavu
FEMMES APÔTRES À ROME
" Priscille et l'Église qui se réunit dans sa maison,
vous saluent bien dans le Seigneur " (I Co 16,19).
Rome surabonde de traditions : nous, au troisième an anglophone, nous nous sommes bien retrouvées dans la tradition des femmes apôtres de l'Église primitive.
Nos sorties nous ont conduites aux églises désignées par les noms des femmes apôtres, Priscille, Praxède et Pudentienne. Amies de Pierre et de Paul, elles avaient des postes de responsabilité dans l'Église Primitive et accueillaient chez elles les communautés de chrétiens pour le partage de la Parole et la fraction du Pain.
Elles avaient rencontré le Christ et, de même qu'elles l'avaient accueilli dans leur vie, elles offraient l'hospitalité aux communautés chrétiennes, y compris les " grands hommes " de l'Église primitive. Pierre était invité et veillait sur la communauté réunie autour de Pudentienne. Pendant longtemps, Paul avait été proche de Priscille à Rome et à Corinthe, où celle-ci se réfugia pour échapper aux persécutions de Rome. Ils avaient aussi même profession, puisque tous deux tissaient des tentes. Dans l'église de Ste-Praxède, la mosaïque représente les relations de ces femmes avec Pierre et Paul : on voit les apôtres aimablement entourer de leurs bras les épaules des femmes, en signe de respect et d'amitié.
Nous fûmes heureuses de découvrir ces " mères " dans la foi, des femmes qu'une force intérieure rendait aptes de servir l'Église et la mission du Christ.
Notre troisième an ressemblait à une de ces premières " Églises-maisons " réunies autour des femmes apôtres de Rome : imprégnées de la rencontre personnelle avec le Christ, nous étions une fois encore, appelées par Jésus ; il parlait à nos cœurs comme il l'avait fait à celui des premières femmes apôtres.
Les divers aspects du programme nous encourageaient à bâtir notre force intérieure, par le partage de la Parole et du Pain dans notre vie quotidienne. Nous avons réuni nos richesses et nous sommes rendues capables et fortes pour le service de nos frères et de nos sœurs en mission, en tant que SMNDA.
Notre demeure du troisième an était largement ouverte à l'accueil de nos sœurs de la communauté générale, elles aussi apôtres à Rome ! A notre tour, nous avons été reçues par les sœurs du Conseil général pour travailler avec elles sur le Programme Salomé, autre occasion d'unir nos ressources pour le bien du Corps entier.
Notre porte s'est ouverte aussi à d'autres femmes apôtres : Sr Marie-Angèle Kitewo, Sœurs de N.D. de Namur, qui nous a partagé sa vision de la vie religieuse en Afrique aujourd'hui ; Sr Véronique-Miriam des Petites Sœurs de Jésus, qui fit sa retraite au Généralat, et qui nous a parlé de son travail au milieu du peuple Rom. Nous avons aussi accueilli nos amis, nos frères MAfr. et quelques membres de nos familles.
Nous gardons précieusement en mémoire cette période de formation au cours de laquelle nous avons pu avoir du temps pour réfléchir, discerner, célébrer, prendre tranquillement des décisions et goûter le fruit d'un cheminement si différent des décisions trop souvent prises à la hâte dans notre contexte de mission.
" Priscille est enseignante, guide, missionnaire;
toutes charges surgies là où l'on aurait pu le moins s'y attendre,
dans une femme, réfugiée et fabricante de tentes! " (Sr Joan Chittister, L'Amitié entre femmes : de Myriam à Marie-Madeleine, trad. de l'américain, Bellarmin, 2007)
Gisela Schreyer, Rita Hieble, Juliana Karomba, Ingrid Hager et Carmen Sammut
ANIMATION MISSIONNAIRE À LA PLAGE
" Quelle idée géniale ont eue les animateurs missionnaires d'aller rejoindre les vacanciers pour une journée " Animation à la plage " ! Tu nous raconteras n'est-ce pas ? " (Chantal Vankalck)
J'étais curieuse de connaître et de vivre un peu cette expérience, datant de quelques années. Je suis donc partie avec Mariette Vercruysse, ce dimanche 15 juillet 2007 à 7h du matin pour rejoindre Oostduinkerke. En gare d'Oostende, une pluie battante nous accueillait... Une heure en tram en direction de la France, et nous voilà au but de notre voyage. Là, un soleil généreux avait déjà séché le sable, et les promeneurs étaient de plus en plus nombreux.
Au bord de la digue, sur le sable, une vingtaine de stands se mettaient en place. Près de la place qui nous était dévolue, un nom bien lisible " DUNIA " (en swahili = le monde). Et c'est vrai que le monde y était bien représenté : le Chili avec une boisson rafraîchissante, le Surinam et ses étoffes chatoyantes, l'Inde et sa musique accompagnant une merveilleuse danseuse, un aveugle rwandais modelant des personnages en terre glaise, etc. Et nous ? Qui " nous " ? Deux Missionnaires d'Afrique : les deux frères Willy et Godfried Trypsteen , trois SMNDA : Cecile Trypsteen, Mariette Vercruysse et moi.
A l'extérieur de notre kiosque, un panneau " Alles voor Afrika " (Tout pour l'Afrique). Et devant, une magnifique carte d'Afrique de 1,90 m sur 1,90 m, posée sur les petites tiges de bambou, confectionnée avec 3 cartes Michelin. Pays et villes y étaient clairement indiqués. Une douzaine de grands panneaux réalisés avec art attiraient l'attention de tous. Chaque région d'Afrique était entourée de belles photos des Pères et des Sœurs encore là-bas.
Presque tous les passants s'arrêtaient pour chercher l'un ou l'autre endroit connu, pour le
montrer à leurs enfants, petits-enfants ou à leurs amis. Et quand les vacanciers reconnaissaient un membre de famille ou un missionnaire originaire de leur paroisse ou un voisin... on s'arrêtait pour commenter. Les enfants, eux, étaient attirés par les petites poupées congolaises ou les voitures, les vélos, les motos, bref tous les jouets réalisés par des enfants africains. Une petite fille arrivait avec son porte-monnaie pour acheter une poupée. Parfois, des grands-parents ou des parents cherchaient un cadeau pour leurs enfants. Aux objets achetés, nous ajoutions l'un ou l'autre dépliant des Pères ou des Sœurs.
Une activité était aussi proposée aux jeunes : deux cartes d'Afrique (de 48 x 37 cm) découpées en puzzles. Le premier qui la recomposait avait un prix. Le dernier recevait lui aussi un petit prix de compensation.
Beaucoup nous parlaient de leur contact avec l'un ou l'autre pays d'Afrique, lors d'un voyage touristique ou d'un séjour prolongé, comme ce médecin belge et sa femme congolaise, qui avaient vécu à Walungu au Kivu. Les uns demandaient des nouvelles des Pères, des Sœurs. D'autres s'informaient sur la situation là-bas...
Le temps passait vite, et vers 19 h 15, il fallait tout ranger et transporter les lourds panneaux vers le véhicule.
Quel travail de patience et de précision pour préparer un tel matériel ! On ne peut que féliciter notre sœur Cécile (80 ans l'an prochain) et son frère Willy, qui ont mis toutes leurs forces, leur créativité et ont investi une grande partie de leur temps pour préparer cette journée. C'est d'ailleurs grâce aux relations de Willy, curé d'une paroisse d'Oostduinkerke, qu'une place pour les missionnaires a été proposée
par la Commune. Il semblerait que Cécile soit déjà en train de chercher une autre activité attirante pour les visiteurs de l'an prochain !!! Serez-vous parmi eux ? Bienvenue, Welkom, Karibu, Yambi !
Patricia Massart, Namur-Salzinnes
Savez-vous que ?
DES " FAMILLES SPIRITUELLES "
RASSEMBLÉES À LOURDES
Un Rassemblement des " Familles spirituelles " a eu lieu les 20 et 21 octobre 2007 à Lourdes. Organisé par les deux Conférences de Supérieurs Majeurs de France, Conférence féminine et Conférence masculine, ce Rassemblement avait pour thème : " Les familles spirituelles : un nouveau visage d'Église ".
C'est là " une première " à laquelle ont participé environ 1500 personnes, religieuses, religieux et laïcs engagés. Ce Rassemblement a permis de souligner la diversité des cheminements et des modes d'alliance entre laïcs et consacrés, au gré des charismes de chaque institut. Ce fut aussi l'occasion d'approfondir les enjeux théologiques et ecclésiaux de cette nouvelle forme de vie en Église.
Comme l'a noté Jean-Paul II dans son exhortation apostolique Vita Consecrata (1996), " Il pourra résulter de ces nouvelles expériences de communion et de collaboration, le rayonnement d'une spiritualité qui porte à l'action au-delà des frontières de l'Institut ; ce dernier comptera ainsi sur de nouvelles forces pour assurer dans l'Église la continuité de certaines de ses activités caractéristiques. " Cela facilitera " une entente approfondie entre personnes consacrées et laïcs en vue de la mission... " (V.C. n° 55).
D'après La Croix
EN TUNISIE, UN THÉOLOGIEN CHRÉTIEN
des premiers siècles de l'Église mis à l'honneur
Un colloque international sur Tertullien a pu être organisé, courant décembre 2007 à Tunis, grâce à l'amitié entre deux hommes, un chrétien palestinien, Mgr Maroun Lahham, évêque de Tunis depuis le 8 septembre 2005, et un musulman tunisien, M. Mohamed Fantar, professeur d'histoire d'Antiquité chrétienne à l'Université de Tunis. Ce colloque a été pris en charge par la Chaire Ben Ali pour le Dialogue des civilisations et des religions et a rassemblé des spécialistes de diverses origines. Il faut dire que Tertullien (160-240), un Père de l'Eglise d'Occident, fait partie des gloires de la Tunisie, puisqu'il est originaire de Carthage où il naquit et mourut. Issu d'une famille berbère païenne, il se convertit au christianisme à la fin du 2ème s.
C'est à Mgr Lahham qu'est venu le rôle d'ouvrir le Colloque. Il a commencé par en situer l'esprit, en rappelant une phrase de son ami le P. Fantar :
" J'ai une admiration spéciale pour Tertullien ; pourquoi ne ferait-on pas quelque chose à ce sujet? " Et c'est ainsi, précise l'évêque, que le projet a pris corps : une initiative qui est enligne avec l'esprit d'ouverture qui caractérise notre pays. "
Il a ensuite repris quelques lignes d'une catéchèse récente du pape Benoît XVI qui parlait de Tertullien comme " d'un témoin de l'actualité éternelle de la foi, celui qui inaugure la littérature chrétienne en langue latine... L'originalité de sa pensée, liée à l'efficacité incisive de son langage, lui assure une position de relief dans la
littérature chrétienne antique. "
Information de Tunisie
Chez les Sœurs de la Charité de Québec
Depuis 1995, nos sœurs sont très fraternellement accueillies à Beauport dans la grande maison généralice des Sœurs de la Charité de Québec.
Savez-vous que Sœurs de la Charité, souvent connues sous le nom des Sœurs Grises, ont été fondée en 1737 à Montréal, autour de Marguerite d'Youville, pour les services des pauvres et des femmes en détresse ? Au cours des années, leurs activités charitables se sont diversifiées, et les sœurs ont formé, au Canada et aux Etats-Unis, six congrégations indépendantes, qui se distinguent par le nom de leur ville d'origine : Montréal, St-Hyacinthe, Ottawa, Québec, Pembroke, Philadelphie. Dans le passé, ces divisions étaient dues au fait qu'on craignait que des fondations hors de Montréal ne deviennent trop lourdes pour la Maison-Mère, si elles lui restaient attachées.