partage
Lettre de
nouvelles des
Sœurs Missionnaires de Notre Dame
d'Afrique
partage

"Femmes debout ! "

n° 2 April 2008
partage
 

Sommaire

Editorial: Lucie Pruvost

" Femmes debout ! "

1. Efficacité de la conscientisation, Constance Gemme
2. Contre la traite des femmes, Catharina van Kaam
3. Femmes, relevez-vous ! , Michelle Plante


La vie se partage

Les SMNDA avec les victimes abusées, Notre site Web
" Va dire à nos sœurs " , Emérite Kiloba
Un grand intérêt pour les femmes d'Afrique, Demetria
Une première... au Kosovo ! , Laurence Huard

Promenade à travers les archives

Le combat du Cardinal contre la traite humaine , Lucie Pruvost

Savez-vous que ?

Prostitution et législations, Lucie Pruvost
Québec a 400 ans en 2008, Claire Bélanger

Communications

Lettre des Conseils généraux (MAfr-Smnda) 

Equipe de rédaction

partage


 
 

 

Editorial

      L'un des objectifs du Millénaire pour le développement, auxquels notre vocation SMNDA nous invite tout particulièrement à participer, concerne l'amélioration du statut des femmes. Un grand nombre d'études montre que " la pauvreté a le visage d'une femme ". Cette pauvreté entraîne souvent les femmes à accepter toutes les offres d'emploi qui paraissent ouvrir une porte sur un avenir apparemment meilleur que celui qui les attend dans leur pays. C'est de cet aspect que traite une bonne partie du numéro de Partage que vous recevez aujourd'hui. " Femmes debout ! " c'est là un cri d'appel qui doit toutes nous interpeller, quel que soit notre secteur d'apostolat, activité, prière, supplication... Par la traite des êtres humains, d'autres humains font commerce de femmes, de fillettes, d'enfants, à des fins d'exploitation sexuelle, vente d'organes, trafic de drogue, etc.

      Plusieurs d'entre nous sont engagées dans ce genre d'activité qui exige tout à la fois courage - il en faut pour dénoncer l'esclavage - délicatesse et savoir-faire. Trois sœurs ont accepté de partager leur expérience actuelle que vous retrouverez dans la première partie de ce numéro. C'est en Euramérique que, aujourd'hui, elles poursuivent leur tâche en y consacrant une bonne part de leur énergie. Qu'il s'agisse de conscientiser ou d'agir directement auprès des instances nationales et internationales ou des personnes concernées par ce commerce hideux, elles sont habitées par l'appel de notre Fondateur contre l'esclavage, lancé en 1888, il y a 120 ans exactement, à travers toute l'Europe. Cette action du Cardinal est évoquée dans la " Promenade à travers les archives ".

      Trois autres sœurs se sont spontanément exprimées sur leur quotidien par rapport aux femmes en détresse. Ainsi, dans " La vie se partage ", vous pourrez lire des témoignages des Etats Unis, d'Allemagne et de Mauritanie. Ces témoignages sont complétés par un " Savez-vous que ? " sur les différents statuts juridiques dans lesquels certaines législations canalisent la prostitution, sans pour autant s'attaquer aux vrais problèmes qui en sont la source. La vie se partage aussi à travers l'AMV vécue au Kosovo : une première pour nous !

      Dans un tout autre ordre d'idées, Claire Bélanger qui reste proche de l'édition de Partage, nous présente le programme des festivités qui s'organisent à Québec, à l'occasion du 400ème anniversaire de la fondation de la ville. Un " Savez-vous que ? " qui nous rapproche les unes des autres.

      Comme à l'accoutumé, la suite du numéro présente diverses " Communications ". L'une d'entre elles est d'importance. Il s'agit d'une lettre commune écrite lors d'une récente rencontre, par les Conseils généraux SMNDA et MAfr. Elle concerne la collaboration entre nos deux Instituts et annonce une de ses mises en œuvre à travers nos publications, Petit Écho et Partage. Déjà, un certain nombre de nos communautés reçoivent le Petit Écho. Désormais, Partage sera régulièrement envoyé à plus d'une quarantaine de communautés MAfr. De plus, à compter d'octobre, nos deux bulletins publieront la réflexion d'un MAfr et d'une SMNDA sur un sujet d'intérêt commun.

      Comme un certain nombre d'entre nous l'ont remarqué, avec le premier numéro de l'année 2008, le visage de Partage s'est notablement transformé. Un certain nombre de lettres et messages sont arrivés à la Maison généralice, qui disent leur satisfaction à propos de l'amélioration qui en est résultée grâce à une bonne collaboration au sein de l'équipe et avec l'imprimeur qui, depuis un an déjà, se charge de l'impression. Que toutes celles qui se sont manifestées en soient ici remerciées !

      Vous recevrez ce Partage, au cours du temps pascal. Que la joie durable de la Résurrection illumine vos cœurs et vos esprits, quel que soit votre environnement actuel. C'est pour une plénitude de vie que le Seigneur est ressuscité !


Lucie Pruvost

arrowup

partage

 
 

 

DOSSIER: "FEMMES DEBOUT ! "

EFFICACITÉ DE LA CONSCIENTISATION

      On dit souvent qu'il vaut mieux prévenir que guérir. En 1995, j'ai appris que c'était vrai lorsque Catharina van Kaam, SMNDA, est venue faire un court séjour à Tamale (Ghana) pour représenter la Fondation néerlandaise des Religieuses contre la traite des femmes (SRTV) dont elle est membre.

      Sa visite avait pour but de stimuler la prise de conscience de l'horrible problème de la traite des humains ainsi que de trouver quelqu'un qui serve de lien entre la SRTV et le Ghana. A ma grande surprise elle m'a demandé si j'accepterais de faire ce lien. Ma première réaction fut un refus énergique. Comment pourrais-je accomplir un tel travail alors que j'ignorais tout de la traite des humains ? De plus, je venais tout juste de lancer un nouveau projet intitulé " Collaborer avec des femmes en détresse " (COLWOD) qui prenait entièrement mon temps et mon énergie.

      Catharina me répondit : " Tout ce que tu as à faire, c'est d'utiliser nos dépliants destinés à intensifier la conscientisation sur la traite. " Les dépliants expliquent les dangers d'une émigration vers l'Europe du Nord et de l'Ouest. Catharina était décidée à ne pas repartir en Hollande sans avoir obtenu une réponse positive de ma part. Aussi, lorsque je revois cela, je me rends compte que ce fut pour moi un appel du Seigneur à accepter le défi d'approfondir la question de l'esclavage des temps modernes et de m'y impliquer au maximum en faisant quelque chose en ce domaine.

      A partir de ce jour-là, le Cardinal Lavigerie est devenu pour moi un guide et une source de stimulant et de détermination dans le combat contre la traite des humains. En 1888, à la demande du Pape Léon XIII, notre fondateur fit le tour des capitales européennes. Sa première tâche fut de conscientiser le monde sur les horreurs de la traite des esclaves africains et de créer des associations ou des comités qui continueraient à révéler l'état de la situation dans la presse et à travers des conférences publiques. Cette première tâche accomplie, conscientiser l'opinion publique, Lavigerie se tourna vers la question majeure de l'abolition de l'esclavage et de ses ravages.

      Lorsque je me suis engagée dans la lutte contre le trafic des humains, j'ai trouvé la stratégie de notre Fondateur très intéressante : " Faire prendre conscience au monde des horreurs de la traite des esclaves africains. " Utilisant des dépliants, j'ai donc parcouru le Ghana pour développer la conscientisation dans les églises, les écoles, les congrégations religieuses féminines, d'autres groupes de femmes, des villages et partout où l'occasion s'en présentait. L'une de ces occasions fut la Conférence épiscopale ghanéenne en 2003. S'y ajoutèrent des interviews à la radio et à la Télé et dans quelques journaux.

      Le message se diffusa certainement à en juger par la réaction de la présidente de SRTV(1), Sr Scholastica, qui se rendit au Ghana en 2005. Dans le numéro de juin 2005 de TRANSactions, bulletin du SRTV, elle écrit : " Pendant des années, Sr Constance Gemme a œuvré en pionnière sur ce terrain, avant de retourner dans son pays. Elle a
utilisé notre documentation, entre autres nos dépliants en anglais. Elle a aussi établi des contacts avec beaucoup de personnes, organisations, écoles et églises. J'ai été frappée de voir que le combat contre la traite des humains était largement connu, spécialement dans les cercles médicaux et sociaux, ainsi que dans les églises et les organisations éducatives. "

      Développer la conscientisation a des résultats positifs. Une jeune femme vint nous raconter que son père allait l'envoyer à Accra chez un ami qui l'enverrait outremer pour poursuivre ses études secondaires, lui-même n'ayant plus les moyens de lui payer ses frais de scolarité. Elle dit qu'elle avait vu l'un de nos dépliants et qu'elle ne voulait pas devenir une victime. Nous l'avons aidée en lui donnant une formation en informatique.

      Une autre jeune femme, après avoir acquis une formation de coiffeuse, reçut une lettre avec un rendez-vous pour partir outremer, poursuivre sa profession et gagner davantage. Quelqu'un nous l'envoya et nous lui parlâmes du danger qu'il y aurait à accepter l'offre. Il fallut beaucoup de temps et l'examen minutieux du dépliant pour la convaincre. Finalement, elle décida de ne pas s'y rendre.

Puisque la plupart des ambassades étaient déjà au fait du problème de la traite,  nous avons envoyé une copie de sa lettre de rendez-vous à l'Office de l'immigration de l'Ambassade américaine. Finalement, ce cas conduisit à un réseau nigérian de passeurs. Huit femmes entre 15 et 19 ans, avaient été envoyées du Nigeria au Ghana où elles avaient été hébergées dans des " dépôts clandestins " en attendant de recevoir des passeports ghanéens et d'être expédiées outremer. Elles ne s'étaient pas rendu compte qu'elles seraient employées comme prostituées, trafiquantes de drogue ou les deux à la fois par les passeurs. Les recherches aboutirent à l'arrestation de trois citoyens ghanéens, un homme d'affaires, le passeur principal, et deux fonctionnaires qui procuraient les passeports.

      Ces onze jeunes femmes furent sauvées grâce aux actions de diffusion de l'information. Il est si important de retenir les victimes éventuelles avant qu'elles ne soient prises dans le tourbillon de la traite des humains ! Une fois qu'elles sont tombées entre les mains des trafiquants toute leur vie physique, morale et spirituelle est pratiquement ruinée.

      Quelques volontaires finirent par me rejoindre dans cette action contre la traite des humains. Avant mon départ définitif du Ghana en 2004, des ONG (Organisations non gouvernementales) furent organisées dans trois régions du pays pour continuer le combat contre la traite. Deux d'entre elles ont poursuivi leur mission. Lors de mon retour au Ghana en 2007, leurs membres m'ont parlé des nombreuses victimes rescapées.

      SUHUF(2), " Amis de l'Humanité Souffrante ", a ouvert un foyer d'assistance aux victimes de la traite humaine, spécialement des enfants. Au Ghana, les enfants font très souvent l'objet de la traite pour travailler dans les industries de la pêche de la région du Lac Volta ou comme domestiques dans l'intérieur du pays, parfois au-delà des frontières et parfois outremer. Dans un rapport récent, M. Omar Mahamoud, Directeur exécutif de SUHUF, a relevé : " Jusqu'ici, au cours des quatre dernières années, SUHUF a sauvé 53 filles, des mineures pour la plupart. Il est pénible mais crucial de dire que les personnes sensées protéger nos femmes et nos enfants sont celles-là même qui se rendent coupables de les vendre et de les utiliser pour la pornographie. " Quelques-uns des mineurs qui furent délivrés ont été trouvés par un employé de SUHUF à l'intérieur d'un bus, dans un dépôt de bus, avant que les trafiquants n'aient eu le temps de les emmener.

      La seconde ONG, Centre d'Initiative contre la traite des êtres humains (CIAHT)(3). a mis en place au cours des cinq dernières années plusieurs Clubs anti-traite des humains dans huit lycées. Entre juillet et septembre 2007, cinq autres écoles s'y ajoutèrent. Ils établirent aussi des projets de micro-financement dans des villages de cinq régions pour aider les femmes à s'assurer une sécurité alimentaire et se procurer un salaire. M. Abdulai Danaah, Directeur exécutif, écrit : " Ceci aidera à réduire le mouvement massif de gens vers le sud pour s'engager comme " kayaye " (femmes et jeunes filles transportant sur leur tête de lourdes marchandises dans les marchés) et devenir fatalement victimes de la traite des humains. Cela empêche aussi les parents en difficultés financières de vendre leurs enfants à des trafiquants.

      Une fois arrivée aux États Unis, j'ai ressenti l'appel à poursuivre cette tâche contre la traite des humains. Une question se posait : " Par où commencer ? " Il est très difficile et dangereux d'essayer d'œuvrer directement avec les victimes, spécialement celles qui travaillent comme esclaves du sexe, parce qu'elles sont cachées et très étroitement surveillées par les trafiquants. C'est pourquoi je continue à développer une conscientisation à l'esclavage des temps modernes dans les écoles, les groupes de femmes et divers médias.

      Pour beaucoup d'Américains, c'est une révélation d'apprendre que de telles choses se passent jusque dans leurs propres arrières-cours. " En été 2004, lorsque plus de 60 victimes furent découvertes à Long Island, dans l'État de New York, les résidents furent scandalisés. La traite des humains s'était poursuivie pendant deux ans dans leurs arrières-cours " (Mary Ellen Dougherty (4) dans Preying on the Margins). A partir de ce moment, beaucoup de personnes ont pris conscience du problème, et si elles pressentent que quelqu'un est victime de la traite, elles peuvent appeler " l'Information sur la traite " et la ligne ouverte 24 h sur 24 : (1.888.3737.888). C'est grâce à cette ligne que beaucoup de victimes ont pu être identifiées et libérées.

      Je suis récemment allée au Ghana pour assister à l'ouverture du FOYER " CONSTANCE GEMME "
pour la sauvegarde des victimes de la traite humaine. Pendant ce séjour, l'une de mes plus grandes joies fut de voir comment le combat contre  l'esclavage des temps modernes se poursuivait avec les groupes avec lesquels j'avais travaillé dans le passé. J'ai rencontré des personnes nouvelles qui rejoignaient le combat et agissaient de leur côté pour combattre cette forme d'esclavage. L'une d'entre elles est une Sœur d'une communauté religieuse locale qui sauve des jeunes filles et les met à l'abri lorsque c'est nécessaire.

      Pendant que j'étais au Ghana, j'ai eu l'occasion de donner trois exposés sur la traite humaine dans trois régions différentes du pays. La plupart des groupes qui ont visionné le film d'une victime ghanéenne de la traite en ont
réclamé des exemplaires pour pouvoir les utiliser à leur tour et susciter une prise de conscience dans leurs classes ou ailleurs. L'une de nos sœurs, Alice Bangnidong, les a utilisés dans son camp vocationnel. Elle a raconté que sept jeunes femmes avaient été très émues et s'étaient senties encouragées à faire quelque chose lorsqu'elles rentreraient chez elles.

      On ne pourra jamais assez insister sur l'importance du développement de la conscientisation. Pour mettre fin à la traite des humains, il est impérieux d'unir ses forces pour la combattre. Je crois que l'esclavage des temps modernes, fait partie des démons qui ne peuvent être expulsés seulement par l'action. Il faut y joindre la prière et le jeûne.

__________________________________________
(1) SRTV : Stichting Religieuzen Tegen Vrouwenhandel - Fondation religieuse néerlandaise contre la traite des femmes
(2) SUHUF ou "Friends of Suffering Humanity", ONG ghanéenne luttant contre la traite des êtres humains
(3) CIAHT : "Center for Initiative Against Human Trafficking"
(4) M.E. Dougherty, School Sisters of Notre Dame, dirige le bureau le Bureau du service des migrations et des réfugiés de la Conférence américaine des Evêques catholiques


Constance Gemme, Holyoke

arrowup

partage

 
 

CONTRE LA TRAITE DES FEMMES - LA SRTV

(Stichting Religieuzen Tegen Vrouwenhandel
Fondation religieuse néerlandaise contre la traite des femmes)

      C'est en 1991 que l'initiative a été prise de constituer un réseau national de religieuses contre la traite des femmes, pour manifester activement une solidarité avec les femmes opprimées.

OBJECTIFS

      La "  SRTV " est fondée pour combattre la traite des femmes en augmentation, et la prostitution forcée qui lui correspond. Elle a pour objectif premier d'œuvrer à la prévention et à la propagation de l'information. La fondation a aussi pour but de contribuer à la mise en place d'un avenir respectable pour les victimes de ce commerce.

      La SRTV compte actuellement 25 membres, religieuses et religieux appartenant à treize congrégations différentes ainsi que des laïques protestants et catholiques. Parmi eux, un certain nombre a été travaillé dans divers pays en développement. Leur expérience multiculturelle et leurs contacts sont très précieux. Religieux et religieuses ont toujours eu un réseau mondial, et ce réseau est informé et incité à prêter son assistance à la lutte contre la traite des femmes. Tous les membres de l'Association ont participé à de nombreuses activités de conscientisation à travers lesquelles la SRTV concourt à faire progresser une prise de conscience nationale et internationale sur la traite des femmes.

UNE CONFERENCE EN THAÏLANDE

      Répondant à une invitation de la Conférence des femmes d'Eglise d'Asie (Acwc), Sr Martha van den Burgt (Franciscaine) et moi, en tant que déléguées de notre groupe de travail (SRTV) nous nous avons participé à une Assemblée de femmes en Thaïlande. Cette Assemblée se tient tous les quatre ans. Des déléguées de toutes les Eglises chrétiennes d'Asie y sont invitées. Dix-neuf pays étaient représentés.

      La situation actuelle des femmes orientales a pu être clarifiée à partir d'une étude biblique quotidienne et des réactions en petits groupes de discussion. Les structures patriarcales empêchent les femmes de développer leur esprit. Des barrières existent comme la peur, l'obligation d'être soumises, le besoin ressenti d'être toujours en sous-ordre, le manque de développement. C'est à cause de tout cela que l'émancipation semble être lointaine. Les lois établies par des hommes sont, la plupart du temps, défavorables aux femmes. Pour les chrétiennes, il y a un facteur de plus : elles sont excessivement minoritaires dans un monde où le bouddhisme et l'islam prédominent. Beaucoup de souffrances se cachent sous le bel habit oriental.

      Deux cents chrétiennes de toutes sortes d'Eglises ont participé à l'Assemblée. Beaucoup d'entre elles ont une position importante dans leur Eglise. Ce sont des prédicatrices confirmées ou bien ayant reçu une ordination. Dans les conversations, quelqu'un remarqua combien elles étaient militantes et quel bien elles accomplissent dans la communauté.

      Au cours de l'Assemblée, nous avons pu parler de notre groupe de travail. Des membres de notre groupe de travail (SRTV) ont des contacts avec des prostituées à Amsterdam, La Haye et Rotterdam. Il y a parmi elles des femmes, prises par la traite et originaires des Philippines et d'autres régions d'Asie. Nous avons pu aussi donner un exposé. Nous avons utilisé la vidéo d'information en anglais, faite par SRTV et STV, où deux femmes, une Philippine et une Russe, racontent leur histoire. Notre travail fit une profonde impression sur les participants. Beaucoup d'entre eux n'avaient aucune idée sur la traite des femmes et ses conséquences pour les femmes asiatiques qui y sont entraînées. De nombreux participants nous demandèrent davantage d'information et comment ils pourraient nous aider. L'intérêt fut grand, spécialement de la part de l'Australie et de l'Amérique.

      Après l'Assemblée, nous avons rendu visite aux Sœurs du Bon Pasteur à Bangkok. Elles ont cinq centres pour femmes en Thaïlande. Ces  centres se trouvent dans les périphéries des villes, dans des zones de pauvreté. C'est là que ces sœurs offrent un abri aux fillettes sorties de la prostitution et aux mères célibataires. Elles peuvent apprendre un métier comme la couture, la cuisine, la coiffure, la pédicure, la comptabilité, etc. Cela les rend aptes à trouver plus tard un travail ou à commencer une petite affaire à leur compte. Les sœurs ont lancé un atelier où des femmes travaillent pour un magasin d'habillement, se procurant ainsi un revenu.

      Pattaya est une ville de Thaïlande peu recommandable. Elle est connue des touristes : c'est un paradis pour le tourisme sexuel. Le soir, on peut voir dans les bars en plein air, des files de jeunes femmes assises qui s'offrent pour de l'argent. Des parents, contraints par la pauvreté, envoient leurs enfants dans la rue pour gagner un peu d'argent. De très jeunes enfants sont vendus pour 400 dollars U.S. Les touristes sexuels et les trafiquants ont un grand choix. Le soir et le lendemain matin, nous avons vu des hommes blancs avec des petites filles thaïes, jolies et menues, avec lesquelles ils passent leurs vacances.

      Un groupe de jeunes sœurs thaïes travaillent ici pour ces femmes et ces fillettes. Elles nous ont montré une vidéo avec l'histoire d'une prostituée. En voici quelques extraits : " Je ferme les yeux et les oreilles, et je pense que ce n'est pas moi. Après chaque nuit, je pleure. Si je pouvais être libre comme un oiseau ! " Le soir, à l'aéroport, nous avons vu six hommes blancs, chacun avec une fillette Thaïe. Deux fillettes embarquèrent dans l'avion. Nous avons donné aux autres une brochure thaïe, espérant que cela pourrait leur être utile. La cause principale de toute cette misère est la pauvreté et le chômage. La première exigence est en fait de les supprimer, grâce à une distribution honnête des ressources et de la richesse.

CONCLUSION

      Je remercierai volontiers les pauvres pour tout ce qu'ils signifient pour nous. Je réalise que les pauvres sont loin d'être des saints : ce sont des pécheurs tout autant que les riches. Cependant, je suis profondément convaincue que leur présence nous stimule à être fidèles à notre vocation d'être des personnes vraiment humaines, c'est-à-dire divines. La première leçon du catéchisme hindou énonce : " Je suis venu de Dieu, je vis en Dieu et je deviens un en Dieu. La vérité, je suis la vérité que je recherche. " Les gens doivent clairement lire le message de Jésus, le Bon Pasteur dans la vie des autres. Ils doivent voir en nous des personnes témoignant de Dieu en parole et en acte. Nous ne pouvons pas mettre en avant notre point de vue d'une manière crédible et effective, si nos paroles ne sont pas traduites en acte et si notre mission ne prend pas sa source dans une relation profonde avec Dieu.

Catharina van Kaam, Boxtel Molenweik

arrowup

partage

 
 

 

FEMMES, RELEVEZ-VOUS !

      Ce qui m'a poussée à m'intéresser aux femmes en détresse, c'est l'engagement de l'Union Internationale des Supérieures Générales (UISG) en 2001, à Rome, qui invitaient les religieuses du monde entier à s'unir et agir ensemble contre la traite des femmes et des enfants. C'est en juin 2004 que la Conférence religieuse canadienne (CRC) représentant 23.000 religieuses et religieux du Canada a emboîté le pas en faisant à la traite des femmes et des enfants une priorité d'action pour ses membres.

      Pour ma part, c'est en janvier 2005 que j'ai participé à une rencontre d'information sur la traite des femmes et des enfants (nous étions 12 SMNDA). Au Québec, trois Congrégations -  Congrégation Notre-Dame (CND), Sœurs de Ste-Anne (SSA) et Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) avaient formé en septembre 2004, le groupe CATHII (Comité d'Action contre la Traite des Humains à l'Interne et l'International). Il s'agissait pour moi, pour nous SMNDA, de nous insérer dans ce réseau. Une sœur CND qui fait partie de CATHII a donc pris l'initiative de créer pour les plus petites congrégations, un groupe qui s'appelle " Fleur en péril ". Nous étions une dizaine à unir nos efforts de conscientisation et d'information pour partager avec nos groupes respectifs les progrès faits par le groupe CATHII et à l'ONU où ces Congrégations ont accès. C'est ce que je fais au sein de notre groupe JPIC (Justice, Paix et Intégrité de la Création).

      Les personnes-cibles sont des personnes migrantes qui ont été persuadées qu'un travail les attendait et que leur statut financier en serait amélioré, ce qui leur donnerait la possibilité d'aider leur famille restée au pays. Ici au Canada, on retrouve ces personnes parmi les aides familiales, dans les salons de massage et dans la prostitution. 

      Les détresses auxquelles je me suis le plus intéressée sont la prostitution, l'hyper sexualisation des jeunes filles et la violence orientée vers les femmes " nouvel esclavage des temps modernes ". Cette violence m'a rappelé mes dernières années en RDC.

Ma mission est tout d'abord de m'informer sur toutes ces situations avec des personnes qui côtoient ces femmes fragilisées par leurs problèmes de vie. Il s'agit ensuite de conscientiser les communautés SMNDA ; de participer au lobbying qui nous donne de rencontrer les élus pour que les lois votées soient applicables et appliquées ; de travailler avec différentes coalitions et de participer à leurs rencontres de formation et d'information.

      Avec les déléguées JPIC-CUM, au cours de nos rencontres et par le biais de l'Internet, nous nous informons et suivons les développements des lois du pays pour protéger les victimes. Nous signons des pétitions relatives aux problèmes de la traite et des violences faites aux femmes. Nous prions en solidarité avec les victimes et avec toutes les personnes qui, dans le monde, luttent contre ce fléau. C'est notre rôle de multiplicatrices auprès de nos communautés, de nos familles et dans nos milieux de vie.

      Je réponds à diverses invitations, celles de CLES (Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle), de la CRC (Conférence religieuse canadienne) de la FFQ (Fédération des femmes du Québec). Ces groupes nous aident à percevoir plus profondément le problème et à nous tenir au courant des pas positifs à accomplir face à ces détresses.

      Cette année, nous avons eu trois rencontres de conscientisation avec CLES au niveau des clients spécialement avec les films Chaos de Coline Serreau, Trafic humain de Duguay et Les Clients de Hubert Dubois et Elsa Brunet. La rencontre de novembre dernier avait pour titre : " Quoi de neuf dans le dossier de la prostitution ? "

      Les femmes qui sont actuellement dans la prostitution méritent solidarité et respect. Toutes les femmes ont le droit de vivre dans un monde où l'on n'a pas à se prostituer pour survivre, pour tenter d'échapper à l'aliénation. Nous refusons d'endosser le " marchandisage " du corps des femmes par les proxénètes et les entremetteurs ou d'avaliser le marché sexiste et raciste imposé par notre société. Ces dossiers chauds concernent toutes les femmes et nous sommes concernées avec nos sœurs qui luttent pour que leurs droits soient protégés.

QUESTIONS ET ACTIONS URGENTES

Les partis politique veulent arriver à légaliser la prostitution surtout avant les Jeux Olympiques de Vancouver en 2010.Il s'agit de nous informer et d'unir nos actions. Stella, un groupe très fort pour les prostituées, rassemble 2 à 5 % de celles-ci. Il nous faut travailler avec les 95% restant, ces femmes qui sont contraintes d'exercer ce " métier " comme on dit !

      La question de l'hébergement se pose aussi pour les victimes. Nous pensons à un réseau inter-congrégation et avec des organismes et des intervenants communautaires. Le gouvernement du Québec a déposé un rapport à cette fin en décembre 2007. Ce dernier assurerait le financement, le personnel professionnel pour l'assistance psychologique et sanitaire, la sécurité des travailleurs et le dépistage des migrantes et migrants aux prises avec des trafiquants.

      Nous sommes bien conscientes de l'impact de ce fléau. C'est pourquoi nous appliquons toutes nos énergies à cette tâche qui doit permettre aux " femmes d'être debout ".

Michelle Plante, Montréal, Rue Fullum

arrowup

partage

 
 

La vie se partage  

LES SMNDA AVEC LES VICTIMES ABUSÉES: femmes et enfants(lien:"victims" )

      Les lectrices et lecteurs de Partage Trentaprile ont déjà eu plusieurs fois l'occasion de retrouver Lea dans son souci pour les femmes en détresse. Partout où cela lui a été possible, Lea a tout mis en œuvre pour les rencontrer et les défendre contre les criminels qui les exploitent. En 2003 déjà (n° 3, p. 64-65), Lea avait présenté son travail au sein de l'association SOLWODI (Solidarité avec les femmes en détresse) qu'elle a créée en 1985 pour l'accueil des jeunes femmes soumises au tourisme sexuel au Kenya. Lorsqu'elle a dû quitter ce pays en 1987, Lea a poursuivi son action en Allemagne, ce qui lui a donné de recevoir plusieurs distinctions, par exemple en 2006, le prix Ketteler (PTA 2007.1 p. 10). Aujourd'hui, SOLWODI s'est peu à peu élargie à divers pays avec un certain nombre de laïques et de religieuses.
Il était bon de le rappeler dans ce numéro consacré aux femmes auxquelles l'action de plusieurs SMNDA a permis de redresser la tête et de se remettre debout.

COMBATTRE LE FLÉAU DE LA PROSTITUTION INTERNATIONALE

      Chaque année quatre millions de personnes se trouvent dans des situations de trafic sexuel. Cela génère 7.000 millions de dollars de bénéfices. Parmi ces personnes, un nombre grandissant de femmes sont victimes du " trafic humain". Il y a des réseaux organisés, où les femmes sont trompées, et il y a aussi ceux qui " profitent " de la situation de pauvreté dans les pays du Tiers Monde pour ramener des jeunes femmes et les utiliser comme des objets sexuels.

SOLWODI (Solidarité avec les femmes en situation de détresse) a été fondé par Sr Lea pour lutter contre ce
fléau et pour aider celles qui en sont victimes. Aujourd'hui, un réseau de volontaires collabore dans l'organisation. La police, les voisins ou les femmes elles-mêmes, contactent SOLWODI qui leur procure une assistance juridique pour protéger et aider ces femmes à présenter correctement leur requête devant le juge, car elles sont illégales et ont peur.

      SOLWODI est arrivée à changer certaines lois allemandes pour que ces femmes, même en situation illégale, ne soient pas expulsées, car elles sont victimes d'un délit plus grave. Si les femmes désirent retourner dans leur pays, SOLWODI les aide financièrement en vue d'une formation. Quand elles retournent chez elles, des communautés religieuses les accompagnent et les soutiennent. SOLWODI a des collaborateurs/trices dans 95 pays. Un des rôles de SOLWODI est d'informer le public allemand sur ce fléau de l'exploitation sexuelle des femmes.


Notre site Web

arrowup

partage

 
 

VA DIRE À NOS SŒURS...

Lorsque je rencontre un immigré sur ma route et qu'il me dit : " Je souffre. Ici en Mauritanie sans travail ni argent, la vie est difficile... ", je sens mon cœur se révolter. En fait, j'ai pitié et intérieurement, je réagis par une question : " Pourquoi quitter son pays ? " Les réponses peuvent varier selon les motivations de chacun. Moi-même, n'ai-je pas quitté le Congo, mon pays ?

Le numéro 4/2007 de Partage Trentaprile a bien parlé d'immigration. Alors, à mon tour, j'aimerais vous partager l'expérience vécue à Nouadhibou avec Sifa, une des mes compatriotes. Je voudrais surtout retransmettre le message de mon amie. Bien que voyant sa situation, je l'ai fortement encouragée à penser à retourner au Congo ou faire quelque chose d'autre, comme d'autres femmes immigrées qui sont aidées par les Sœurs de Béthanie, plutôt que tenter de partir en Europe avec sa fille de cinq mois. Mais en vain ! Mes paroles ne l'ont pas détournée de son objectif.

      Lors de notre rencontre, Sifa me dit : " Tu ne peux pas imaginer les sentiments qui m'habitent. Mon cœur est triste, désespéré même, mais ta présence me donne une consolation. C'est comme si je voyais quelqu'un de ma famille, pour transmettre mon souhait non seulement à mes sœurs, mais aussi à toutes les Congolaises. Tu as la possibilité d'aller un jour au pays n'est-ce pas ? " - " Oui, Sifa ! "

Et Sifa continue : " Va donc dire à toutes nos sœurs de ne jamais penser à quitter notre pays, même s'il y a la guerre, pour aller ailleurs, en Europe surtout, pour qu'elles ne subissent pas elles aussi tous ces malheurs. Ceux et celles qui ont la chance d'arriver là-bas, disent qu'ils sont accueillis. C'est ce que mon amie m'a écrit et c'est cela qui m'a encouragée à partir. Mais avant d'y arriver quelle souffrance, quelle misère et souvent en vain ! J'avais de l'argent, ce qui me permettait de prendre des avions. A mon arrivée ici, les " navigateurs " m'ont demandé de leur donner une somme d'argent pour m'emmener. C'est ce que j'ai fait. Mais jusqu'à présent, je suis ici. A qui porter plainte contre ces gens, sans me retrouver moi-même en prison ? J'ai rencontré un homme qui m'a dit qu'il m'aiderait à trouver des papiers. Il n'a fait que me tromper ! Ce que j'ai eu de lui, c'est cette enfant dont j'ai pitié, car elle n'a choisi ni de naître ni d'aller en Europe, et peut -être mourra-t-elle en mer. Si j'avais imaginé toutes ces souffrances, je serais restée au Congo. Il y a quelques jours, ces hommes, des voisins, qui ont vu toutes mes souffrances, m'ont dit qu'ils allaient enfin m'emmener gratuitement en Espagne. C'est l'unique solution ! Sinon, comment pourrai-je retourner au Congo alors que je n'ai plus rien ? "

      J'étais là en train d'écouter mon amie. Elle était comme dans un trou, un chaos. Je me suis sentie très affectée. Comment puis-je écouter l'autre, lui être présente, compatir, tout en restant moi-même, sans fusionner avec elle ? Car c'est bien là le piège, écouter vraiment l'autre avec sympathie ou bien écouter en croyant être l'autre. Alors j'ai prié : " Seigneur, je sens ma misère, mon impuissance mais, donne-moi une parole ou une qualité de présence qui puisse semer un peu d'espérance, réconforter celle qui est devant moi et qui en a besoin ! " Sifa m'a demandé mon adresse en disant que si deux mois passaient sans que j'aie de ses nouvelles, je comprendrais tout ! Elle écrivit mon adresse en pleurant et en insistant de ne pas oublier de transmettre son message à toutes les Congolaises qui auraient l'idée de partir...

  Quelques jours plus tard, Sifa est partie, et quand le groupe est  arrivé  au Maroc,  ils se sont heurtés à la surveillance des militaires, qui était vraiment de qualité. Ils ont été attrapés. On l'a mise en prison avec sa fille gravement malade. En tout cas, mes sœurs, nous avons du pain sur la planche !

      Ici chez nous, avec qui et comment vivre cela ? Je vois encore Jésus qui, ayant pitié de la foule dit à ses disciples : " La moisson est grande et les ouvriers peu nombreux, priez donc... "

Emérite Kiloba, Nouakchott (Mauritanie)

arrowup

partage

 
 

UN GRAND INTÉRÊT POUR LES FEMMES D'AFRIQUE

Du fait de ma naissance, surtout que je suis afro-américaine, et par la grâce de l'appel du Christ à embrasser la vie de SMNDA, et aussi en tant que femme, j'ai éprouvé un grand intérêt pour les femmes d'Afrique. Aussi bien pour celles qui sont en Afrique que pour celles qui vivent dans des pays où j'ai moi-même vécu, l'Angleterre, l'Italie, et maintenant ici aux États Unis.

      Ce que je ressens, c'est que les soins et l'attention donnés étaient un minimum jusqu'à mon retour aux États Unis. Depuis que je suis ici, à Indianapolis (États Unis), notre Évêque a lancé une commission pour l'Afrique. Il se peut que des occasions se soient manifestées d'elles-mêmes. Cela pourra paraître infime à celles qui, parmi vous, sont engagées au quotidien et s'activent sans fin.

      Chaque rencontre est pour moi une bénédiction, une victoire. Les besoins ont dû et doivent encore être continuellement entendus. Ce peut être écrire une lettre, téléphoner, fournir une assistance de beaucoup de manières : récolter des fonds pour quelqu'un qui essaie de commencer un dispensaire dans un village en Ouganda ; travailler de concert avec des religieuses ou des laïques africaines sur des projets, pour mieux faire connaître la communauté africaine et surtout la faire mieux comprendre ; participer à la préparation de liturgies et de célébrations  africaines et y assister ; raconter l'histoire de l'Afrique et de ses peuples à tous ceux qui écouteront. Ces activités sont souvent incomprises ou mal comprises ici en Amérique où l'ancienne " image représentée " était très négative.

      Être membre du Réseau Foi et Justice pour l'Afrique fait que ma voix, une parmi d'autres, n'est pas seule à donner des coups de téléphone, que je ne suis pas la seule à écrire des lettres et signaler les aspects positifs du continent africain et de ses peuples, en parlant au nom de la justice. Actuellement, nous sommes environ 305 hommes et femmes, des Africains pour la plupart, qui nous rencontrons tous les mois pour discuter de sujets auxquels doivent faire face les immigrants africains et pour trouver comment les aider dans leurs besoins. L'effort en vaut la peine. De même, accepter ce que chacun a eu à surmonter et a encore à surmonter comme obstacles, défiances, incompréhension, et parfois même le sentiment que d'autres ont, que l'on ne fait pas assez.


Demetria, Indianapolis (USA)

arrowup

partage

 
 

UNE PREMIÈRE... AU KOSOVO !

      Chantal Vankalck, Afërdita Dushaj, postulante, et moi-même, Laurence Huard, nous avons été envoyées dans ce tout jeune pays pour une mission d'AMV et de rencontre avec la famille d'Afërdita, avant son premier départ pour l'Afrique, en Mauritanie, le 25 mars ! Deux semaines pendant lesquelles les SMNDA se retrouvaient officiellement dans les Balkans !

      Nous sommes arrivées trois jours après la déclaration d'Indépendance. Hormis la présence de la KFOR (force armée qui assure le maintien de la paix depuis 2000, après la guerre qui opposait Serbes et Albanais du Kosovo), nous n'avons pas senti de tensions. Les villes sont reconstruites. Les maisons neuves, pour beaucoup inachevées, se dressent dans le paysage. Les restes de la guerre sont visibles à de rares endroits : ruines de maisons serbes (les habitants étant partis), locaux d'associations calcinés. Ce sont surtout les familles qui portent les séquelles des massacres qui ont eu lieu ici voici neuf ans (un père, des frères, des fils qui sont absents...), et les cimetières remplis des noms de jeunes hommes morts, sans pouvoir combattre. La télévision transmet et retransmet des cérémonies de souvenirs.

      Nous avions trois journées de rencontre en paroisse, prévues et préparées par Afërdita et Chantal, et une visite chez l'Evêque du Kosovo. D'abord nous avions à trouver sur place un rétroprojecteur afin de passer en albanais un diaporama qui présentait la Congrégation et notre vie en Afrique. De démarches en coups de téléphone, Afërdita trouve enfin un bon contact, une télévision locale Syri Vision. A 20 h le samedi soir, nous avons une promesse de prêt pour le lendemain ! C'est avec cet espoir que nous nous endormirons tard le soir !  Toute la famille d'Afërdita, chez qui nous logeons, partage notre anxiété et nos espoirs !

      Le lendemain, à l'heure convenue, un jeune technicien musulman (97% de la population) nous attend avec tout le matériel. C'est lui qui nous assistera, à la fin de la messe, pour toute notre présentation ! Le prêtre, Don Lush, ami d'Afërdita, est tout à fait encourageant. Il nous présente à sa paroisse et nous invite à parler. Afërdita doit tout traduire, car à part bonjour (mirdita), merci (falaminderit) et d'autres petits mots, nous sommes bien pauvres. L'attention est grande dans l'église remplie en ce temps de carême. Les hommes d'un côté, les femmes de l'autre, tous nous écoutent déjà étonnés que nous ne portions pas de voile.

      Après une demi-heure et une panne d'électricité, Don Lush invite les paroissiens à réciter la prière à Notre-Dame d'Afrique, traduite par Afërdita en albanais, et que deux petites filles avaient distribuée. Ensuite, au moment de sortir, une nuée de femmes et de jeunes filles se pressent vers nous pour nous toucher, nous saluer, nous encourager, nous demander de prier pour elles. Le silence de l'assemblée et les regards fixes, presque froids, ne me laissaient pas du tout envisager cela ! Nous avons terminé sur le parvis de l'église par un " concert " improvisé autour du tambour : chants en langues africaines et en français et même sur des airs albanais. Une belle ambiance ! De quoi nous encourager, d'autant plus que le dialogue avec quelques jeunes filles a pu commencer en anglais !

      Le mardi, rencontre avec l'Evêque, Dodë Gjerqji, un homme souriant. Il nous reçoit dans son bureau avec simplicité. Il nous parle dans un anglais qu'il ne maîtrise pas, mais pour communiquer directement avec nous, il fait cet effort : geste d'humilité et d'accueil tant de notre démarche que du cheminement de sa " fille " Afërdita dans notre Congrégation. Nous repartons avec sa bénédiction.

 Le vendredi, après plusieurs visites dans des familles et paroisses, grâce à Don Lush qui nous a pilotées, et aux connaissances d'Afërdita, nous nous rendons dans un village croate à l'est du Kosovo. Situé dans les montagnes, ce village semble loin de tout. Son curé, Dom Matëj, rêve depuis le début de partir en mission en Afrique. Il n'a presque pas besoin de nous pour parler de l'Afrique à ses paroissiens. Nous sommes en terre conquise d'avance ! L'électricité part juste au début du lancement du diaporama traduit en croate... Nouvelle performance de " notre postulante " ! Le temps de brancher un générateur de secours, nous improvisons le chant à Notre-Dame d'Afrique, accompagné par le tamtam ; déjà Chantal n'a plus de voix, le froid l'a saisie ! Suit une soirée missionnaire entre nous, le curé et quelques jeunes. Don Matëj accepte avec joie d'être notre correspondant au Kosovo pour recevoir et accompagner les jeunes femmes qui s'interrogeraient sur la vocation missionnaire en Afrique. Accueil, premier accompagnement, lien avec la Congrégation.

      Deuxième dimanche, nouvelle paroisse : Don Tom nous accueille. Pas d'électricité, pas de diaporama, plus de spontanéité ; nous essayons de témoigner de notre amour pour le Christ et pour l'Afrique, à travers notre vécu sur le terrain et le récit de l'appel que nous avons entendu. Chantal interpelle les jeunes directement : " Si vous avez un désir, exprimez-le, ne le laissez pas s'éteindre ! " Là aussi, rencontres après la messe et témoignages de sympathie venant des paroissiens. Chantal a dû signer des autographes au dos des prières à Notre-Dame d'Afrique !

      Notre séjour touchait à sa fin. Les parents d'Afërdita nous ont reçues comme deux filles de la famille. Les " au revoir " furent pleins d'émotions : pas facile de laisser partir sa fille si loin, vers l'inconnu, quand la vieillesse et la maladie sont là. Nous repartons en disant : " Pourquoi pas ? Nous avons semé, d'autres récolteront ! " L'aventure ne fait que commencer. Merci à toutes pour votre prière que nous avons sentie si présente et pour les messages d'encouragement !

Laurence Huard

arrowup

partage

 
 

PROMENADE A TRAVERS LES ARCHIVES

LE COMBAT DU CARDINAL CONTRE LA TRAITE HUMAINE

      Avant même d'avoir commencé d'envoyer en 1878 les premiers MAfr en Afrique centrale, Ouganda et Tanganyika, Mgr Lavigerie avait déjà largement entendu parler de la traite des esclaves qui se pratiquait dans la région. Il était tout à fait conscient de l'obstacle majeur que cette situation opposait au développement social des peuples qui en faisaient l'objet. Son attention avait été attirée par les récits d'explorateurs britanniques de l'Afrique Centrale, D. Livingstone, médecin et pasteur missionnaire (1813-1873), le lieutenant V.L. Cameron (1844-1894), H.M. Stanley (1841-1904), R. Burton (1821-1890), J. H. Speke (1827-1864) et ceux du voyageur portugais, M. Pinto (1509-1583), etc. Avant même d'y envoyer " ses fils ", il avait ainsi découvert l'ampleur du fléau dont leurs rapports ultérieurs allaient lui faire connaître les dimensions.

      L'Europe avait fait un premier pas pour lutter contre la " traite atlantique " concernant les Africains expédiés vers l'Amérique et les Caraïbes, le Danemark interdisant cette traite dès 1804. Il faut dire que, entre le 15ème et le 19ème siècle, la " traite atlantique " avait touché un total d'environ 11 millions de personnes. Le 5 mai 1888, le Pape Léon XIII, envoie une Encyclique aux Evêques brésiliens pour féliciter le Brésil. Celui-ci, pour s'associer à son jubilé d'or sacerdotal, avait décrété " l'affranchissement d'un grand nombre de ceux qui, dans ce vaste empire, gémissent sous le joug de la servitude "(1).

      Ces actions contre la " traite atlantique " n'avaient pas ralenti la " traite orientale " pratiquée à l'intérieur de l'Afrique et vers l'Orient, depuis la plus haute antiquité. Des commerçants arabes, fournis par des potentats africains, en avaient pris le relais à partir du 8ème siècle. Bien que musulmans, ils se souciaient peu des appels coraniques à l'affranchissement des esclaves. Au 19ème siècle, il était possible de dire que cette traite avait touché un total d'environ 17 millions d'Africains. En 1839, une Société antiesclavagiste lance de Londres une campagne européenne destinée à promouvoir auprès des puissances colonisatrices, des interdictions relatives aux territoires de leurs colonies en Afrique. En novembre 1889, enfin, se tient à Bruxelles la " Conférence internationale pour la répression de la traite des esclaves ".

      Mais notre Fondateur avait précédé cette Conférence. Le 21 mai 1888, il avait reçu un mandat spécial de Léon XIII qu'il avait rencontré, lors d'une audience spéciale du " Pèlerinage africain " où il put présenter au Pape quelques jeunes pèlerins africains dont de jeunes Noirs rachetés de l'esclavage qui faisaient partie du groupe (parmi eux le futur Dr Adrien Atiman). Faisant référence à l'Encyclique du 8 mai précédent, Lavigerie explique : " Tous ont été, par la violence, enlevés à leurs familles, séparés de leurs pères, de leurs mères, qu'ils ont, le plus souvent, vu massacrer sous leurs yeux (...) Tous ont été vendus comme du vil bétail ; et, si les missionnaires envoyés par Vous, il y a maintenant dix ans, ne s'étaient trouvés là pour les racheter, au nom de l'Eglise (...) ils seraient encore sous le joug et les coups de maîtres impitoyables ou déjà morts de leurs souffrances sur les sables arides de nos déserts ! "(2)

      Dans sa réponse, Léon XIII rappelle lui aussi son Encyclique : " Nous avons invité et vivement engagé tous ceux qui ont le pouvoir entre les mains, de mettre un terme au hideux trafic appelé 'la Traite des Nègres' et à employer tous les moyens pour que cette plaie ne continue pas davantage à déshonorer le genre humain. " Il recommande alors " à tous les missionnaires qui y prêchent le Saint Evangile, de consacrer toutes leurs forces, leur vie même, à cette œuvre de rédemption (...) de racheter autant d'esclaves qu'il leur sera possible... Mais c'est sur vous surtout, Monsieur le Cardinal, que nous comptons pour le succès des difficiles œuvres et missions d'Afrique. "(3) L'Eglise s'engageait ainsi dans un combat qui deviendrait de plus en plus militant au long du 20ème siècle et qui recevrait pleine confirmation à Vatican II. C'est ce même combat que poursuivent aujourd'hui nos sœurs engagées dans la lutte contre " la traite des femmes ".

      Fort du mandat du Pape, le Cardinal se lance immédiatement dans sa campagne antiesclavagiste à travers l'Europe. C'est en tant qu'homme et chrétien qu'il appelle à l'action. " L'esclavage tel qu'il se pratique en Afrique, n'est pas seulement contraire à l'Evangile, il est contraire au droit de la nature... Or les lois de la nature ne regardent pas seulement les chrétiens, elles intéressent tous les hommes... Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon cœur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme, et ce que je voudrais que l'on fît pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de cette race infortunée la famille, l'honneur et la liberté ".(4)

      Il s'adresse à des auditoires catholiques comme à Paris (église St Sulpice, 1er juillet), à Bruxelles (église Ste-Gudule, 15 août), à Rome enfin (église du Gesù, 28 déc.), aussi bien qu'œcuméniques comme à Londres (Prince's Hall, 31 juillet). Partout, il fait le point de la traite africaine, décrit les causes de son accroissement depuis un quart de siècle et propose des moyens possibles pour l'abolir. Mais il sait aussi adapter son argumentation à son public. A Londres par exemple, il rappelle le rôle joué en Inde par les Britanniques ; en Belgique, celui du Roi Léopold au Congo. Dans les églises, il rappelle la doctrine chrétienne de l'égalité entre tous les êtres humains. A Bruxelles, rappelant la parabole de l'ivraie (Mt 13, 24-30), il reproche aux catholiques belges de s'être endormis : " Vous n'avez pas donné, au point de vue religieux, à celui de la diffusion des lumières chrétiennes, de la lutte contre la barbarie, tout le concours qui était pour vous un devoir. "(5) A Rome, il rappelle l'esclavage des temps anciens. (6)

      La campagne se prolonge à travers la création de comités antiesclavagistes à travers l'Europe occidentale. Lavigerie en préside souvent la séance inaugurale. Utilisant largement son " droit de réponse ", il fait vigoureusement face à la presse publique qui, souvent, retransmet ses dires d'une manière tendancieuse et malhonnête. On l'accuse entre autres d'avoir lancé une campagne anti-musulmane, ce dont il se défend : " Un article de votre journal d'hier (...) m'accuse 'de vouloir armer contre les musulmans le bras séculier et les exterminer sous couleur humanitaire' ! Je crois rêver en m'entendant attribuer de semblables infamies. Je n'en ai jamais dit un seul mot. Je vais plus loin, j'en ai l'horreur. (...) Je n'ai jamais (...) crié sus à aucun homme, sous prétexte de religion. (...) Je n'ai, en particulier pour les musulmans de bonne foi, comme presque tous ils le sont dans notre Afrique, que des sentiments de bienveillance paternelle. (...) La seule chose que je veuille 'exterminer', c'est l'esclavage qui ensanglante et perd l'Afrique... " (7 )
Ce combat du Cardinal a valeur d'exemple pour nous aujourd'hui, face aux traites humaines dont, à notre tour, nous sommes témoins. Il y faut souvent beaucoup de courage et d'énergie et nous ne pouvons que nous inspirer de notre Fondateur.

__________________________________________

(1) Léon XIII, " Lettre encyclique In Plurimis adressée aux Evêques du Brésil " Voir S.Em. le Cardinal Lavigerie Documents sur la fondation de l'œuvre antiesclavagiste, pp. 1-27 (St Cloud, Imp. Vve Eugène Belin et Fils, 1889, 715 p. + deux cartes " L'Afrique pour servir à l'intelligence de la lettre de S.E.M. le Cardinal Lavigerie " et " L'esclavage en Afrique ")
(2) Documents... p. 33-34
(3) Documents... p. 34 et 40
(4) Documents... p. 415 et 416
(5) Documents... p. 120-121
(6) Documents... p. 373
(7) " Lettre à M. le Rédacteur en chef du journal La République française ", Documents... p. 175-177


Lucie Pruvost

arrowup

partage

 
 

 

SAVEZ-VOUS QUE?

PROSTITUTION ET LEGISLATIONS

            La traite des êtres humains ne touche pas seulement les femmes adultes. Elle peut aussi concerner des petites filles. Elle a presque toujours pour objectif ce que l'on appelle l'exploitation sexuelle des personnes concernées, prostitution et industrie de la pornographie. La traite peut avoir aussi comme but ce que l'on appelle " esclavage moderne " qui consiste à exploiter des adultes ou des enfants dans des ateliers clandestins. Cette traite qui n'a rien à envier avec la traite des Noirs contre laquelle notre Fondateur a lancé sa campagne antiesclavagiste, est l'un des aspects souvent ignoré, des migrations internationales : 1 habitant sur 35 est un migrant international et 48 % des migrants internationaux sont des femmes.

      Depuis la fin des années 90, la migration des femmes semble s'être largement répandue, souvent provoquée par des réseaux de " traite des femmes ". C'est ainsi par exemple que des dizaines de milliers d'entre elles sont " trafiquées " pour être soumises à la prostitution en Europe et en Amérique du Nord. L'Office Central de Répression de la Traite des Êtres Humains (OCRETH) estiment qu'environ 18.000 femmes se prostituent en France. Ces femmes sont originaires, pour leur plus grand nombre, d'Afrique subsaharienne et des pays de l'Est.

      Selon une définition de l'ONU, la traite des femmes et des enfants " désigne le recrutement, le transport, le transfert, l'hébergement ou l'accueil de personnes, par la menace ou le recours à la force ou à d'autres formes de contrainte... L'exploitation comprend, au minimum, l'exploitation de la prostitution d'autrui ou d'autres formes d'exploitation sexuelle, le travail ou les services forcées... ou les pratiques analogues à l'esclavage (...) ou le prélèvement d'organes. " Cette large définition de la " traite " devrait permettre de sévir contre les activités d'un large éventail de malfaiteurs.

      D'une manière générale, il y a " prostitution " dès lors qu'on livre son corps à autrui contre une rémunération. La " légalisation " de la prostitution comporte trois systèmes différents. Dans un régime dit " prohibitionniste " la prostitution est interdite, et sa pratique constitue toujours une infraction que la loi punit. En régime " abolitionniste ", toute réglementation est " abolie ", et chacun est libre de vivre comme bon lui semble. La personne qui se livre à la prostitution n'est pas tenue pour " délinquante " tant qu'elle ne cause pas de scandale. Cette personne est théoriquement protégée contre les " proxénètes " qui les envoient à la prostitution, et en perçoivent les revenus.

      Enfin, en régime " réglementariste ", la prostitution ne peut s'exercer que dans le cadre de certains règlements. Dans cette situation, la personne qui se soumet aux règlements en vigueur peut se prostituer, alors que celle qui agit en marge de la loi devient une " clandestine " et risque la sanction de la loi. Dans ce régime, les maisons de rendez-vous et de " call-girls " sont légales. Comme l'État perçoit une taxe sur ces femmes et sur les maisons, on peut dire qu'il devient à son tour un véritable " proxénète ", puisqu'il profite ainsi de la prostitution d'autrui.

Lucie Pruvost

arrowup

partage

 
 

QUÉBEC A 400 ANS EN 2008

      De janvier à octobre 2008, la ville de Québec sera la scène d'événements grandioses pour célébrer avec le monde entier, son 400ème anniversaire. Il y a 400 ans, le 3 juillet 1608, Samuel de Champlain s'installait à Kébec (en langue algonquine : " Lieu où le fleuve rétrécit ") pour ériger les bases de ce qui allait devenir la première colonie française permanente de l'Amérique du Nord et, au cours des siècles, l'une des plus belles villes du continent.

      Pour célébrer ce mémorable anniversaire, Québec (1)., ville du patrimoine mondial de l'UNESCO, sera le lieu de tous les rendez-vous, de la rencontre historique de toutes les cultures qui ont marqué quatre siècles de vie et d'évolution. Le 3 juillet, une grand-messe solennelle ouvrira les célébrations. Puis une succession d'activités animées de projections, de chants et de danses donneront vie aux rues et places publiques de la cité.

Le chemin qui marche : Un grand hommage au Fleuve
Le soir du 15 août, sous la pleine lune, un vibrant hommage sera rendu au " majestueux Saint-Laurent " sous le thème de la rencontre : rencontre du feu et de l'eau, des créateurs d'ici et d'ailleurs, de la musique électronique et des musiques du monde qui célébreront notre lien avec le fleuve sans lequel Québec ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui.

Une rencontre avec les Premières Nations (2)
Une programmation spéciale soulignant l'apport des Premières Nations au développement de Québec, du Québec et du Canada fera découvrir et apprécier leur savoir-faire alliant les modes de vie traditionnel et contemporain.
Photo : Hurons en costume traditionnel

Plusieurs fibres, une même étoffe : Les Juifs de Québec - De mai à octobre, une exposition, avec concerts, visites guidées et autres activités culturelles soulignera l'intégration et la participation de la  communauté juive au développement de Québec.

Une présence internationale
En 2008, Québec sera le site de grandes rencontres internationales qui souligneront, chacune à leur façon, le 400ème anniversaire de la ville :
- Du 15 au 22 juin, le 49ème Congrès Eucharistique International sera, pour les catholiques du monde entier, une occasion de célébrer leur foi en l'Eucharistie et de témoigner de l'Evangile en vivant des moments de prière, de réflexion et de fraternité.
_______________________________   

1. De Québec = la ville de Québec. Du Québec = la province de Québec
2. Premières Nations = les Amérindiens (Indiens d'Amérique) - La réserve amérindienne Wendake (Village Huron, près de Québec), c'est un endroit qui ne se différencie pas d'une autre place, avec des maisons, des antennes paraboliques, des véhicules et des personnes habillées comme partout ailleurs.

- Du 10 au 21 août, le 4ème Congrès Mondial des Jeunes "  RéGéneration 2008 ", réunira 600 jeunes engagés dans le développement de projets dans plus de 120 pays. Un grand rassemblement jeunesse interculturel où célébration, art et culture côtoieront innovation et accomplissement.

- Du 17 au 19 octobre, le 12ème Sommet de la Francophonie : Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement ayant le français en partage.

Symphonie à 2008 voix
Du 14 au 20 juillet, seront présentés une série de concerts dans différentes églises et lieux publics de Québec, de même qu'un grand spectacle gratuit où se rassemblera un chœur géant de 2008 choristes provenant du Québec et de la France.

Marie de l'Incarnation ou la Déraison d'amour
Du 16 septembre au 11 octobre, une production théâtrale conçue à partir de la correspondance entre Marie Guyart (dite Marie de l'Incarnation) et son fils Claude donnera un portrait émouvant d'un personnage féminin qui a marqué son  époque.

La vie et l'œuvre de Mgr François de Laval
-1623-1708 - premier évêque de Québec
Du 7 mai 2008 au 22 mars 2009, on rappellera les réalisations d'un homme d'Eglise et de vision qui ont marqué le temps et l'espace de la colonie. Une vie entière dédiée à la foi et à la Nouvelle-France où tout était à construire.

Claire Bélanger, Beauport

arrowup

partage

 
 

Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique
et Missionnaires d'Afrique

Rome, avril 2008


Chères Sœurs et chers Confrères,

      Depuis 2006, nos deux Conseils généraux se réunissent régulièrement   pour prier, réfléchir ensemble et resserrer leurs liens de collaboration. Vous l'avez davantage perçu à travers l'organisation des deux récollections      communes qui vous ont réunis, là où c'était possible.

      Ces récollections ont été bien accueillies et ont favorisé des rencontres fraternelles. Plusieurs communautés ont souhaité que l'expérience se renouvelle. Nous ne rédigerons pas de livret de récollection commune cette année. Nous vous invitons tout simplement à reprendre cette initiative à votre niveau.

      Certes, il est toujours souhaitable de nous retrouver pour prier et célébrer. Mais pourquoi ne pas aller plus loin et être créatifs en prenant le temps de découvrir ensemble, au niveau des provinces ou régions, des nouveaux chemins de collaboration ?

      Une même passion pour la Mission  nous anime. La dernière récollection nous a montré comment nous la vivons dans l'apostolat et dans l'animation missionnaire et vocationnelle. D'autres pistes pourraient certainement être explorées ou développées comme dans certaines activités pastorales, les sites Internet, les publications, etc.

      Les provinces et régions des SMNDA reçoivent le " Petit Écho " et le font circuler dans leurs communautés. Désormais les provinces et secteurs des Missionnaires d'Afrique recevront le " Partage Trentaprile ". Aux responsables de voir comment en faire profiter les communautés. Ainsi, nous nous enrichirons mutuellement des valeurs et des défis de nos deux familles. 

      Pour approfondir la connaissance mutuelle, deux fois par an, une sœur sera invitée à apporter sa réflexion sur un sujet d'intérêt commun dans le " Petit Écho ". Un confrère fera de même dans le " Partage Trentaprile ". Cette contribution débutera avec l'édition d'octobre 2008. Ce ne sont là que 2 initiatives de la part des Conseils, mais, comme dit plus haut, d'autres peuvent être prises localement.

      Que l'Esprit du Christ Ressuscité nous unisse davantage au service de la même Mission !

Les deux Conseils généraux

arrowup

partage

 
Partage Trentaprile est publié 5 fois par an par les Sœurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique, Viale Trenta Aprile, 15 - 00153 Rome, Italy  -
Courriel: l.pruvost@smnda.org; pruvostlucie@hotmail.com

Comité de rédaction: Chantal Vankalck (G.C.), Lucie Pruvost (Editrice), Madeleine Bédard (mise en page), Hildegunde Schmidt (archiviste) - Traductions: Doris Gastonguay – Mr. A.C. Robb - Expédition: Nicole Robion