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Lettre de
nouvelles des
Sœurs Missionnaires de Notre Dame
d'Afrique
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Symboles pour notre unité

n° 3 juin 2008
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Sommaire

Editorial: Lucie Pruvost

Symboles pour notre unité

" Les SMNDA et leurs symboles préférés "

I. Nos symboles préférés et leur origine
      
II. Que représentent ces symboles pour nous ?
      
III. Comment sont-ils utilisés ?


La vie se partage

D'Annamarie à Pierrette, La communauté de Rome
La foi en Jésus Christ est encore là, Gaby Lepage
" De ma fenêtre " (mémoires de Léonie Goulet), Mme Céline Jacques

Promenade à travers les archives

Petite histoire de nos symboles, Lucie Pruvost

Equipe de rédaction

 

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Editorial

      Le thème de ce nouveau numéro de Partage Trentaprile est assez spécial en ce qu'il présente les symboles qui nous unissent en une même famille, Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique et Missionnaires d'Afrique, née d'un projet apostolique commun. Ils peuvent revivifier notre sentiment d'appartenance en suscitant en nous en même temps qu'une certaine émotion, un rappel de notre histoire. Se souvenir, ce n'est pas seulement évoquer un passé révolu. C'est aussi se rappeler nos origines et nous motiver, pour nous tourner toujours plus résolument vers l'avenir !

      Il est vrai que ce thème ne s'inscrit pas directement dans la ligne des Objectifs du millénaire pour le développement que tous les numéros de Partage veulent rappeler depuis le début 2007. Ces Objectifs ne cessent, en effet, de nous interpeller puisqu'ils sont tournés entre autres vers l'Afrique. L'Afrique ne définit-elle pas notre identité propre par rapport à d'autres Instituts missionnaires ? Si plusieurs s'inspirent comme nous du " Tout à tous " paulinien, ils choisissent de s'ouvrir au monde entier. Tel n'est pas l'objectif premier de nos deux familles lavigériennes, fondées spécialement pour l'Afrique, ce caractère que Mgr Lavigerie et Mère Marie-Salomé à sa suite, ont toujours voulu conserver précieusement. Du seul fait de son charisme pour l'Afrique, la Congrégation s'est sentie directement interpellée par ces Objectifs en s'efforçant de les réaliser en Afrique et pour l'Afrique.

      L'Afrique ? Elle fait déjà partie intégrante de notre nom, ce qui justifie largement la place que tient Notre-Dame d'Afrique dans notre famille religieuse. C'est vraiment notre part de la mission du Christ. Pour nous toutes, n'est-elle pas comme " Un sceau sur nos cœurs ", comme le dit si bien le beau titre de l'une de nos brochures d'AMV ? C'est l'un des points de l'ensemble du dossier constitué à partir des réponses reçues des trois provinces. Mais ce n'est pas le seul. Découvrez tous les autres dont le nombre est relativement important, comme vous pourrez le constater à travers deux parties au moins de ce numéro : le " Dossier " et la " Promenade à travers les archives ".

      Vous pourrez y retrouver quelques points importants concernant l'origine de ces symboles, ce qu'ils représentent pour nous, comment nous les mettons en valeur et les utilisons dans nos rencontres. Il faut savoir aussi que certains d'entre eux, le Pélican notamment, ne sont pas notre propriété exclusive. Du fait de sa signification christique, il est souvent utilisé par d'autres, comme la base d'œuvres d'art dans des églises catholiques de par le vaste monde.

      La " Promenade à travers les archives " complète l'histoire de ces symboles. Elle présente plus particulièrement ceux qui ont pu être transportés de l'ancienne Maison-Mère d'Algérie, à l'actuelle Maison générale, à Frascati, puis aujourd'hui à Rome ; ou qui, restant en Algérie, font encore partie de notre patrimoine, après que nous ayons quitté St -Charles, berceau de nos premiers pas.

      La lecture de tous ces textes peut nous aider à prendre une conscience nouvelle de la dimension artistique de ce que fut la vie spirituelle de nos premières sœurs. Tel en est bien le but !

      Comme de coutume, " La vie se partage " offre à notre lecture deux aspects au moins de ce que certaines d'entre nous ont vécu au cours de ces derniers mois, ainsi qu'une notice concernant un nouveau livre publiée par l'une d'entre nous.

Vous recevrez ce numéro à la veille d'une période de vacances et de reprise pour chacune et chacun. Bonnes vacances donc ! Profitez-en au mieux pour un ressourcement à la fois spirituel et physique...

Lucie Pruvost

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      " Les SMNDA et leurs symboles préférés "

C'est grâce à une consultation lancée par l'intermédiaire des provinciales qu'il est possible de présenter aujourd'hui comment un certain nombre d'entre nous perçoivent les différents symboles qui peuvent manifester notre charisme propre auprès des Églises et des personnes que nous rencontrons.
Cinq sœurs, choisies dans les diverses régions de la Congrégation ont donc été appelées à répondre à un questionnaire commun à toutes. Il s'agit de Madeleine Lacoursière (82 ans, 60 ans de profession, Canada), Marion Carabott (73 ans, 45 ans de profession, U.K.), Ingrid Hager (47 ans, 16 ans de profession, Mexique), Lucile Habimana (37 ans, 8 ans de profession, Afrique Occidentale) et enfin Anafrida Biro (36 ans, 3 ans de profession, Mauritanie). Que chacune soit ici remerciée pour sa partiticpation.
La diversité des âges et de l'ancienneté dans notre famille SMNDA permettent de manifester la variété des approches. L'une des réponses a été préparée en communauté (Anafrida Biro). Les autres sont individuelles.


L'ensemble est ici regroupé par thème autour de trois points :
I. Les divers symboles et leur origine ;
II. Qu'est-ce que chacun représente pour nous ?
III. Comment sont-ils utilisés dans l'Église ou ailleurs et par nous-mêmes ?
Bonne lecture à chacune... Et en souhaitant vos réactions...


Partage Trentaprile

I. NOS SYMBOLES PRÉFÉRÉS ET LEUR ORIGINE

      Les énumérations présentées par les réponses permettent de dresser une liste de 14 symboles. Remportent l'unanimité des suffrages , l'Afrique, les photos de Notre-Dame d'Afrique et notre nouvelle Croix.
Viennent ensuite les photos du Cardinal et de Mère Marie-Salomé (4), le Pélican parfois accompagné de la devise Caritas (2), Notre-Dame du Vœu dont la statue se trouve dans le jardin de la Maison généralice (2), nos Constitutions (2), l'esprit de corps ou le Corps (Cf. St Paul) (2), une fois enfin, le Sancta Maria, la Prière à Notre-Dame d'Afrique, le Tout à tous, notre nom SMNDA, notre anneau, les quatre cloches ramenées d'Algérie à la Maison généralice, une Ruche et, pour les LMNDA, un cercle d'amitié. Si certaines se contentent d'une énumération, d'autres développent l'origine de ces symboles et leur histoire pour nous.

1. NOTRE NOM
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  Nous nous sommes d'abord appelées " INSTITUT DES SŒURS AGRICOLES ET HOSPITALIÈRES DU VÉNÉRABLE GÉRONIMO " et nous avons été placées sous le patronage de Notre-Dame d'Afrique. Ce nom décrit les principales activités de nos premières sœurs qui ont surtout travaillé dans les champs pour nourrir et prendre soin des orphelins et des malades.
Le Vénérable Géronimo, martyr algérien, donna sa vie en préférant la mort à l'apostasie. En 1569, il fut enterré vivant dans un bloc de ciment, au cours de la construction du " Fort des Vingt-quatre heures ". Le fort fut démoli en décembre 1853. C'est alors que l'on retrouva son corps. Ce fait remplit les missionnaires d'un grand espoir. Ils furent touchés par la foi inébranlable de ce jeune Algérien. Lavigerie lança le procès en béatification du Vénérable Géronimo. Mais en 1870, le dossier fut perdu, et le nom disparut peu à peu des titres de nos sociétés missionnaires. En 1875, on n'en trouvait plus la trace. Mais la Société des Pères aussi bien que la Congrégation des Sœurs demeurèrent sous la protection de Notre-Dame d'Afrique.


Par la suite, notre nom s'est peu à peu transformé.
Déjà en novembre 1869, on nous appelait " SŒURS DES MISSIONS ÉTRANGÈRES ".
En janvier 1871, le Cardinal nous appelle également " SŒURS DES MISSIONS D'AFRIQUE ".
En 1876, le Cardinal nous donna un nouveau nom : " SOCIÉTÉ DES RELIGIEUSES DE NOTRE DAME DES MISSIONS D'AFRIQUE D'ALGER ",
puis en 1882, " SOCIÉTÉ DES SŒURS ENSEIGNANTES ET HOSPITALIÈRES DE NOTRE DAME DES MISSIONS D'AFRIQUE, D'ALGER ".
En 1886, nous sommes devenues " CONGRÉGATION DES RELIGIEUSES DE N.D. DES MISSIONS D'AFRIQUE D'ALGER. " . Nouveau changement en 1887 : " CONGRÉGATION DES SŒURS MISSIONNAIRES DE NOTRE DAME DES MISSIONS D'AFRIQUE D'ALGER ",
transformé encore une fois en 1895 : " CONGRÉGATION DES RELIGIEUSES MISSIONNAIRES DE N.D. D'AFRIQUE ".
C'est depuis 1910 que nous portons notre nom actuel : " Congrégation des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique ".
Ingrid Hager     

Le contenu de notre nom a été analysé par plusieurs. L'Afrique tout d'abord. Ce continent est une partie fondamentale de notre patrimoine historique et de notre charisme. Ingrid Hager en présente l'origine.

      En novembre 1866, après la mort de Mgr Pavy, Lavigerie reçut une lettre de consultation du Gouverneur général de l'Algérie, le Maréchal de Mac Mahon. Celui-ci appelait Charles Lavigerie à venir à Alger pour prendre la suite du défunt évêque. Après avoir discerné la volonté de Dieu sur lui, Lavigerie vit Alger comme une PORTE OUVERTE sur le continent africain prêt à accueillir la Bonne Nouvelle.

...Tandis que Marion Carabott  y joint un autre symbole : Notre Croix sur fond d'une carte d'Afrique.

 

2. NOTRE-DAME D'AFRIQUE

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à laquelle est joint le Sancta Maria, antienne des
" Petites Vêpres de la Ste Vierge ",
office autrefois chanté tous les dimanches à la basilique de Notre-Dame d'Afrique.

L'histoire de son origine peut être ainsi résumée. Le premier évêque d'Alger, Mgr Adolphe Dupuch, se procure une copie de la statue appelée " Marie, Vierge Fidèle " sculptée par un Français, Gallien Choiselat. Il l'expédie à sa résidence épiscopale en Afrique. Le second évêque d'Alger, Mgr Louis-Augustin Pavy décide d'édifier une église de pèlerinage à Notre Dame, au-dessus de la Baie d'Alger pour laquelle il choisit le nom de " Notre-Dame d'Afrique ". Il entame la construction d'un sanctuaire plus grand et définitif, que son successeur Charles Lavigerie, archevêque d'Alger, terminerait. Le 4 mai 1873, Mgr Lavigerie transfère la statue dans le sanctuaire définitif. En 1876, le Pape Pie IX donne au sanctuaire le titre de basilique, et Mgr Lavigerie couronne la statue (Cf. R. Deillon, À bras ouverts, Rome, mars 2007, p. 3 et 4).

      La statue de Notre Dame est noire, parée d'une couronne d'or et d'un riche manteau de velours bleu orné d'une broderie en fil d'or de style " Mejboud " (broderie algérienne s'inspirant des arabesques orientales). La statue est placée sur un socle bâti et décoré par un artiste algérien qui lui a donné un caractère oriental. Son art exprime l'effort généreux des cultures en vue d'une union de tous les croyants, musulmans et chrétiens, autour de Marie, la Mère de tous. Cet effort est traduit par l'inscription en lettres d'or : " Notre Dame d'Afrique, priez pour nous et pour les musulmans ".

Dès les débuts, nous avons été placées sous sa protection et finalement, nous en sommes venues à porter son nom en tant que congrégation religieuse.  L'hymne Sancta Maria était bien connu à ce moment-là, et les gens avaient l'habitude de le chanter à Notre Dame. ( Ingrid Hager)

Le Sancta Maria, chant de rassemblement utilisé à certaines occasions, nous reportent aux débuts de la Congrégation 
(Madeleine Lacoursière).

      La statue de Notre-Dame d'Afrique fut offerte au premier évêque d'Alger, Mgr Dupuch, lors de sa visite à une école tenue par des religieuses à Lyon, en France, le 5 mai 1840. Les élèves lui offrirent ce cadeau pour Alger. A ce moment-là, la statue s'appelait souvent " Notre Dame ". C'est Mgr Pavy, successeur de Mgr Dupuch, qui la nomma " Notre Dame d'Afrique ". Mgr Lavigerie, qui lui succéda, hérita de Mgr Pavy son amour pour Notre Dame d'Afrique. Aujourd'hui encore, cette statue se trouve dans la basilique de Notre-Dame d'Afrique à Alger (Anafrida Biro).

pta_vierge_voeu La même y associe Notre-Dame du Vœu : Lorsque le Cardinal Lavigerie a préparé une " Ordonnance de dissolution " de la Congrégation, Mère Marie-Salomé avec son assistante se jetèrent aux pieds de N.D. d'Afrique, lui parlant comme des enfants à leur mère. Elles font alors le vœu d'ériger une statue de la Vierge, devant la maison mère, si celle-ci sauve la Congrégation. La grâce demandée fut obtenue, et une statue fut érigée, portant ce nom.

 
 
3. PÉLICAN - CARITAS - TOUT À TOUS
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Le Pélican avec ses petits et le mot Caritas ont été choisis par Mgr Lavigerie lors de son ordination épiscopale (Anafrida Biro).

      Lorsqu'il fut nommé évêque de Nancy, le futur Cardinal Lavigerie, futur Fondateur de notre Congrégation, choisit le Pélican pour  ses armoiries. Il en expliqua le sens en prenant pour devise la parole " Caritas ", qu'il devait ensuite développer pour nous en répétant bien souvent : " Aimez-vous les uns les autres, restez unis de pensée, formez véritablement une grande famille, ayez fortement l'esprit de corps " (Madeleine Lacoursière).

      Depuis les temps anciens, le lion était un symbole populaire de force et de pouvoir. Mais notre Fondateur choisit, comme symbole de force et de pouvoir, la devise " Caritas " et le Pélican, qui transperce son cœur pour nourrir ses petits de son propre sang. Il est vrai que le pélican est un symbole ancien. On le trouve déjà en 1601 dans Hamlet où Shakespeare fait dire à Laertes : " Et comme le Pélican qui se défait de sa vie pour le bien, je les nourrirai de mon sang. "

Lavigerie a choisi le Pélican pour ses armoiries en raison de son amour croissant pour Dieu et pour les missions. En mai 1844, alors qu'il était séminariste, il entendit la conférence d'un évêque, Mgr Emmanuel Verrolles, membre de la Société des Missions étrangères et Vicaire Apostolique de Mandchourie en Chine. Mgr Verrolles était venu à Paris, envoyé par le Conseil Central de la Propagation de la Foi pour faire connaître la détresse des chrétiens en terre étrangère. C'est alors que Lavigerie ressentit pour la première fois sa vocation pour les missions. Or cet évêque portait le Pélican dans son blason.
Quelques années plus tard, le premier évêque d'Alger, Mgr Adolphe Dupuch, vint à Paris. Lavigerie qui préparait une célébration de première communion lui demanda de présider l'Eucharistie. Mgr Dupuch parla aux enfants en des termes si brûlants qu'il alluma le cœur de Lavigerie du feu du zèle, et il choisit lui aussi le Pélican pour son blason.

      Ces choix du Pélican et de la devise " Caritas ", notre Fondateur les fit, car ils représentaient la source même de toute sa vie. La Charité est la Loi de l'Évangile et la pratiquer constitue en soi une prédication de l'Évangile. Il insistait pour que les novices, Sœurs et Pères, soient formés dans cette vertu : " D'elles aussi, on peut dire ce que Notre Seigneur disait de ses apôtres : 'Le signe auquel tout le monde vous reconnaîtra pour mes disciples, c'est la charité que vous aurez les uns pour les autres.' Que cette pensée anime toutes leurs actions ; qu'elle les excite dans le travail ; qu'elle les console dans leurs peines ; qu'elle les porte à tous les sacrifices et qu'elle les empêche de se rebuter pour rien " (Règlement du noviciat, février 1884).

      " ... Aimez les peuples auxquels vous êtes envoyés (...) Aimez l'Afrique... J'ai tout aimé dans notre Afrique (...) N'acceptez pas qu'on méconnaisse en vous des hommes vraiment apostoliques, c'est-à-dire sachant embrasser dans un égal amour toutes les nations d'ici-bas... C'est la loi de l'Évangile... Mon ambition est qu'en parlant de votre société, on dise d'elle qu'elle est catholique par excellence " (1890. Cf. Dossier Lavigerie 1825-1892, novembre 1991, pp. 17-18).

pta_cty_dar Le CARACTÈRE INTERNATIONAL des communautés missionnaires est peut-être l'une des meilleures expressions du principe d'être " tout à tous ". C'est une parole missionnaire qui exprime un témoignage. La décision de se faire " toute entière à toute personne " peut être fondée sur la parole de saint Paul I Co 9, 22. Elle signifie don total de soi-même et consécration totale.    

Ingrid Hager

 

 
 

4. LA CROIX

   
 

Nous avons d'abord porté un grand crucifix avec un cordon rouge symbolisant notre ardent amour pour le Christ et pour les peuples d'Afrique, ne reculant devant aucune peine, même la mort et le martyre, pour le bien du Royaume. Lors du Chapitre d'Aggiornamento de 1966, il y eut divers changements et renouvellements. C'est à ce moment-là que la forme de la croix fut modifiée, devenant celle que nous portons aujourd'hui (Ingrid Hager).

      " La croix est un chemin de vérité. C'est un signe de l'amour de Dieu pour nous toutes et tous ; un amour qui renonce au pouvoir, à la force, un amour qui se dit dans la faiblesse et le renoncement "  (André Beauchamp).

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Le Crucifié posé sur notre première croix était visible et suscitait des controverses en pays musulman pour qui, selon l'enseignement du Coran, Jésus n'est pas mort sur la croix, un autre personnage lui ayant été substitué. Vers les années 1970, pour atténuer la controverse manifestée par des personnes de religions diverses sur cette figuration, Mère Mecthildis (Supérieure générale de l'époque) a fait alors faire une croix en Allemagne. C'est celle que nous portons actuellement et qui va très bien avec notre habit laïque.
(Madeleine Lacoursière)

 
 

 

5. L'ESPRIT DE CORPS OU LE CORPS, une image à laquelle le Cardinal était très attaché.

      Je me souviens d'une ancienne photo où nos sœurs encore à St-Charles à Alger  se tiennent en cercle autour de Notre-Dame du Vœu... Je pense que c'était lors du départ du Conseil général d'Alger pour Rome, au moment du transfert du Généralat vers la Ville Sainte. Plus tard, j'en ai vu une nouvelle version avec un groupe de nos sœurs en vêtements laïcs, autour de la statue de Notre-Dame, Viale Trenta Aprile... Être réunies en cercle autour de Notre-Dame m'a fait comprendre ce sens d'appartenance à une famille. Cela exprimait " l'esprit de corps ". (Marion Carabott)

Un Corps qui a comme origine I Co 12,12 et qui représente l'unité et l'interdépendance. L'image est utilisée dans le mouvement des jeunes Kizito-Anuarité, montrant comment s'entraider et vivre en solidarité.
Une ruche : beaucoup d'abeilles vivent ensemble dans une même ruche. Elles ont toutes une même " vocation " : aider à transporter le pollen d'une fleur à une autre, d'un arbre à un autre, tout en ramenant à la ruche ce qui produira le miel. Elles ont vraiment un esprit de corps.( Anafrida Biro )

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6. AUTRE SYMBOLE
  Citons encore un autre symbole important pour les SMNDA/LMNDA, c'est le cercle d'amitié qui est très significatif. Ce sont des moments de réflexion autour de ce symbole. Nous faisons partie d'une grande famille et gardons en mémoire le désir du Fondateur et de Mère Marie-Salomé qui nous rappelaient si souvent : " Soyez unies entre vous, soyez sœurs les unes pour les autres. " C'est pourquoi, nous nous efforçons de former une belle famille lavigérienne (Madeleine Lacoursière).

LMNDA

    

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II. QUE REPRESENTENT CES SYMBOLES POUR NOUS ?

      1. INGRID HAGER

      La Croix : Chaque fois que je vois une sœur avec cette Croix, que je l'aie déjà rencontrée ou non, je reconnais immédiatement l'une de nous. Cela me donne un sens d'appartenance, d'attachement et de joie. Je me sens chez moi chaque fois que je me trouve dans une maison de nos sœurs, unies dans une même vocation. Nous ne nous sommes pas choisies, mais chacune de nous a été appelée pour vivre comme une même famille de sœurs. A la suite du Christ qui nous aime et qui ne cesse de nous appeler, nous nous disposons à lui permettre de nous former et transformer en cette communauté de croyantes dont il rêve. Nous apprenons à dialoguer et à grandir dans l'unité en respectant nos différences.

      La Croix me rappelle aussi que nous sommes des femmes apôtres proclamant non pas une doctrine mais une personne. Nous témoignons du Christ vivant, qui nous aime toujours et vraiment, qui a été crucifié par nous, humains, a été relevé de la mort pour la vie par Dieu, et qui, maintenant est le Seigneur de tous, Dieu en tous.

      Le Pélican exprime un amour total, le don total de soi pour que les autres puissent vivre. La vie vient du cœur lui-même, du cœur transpercé et ouvert, d'une blessure... Le pélican donne son sang-même, ce qui est essentiel pour la vie. Le Christ représenté par le pélican, ne donne pas seulement un peu de son sang, mais sa totalité, parce qu'il aime jusqu'à la fin et sans condition. Cela me rappelle le Bon Pasteur pour qui il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour les autres. C'est ce que Jésus a fait. En versant son sang et en mourant pour nous, il n'a pas perdu sa Vie, au contraire, il l'a gagnée et reste vivant en ceux qu'il nourrit. En fait, Dieu donne naissance à un nouveau peuple qui est rempli de son Esprit et de sa Vie.  Par moment, spécialement au cours de rencontres, alors que l'image de Dieu ressemble plus à un juge, à un policier, à un dictateur, etc., il est bon de révéler le cœur de Dieu qui est plein de miséricorde, de compassion, de pardon, ayant pour nous un désir ardent et ayant soif de nous...

L'Afrique : J'ai ressenti dès mon enfance un grand amour pour l'Afrique et pour son peuple. J'aimais entendre les récits et les expériences rapportés par les Mafr, qui revenaient au pays pour leur congé. Dans ma famille, nous priions tous les jours pour la mission en Afrique et pour les missionnaires.

      Au Mozambique j'ai entendu une Zimbabwéenne, Mai Charamba, chanter " Afrique, restaure ton identité ". Elle chantait : " Les gens disent que l'Afrique est un continent de faim, de maladie, de guerre, un continent maudit de Dieu ; et Dieu dit que l'Afrique est un continent créé par Dieu avec amour; ses populations sont précieuses et rachetées par Jésus, un continent béni par Dieu. " Puis vient une question décisive : " Qui devons-nous croire, les gens ou bien Dieu ? " Cette chanson m'a beaucoup touchée. Elle me rappelle nos Constitutions, n° 11 : " Par lui, tout homme est sauvé. En lui, tout homme est aimé et appelé à la communion avec le Père et tous ses frères. "

      J'entends aussi Jésus disant : " Ta foi t'a sauvé. " Après ma courte vie missionnaire en Afrique, j'en arrive à la conviction que, en Afrique, la vie nouvelle et l'espérance véritable se trouvent dans les nombreuses personnes qui viennent à la rencontre du Dieu vivant qui est Amour - et non pas des religions ou des dénominations - celles qui croient en Lui et se laissent transformer en personnes nouvelles, aimantes, libres et courageuses.

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     Notre-Dame d'Afrique : Laissez-moi vous raconter l'expérience qui m'a ouvert les yeux à Espungabera en octobre 1995. En communauté, nous préparions avec Odile Striby la célébration de ses vœux perpétuels. Nous avons étudié les coutumes locales et les symboles, parce que nous désirions les utiliser lorsqu'elle dirait son Oui à l'alliance qui allait être scellée entre Dieu et elle. Dans leurs cérémonies, les Vandau (peuple du Mozambique) ont l'habitude de priser du tabac pour exprimer leur union avec leurs ancêtres du monde invisible. Pour beaucoup, cependant, il était impossible d'utiliser des symboles africains traditionnels dans une église catholique, parce que les deux traditions de foi étaient très différentes. Bien que nous ayons essayé d'expliquer que nous appartenons tous à un Dieu unique et que la tradition locale n'est pas mauvaise, ils persistèrent à vouloir garder la séparation entre les deux religions. Deux jours avant la fête, nous avons eu une dernière rencontre de préparation. Nous étions prêtes à reporter à une autre fois notre désir d'une Eucharistie inculturée, lorsqu'un ancien du village se leva et dit : " Jusqu'ici, nous orientions notre prière vers Notre-Dame de Fatima - Il faut dire que le Mozambique a été colonisé par les Portugais - et nous nous sommes donc adaptés à elle. Mais ces sœurs appartiennent à Notre-Dame d'Afrique, et cette Mère nous connaît, elle nous comprend et accepte nos traditions. " A ce moment-là, tous consentirent à utiliser le tabac pour notre rituel de profession.

      Je me suis alors demandé : " Qui est réellement N.D. d'Afrique ? " Je ne l'avais jamais perçue comme une mère africaine, comme quelqu'un qui pourrait avoir un tel impact sur les gens dans le processus d'évangélisation. J'ai alors commencé des recherches sur elle pour mieux la connaître et l'aimer davantage.

      Voici quelques-unes de mes découvertes... à partir de la " Prière de Notre-Dame d'Afrique ". Dès la première ligne, elle est appelée " Mère de la famille humaine ".  C'est donc une MÈRE, et tous sont ses enfants, sans en exclure un seul. Si elle est la Mère de tous, c'est qu'elle a dit au Dieu de tous " Je suis tout à Toi ". " Mère " signifie qu'elle est ouverte et accueillante à la grâce de Dieu au point de donner naissance à la sainteté dans le monde. Comme toute femme, elle conçoit et porte la vie au monde. Elle est remplie du même désir que Dieu : réunir tous ses enfants en une unique famille à laquelle tous appartiennent et où ils trouvent leur vrai bonheur.

      Étant mère, elle les appelle d'où qu'ils viennent et où qu'ils aillent, avec leur histoire qui remonte aux ancêtres, la sagesse du peuple et de la vie. Elle s'occupe de ses enfants et a un amour spécial pour les plus faibles. Elle enseigne par son propre exemple, à travers poèmes, chants, contes, art, paraboles, couleurs, musique, danse, énigmes et autres moyens créatifs. Elle s'inquiète du bien-être de chacun, aussi bien physique que spirituel et affectif. Les enfants sont un don de Dieu au monde et ils manifestent l'amour de Dieu. Habituellement, ils sont nombreux, mais chacun d'eux est unique, et c'est avec chacun personnellement qu'elle établit des rapports. Elle fait tout pour qu'ils grandissent, qu'ils développent leurs talents, qu'ils aient entre eux des relations vraiment fraternelles, et quand c'est nécessaire, elle les stimule, les encourage, les corrige, les défend, leur apprend à pardonner. En bref, elle prépare les jeunes à la vie.

      Notre-Dame d'Afrique est aussi une REINE. Reine de la paix, elle porte une couronne et gouverne son peuple sous la loi de l'Amour. Son objectif est d'obtenir le don de la Paix pour toutes les nations et d'être activement présente là où se construit l'Église, famille de Dieu, société nouvelle, qui lutte pour donner forme à une civilisation d'amour. Comme à la Pentecôte, elle invite à la prière là où les gens ont peur, sont enfermés et paralysés par la peur, et attend avec eux la force du Saint-Esprit. Elle intervient lorsque les gens veulent célébrer, mais manquent de vin. Jusqu'au bout, elle accompagne dans la foi les innocents qui, comme son propre fils, sont condamnés à mort et portent leur croix, sans condamner les agresseurs ou les pécheurs, mais en les attirant vers Dieu, vers la guérison, offrant son Fils dans les situations difficiles, laissant le Mystère Pascal les transformer en vie. Elle collabore sans cesse à l'œuvre de rédemption de Dieu avec une confiance totale dans le grand projet d'amour de Dieu, se faisant instrument de paix là où il y a de la haine, du ressentiment et du racisme. Elle réconcilie les gens, le ciel et la terre et ramène au Père une humanité réconciliée. Lorsque à Alger par exemple, dans la basilique de Notre-Dame d'Afrique, chrétiens et musulmans prient la même Mère et Reine, je peux alors reconnaître qu'une " humanité réconciliée " est en train de devenir une réalité.

Quand la loi d'Amour de son Fils l'emportera et unira les cœurs, alors nous chanterons avec elle la gloire de Dieu. Nous participerons au banquet préparé par le Père et nous célébrerons la réunification, la vraie communion. Comme une Africaine, N.D. d'Afrique aime profondément et passionnément la vie et tous ses dons. Bien qu'elle verse des larmes pour ses enfants et connaisse tristesse et douleur, elle n'en reste pas là. Elle sait que la puissance de la vie est invincible, et c'est ainsi qu'elle est heureuse et exprime sa joie dans la danse et la célébration. J'admets que tout en l'aimant, je ne sais que peu de choses de N.D. d'Afrique, cette femme qui est proche des traditions, des cultures et des symboles africains, et je sens le désir et le besoin de la comprendre davantage de l'intérieur de son contexte africain.

 

 
 

2. MARION CARABOTT

pta_cloches Les photos de Notre-Dame d'Afrique et de la basilique d'Alger me touchent notamment parce qu'elles nous rappellent nos origines en Afrique du Nord, les débuts de notre Congrégation et nos premières sœurs. Ce sont des liens avec le passé, et elles donnent un sens particulier au nom de notre famille religieuse : Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique.
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      Notre-Dame du Vœu est très importante pour moi, puisqu'elle me rappelle le combat de Mère Marie-Salomé pour garder notre Congrégation en vie. C'est le fruit de sa prière, de son amour de la Congrégation, de son désir qu'elle survive, et de sa conviction que ses membres sont vraiment appelés par Dieu pour
être au service de l'Afrique. Nous ne serions plus ici aujourd'hui, s'il n'y avait pas eu la fermeté et la persévérance de Mère Marie- Salomé pour garder la Congrégation en vie.

Les photos du Cardinal Lavigerie et de Mère Marie-Salomé remettent en mémoire ceux qui furent inspirés par le charisme de notre Congrégation et la gardèrent en vie. Ce sont nos ancêtres et ce sont eux qui nous ont permis de nous rassembler et de donner nos vies au service de l'Afrique. Nous leur devons notre existence même en tant que Congrégation.

      Le Pélican est le symbole du choix que nous avons fait de nous donner entièrement à Dieu " pour devenir Tout à Tous ", en vue d'être totalement au service de l'Afrique. Dans ses écrits, notre Fondateur nous exhortait toujours à ne rien faire à moitié, mais à être prêtes à donner nos vies-mêmes si notre vocation et les circonstances le demandent... C'est ce qu'évoque aussi le cordon rouge que nous utilisions pour porter notre ancienne croix, un symbole du martyre. Le martyre ne consiste pas nécessairement à donner sa vie en étant tué sur place, mais en mourant à soi-même dans la vie quotidienne, de manière à ce que les autres puissent avoir une vie plus pleine, plus abondante. Notre mission dans l'Afrique d'aujourd'hui, aujourd'hui assaillie d'épreuves, nous donne de nombreuses occasions de mettre cela en pratique.

      La silhouette de la Vierge de N.D. d'Afrique est essentielle pour nous parce qu'elle nous rappelle notre choix de servir ce continent avec grand engagement et amour, comme le Cardinal disait : " J'ai tout aimé... " Elle est aussi très importante pour ceux du dehors, qui associent ce symbole à notre nom et au continent où nous avons été appelées à servir.

      Notre Croix SMNDA est aussi pleine de sens pour moi. Elle signifie mon appartenance à une famille religieuse avec son charisme propre, à une famille aux membres de laquelle je suis unie par les liens d'une commune vocation et l'appel à vivre le charisme légué par le Cardinal Lavigerie, un amour de l'Afrique et le désir commun de se donner en tant qu'apôtre (" Soyez apôtres, ne soyez que cela... ") avec d'autres femmes qui partagent le même idéal et le même appel.

      Il est important aussi pour ceux du dehors de reconnaître notre croix et de prendre conscience de notre appartenance à la même congrégation religieuse.

      Le symbole des quatre cloches rappelle nos débuts à St-Charles et les origines de la Congrégation avec tout ce que cela comporte. Ce symbole est important pour nos aînées, mais je n'ai jamais senti qu'il ait eu une signification particulière pour les plus jeunes, à l'exception de quelques-unes qui sont très sensibles à ce qui s'est vécu dans les débuts de la Congrégation et sont particulièrement intéressées par son origine.

      Nos Constitutions qui exposent les grandes lignes de ce que nous désirons vivre en tant que SMNDA.

 

3. MADELEINE LACOURSIÈRE

      Notre Croix : Je vois la croix comme un support dans mes peines, mes difficultés, mais aussi dans mes joies.
La carte de l'Afrique : C'est un souvenir de toutes les personnes avec et pour qui j'ai travaillé : malades, infirmières, etc., un rappel des us et coutumes des gens, et surtout des valeurs qui m'ont été inculquées durant mon séjour là-bas.

      Le Pélican : Le Pélican nous incite à nous aimer les uns les autres, à nous donner à toute personne qui est dans le besoin comme le Pélican le fait en nourrissant ses petits. Il nous appelle au don de nous-mêmes par amour.

Dès mes débuts dans la Congrégation, c'est grâce aux photos qui existaient alors, que j'ai connu notre Fondateur et Mère Marie-Salomé. Ces photos me rappellent la détermination des deux personnes importantes dans ma vie. Le Cardinal d'abord, son amour pour l'Afrique et les Africains, l'insistance avec laquelle il nous demandait de travailler à la promotion de la femme surtout en Afrique ; ses vues sur la justice, sur l'œcuménisme, sur la présence auprès des musulmans ; l'importance de la formation d'initiateurs : " Ce sont les Africains eux-mêmes qui doivent former les leurs... "
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      Quant à Mère Marie-Salomé, j'en retiens sa ténacité devant le Fondateur en le suppliant de garder la Congrégation vivante. Elle voyait l'importance de se donner à tous. Avec le Cardinal, elle nous répétait souvent le " Tout à tous " de saint Paul. Elle redisait bien souvent, elle aussi, : " Aimez-vous les unes les autres, soyez bonnes entre vous, restez unies, gardez l'esprit de corps... "
Notre anneau est pour moi le signe de mon engagement avec le Christ. Au long des années, j'ai souvent eu l'occasion de parler à mes neveux et nièces de mes choix, de ma vie en mission, de mes débuts. J'ai toujours été consciente que mon choix s'est fait librement et qu'au moment de mes vœux, je scellais une alliance avec le Seigneur.
Photos de Notre-Dame d'Afrique :  La Vierge tient une place très importante dans ma vie, et pour plusieurs d'entre nous. La Vierge du Vœu représente toute une histoire de notre Congrégation. Cette photo et d'autres sont présentes dans notre maison.  Nous avons aussi adopté une de ces photos, celle de la Vierge noire de la basilique de Notre-Dame d'Afrique, pour la remettre aux LMNDA, qui désirent faire partie de la famille lavigérienne en signe d'appartenance à notre famille.

 

4. LUCILE HABIMANA

      La croix, est notre signe d'appartenance au Christ et à la Congrégation. Le Pélican avec la devise de Lavigerie, veut concrétiser le don de soi. Notre-Dame d'Afrique concrétise notre dévotion à Marie, qui est notre modèle et notre protectrice. Elle représente aussi quelques moments clés du début de notre Congrégation. La carte d'Afrique représente notre champ d'apostolat, et surtout ce continent tant aimé par notre Fondateur.

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5. ANAFRIDA BIRO

      Ces représentations ont une grande signification pour nous (communauté), et elles nous touchent toutes :
Notre Croix sans " Corpus Christi " représente la résurrection. Avec elle, nous nous sentons invitées à annoncer le Christ ressuscité, mais aussi à ressusciter et renouveler le monde par l'amour fraternel. Cette Croix aussi " c'est nous ", le seul signe distinctif qui nous lie où que nous soyons.
La Carte d'Afrique signifie que ce continent représente pour nous beaucoup de choses :

      L'Afrique est la raison d'être des SMNDA. En Afrique, quelles que soient nos origines, nous nous sentons chez nous ! C'est un continent riche au niveau géographique, économique (avec encore beaucoup à exploiter), culturel (diversité des langues, religions, coutumes, façons de faire), aussi il y a assez d'espace. Un continent chaleureux, qui tend ses mains pour accueillir l'autre sans beaucoup de complication (en général). Mais c'est aussi un continent qui a beaucoup de besoins à tous les niveaux : développement général, santé, éducation, leadership, etc. C'est un continent qui a besoin de Jésus ressuscité à travers ses disciples d'aujourd'hui et toutes les personnes de bonne volonté. Pour moi, Anafrida, étant d'origine africaine, l'Afrique est mon continent d'origine et représente " chez moi ".

Le Pélican et " Caritas " symbolisent la spiritualité que le Cardinal a voulu nous transmettre, le don de nous-mêmes à l'image de Jésus.

      Les Photos du Cardinal Lavigerie, de Mère Marie Salomé et Notre Dame d'Afrique rappellent notre naissance, notre histoire et notre mission. Pensons à l'invocation " Notre Dame d'Afrique priez pour nous et pour les musulmans ".
Notre Dame du Vœu rappelle la persévérance de Mère Marie-Salomé quand le Cardinal voulait supprimer notre Congrégation.  Nos Constitutions nous unissent et nous appellent à la fidélité.

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III. COMMENT SONT-ILS UTILISÉS ?

1. INGRID HAGER

      Ici encore, Ingrid Hager partage largement son expérience.
Dans nos activités d'AMV, nous utilisons nos symboles de manière à identifier notre Congrégation. Quand les jeunes filles viennent chez nous et participent à des week-ends de rencontre " Viens et vois ", elles découvrent notre nom, des reproductions de Notre-Dame  d'Afrique et de notre Fondateur, quelques photos de nos communautés internationales et interculturelles, des pays d'Afrique où nous sommes présentes et la croix que nous portons. Nous leur montrons des reproductions et des vidéos sur notre manière de vivre en Afrique en tant que femmes apôtres se faisant tout à tous.  Pour qu'elles puissent entendre parler de l'Afrique en tant que continent, nous leur donnons un témoignage personnel, revêtons les vêtements africains, leur apprenons des chants africains et leur montrons des pièces d'art africain.

      En union avec toute notre province CUM, nous prions pour les vocations tous les mercredis et utilisons la prière à Notre-Dame d'Afrique.

      Dans les expositions vocationnelles, nous présentons le continent de l'Afrique, nos communautés interculturelles, N.D. d'Afrique et distribuons des dépliants décorés avec nos symboles. A l'occasion du mois de la mission, en 2005, nous avons organisé un défilé avec cinq voitures représentant les cinq continents. Sur celle de l'Afrique, nous avions N.D. d'Afrique en personne, des gens habillés comme des chrétiens et des musulmans en dialogue, une banderole avec la phrase " Le salut est pour tous ". Nous récitions le rosaire, battions du tambour et chantions en langues africaines.
Le continent africain en tant que symbole est utilisé par beaucoup de congrégations aussi bien que des sociétés, entreprises, groupes, arts, etc.
Les gens voient notre croix et la connaissent, bien que généralement nous n'en parlions pas. Nous chantons le " Sancta Maria " pour les fêtes de la Congrégation, dans la communauté mais pas en public.
Notre nom " Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique " et la forme de notre croix sont propres à notre Congrégation.

Quant au Pélican, j'ai pu le voir en beaucoup d'endroits en Allemagne, notamment dans des églises sur le tabernacle ou tout près. Ici à Morelia, au Mexique, je l'ai vu comme pied d'autel, et à Joigny, en France, on peut le voir là où est née Madeleine Sophie Barat, fondatrice des Sœurs du Sacré Cœur, en broderie précieuse qu'elle réalisa elle-même à l'âge de 16 ans.

      Notre Sœur Maria del Carmen Ocon vient de la paroisse " Notre-Dame d'Afrique " dans le sud de l'Espagne. Au Zimbabwe existe une Congrégation appelée " Sœurs de Notre-Dame d'Afrique " qui doit aussi avoir sa statue.

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Nos symboles dans une célébration

2. MARION CARABOTT

      J'ai vu la Croix SMNDA dans une église de Cendajuru, au Burundi, où nos sœurs ont autrefois travaillé - une mission que nos sœurs ont finalement quittée.
Beaucoup d'entre nous ont vu le Pélican dans des églises, et quelques-unes l'ont vu aussi dans la chapelle du " Bar Convent ", couvent des Sœurs de Mary Ward à York. Pour ces sœurs, c'est un symbole de don total de soi.
J'ai moi-même utilisé ces symboles en parlant de notre Congrégation avec d'autres et en essayant d'expliquer notre charisme et notre appel. Lorsque j'étais engagée dans la formation, je me suis souvent référée à ces symboles de manière à favoriser un grand sens d'appartenance. Évidemment, je me suis toujours référée aux Constitutions.

3. MADELEINE LACOURSIERE

      La carte de l'Afrique est importante pour nous. Nous en avons une tout juste sur le mur à l'entrée de la maison. Un Algérien venant porter un colis a reconnu son " chez lui " en Algérie. Nous avons pu avoir un dialogue intéressant...  et il est devenu notre ami. Nous utilisons souvent cette carte lors de nos journées de formation avec les LMNDA et au moment de quelques visites dans les écoles sur les murs desquelles elle est souvent présente.

pta_julie Le Pélican : Des statuettes de toutes formes en matériaux différents et plus ou moins stylisées, représentent le Pélican nourrissant ses petits.
Prière à Notre-Dame d'Afrique : Cette prière nous a été transmise dès les débuts de la Congrégation. Elle a plusieurs fois été " ré-actualisée ". Nous la remettons aux LMNDA. Nous la récitons souvent au cours de notre prière du soir et durant les périodes d'immersion, dans nos célébrations et aux fêtes de la Vierge.
Le Sancta Maria est employé lors des fêtes de la Vierge, de la Congrégation et aussi aux funérailles de nos sœurs. Prier, c'est se souvenir, c'est adopter tout moyen qui vise à nous ramener au cœur de notre expérience.

4. LUCILLE HABIMANA

      Notre-Dame d'Afrique est dans beaucoup des nos chapelles dans différents pays. Ici au Burkina; elle est bien représentée dans une nouvelle église tenue par les Missionnaires d'Afrique ; ils ont même fait sortir un pagne  avec Notre-Dame d'Afrique. Ce pagne a eu du succès.

      Le Pélican, ici (Burkina) on le trouve dessiné sur les murs ou portes d'entrées de maisons de Missionnaires d'Afrique ou sur les murs de maisons de formation et même au niveau d'un centre de formation pour les étudiants et les élèves. Dans notre chapelle, affiché contre le mur, il est très beau et fait en cuir. L'image de pélican est aussi imprimée sur le foulard que portent les membres associés de Bukavu.

      On trouve la photo de Lavigerie sur le mur du Lycée technique Charles Lavigerie commencé par nos sœurs. Les filles qui étudient dans ce Lycée portent un uniforme, Tee-shirt et pagne sur lequel est imprimée la photo de Lavigerie. Les photos de Lavigerie et de Mère Marie-Salomé sont bien visibles dans nos communautés.
     
J'ai eu plusieurs fois à utiliser ces symboles et images : lors de la prière communautaire, dans les célébrations de premiers vœux, renouvellement de vœux, sorties d'animation missionnaire vocationnelle, remise de croix, prières pour être en communion lors des évènements importants dans la Congrégation (Chapitre, jubilé de présence missionnaire, de vie religieuse).

5. ANAFRIDA BIRO

      Nous utilisons souvent ces symboles et images au cours des moments importants de notre vie ensemble : prière communautaire, réunions intercommunautaires, chapitres ; pour l'animation vocationnelle ; lors du renouvellement des vœux, jubilés et fêtes de la Congrégation. Nous pouvons aussi expliquer notre Congrégation aux personnes qui viennent chez nous et qui voient ces symboles dans notre maison.

      Toutes, nous trouvons important de rappeler que quatre de ces symboles sont indispensables pour caractériser notre famille SMNDA, pour nous-mêmes aussi bien que pour l'extérieur : Notre Croix, le Pélican, l'Afrique et Notre Dame d'Afrique.

      Et, elle propose une nouvelle représentation :
Dans une carte d'Afrique, dessiner comme suit :

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En haut, à droite, (Libye, Niger, Tchad, Soudan et Egypte) placer le Pélican.
A gauche du Pélican, notre Croix, dessinée assez largement pour qu'elle dépasse un petit peu la frontière nord de l'Afrique au niveau du Maroc et à l'ouest de l'Afrique (la Mauritanie) alors que le sud de la croix touche la Côte d'Ivoire.

Puis, aux pieds du Pélican, un grand " Caritas " écrit comme un arc-en-ciel, tourné vers le haut ; entourant " Caritas " un arc-en-ciel avec cinq couleurs représentant les cinq continents d'où nous venons: l'Afrique en vert, l'Amérique en rouge, l'Europe en blanc, l'Australie et l'Océanie en bleu et l'Asie en jaune.

Des mains de teintes différentes, posées l'une sur l'autre, les doigts noués au milieu et autour, le reste des mains formant un cercle pour représenter notre esprit de Corps, notre unité dans la diversité.
Et une nouveauté :
Chapelets (dizainiers) faits avec des grains de chapelets blancs et noirs comme les rosaires de nos premières sœurs représentant bien l'esprit de Corps.

Le chapelet comme les sœurs l'ont porté autrefois.

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LA VIE SE PARTAGE

D'ANNAMARIE À PIERRETTE, le service de communion se transmet.

      Après trois années de service dans la communauté de Rome où elle s'est tellement investie, ANNAMARIE HIMMELRICH va pouvoir profiter d'un vrai temps de repos avant une autre obédience. Avant son départ, la communauté a tenu à la remercier pour sa présence paisible, fraternelle et discrète au milieu de nous, ses sœurs, et auprès de toutes les nombreuses personnes venant de l'extérieur : celles qui assurent avec dévouement les services quotidiens de la maison ; les SMNDA qui, de passage à Rome en diverses circonstances, sont nombreuses à séjourner dans notre maison de famille ; enfin les familles et ami(e)s de chacune, qui y trouvent toujours un accueil bienveillant, pour une visite, un repas ou davantage...

      L'accueil n'est-il pas le mot-clé de notre Projet apostolique ? Annamarie a toujours su l'assurer avec bienveillance et disponibilité à l'égard de tous. C'est cela que, avec les sœurs du Conseil général alors présentes à Rome, nous avons voulu évoquer dans une prière spécialement préparée pour l'occasion, et au cours de laquelle nous avons été invitées à " tenir en éveil la mémoire du Seigneur ". Le rappel du contenu essentiel du Projet que Annamarie a largement contribué à rendre vivant, nous y a bien aidées. Puis chacune put exprimer librement ses raisons de rendre grâces pour ces trois années vécues ensemble. N'oublions pas la soirée festive avec ses petits cadeaux qui rappelleront à Annamarie cette période romaine.

      Avant son départ, elle a pu accueillir avec nous notre nouvelle responsable, PIERRETTE COUDÉ, arrivant dans cette ville de Rome qui ne lui était pas inconnue. En effet, elle avait eu l'occasion de la visiter lors de son séjour de six années à Frascati, où elle fut secrétaire générale. Un nouveau séjour, plus bref, à Rome même, s'était présenté lorsque l'an dernier, après son retour d'Afrique et sept années en France pour deux services de supérieure, elle avait participé en mars 2007 à la session des 60-75 ans. Le point de vue n'est plus le même, bien sûr. C'est à un nouveau service que Pierrette est appelée.

      Le passage de l'une à l'autre s'est fait le 30 avril, fête de N.D. d'Afrique au cours de notre Eucharistie hebdomadaire. Il a été signifié pendant l'Offertoire, par un geste symbolique. En effet, pour se représenter elle-même, la communauté avait choisi une plante remise à Annamarie pour qu'elle l'offre à Pierrette, après l'avoir arrosée une dernière fois. Ce geste voulait signifier le soin qu'elle avait pris de notre communauté au cours de ses trois années de présence, en favorisant sa croissance et son épanouissement dans l'unité. Pour accomplir ce geste, Annamarie reçut en souvenir une petite cruche, copie d'une œuvre romaine ancienne, remplie d'eau pour l'occasion.

      Il ne nous reste plus qu'à remercier l'une et l'autre, Annamarie pour la manière dont elle a assuré son service de communion auprès de nous, et Pierrette pour avoir pleinement accepté sa nouvelle obédience. Nous lui souhaitons de tout cœur la bienvenue dans sa nouvelle communauté.

La communauté de Rome

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LA FOI EN JESUS CHRIST EST ENCORE LÀ !


Le 21 octobre 2007, dimanche missionnaire, la liturgie du jour nous rappelait la question posée par Jésus, il y a plus de 2000 ans : " Quand le fils de l'homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? " (Lc 18,8). C'est une question que, personnellement, je me pose souvent et qui ne me laisse pas indifférente. Je ne veux pas m'habituer à tolérer l'intolérable en répondant " Non ! Jésus Christ ne trouvera pas la foi sur terre ". Le besoin prodigieux de croire habite en chacun. Je me sens interpellée par ces mots que j'ai lus une fois : " Va, donne à mon peuple une idée de qui je suis. " -" Mon Peuple est ici et ailleurs " comme dit Robert Lebel, dans son chant-thème pour le Congrès Eucharistique International de 2008 à Québec : " Des quatre coins de notre terre, de chez nous et d'ailleurs, que tout un peuple dans sa prière célèbre son Pasteur ".

Un jour, Jésus de Nazareth demanda à ses apôtres : " Pour vous, qui suis-je ? " Et aujourd'hui, Il m'invite à répondre personnellement à la question de savoir si je veux réellement vivre en chrétienne...  Est-ce que je connais vraiment Jésus Christ ? Je pense que c'est un appel urgent à réveiller ma foi dans les Écritures, spécialement les quatre évangiles de Marc, Matthieu, Luc et Jean. Ils représentent une expérience de foi qui nous vient des premiers chrétiens. Recommencer une fois encore à partir de Jésus Christ. Renouveler le contact avec les Écritures dont Jésus est le cœur.

      Quel trésor que la Bible ! Elle demeure le plus grand succès dans le monde avec plus de 30 millions d'exemplaires vendus chaque année. Cela parle de soi ! La Bible est traduite intégralement ou en partie dans plus de 2400 langues. C'est prodigieux ! Les Écritures sont écrites pour nous éduquer : " Mets-toi à mon école ! " a dit Jésus de Nazareth, de telle sorte que nous devons garder l'espérance (et Dieu sait combien nous en avons besoin aujourd'hui), grâce à la persévérance et au courage que donnent les Écritures (Rom 15, 4). C'est là que j'apprends comment être chrétienne. Je découvre lentement quelle l'attitude j'ai à l'égard de Jésus de Nazareth, à la fois l'un de nous et Messager de Dieu, son Fils unique.

      Moi-même, j'ai étudié la " religion " dans ma famille, à l'école, dans ma paroisse, mais m'enraciner dans le christianisme m'a pris du temps. Je suivais la religion, mais est-ce que je suivais Jésus-Christ ? Le visage du Dieu-Amour - dont la " carte de visite " est Miséricorde - ne m'était pas si familier. Ayant reçu ce visage, je l'ai assumé très vite sans avoir le temps de le digérer, c'est-à-dire de le remettre en question, d'hésiter à croire, etc. De centrer ma vie sur Jésus Christ dont nous disons : " Lui qui a passé en faisant le bien " (Ac 10, 38) ; de placer Jésus Christ au cœur de notre culture et de continuer à ouvrir les portes de nos cœurs à une fraternité universelle, " Ephphatha... Ouvre-toi ! " (Mc 7, 35).

      Dans un article, Nelson Mandela a écrit : " La bonté de l'humain est une flamme qui peut être cachée, mais jamais éteinte. " J'ajouterais que la foi chez l'humain est, elle aussi, une flamme qui peut être cachée mais jamais éteinte ; c'est comme le feu sous la braise. Ainsi en est-il pour nous au Québec, c'est une partie de notre héritage. Il est difficile d'évacuer les éléments religieux de notre patrimoine.

      J'ai lu avec joie, dans la revue Pastorale Québec, ce que M.René Tessier a écrit : " Il y a une progression actuelle du sentiment religieux sur la planète, il y a résurgence du religieux aux quatre coins du globe ; la mondialisation et la démocratisation ont joué en faveur de Dieu. " S'attendait-on à cela ?

J'AIME OBSERVER LES BRAISES ROUGEOYANT SOUS LA CENDRE. En effet, le feu brûle encore sous les cendres. Je crois que l'avenir de l'Église, de l'Humanité, est dans toutes ces pousses fragiles qui nous entourent et que nous pouvons si facilement ne pas voir ou compter pour rien. Je pense aussi que les jeunes et les moins jeunes aiment exprimer leur foi dans un langage poétique et symbolique. Ainsi par exemple, une jeune Zambienne me disait, à la fin d'une retraite dirigée : " Je sentais que la foi en mon Dieu était comme des braises sous la cendre. Vous m'avez aidée à la dégager des cendres, et le feu a repris. Merci ! " Une autre affirmait, en montrant sa Bible comme un symbole, que c'était la première fois qu'elle saisissait le lien vital entre sa vie de tous les jours et la Parole de Dieu, lien essentiel à faire, si elle voulait vraiment être chrétienne.

      J'aime cette réflexion de Jean Martucci : " Tant qu'il y a des visages tournés vers l'avenir et non vers le seul passé, non vers le seul présent et non vers le ciel seulement, un regard capable de croire que demain vaut déjà la peine d'être vécu, qu'il y a une vie au-delà de la mort et tout un monde au-delà du monde, l'affaire Jésus continuera ".

      J'aimerais conclure avec ces paroles de notre Fondateur, le Cardinal Lavigerie. En 1870, un musulman algérien lui demandait : " Qui êtes-vous? " Réponse du Cardinal : " Je suis disciple d'un Maître qu'on n'a jamais pu enfermer dans un tombeau ". " Le Fils de l'homme, quand il reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre  " (Lc 18, 8) ? Je réponds : Oui ! Telle est bien la foi chrétienne !


Gaby Lepage, Lusaka Chilenje, Zambia

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" DE MA FENÊTRE "  (Mémoires de Léonie Goulet)

      Léonie Goulet nous fait part du lancement à Québec, en janvier 2008, de son livre De ma fenêtre où elle partage la mémoire de ce que fut sa vie, en famille d'abord, puis tout au long de sa vie de SMNDA. Voici un extrait de la présentation qui en a été faite par Madame Céline Jacques :

      " Léonie a décidé un jour d'ouvrir le tiroir de ses souvenirs pour nous faire découvrir l'attachement pour sa famille, son amour de la vie, son parcours missionnaire en milieu musulman, mais surtout la richesse d'un contact humain et la solidarité d'une communauté de femmes vouée à l'entraide  humanitaire en milieu défavorisé. Vous découvrirez que porter la Parole de Dieu dans un pays aux croyances différentes des nôtres, se fait par une présence silencieuse et solidaire, qui ne peut trouver ses racines que dans la foi. Vous découvrirez qu'une relation humaine basée sur le respect et l'écoute porte souvent des fruits inattendus. Vous découvrirez également que passer sa vie en Afrique demande du courage pour revenir définitivement et se réadapter à son propre pays. " Des exemplaires de ce livre de 220 pages peuvent être demandés aux SMNDA de Charlesbourg, Québec.

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PROMENADE A TRAVERS LES ARCHIVES

PETITE HISTOIRE DE NOS SYMBOLES

      Les diverses contributions apportées à la constitution du dossier de ce numéro de Partage offrent déjà une bonne introduction aux origines des symboles qui rythment l'histoire de notre famille SMNDA. Une " Promenade à travers nos archives " permet d'ajouter quelques détails à ce parcours si émouvant à travers nos symboles.

      Un " insigne " de notre famille Smnda : la silhouette de notre Croix :
Comme le raconte l'Histoire des Origines de la Congrégation (H.O.) la croix qui complétait notre costume religieux s'est transformée au cours des années. Nos toutes premières sœurs, les " Géronimites ", portaient, incrustée sur leur scapulaire blanc, une croix de couleur rouge, en forme de " croix de Malte " (Cf. H.O. p. 80). Il s'agit, selon les historiens spécialisés en la matière, d'un symbole très ancien porté sur le manteau de chœur, par l'ordre militaire et religieux des Templiers, fondé au 12ème siècle  à Jérusalem pour la reconquête des Lieux Saints.

      Mais cette croix allait très vite être remplacée par un crucifix de bois noir sur fond d'argent, d'une forme courante pour les religieuses de l'époque. Dans un premier temps, selon les Constitutions de 1876, alors que la Congrégation comprenait deux classes de sœurs, seules les " Mères professes " portaient ce crucifix suspendu à un cordon violet, tandis que les " Sœurs coadjutrices " avaient une croix rouge sur leur scapulaire (Cf. H.O. p. 175). En 1879, ces deux classes étant fondues en une seule ; habit et croix devinrent les mêmes pour toutes les sœurs. En 1887, le cordon violet fut remplacé par un cordon rouge à la demande du Pape Léon XIII. Le Cardinal l'avait rencontré lors d'une première approbation de nos Constitutions. A cette occasion, le Pape lui avait dit : " Pourquoi ne pas leur donner un cordon rouge, puisqu'elles sont destinées à aller dans un pays où il y a déjà eu tant de martyrs ? " En racontant l'entrevue, le Cardinal ajoute : " J'ai reçu cette parole comme venant de Dieu même ; le rouge, c'est la couleur des cardinaux, mais c'est aussi celle du martyre... Jusqu'à présent vous aviez porté des rubans violets (...) Le violet signifiait l'humilité (...) Désormais, vous serez envoyées dans le pays du martyre, tandis que jusqu'à présent vous étiez demeurées dans le pays du travail. " (H.O. p. 461) La référence au martyre n'était pas nouvelle pour notre Fondateur. N'avait-il pas inscrit au bas d'une demande d'admission des premiers MAfr : " Visa pro martyrium " ? Les Constitutions de 1882 envisagent cette perspective. La formule a été reprise dans nos Constitutions actuelles : " Nous faire tout à tous, ne reculant devant aucune peine, pas même devant la mort, pour contribuer à étendre le Règne de Dieu " (Const. n° 9).

      Le Chapitre général d'aggiornamento réuni en 1965 dans la foulée de Vatican II allait apporter des changements notables  à notre croix et à notre habit, qui n'avait que très peu évolué depuis 1887. Il s'agissait d'alléger l'ensemble pour une meilleure adaptation à la mission. Les capitulantes avaient émis le désir de voir remplacer la croix d'argent par une croix plus petite. Par souci de pauvreté, le choix s'était d'abord porté sur une croix de bois. Mais après réflexion, il fut décidé d'adopter une matière moins légère et c'est ainsi que, à la demande de Mère M. Mechtildis, nouvelle supérieure générale, une nouvelle croix fut façonnée en Allemagne. Pour les sœurs envoyées dans des pays musulmans, cet insigne apparaissait aussi plus discret. Les musulmans, en effet, considèrent que le crucifix symbolise ce qu'ils considèrent comme une erreur très grave et même un blasphème. En effet, selon le Coran, Jésus n'est pas mort en croix, mais a été élevé directement au ciel. Cette croix est reçue le jour de la première profession en signe d'appartenance à notre famille religieuse, tandis que le traditionnel anneau d'argent porté dès l'origine, est remis le jour de la profession perpétuelle, en signe d'alliance définitive avec le Seigneur.

      L'antienne du Sancta Maria a été adoptée en 1876. Elle exprime l'attachement à la Vierge Marie des SMNDA et des MAfr. " La prière du soir se termine par le chant de l'antienne Sancta Maria, afin de mettre ainsi la Mission sous la protection de la Très Sainte Vierge " (Const. 1876, p. 39). Il s'agit d'une prière très ancienne composée par saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Algérie), et remise à l'honneur avec la création du pèlerinage à N.D. d'Afrique. Elle faisait partie des antiennes des " Petites Vêpres " chantées tous les dimanches soir à la basilique. Le Cardinal l'aimait et il la fit adopter par ses missionnaires. Ceux-ci, Pères d'abord, puis Sœurs partant pour l'Afrique subsaharienne en concluaient fidèlement leur prière du soir sur les bateaux qui les y conduisaient. Ils plaçaient ainsi leur apostolat sous la protection de la Mère de tous ceux qui se sentent faibles et pauvres. Le Sancta Maria est ainsi devenu l'hymne traditionnelle de nos deux familles religieuses.

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Quant à Notre-Dame d'Afrique, elle est vraiment la patronne de notre famille religieuse (Const. n° 4). Nous connaissons bien l'histoire de cette statue et du sanctuaire qui l'abrite (Voir A bras ouverts, Rome 2007, p. 3-5). Sa reproduction peinte sur métal émaillé par un artiste mexicain, accueille dès leur entrée, les visiteurs de la Maison générale à Rome. Une calligraphie arabe en fer forgé " Reine de l'Afrique " en précise le titre.

      Une autre statue qui nous est aussi très chère doit être reliée à cette Vierge. C'est celle de Notre-Dame du Vœu installée par Mère Marie-Salomé en 1885, dans la cour intérieure de la Maison-Mère de St-Charles. Ne s'y était-elle pas engagée au cours d'une très longue et ardente supplication aux pieds de N.D. d'Afrique, lorsque le Cardinal avait décidé de dissoudre la Congrégation ? Conformément au vœu de Vénérée Mère, la statue a suivi la Maison générale dans ses trois transferts. Après avoir passé 29 ans à Frascati (1964-1993), elle se trouve aujourd'hui dans le jardin de notre maison de Rome.

      Notre-Dame du Vœu ressemble à Notre-Dame d'Afrique. D'ailleurs, Mère Marie-Salomé l'invoquait toujours sous le nom de Notre-Dame d'Afrique, ainsi qu'elle l'explique dans une Lettre circulaire du 4 juillet 1898 : " Dans les 29 années écoulées depuis la fondation de notre petite Société, que de grâces lui ont été accordées par l'intermédiaire de Notre-Dame  d'Afrique ! Nulle d'entre vous n'ignore combien de fois l'humble barque de notre Congrégation a été menacée du naufrage, et comment Marie l'a sauvée du péril. C'est en reconnaissance de l'une de ces délivrances, peut-être dans le plus grand danger que l'Institut ait jamais couru, qu'en 1885 nous avons érigé la statue de N.D. d'Afrique dans la cour du Monastère de St-Charles " (A l'écoute de Mère M. Salomé, p. 55). Tous les soirs après la dernière prière du jour, jusqu'à ce que nous quittions ce monastère en 1964, les sœurs se rassemblaient autour de la statue pour chanter le Sancta Maria avant de se disperser pour le coucher.

Notre patrimoine affectif garde encore plusieurs autres statues de Marie. L'une d'elles, " Notre- Dame-des Vignes ", a été érigée, elle aussi, en 1885. Elle avait été placée au point le plus haut des terres qui entouraient St-Charles. De là, elle veillait sur les vignes plantées dès les débuts de la fondation, ces vignes dans lesquelles nos premières sœurs et d'autres à leur suite, ont tant travaillé. Depuis 1960, cette statue se trouve, elle aussi, dans le jardin de la maison de Rome.

      Rappelons encore une autre statue, celle de " Notre-Dame de la Paix ". Son histoire s'est transmise de sœurs en sœurs. Marie-Thérèse Freudenreich (Verrières-le-Buisson) nous la redit. " Sr M. Magdeleine Guillaumin écrivait en 1986 : 'En 1909, face au portail d'entrée qui donne sur la cour de devant, fut érigée la statue de Notre-Dame de la Paix' " (A la découverte de St-Charles Orphelinat, Hier et aujourd'hui, p. 6). Cette statue se trouvait auparavant à Kouba, comme l'explique en 1987 à Louise Fricoteaux alors archiviste à Frascati, l'Abbé J. Oumedjkane d'Alger : " Le Grand Séminaire installé à Kouba a été pris par l'État, de 1904 à 1950 (...) Il se pourrait que la statue ait été donnée à St-Charles en 1904. " Cette statue se trouve aujourd'hui dans le jardin de la maison qui a pris la suite de St-Charles, sur les hauteurs d'Alger, à Hydra, chemin Parmentier.

      En 1993, le jardin de la maison de Rome a aussi accueilli le carillon de la Villa Vecchia composé de quatre cloches. Celles-ci avaient été installées près des Attafs, à 190 k à l'ouest d'Alger, où Mgr Lavigerie avait fondé en 1873, un village agricole destiné à accueillir les premiers ménages d'orphelins. Un hôpital s'y ajouta en 1876. En 1901, nos sœurs firent bâtir une chapelle dédiée à Notre-Dame du Chéliff en reconnaissance à Marie qui avait sauvé la Congrégation dans ses débuts difficiles. Terminé en 1901, le petit sanctuaire reçut ce carillon réalisé tout exprès et béni le 2 juillet 1901. Les cloches sonnèrent durant des années, à toutes les fêtes de la Ste Vierge, lorsqu'on y célébrait la messe et aux jours de pèlerinage : les villages des environs y venaient en procession. Après l'Indépendance du pays, presque tous les chrétiens ayant quitté le pays et les paroisses n'existant plus, les cloches furent transportées à la Villa Vecchia en 1965, où elles sonnent pour toutes les grandes occasions (Cf. Notes de Marie Lorin 1979).

      Chacune porte un mot d'une louange : Sit nomen Domini benedictum (Que le nom du Seigneur soit béni). Leur nom rappelle quatre personnes : Marie-Gabrielle, l'une des quatre premières sœurs de la Congrégation, Anna-Maria, la bienfaitrice qui offrit le carillon, Marie Gonzague, supérieure de l'hôpital des Attafs qui accompagna Mère Marie-Salomé lors de la fameuse entrevue avec notre Fondateur en 1885, et enfin, Marie-Salomé à la ténacité de laquelle la Congrégation doit d'avoir survécu.

      La Maison générale recèle encore bien d'autres souvenirs attachants ! Ainsi un grand portrait du Cardinal. Il s'agit d'une reproduction réalisée en 1891, par G. Dehuisserre, MAfr à partir d'un portrait exécuté par L. Bonnat et conservé par les MAfr. Ce portrait a, lui aussi beaucoup voyagé. Installé dans la salle du Chapitre à St-Charles, puis à Frascati, il a put suivre toutes les délibérations qui s'y sont tenues jusqu'en 1993. Il est maintenant placé au premier étage de la Maison de Rome.

      Rappelons encore le Pélican et la devise " Charitas " insérés dans le vitrail moderne qui orne la porte de la chapelle de Rome. A Rome encore, on peut voir ce blason dans l'église de Ste Agnès hors les Murs dont le Cardinal fut titulaire après sa promotion au cardinalat. À Alger, le blason reste encore bien visible et intact, sur les murs de l'ancien petit séminaire diocésain, résidence des évêques, devenu aujourd'hui lycée d'État. Un groupe de SMNDA, a eu le privilège de visiter ces lieux vers 1995 et a pu ainsi retrouver avec émotion les traces encore intactes de ce symbole maintes fois reproduit sur les murs de l'immeuble. C'est là que notre Fondateur a rendu son âme à Dieu, tout en pouvant encore contempler la basilique de Notre-Dame d'Afrique bien visible de la fenêtre de sa chambre à coucher.

Lucie Pruvost, Rome

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Partage Trentaprile est publié 5 fois par an par les Sœurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique, Viale Trenta Aprile, 15 - 00153 Rome, Italy  -
Courriel: l.pruvost@smnda.org; pruvostlucie@hotmail.com

Comité de rédaction: Chantal Vankalck (G.C.), Lucie Pruvost (Editrice), Madeleine Bédard (mise en page et impression), Hildegunde Schmidt (archiviste) - Traductions: Claire Bélanger - Doris Gastonguay – Mr. A.C. Robb - Expédition: Nicole Robion