Marie-Renée
Roudaut
qui deviendra plus tard Mère Marie-Salomé
est parmi les premières femmes à répondre
à l'appel de Monseigneur Lavigerie.
Marie-Renée
Roudaut
naît en Bretagne (France) en mars 1847, d'une famille
d'agriculteurs.
Elle
veut être religieuse, mais ne sait pas où le
Seigneur l'appelle. Or sa cousine, Yvonne, n'a pas pu terminer
son noviciat à Alger, pour raison de santé.
A son retour en Bretagne, Marie-Renée lui pose des
questions sur sa vie en Algérie. Yvonne raconte le
dur travail des champs, pour assurer leur subsistance et
celle des orphelines confiées à leur soin
à la suite de la famine. Marie-Renée pressent
que c'est là que le Seigneur l'appelle.
Elle
décide de partir en Afrique. La séparation
est difficile. Le 2 octobre 1871
elle part pour le postulat de Vans (France), puis en janvier
1872, pour l'Algérie.
Là-bas,
les conditions de vie des surs et le dur travail préparent
les futures missionnaires aux difficultés qu'elles
rencontreront au cours de leur vie d'apôtres. Au noviciat,
Marie-Renée reçoit le nom de religion de Soeur
Marie-Salomé. Après sa profession,
en juillet 1873, elle est chargée pendant un certain
temps des jeunes filles orphelines que le Cardinal Lavigerie
a recueillies. Elle s'avéra une vraie éducatrice,
exigeante et aimable, qui savait comment aimer les filles
et les éduquer même lorsqu'elles cultivaient
les vignes.
En 1874
elle est envoyée aux Attafs, où le Cardinal
a établi un village pour les orphelins devenus adultes.
En 1878,
avec deux compagnes, elle est nommée pour la nouvelle
fondation des Ouadhias, en Kabylie. Ici, les surs
ont le strict minimum, mais la pauvreté ne les effraie
pas. De plus, leurs journées sont bien remplies avec
une école-ouvroir pour fillettes, un dispensaire,
et la visite régulière des familles dans les
villages environnants. Sr Marie-Salomé y vécut
un temps inoubliable, dans une communauté où
la joie, le partage et la prière étaient bien
présents.
En 1879,
elle retourne aux Attafs où elle est nommée
supérieure de la communauté.
En 1880
le Cardinal la choisit comme Maîtresse des novices.
Au Chapitre
général de 1882, elle est élue Supérieure
générale de la Congrégation.
Trois
ans plus tard, le Cardinal se croit forcé de supprimer
la congrégation qu'il a fondée, parce qu'elle
lui semble manquer de surs ayant les qualifications
requises pour la direction des oeuvres et pour l'administration
de ce nouvel Institut.
Forte
de la certitude que Dieu veut cette congrégation,
Mère Marie-Salomé ose s'opposer au Cardinal.
Elle est soutenue par toutes les surs qui, comme elle,
tiennent à leur vocation missionnaire. Dans la prière,
elles demandent l'aide de Marie et le "miracle"
s'accomplit. Le Cardinal, ébranlé par le grand
désir des surs, change d'avis et la congrégation
vivra.
En
1894, un premier groupe de surs part pour l'Afrique
Equatoriale. Au cours des années suivantes, d'autres
surs suivront vers d'autres pays d'Afrique subsaharienne.