L'insécurité
est leur plus proche amie pendant des années en attendant
que leur demande d'asile soit acceptée.
Nous passons
une grande partie de notre temps avec les prisonniers qui attendant
leur expulsion, particulièrement avec les femmes. Nous
travaillons main dans la main avec le Service des Réfugiés
des Jésuites. Nous formons une équipe cuménique.
Notre service
consiste à conseiller les prisonniers, à prier avec
eux et elles, à fêter ensemble lors des jours de
fête, ou tout simplement à être avec eux et
elles dans leur joies et leurs peines en écoutant leur
histoire.
"Nous
étions obligées de payer avec notre corps",
les femmes que nous rencontrons nous disent souvent. Les femmes
qui demandent asile viennent très souvent de pays déchirés
par la guerre civile. Le danger d'être forcées ou
manuvrées dans la prostitution est très réel
pour elles. La prison en vue de l'expulsion est comme le globe
du monde à petite échelle. Nous y côtoyons
des femmes de tous pays : Russie, Ukraine, Pologne et Albanie,
Mongolie et Chine ; Sri Lanka, Thaïlande et les Philippines
; Kenya, Libéria, Sierra Leone, Côte d'Ivoire, Cameroun,
Ghana et Nigeria.
Dans leurs
récits, la plupart des femmes parlent d'un "homme
blanc gentil" qui les aidait à entrer en Allemagne,
mais beaucoup d'entre elles sont battues, droguées, menacées
d'être tuées si elles n'obéissent pas leur
gentil sauveur ou bien ceux qui font le trafic de femmes.
Un bon nombre
de femmes essaient de se suicider quand on leur dit qu'elles
doivent retourner dans leur pays; ou bien quand elles trouvent
que leur emprisonnement ne finit pas : six mois, neuf mois,
douze mois, même jusque 18 mois !
Ensemble
avec des ONGs nous tâchons d'améliorer ces situations,
et conscientiser des membres du Parlement et des partis politiques.
Entre temps nous essayons d'être un signe de solidarité
avec ceux et celles à qui nous sommes envoyées
pour vivre notre mission de présence dans un monde multiculturel
et interreligieux où Dieu nous devance toujours.