Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique (SMNDA)

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Les SMNDA au Burkina Faso

Les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique ont été présentes au Burkina Faso depuis 1900. Elles ont été les premières femmes missionnaires catholiques dans le pays.

Elles ont commencé des écoles, des hôpitaux, elles ont formé des catéchistes, des animateurs des communautés chrétiennes et elles ont aidé à la formation de trois congrégations religieuses dans le pays.


Le travail des SMNDA au Burkina Faso ces dernières années:

Des soeurs du Burkina
Les femmes du Centre Delwênde cultivent leurs champs. Au fond le centre

Delwênde, Lève-toi et marche!

Par Sr. Carmen Garcia

Le cinéaste burkinabé Pierre Yaméogo a réalisé un film sur le problème de la sorcellerie au Burkina. Pour cette réalisation il est venu avec sa camera au centre Delwênde dont Carmen Garcia est la directrice. Elle nous partage les motivations de ce cinéaste en réalisant le film "Delwênde, lève-toi et marche !"

Delwênde signifie "adosse-toi à Dieu ". C'est le nom que les sœurs qui m'ont précédée, ont donné au centre dont je m'occupe actuellement. Ce centre accueille des femmes qui ont été chassées de leur milieu, accusées de sorcellerie. Elles sont actuellement au nombre de 380 et il y en a toujours qui attendent d'être accueillies.

Au Burkina, toutes les ethnies croient à la sorcellerie, mais les Mossis sont spécialement durs contre les personnes soupçonnées de la pratiquer. On appelle ces personnes " mangeuses d'âmes ". Quand dans un endroit il y a un malheur : épidémie, mort d'enfants ou de jeunes, ce n'est pas naturel, il faut chercher la cause et le plus souvent, c'est une pauvre femme sans défense qui a mangé l'âme de ces personnes pour les faire mourir. Parfois on indexe un " sorcier ", mais beaucoup plus souvent une " sorcière " qui est alors chassée, frappée… Celles qui réussissent à arriver à un endroit comme notre centre, ont une grande chance parce qu'il y en a qui meurent sur le chemin avant d'arriver à la ville.

Sr. Carmen Garcia bavarde avec une des femmes du Centre Delwende.

Sr. Carmen avec des femmes du Centre Delwende

Le film " Delwênde, lève-toi et marche " a été réalisé, pour contrer cette tradition, par quelqu'un qui ne peut pas supporter que dans son pays cette coutume existe encore, le cinéaste Pierre Yaméogo. Il a déclaré à " Peuples du Monde ": " J'ai toujours été indigné par cette vieille coutume, encore suivie de nos jours, qui attribue à des femmes innocentes des pouvoirs maléfiques…Pour réaliser ce film, je me suis inspiré de l'histoire réelle d'une femme qui m'avait expliqué que son mari avait violé sa propre fille. Il s'était arrangé pour faire chasser son épouse du village (accusée de sorcière) afin d'éviter qu'elle ne le dénonce ".

Pierre Yaméogo a voulu rencontrer les responsables de notre Centre car, pour son film, il avait besoin d'avoir quelques séquences dans un centre d'accueil comme le nôtre et il voulait notre accord. Il est arrivé avec quelques-uns de ses collaborateurs et nous avons discuté ensemble sur le scénario qu'il nous avait laissé. Nous avons fait quelques remarques dont il a tenu bien compte par la suite. Il sait que nous ne voulons pas dans notre cour, des caméras, des appareils de photos et tout le manège qui les accompagne parce que les femmes ne les aiment pas. Tout ce tralala les dérange beaucoup car il ne fait que confirmer que si ces gens s'intéressent à elles, c'est parce qu'elles ne sont pas des femmes " normales ". Avec leur responsable, une femme chassée de son milieu comme les autres, nous avons discuté le pour et le contre de la demande de Mr. Yaméogo. Contre : nous sommes envahis par des gens qui aiment faire des photos, des vidéos de ces pauvres femmes qui ne demandent que la tranquillité. Pour : le film que Pierre Yaméogo voulait réaliser pouvait aider à sensibiliser les gens contre cette coutume. Le "pour " l'a emporté et les quelques séquences voulues par le réalisateur ont été filmées dans notre cour. " Delwênde, lève-toi et marche " a obtenu le prix de l'Espoir au Festival de Cannes ainsi que le Prix Spécial au Festival du film Francophone.

Avec beaucoup de gentillesse, le cinéaste et son équipe, dont les deux principales actrices, sont venus au Centre pour nous montrer le film et nous dire leur reconnaissance. Nous, les responsables, avons trouvé qu'il est bien réalisé et beau, mais lorsque j'ai demandé aux femmes si elles l'avaient aimé, elles ont fait un geste qui voulait dire " oui, mais c'est triste ". Nous avons compris que le sujet du film coïncidait avec leur propre histoire et qu'il avait remué chez elles beaucoup de souvenirs dramatiques. Aidera-t-il à casser une tradition absurde et cruelle qui fait tant de victimes dans ce pays?

Carmen Garcia,
Ouagadougou, Burkina Faso

Sr. Ana Maria Ygeño ouvre le "nid de termites", dont la terre résistante est idéal pour construire les cuisinières.


Améliorer les cuisines traditionnelles

Sr. Ana Maria Ygeño est une SMNDA espagnole. Elle a travaillé dans différents pays d'Afrique Occidentale (Burkina Faso et Tchad). Actuellement elle est au Burkina Faso où elle travaille avec les femmes pour améliorer leurs conditions de vie.

Dans une région où le désert avance chaque année, trouver du bois pour la cuisine est un problème pour les femmes, mais plus encore c'est un problème écologique, car cela détruit le peu d'arbres qui restent dans la région. Pour trouver une solution à ce problème, Ana Maria travaille pour introduire une cuisinière économique qui conserve la chaleur et la dirige seulement vers le pot. Cela réduit d'un quart l'emploie de bois en comparaison au système traditionnel du feu ouvert, où le pot repose sur trois pierres et où la plupart de la chaleur est perdue dans l'atmosphère.

Sr. Ana Maria montre aux femmes comment
construire la cuisinière et comment l'employer.
On apprend par l'expérience.

Les femmes veulent voir... Elles ne seront convaincues et prêtes à employer la nouvelle cuisinière que lorsqu'elles auront vérifié qu'elle répond à leurs attentes et que cela leur fera gagner du temps en ayant besoin de moins de bois et de moins de temps de cuisson.

Lorsqu'elles seront convaincues elles montreront les avantages aux autres femmes…

Moins de bois de chauffage, veut dire plus de temps à dédier à d'autres travaux et du temps pour leur formation personnelle.


L'ASIENA , " Ensemble et Avec"
un groupe de solidarité

Sr. Madeleine Jacqueminet, SMNDA, a travaillé pendant 4 ans pour que l' Association Inter-Instituts " Ensemble et Avec " (ASIENA) soit née.

ASIENA est une démarche de solidarité des Instituts Religieux Féminins du Burkina Faso et du Niger pour lutter contre la pauvreté, d'abord au sein de nos Instituts (" Ensemble ") puis dans des populations au milieu desquelles elles vivent (" Avec ").

C'est le fruit d'une longue histoire de collaboration entre les Instituts religieux de France et le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD), et les Religieuses du Burkina et du Niger.

Un groupe de Sœurs de l'Annonciation de Bobo, avec Sr. Claire Griffon, SMNDA.

En 1998, Sr. Madeleine était économe de la province de France. Elle a assisté à une session organisée par le CCFD, pour les Missionnaires en congé autour du thème "Solidaires des mêmes peuples, pour leur autonomie ". Sœur Emilie Somda, Sœur de l'Annonciation de Bobo y avait été invitée avec des Missionnaires du Burkina Faso. En janvier 2002, Sr. Madeleine était au Burkina Faso et la réflexion s'y est poursuivie . A ce jour, 30 Congrégations religieuses autochtones ou d'origine étrangère ont adhéré à l'ASIENA.

L'ASIENA est en train de créer 2 structures d'activités pour lutter contre la pauvreté :

  • Une Entraide Santé des Instituts (environ 600 sur 1200 Sœurs n'ont aucune couverture sociale au Burkina Faso et au Niger).
  • Une Caisse d'Epargne et de Crédit : ASIEC.

C'est dans cette dernière que Sr. Madeleine est davantage impliquée. Cette caisse doit :

    • recueillir et gérer l'épargne,
    • attribuer le crédit dans des projets relevant de l'agriculture, l'élevage, l'artisanat, la transformation des produits locaux,
    • intégrer enfin, des " exclus " d'autres Caisses de crédit.
    • Le Conseil d'Administration de l'ASIENA, dont Sr. Madeleine fait partie se rencontre plusieurs fois par an pour examiner les projets émanant des communautés, voir s'ils sont possibles, rentables…, et collecter les fonds nécessaires.

Promouvoir la mise en place d'actions qui servent une réelle prise en charge des besoins existentiels telles que: se nourrir, se soigner, communiquer,… c'est une façon de vivre la mission d'évangélisation Ensemble et Avec les populations dans une dynamique d'autonomie.

Sr. Madeleine Jacqueminet, SMNDA

"La soeur qui aide les prisonniers"


Sr. Antonine Delisle (Canada) a vécu une longue vie missionnaire au Burkina Faso.

Depuis quelques années, elle est passée "derrière les barreaux" où elle a rencontré l'Esprit de Jésus à l'œuvre.

Elle visite les prisonniers et les a aidé à développer une activité artisanale : des tissage artistiques faits avec de sacs en plastic de toutes couleurs. Ils transforment des ustensiles tout simples en pièces d'art et de créativité.

Un jour, à l'heure du repas, la cloche de la cour sonne une, deux, trois fois. ..

Sr. Antonine Delisle avec un malade à qui elle a fait marcher avec la réflexologie.

Un musulman fait des signes désespérés : " Qui désirez-vous ? " "Je ne sais pas son nom, mais je cherche "la sœur qui nous aide à prier dans la prison ".

Nous avons vite compris qu'il s'agissait d'Antonine. Il est désolé de ne pas la trouver, car elle est sortie. "Je voulais simplement lui dire " merci " parce qu'elle a maintenu mon espoir pendant que j'étais en prison, et l'informer aussi que je suis sorti et je n'y rentrerai plus" .

Oui, Antonine est bien connue dans la prison de Bobo-Dioulasso. Celle-ci compte environ 400 détenus, la plupart des hommes et quelques femmes.

" Je visite les prisonniers. Chaque semaine nous nous rencontrons pour un partage d'Évangile sur les textes de la liturgie du dimanche suivant. Environ trente personnes y participent; elles sont catholiques, animistes et même des musulmans qui veulent mieux connaître " Issa " (Jésus) !

Je suis toujours émerveillée de voir à quel point tous ces prisonnier(ère)s ont soif de Dieu, de son message d'amour, de paix et de pardon. Je constate combien ils s'aident mutuellement à faire passer dans leur vie tel ou tel aspect qui les a interpellés en entendant parler de Jésus.

Ils racontent tout simplement la joie qu'ils ont éprouvée en posant des actes qui leur ont coûté mais qui étaient leur réponse à la découverte du message de Jésus. Souvent, c'est un voisin qui dit tout ce qu'il a vu de beau chez son compagnon.

L'ambiance dans cette prison s'est beaucoup améliorée. Des cours d'alphabétisation sont donnés par un détenu et ils sont suivis par de nombreux élèves de tous âges.

Une activité artisanale s'est développée. Il s'agit de couper des sachets de plastique, de toutes couleurs, en lamelles fines qui sont ensuite réduites à l'état de fil ; c'est le matériel qu'ils utilisent pour tisser de jolis motifs en recouvrant des coffrets et des stylos. Ce nouveau genre d'artisanat éveille leurs talents, les encourage à trouver de nouveaux modèles et leur rapporte un peu d'argent.

Je rends grâce à Dieu qui me donne de collaborer ainsi à son œuvre de salut. "

Bobo Dioulasso- Communauté des SMNDA

 

Sr. Paca Reche visite une maman et
son enfant.

Lutte contre le trafic des enfants

Sr. Paca Reche a travaillé pendant plusieurs années comme enseignante au Collège des Frères des Ecoles Chrétiennes à Bobo Dioulasso (Burkina Faso). Elle y enseignait la philosophie etles langues. Elle a aussi collaboré dans des projets de développement dans un village environnant et dans des projets d'alphabétisation avec les jeunes étudiants.

Maintenant elle a laissé l'enseignement pour se dédier à d'autres tâches. Elle collabore avec d'autres dans un projet pilote de la ville de Bobo Dioulasso, de lutte contre l'exploitation des enfants.

Avec six autres personnes de différents milieux : président de la communauté musulmane et du syndicat de transporteurs, deux enseignants et un éducateur de rues, membre du comité, Sr. Paca a été invitée à participer au travail fait à la mairie de l'arrondissement de Dafra où les SMNDA ont une communauté.

Le problème du travail précoce des enfants n'est pas nouveau au Burkina. Traditionnellement, le travail des enfants a eu une dimension de socialisation et d'éducation en vue de les préparer à des responsabilités futures dans leur société d'origine.


Un enfant dans la poussière !
Mon cœur se donne aux handicapés.

J'étais sortie visiter quelques familles dans un quartier pauvre de Ouagadougou.

Dans une cour un enfant de deux ans environ assis dans la poussière attire mon attention. Je prends ses mains et essaie de le relever. A ma grande surprise ilretombe. Je venais de découvrir les séquelles de la poliomyélite ! En même temps un appel résonne dans mon coeur : "Viens à notre secours, aide-nous"... En moi-même je décide de répondre à cet appel.

Les handicapés du Centre d'artisanat de
Ouagadougou.

Le projet est accepté par les supérieures et je vais apprendre l'essentiel chez Sr. Françoise. Et c'est avec ce petit bagage que je commence, en 1972, en m'orientant vers la rééducation. Les mamans amènent leurs enfants paralysés. Ils sont nombreux. Plusieurs se remettront debout et retrouveront l'usage de leurs jambes. Je vais me former en kinésithérapie en France. A mon retour à Ouagadougou en 1974 deux salles me sont offertes dans un dispensaire dirigé par un Père Blanc médecin. Deux vérandas offrent de très bonnes pistes de marche. Un menuisier fabrique le matériel. Les enfants atteints de polio sont nombreux, les besoins sont grands. J'embauche des jeunes filles et des jeunes gens burkinabés. Je les forme et nous rééduquons avec succès ces petits enfants dont plusieurs retrouvent la joie avec l'usage de leurs jambes.

Bientôt ce sont de grands adolescents qui arrivent. Ils viennent en se traînant sur leurs genoux, sur leurs mains, et supplient : "Ma soeur, nous aussi, nous voulons être soignés". Que faire? J'ai bien appris à faire des plâtres pour redresser les membres déformés, mais les contractures de certains sont trop handicapantes pour être redressées. Il y a pourtant quelque chose à faire pour ces jeunes. De France nous recevons quelques voiturettes utilisées pour des mutilés de guerre. C'est une forme humanisante de transport : les adolescents ne se traînent plus dans les rues et la joie brille dans leurs yeux.

Mais des voiturettes, il y en a trop peu. Comment faire pour en obtenir à un prix abordable? Un soudeur s'intéresse à la question et se met à en fabriquer en série. Notre problème trouve ainsi sa solution, tout en procurant du travail à un burkinabé et en lui faisant découvrir ses capacités.

Pour les grands jeunes gens que nous ne pouvons pas soigner, une solution s'impose: leur apprendre à travailler. Il y a plusieurs pistes : le tissage, la pyrogravure, la fabrication de parures avec de toutes petites perles, la confection de poupées africaines en chiffons. Et voilà que tout ce monde se met au travail avec entrain. Les grands retrouvent la joie de vivre et leur dignité d'êtres humains. Il faut des métiers adaptés à leur handicap. C'est encore notre soudeur qui trouvera une solution !

Plusieurs Centres de rééducation se sont ouverts dans les villes du Burkina Faso. Nous avons constitué une Association pour que les personnes intéressées à ceux qui ont un handicap puissent unir leurs efforts.

J'ai fait appel à un kinésithérapeute diplômé qui a pu assurer une formation sérieuse pour les assistants kinésithérapeutes. Les autres Centres nous envoyaient aussi des jeunes à former. A Ouagadougou deux jeunes filles ont été choisies pour faire des études de kinésithérapeutes. Le chirurgien burkinabé de l'hôpital accepte d'opérer les enfants atteints de graves déformations.

Les années ont passé. Le Centre a continué son oeuvre d'espérance. L'argent n'a jamais manqué : l'aide des organismes, des particuliers et la vente de l'artisanat nous permettaient de payer aux ouvriers un juste salaire.

Sr Huguette Lébé, Toulouse, France

Après dix ans de travail, Sr. Huguette a dû rentrer en France. Le Centre a été dirigé pendant quelques années par une de nos Sœurs. Aujourd'hui il continue son oeuvre d'amour par les mains des burkinabés.

Le Centre d'artisanat est aujourd'hui une coopérative. Leurs broderies et leurs modèles sont recherchés dans la ville.

 

Yaaba ne voit pas mais il rit de bon cœur et veut marcher

- Ma sœur, dis-moi si ma main est encore vivante. Est-ce que mon bras gauche est toujours là ?
- Oui, Yaaba (grand père), votre main est toujours vivante. Touchez avec la main droite et vous verrez que votre bras gauche est toujours là.

Depuis début janvier, je travaille dans un centre de rééducation fonctionnelle, commencé par une de nos sœurs, Sr Huguette Lébé et je rencontre les patients présentant différentes pathologies. Le grand père cité ci-dessus est aveugle et hémiplégique. Après les soins, alors que j'étais déjà en train de soigner une autre personne, il demande qu'on le conduise vers moi pour qu'il me pose sa question. Et moi, balbutiant en moore, avec un grand rire, je lui réponds que son bras est là et pour finir, il touche son bras gauche, il rit aussi et me remercie.

Avec ce grand père aveugle et avec tant d'autres patients, nous communiquons souvent par les rires et le moore mal parlé mais par finir tout le monde veut me corriger et m'aider à bien parler. Après de longues salutations, je lui demande s'il souffre, il me dit pas tellement mais je ne marche pas. Avec beaucoup de plaisanteries, mon grand père finit par comprendre ce que je lui demande d'exécuter comme exercice puisqu'il ne me voit pas. Il se déplace avec un cadre de marche et il me dit ma sœur, je ne vois pas où aller. Et moi, le tenant par derrière, je lui dis Yaaba, je suis là. Et nous rions, et il avance à petits pas. Depuis quelques jours mon yaaba ne vient plus en rééducation. Je suis allée le voir à la maison. Sans me voir, il a reconnu ma voix et il a ri. S'il ne revient, c'est à cause de son manque de moyens financiers et cela me révèle mon impuissance devant tant de situations de pauvreté que je côtoie au quotidien.

En travaillant dans ce centre, je me sens pleine de reconnaissance et d'émerveillement pour cette œuvre qui a commencé comme une graine de sénevé. Quelle créativité ! qui permet aujourd'hui à beaucoup de gens de retrouver la fonction de leurs membres.

En collaborant avec les femmes formées par notre sœur, je comprends mieux l'aspect de notre vie qui dit que nous sommes des initiatrices et que nous sommes appelées à collaborer avec l'Eglise locale. Notre sœur est partie mais son nom reste toujours évoqué et cela me confirme que nous, les nouvelles générations, nous ressemblons aux branches de palmier qui reposent les unes sur les autres. Nous poursuivons avec nos dons personnels ce qui a été commencé.

Merci à nos sœurs aînées pour leur vie donnée afin qu'une multitude puisse se lever et marcher ! Depuis janvier, je contemple cette vie qui renaît chez plusieurs personnes que j'ai eu à prendre en rééducation. Certaines personnes sont revenues pour dire merci, voilà que je conduis maintenant ma mobylette, en fléchissant le genou. N'est-ce pas un des dix lépreux dont nous parle Jésus ?

Lucile Habimana

 

Webmaster: Gisela Schreyer
website.gis@smnda.org

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