Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique (SMNDA)

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Les SMNDA au Burundi

 

Les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique
sont arrivées au Burundi il y a plus de cent ans.

Depuis lors elles ont été au service de la population.


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En Décembre 2007,
l'Eglise du Burundi a fêté le centenaire de l'arrivée des sœurs au Burundi.
Nous vous partageons un article d'hommage aux sœurs
écrit par M. Chris Harahagazwe, Bujumbura.
Nous reproduisons aussi l'allocution de Sr Marie-Alice Terrettaz, qui, en tant que
assistante générale a representé la congrégation a la fête.
Finalement, Sr Maite Oiartzun partage ses impressions de la fête.


 

Le travail et la mission des SMNDA au Burundi ces dernières années:

Des SMNDA Burundaises en mission:

  • Sr. Léocadie Kana (au Burundi)
  • Sr. Béatrice Miburo (au Burkina Faso)
  • Sr. Agathe Ngendakumana (en RD Congo)
  • Sr. Gratienne Ndizeye (au Burkina Faso)
  • Sr. Victoire Niyonzima (en Sambie)
  • Sr Liberate Harerimana (au Burkina Faso)

 


Sr. Maite Oiartzun avec un groupe de jeunes
filles intéressées à la vie missionnaire.

Animation des jeunes

Sr. Maite Oiartzun a travaillé pendant des années dans l'animation de groupes de jeunes à Navarre, son pays natal.

Après différentes expériences avec les missionnaires: camps d'été, marche missionnaire, et un contact plus fort avec les Sœurs SMNDA, elle a senti un appel à "aller plus loin". Après un temps de discernement elle décida de dédier sa vie au service des Africains dans la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique.

Aujourd'hui Maite est une soeur. Elle travaille avec les jeunes au Burundi. Elle est responsable de l'Animation Missionnaires des SMNDA au Burundi. Elle organise des week-ends, des rencontres et des retraites pour les jeunes femmes intéressées à la vie missionnaire. Elles passent un peu de temps à réfléchir sur leur vie et à connaître la vie des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique.

Sr. Maite (au centre) avec un groupe de
jeunes femmes burundaises réunies
pour discerner leur vocation.


Les SMNDA et les victimes du SIDA

Les SMNDA ont une communauté à GITEGA, dans un quartier populaire, plein de vie mais aussi où la mort est bien présente à cause du SIDA.

Sr. Feli Garcia (d'Espagne) et Sr. Jeanne d'Arc Ouattara (du Burkina Faso) travaillent avec les victimes du SIDA: femmes, hommes, familles, orphelins, les malades et leurs familles et les équipes qui s'occupent des malades.

Sr. Feli procure des médicaments dans un petit dispensaire et organise les soins à domicile.

Sr. Feli et Sr. Jeanne avec des orphelins
du SIDA.
 
 

 

 

 

Au Burundi boire la bière du même pot est un
signe de partage et d'amitié. Sr. Dolores partage
la boisson avec des moniteurs lors d'une fête.

 

Des maisons pour améliorer la santé

Dès son arrivée au Burundi, Sr. Dolores Huarte, une infirmière espagnole, a travaillé dans le Service de Médicine Interne de l'hôpital de Bujumbura, la capitale du Burundi.

A un moment, on lui a demandé de remplacer une autre soeur dans un dispensaire rural, près de la frontière de la Tanzanie. En visitant le village et la région, en écoutant les gens au dispensaire et lors de ses visites, elle a pris conscience de ce qui produisait beaucoup de maladies les plus courantes. C'est alors qu'elle a eu l'idée de travailler à un autre niveau: prévenir au lieu de guérir. Faire comprendre à la population qu'avec plus d'hygiène, de l'eau potable, une meilleure nourriture et des latrines bien construites, beaucoup de ces maladies dont ils souffraient pourraient disparaître.

Sr. Dolores a eu la chance de vivre ce projet dans la communauté de Gisuru.

Regardons ce qu'elle nous raconte.

Je voulais faire comprendre aux gens que beaucoup de maladies peuvent être évitées par l'hygiène, l'eau potable, la nourriture, des latrines,… Quelle joie lorsque j'ai été nommée à la nouvelle communauté de Gisuru, près de la frontière avec la Tanzanie!

Dès mon arrivée j'ai visité les gens et j'ai regardé autour: leurs maisons en herbes sèches ou en pisé, leurs points d'eau, des latrines ou pas,… leurs champs pour savoir ce qu'ils mangeaient… Dans une petite salle de la maison j'ai commencé par leur apprendre à soigner les plaies, les maladies des yeux, à organiser une pharmacie familiale,... le danger d'acheter des médicaments au marché...

Sr. Dolores visite de nouvelles maisons.

La population, attendaient un dispensaire, mais puisqu'il y en avait un à 4 km, le besoin d'un Centre éducatif était plus urgent. Nous avons commencé par l'éducation socio-sanitaire pour des femmes avec des enfants en âge préscolaire . Chaque colline, par groupes de 30 à 50 femmes venaient une fois par mois pour un jour. Il y avait la pesée des enfants et la prévention des maladies.

Le but du Centre était de rendre la population consciente de leurs ressources et de prendre leur responsabilité vis à vis de leur santé. Pour former il fallait informer, et apprendre à éviter les maladies avec des moyens disponibles: hygiène du corps, vêtements et maison, nourriture saine et équilibrée, utilisation des médicaments simples à la maison (pharmacie familiale), mesures d'assainissement (latrines, aménagement des sources, habitat….) Vite de femmes leaders, choisies par leurs compagnes sont devenues des animatrices bénévoles sur leurs collines. Le jumelage de la paroisse de Gisuru avec une paroisse belge nous a permis de lancer le projet " Améliorer ses conditions de vie en partant de l'habitat ".

Lorsque une famille, avec un petit salaire, ou sans travail rémunéré finissait la construction d'une maison en matériaux durables : pierres ou briques cuites (Il y avait beaucoup de pierres dans la région), bonnes fenêtres, charpente en bois solide, trois pignons au moins, murs bien construits, avec une latrine faite selon les normes d'hygiène (6 à 8 m de profondeur) et 0.80 m de diamètre, écoulement des eaux de pluie, sol dallé de pierres plates,… alors ils recevaient gratuitement une toiture de tôles et une dalle de béton pour la latrine.

Toute la population connaissait le projet et ceux qui n'avaient un salaire périodique pouvaient en bénéficier.

Plus de 2,500 familles éparpillées dans les 22 collines de la commune se sont inscrites. Quelques uns ont aussi reçu de l'aide pour la cuisine extérieure avec four pour la cuisson des repas… Les inscriptions firent boule de neige. En 5 ans plus de 800 maisons étaient terminées, la plupart ayant une cuisine extérieure et une latrine, et quelques unes même un petit étable.

Lorsque la maison est propre et belle, on commence à désirer d'autres choses : des lits, des chaises, une table, des armoires, des étagères,… Les gens épargnaient pour acheter tout cela et les menuisiers avaient beaucoup de travail !

Avant de donner l'aide l'équipe en charge du projet contrôlait la construction. L'état de santé s'améliorait peu à peu et on pouvait voir le changement pas seulement dans les maisons, mais dans les personnes et dans la santé de la population en général.

Après la guerre a détruit une partie de ce qui avait été construit, mais la conscientisation dans le cœur et l'intelligence des gens cela ne peut pas être détruit.

Sr. Dolores Huarte
Logroño (Espagne)

Un des nouveaux ponts avec des
piliers en pierre et ciment, plus
élevés que les plus hautes crues
connues.

 

Une Sœurs SMNDA
construit des ponts

Mugera, au Burundi,à 20 km de Gitega, est l'endroit où la rivière Ruvubu se jette dans la Ruvyironza.

A Mugera il n'y en avait pas de pont!

Les chrétiens, les enfants des écoles, et les malades devaient faire des détours de plusieurs heures pour venir à la paroisse.

"L'ancien méthode" de traverser la
rivière: sur un flotteur de papyrus,
poussé par "le passeur".


Des hommes qui savaient nager avaient fabriqué, avec des papyrus, de petits flotteurs sur lesquels on pouvait s'étendre et, en nageant, un homme les poussait jusqu'à l'autre rive. Ceci servait pour les bien-portants, mais c'était inaccessible, parce que dangereux, pour les malades graves, les femmes enceintes ou avec des enfants, car l'eau avait une profondeur de trois mètres.

Un don d'une paroisse de Belgique nous a donne l'idée de construire un pont ! Un Père nous conseilla pour l'emplacement et la façon de construire dans l'eau. Les travaux en vue d'un pont de 27m. de long commençaient !

Toute la population a pris part au travail en apportant les pierres et le sable pour la construction des 5 piliers sur la Ruvyironza. Ils avaient 1,80 m de haut pour que les troncs d'arbre qui font le pont ne puissent pas être soulevés par l'eau, même dans les plus grandes crues.

Nous avions besoin de troncs longs et gros. Nous avions pris des arbres de la mission, mais il nous en fallait davantage. J'ai demandé au Gouverneur de nous donner des eucalyptus d'une plantation de l'État, proche du pont. Le jour de la coupe, deux grands camions avec une quarantaine de soldats arrivaient afin de nous aider à transporter les arbres jusqu'à la rivière. Je leur donnai des bâtons secs d'environ 3 m pour glisser sous les arbres et les y attacher afin que 2 ou 3 hommes puissent prendre place de chaque côté du tronc pour le soulever. En voyant ces bâtons secs les soldats ont dit qu'ils se casseraient. Ils sont allés en chercher d'autres, de petits arbres tout frais, qu'ils attachaient aux troncs mais en les soulevant ils se courbaient et le tronc glissait !)

Les hommes du village ont intercalé les bâtons secs avec les jeunes arbres et ont aidé à soulever les troncs. Au grand étonnement des militaires, ces bâtons ne cassaient pas et soutenaient très bien. Les militaires ne savaient pas que ces hommes avaient déjà transporté d'autres troncs jusqu'à la rivière.

Avec l'aide des hommes du village les militaires sont arrivés à mi-chemin lorsqu'une pluie torrentielle les empêcha d'aller plus loin. Quelle honte pour ces militaires qui n'ont même pas pu transporter un seul tronc jusqu'à la rivière ! Comble de contretemps : leurs camions laissés à mi-chemin de la colline s'étaient embourbés ! Ils ont dû les laisser sur place et repartir à pied sur la grand-route en faisant de l'auto stop pour arriver à Gitega. C'est la seule " aide " que nous avons reçue de l'État pour la construction du pont.

Un accident, et un autre pont

Le passage sur la rivière Ruvubu, construit par la paroisse en 1956, avec deux piliers et deux troncs d'arbre bien branlants, avait été à l'origine de certains accidents. Le 8 septembre des femmes qui venaient à la paroisse pour la célébration traversaient le pont, lorsqu'un des troncs a culbuté et plusieurs femmes sont tombées à l'eau. La plupart ont pu être sauvées, mais deux se sont noyées.

Nous avons cherché l'argent pour la construction d'un nouveau pont. Nous avons commencé par construire une route jusque l'emplacement du future pont. Nous avons consulté les anciens afin de connaître la hauteur atteinte par l'eau durant les grades crues. Il y avait 4 piliers de 1.50 m de hauteur et la longueur du pont était de 24m. Comme il n'y avait pas de rochers dans l'eau comme pour le premier pont, nous avons dû faire le vide avec des sacs de terre pour éloigner l'eau pendant la construction. Il fallait inventer une nouvelle façon de procéder !

Le pont a été construit dans un endroit très dangereux où les tourbillons sont nombreux et où l'eau emporte souvent des gens à la saison des pluies. Nous avons reçu des eucalyptus vieux de 25 ans, mais il a fallu transporter les troncs sur une distance de 4 km montant et descendant les collines !

En 1985 le pont était achevé en pleine saison des pluies. Quelle fête ! Le premier à y passer fut un catéchiste qui n'avait jamais pu passer sur le pont précédent parce qu'il avait un problème d'équilibre. Maintenant il avait de la place, car le pont était large de 4,50 m.

Gabrielle De Bent, (Belgique)

 

Webdesign: Gisela Schreyer
website.gis@smnda.org

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