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CENTENAIRE DE L'ARRIVEE DES SMNDA AU BURUNDI

Le 8 décembre 2007, fête de l'Immaculée Conception de Marie, Mère de Jésus,
l'église du Burundi a fêté le centenaire de l'arrivée des Sœurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique au Burundi.
Nous vous partageons un article d'hommage aux sœurs écrit par M. Chris Harahagazwe, Bujumbura.
Nous reprenons aussi l'allocution de Sr Marie-Alice Terrettaz, assistante générale, qui a representé la congrégation a la fête.
Finalement, Sr Maite Oiartzun partage ses impressions de la fête.

 
 
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Son Excellence Monseigneur Simon Ntamwana, Archevêque de Gitega,
s'adresse à l'assemblée. A sa droite, Sr Marie-Alice Terrettaz, puis la
Supérieure Générale des Sœurs Benetereziya et Sr Marivi Elia Ansa,
la Régionale des SMNDA pour l'Afrique Centrale.
Les sœurs fondatrices, arrivées en 1906 à Buhonga, Burundi. Elles sont: Mère Clémence, allemande ; et trois sœurs hollandaises : Sr Willibrod, Lamberta et Alexandra.
 
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Célébration du centenaire de l’arrivée au Burundi des
Soeurs de Notre Dame d’Afrique

par Chris Harahagazwe, Bujumbura

   
   

 

L’Eglise catholique du Burundi vient de commémorer,  à Gitega le 8 décembre 2007, le centenaire de l’arrivée des Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique à Buhonga (19 octobre 1906). Une paroisse nichée dans les montagnes qui surplombent Bujumbura et le majestueux lac Tanganyika.
L’événement mérite d’être célébré car les Sœurs Blanches,  comme elles étaient appelées dans notre jeunesse, ont marqué l’histoire du Burundi d’une empreinte indélébile. Les nombreuses paroisses qui les ont accueillies (Buhonga, Muyaga, Mugera, Gatara, St Michel de Bujumbura, Rushubi, Bukeye pour ne citer que les plus anciennes) gardent de ces dames un souvenir qui résiste à l’usure du temps. Nombreux sont ceux qui n’oublient pas leur bonté, générosité et abnégation doublée d’une efficacité redoutable. En effet, la bonté sans efficacité est vaine. C’est comme la foi sans actes. 

 Dès leur arrivée, elle change la vie des populations burundaises par l’enseignement, la santé et l’hygiène. Des générations entières de Burundais, y compris votre serviteur, leur doivent la survie physique et intellectuelle. Les filles commencent leur lente et pénible émancipation dès l’arrivée des Sœurs qui établissent rapidement les écoles pour filles jusqu’à l’enseignement secondaire comme l’Ecole Normale de Bukeye (1941). Cette dernière formera des milliers de cadres qui exercent actuellement dans toutes les sphères d’activité, y compris aux plus hauts échelons. Les écoles ménagères vont contribuer à former des mères de famille modernes et compétentes. Les foyers sociaux travaillent à l’émancipation féminine.

 Les Sœurs de Notre Dame d’Afrique procéderont à la formation de la congrégation burundaise des Sœurs Bene-Tereziya (1931)  qui les ont valablement remplacées  dans l’évangélisation et les actes de charité. Par ailleurs, les Sœurs Bene-Tereziya sont à leur tour devenues missionnaires sur le modèle de leurs aînées. Toutes les autres congrégations burundaises qui ont suivi affirment prendre modèle sur les Sœurs de Notre Dame d’Afrique. Comme l’a déclaré la porte-parole de l’Union des Supérieures Majeures,  Mère Supérieure Denise Ntagarurwa de la congrégation des Disciples du Christ, elles commencent seulement à comprendre pourquoi les Sœurs de Notre Dame d’Afrique cédaient aux congrégations burundaises bâtiments et matériel comme par osmose. Leur apostolat actuel, a-t-elle relevé, fait de simplicité (y compris dans l’habillement) au milieu des pauvres,  constitue un autre exemple que les Burundaises sont appelées à suivre. 

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Paroisse de Buhonga

 

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Ecole de Muyaga, 1908

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1911: Ecole Ménagère Familiale à Mugera

 
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Ces jeunes femmes européennes qui, mues par une foi ardente,  quittent leur confort occidental pour se lancer sur les routes d’un continent inconnu, sans voies de communication et ravagé par les maladies,  laissent pantois. Ce courage et cet esprit pionnier devraient nous inspirer pour changer ce pays qui affronte des défis incommensurables : misère, maladie et  haine. Seuls de nouveaux bâtisseurs à l’image de ces femmes et hommes missionnaires d’Afrique sauveront cette nation dont l’horizon semble bouché. 
Rien ne rebutait ces pionniers et pionnières. Ni les difficultés, ni les privations, ni l’isolement,  ni les maladies tropicales, ni les nombreux décès dans leurs rangs, ni l’immensité de la tâche ne les tétanisaient. Ils se mettaient à la tâche sans perdre une minute. Pour eux, la nature est là pour être domptée, transformée et mise au service de l’homme.

Ils construisent des écoles, des dispensaires, des routes, des barrages,  jettent des ponts, introduisent de nouvelles cultures comme le blé et le café, les fruits, les légumes, l’élevage de porcs,  créent des reboisements, installent une véritable industrie de briques, des menuiseries modernes, alphabétisent, forment des maçons, des charpentiers, des infirmiers, des instituteurs, etc. Toute la population participe à l’œuvre d’édification et de développement.
Dès 1936, huit ans seulement après l’arrivée des missionnaires,  la paroisse de mon beau pays de Bukeye en province Muramvya exporte le blé au Ruanda, au Congo belge jusqu’au britannique Tanganyika Territory. Les Sœurs de Notre Dame d’Afrique assurent les soins de santé,  introduisent l’hygiène ainsi que le concept révolutionnaire de santé maternelle et infantile, bien avant la création de l’Organisation mondiale de la santé en 1946 et son implantation en Afrique dans les années 60. Elles veillent à l’émancipation de la femme une éternité avant que l’idée ne soit à la mode sous le vocable actuel de « women empowerment ».  Le Dr. Pie Masumbuko, ancien ministre des Affaires étrangères et de la Santé, haut fonctionnaire retraité de l’OMS, affirme que le rôle des Sœurs de Notre Dame d’Afrique a été incommensurable dans le développement humain du Burundi. Il ne tarit pas d’éloges, lui qui dans sa jeunesse a  travaillé avec les Sœurs et les a vues à l’oeuvre.  

 

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1929: Ecole primaire à Mugera

 

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Des foules a la grotte du sanctuaire mariale de Mugera

   

La célébration eucharistique retransmise dans tout le pays sur la très populaire radio Maria,  à partir de la Cathédrale Christ Roi de Gitega,  en cette belle journée du 8 décembre 2007, ravive des souvenirs impérissables pour les personnes âgées ou mures qui ont eu la chance de côtoyer les Sœurs de Notre Dame d’Afrique.   A Bukeye par exemple, le souvenir de la Sœur infirmière Rumandina (Romande Colmant) reste vivace 40 ans après son départ de la paroisse. Une générosité et un dévouement  sans limites.  Comment une personne qui n’était que bonté et douceur peut-elle s’imposer autant dans l’esprit et le cœur des gens ? 25 ans après ses études d’ingénieur en Belgique, mon frère regrette toujours d’être rentré sans avoir revu Sr Rumandina, tellement elle était affectueusement aimée et admirée comme un membre de la famille. Ses consoeurs de la communauté de Bukeye se répandaient tous les week-ends, par monts et vallées,  sanglées dans leurs amples habits d’un blanc immaculé, le sourire aux lèvres et respirant la joie de vivre,  visiter les familles, les personnes âgées ou les malades,  au grand plaisir des enfants qui leur collaient aux baskets,  les yeux pétillants de malice.

Les anciennes élèves de l’Ecole Normale de Bukeye gardent dans leurs coeurs leur Directrice Marie Delpilard ou sa remplaçante mère Jean-Dominique (cum professeur de mathématiques). Ces grandes dames les ont profondément marquées au point que les ex-Normaliennes s’en souviennent avec affection et reconnaissance. Elles n’ignorent pas que les connaissances qui sous-tendent leur réussite professionnelle viennent de leurs chères Sœurs enseignantes. Leur excellent français, elles le doivent, entre autres,  à Sr Jean-Chrysostome.  Les Directrices de l’Ecole ménagère de Mugera, SS Magda et Françoise demeurent également dans les cœurs de leurs anciennes élèves. Les mamans de Bujumbura se souviennent affectueusement de l’infirmière Maricela (Marcelle) qui exerçait sa bonté et compétence à la Clinique Prince Rwagasore de Bujumbura au point que les patientes la préféraient aux médecins. L’hôpital Prince Régent Charles de Bujumbura a bénéficié des précieux et inoubliables services des Sœurs de Notre Dame d’Afrique dont SS. Michelle et Renata. Cette dernière avait la réputation d’être une pile d’énergie et un parangon d’efficacité. Les nombreuses paroisses où les Sœurs ont servi leur sont éternellement reconnaissantes. 

L’important pour ce centenaire est de ne pas oublier d’où nous venons et sur quelles épaules nous nous sommes hissés pour devenir ce que nous sommes devenus afin que nous puissions constituer à notre tour des leviers pour  les générations suivantes. Le philosophe le dit mieux : « nous sommes sur terre pour la rendre meilleure que nous l’avons trouvée. »  Et les Sœurs de Notre Dame d’Afrique n’ont fait que ça  dès la minute de leur arrivée à Buhonga en ce jour béni du 19 octobre 1906. Elles sont venues, elles ont vu et ont changé à jamais la vie burundaise. Dans un pays où seules les forces du mal semblent triompher, il n’est pas mauvais de rappeler que le bien existe aussi. 

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Sr Béatrice Miburo et Sr Juanita Gomez apportent un cadre du Burundi qui exprime le remerciment des gens pour l'annonce du Règne de Dieu par les SMNDA

 

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Les sœurs du Burundi et les sœurs venues d'ailleurs pour la fête, avec les évêques du Burundi et le Nonce apostolique, Mgr Paul Richard Gallagher (toute a droite)

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Notre Dame d'Afrique
sculptée par un artiste de Gitega

 
    Dans son homélie de circonstance, le Nonce apostolique Mgr Paul Richard Gallagher, a parlé « d’émerveillement » devant le don de soi, les sacrifices et les réalisations des Sœurs de Notre Dame d’Afrique au Burundi. Terme que je n’aurais jamais osé utiliser par crainte d’être taxé « d’en rajouter » (overkill) mais c’est exactement ce que nous ressentons au fin fonds de nous-mêmes. Le mot de la fin appartient à l’Abbé Simon Ruragaragaza, Curé de la Paroisse St Joseph de Ngagara à Bujumbura qui a organisé avec brio la campagne de communication médiatique sur l’événement : « Seul le Seigneur peut récompenser les Sœurs de Notre Dame d’Afrique pour tous les bienfaits dont elles ont comblé le Burundi.» De toutes les façons, elles ne faisaient pas le bien pour être remerciées. Le bien se suffit à lui-même puisque Dieu n’est pas seulement amour, Il est aussi « faire du bien. »  
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