Dieu
se révèle à son peuple qui souffre
A travers
tout cela Dieu se révèle à son peuple
qui souffre, comme Il s'est révélé
au moment de l'Exode, de la déportation à
Babylone, et tout au long de l'histoire de l'Église.
Malgré des aspects négatifs, il y a une avancée
spectaculaire du mouvement cuménique. Les jeunes
sont très perturbés, mais parmi eux plusieurs
s'engagent pour la justice, pour la solidarité, pour
la vérité et il y a une ouverture missionnaire
qui s'est faite.
Le
grand besoin actuel est la réconciliation
L'cuménisme
est une grande porte par laquelle la réconciliation
peut passer. Dernièrement nous avons vécu
une réconciliation avec 12 ou 13 confessions religieuses
différentes. Il y avait des milliers de personnes
et cela a déjà porté des fruits. Le
jour de l'arrestation de notre Archevêque Mgr. Kataliko,
les protestants se sont unis à nous. Nous avons été
impressionnées d'entendre les enfants et les jeunes
des écoles protestantes crier " rendez-nous
Kataliko ", ou bien de voir le geste de solidarité
des musulmans dont le muezzin n'a pas appelé à
la prière pour leur permettre de se joindre aux catholiques
qui étaient en difficulté. Oui, nous pouvons
vivre ensemble cette lutte pour la solidarité, la
justice et les droits humains. Cette ouverture qui commence
est nécessaire et me remplit d'espoir.
Notre
charisme de SMNDA, une réponse à la situation
actuelle
Je
pense souvent à Lavigerie et je vois un parallèle
entre notre situation et celle bien différente qu'il
a vécue. Il a lutté contre l'esclavage, pour
la dignité de la personne humaine, le respect des
droits humains. Je vois cela comme une mission d'urgence
dans notre secteur : l'appel à éveiller les
consciences des responsables, la création des comités
de solidarité, la lutte contre les injustices, l'entraide
entre les différentes religions. Il y aurait tant
et tant à dire et surtout à faire !
Je
suis très liée à l'Eglise Diocésaine
Comme
femme et comme Sur Missionnaire de Notre-Dame d'Afrique,
je vois que mon travail est surtout d'aider les autres à
réaliser par eux-mêmes. Je suis très
liée à l'Église diocésaine,
ce qui me donne l'occasion d'avoir beaucoup de relations.
Je fais partie de la pastorale d'ensemble du diocèse
qui essaie de mettre en place un esprit de famille dans
l'Église à tous les niveaux: économie,
catéchèse, promotion de la justice, plutôt
que par des structures. Dans la situation actuelle, il est
difficile de faire des prévisions, car nous sommes
pris par l'immédiat qui réclame toutes nos
forces et rend difficile d'entrer dans une pastorale d'ensemble.
Grâce à ce que nous vivons en congrégation
je peux apporter une vision plus large, je vois que je peux
aider les autres, spécialement les modérateurs
à oser risquer, je peux dialoguer avec l'Archevêque,
je peux encourager ceux qui ont envie de lâcher et
cela me semble très important. Le fait d'avoir quelqu'un
qui aide à réaliser permet d'obtenir des fruits,
même si les résultats ne correspondent pas
toujoursà mon espérance.
Nous
voyons l'importance du travail " sur le terrain ",
de cette présence toute proche du peuple, même
lorsque notre action reste très limitée :
participer à une shirika (communauté de base),
jeûner avec les chrétiens jusqu'à ce
que notre Archevêque nous soit rendu. Comme ce fut
le cas pour Lavigerie, pour nous aussi, c'est cette participation
à la base qui nous aide à analyser, à
réfléchir sur les événements
dans une référence explicite à l'Évangile
en vue d'une décision et d'une action concertée
en Église.
Marie-Claude
Berrod, (France)

