Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique (SMNDA)

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Les SMNDA au Rwanda

Les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique ont été présentes au Rwanda
depuis 1909 quand elles sont arrivées à Save.

Sr. Anne-Katrien.

Visite aux femmes dans les prisons du Rwanda

Suivant les pas de Jésus qui a dit:
" J'étais en prison et vous êtes venus me voir " (Matthieu 25),
Sr. Anne-Katrien visite deux prisons de femmes à Kigali.

Depuis les événements tragiques de 1994 des milliers de prisonnières attendent leur jugement dans des conditions très difficiles. Les sœurs partagent leur impuissance et les encouragent à tenir debout.


Avec les événements tragiques que le Rwanda a connus, les personnes emprisonnées sont très nombreuses. Malgré les efforts faits par le Gouvernement dans ce domaine, leur nombre s'élève aujourd'hui encore, à 130.000 pour le pays.

Dès notre retour en 1995, notre communauté s'est engagée en envoyant deux membres pour ce service des prisons, tout en portant ensemble dans la prière, cet engagement apostolique délicat.

Nous travaillons dans deux prisons différentes.

Au fur et à mesure des contacts, il y a de nouvelles connaissances et d'autres accompagnements à réaliser.

Sr. Anne-Katrien avec un groupe de
catéchistes.


J'ai reçu la permission officielle de visiter une fois par semaine, les femmes et les enfants, à la prison centrale de Kigali. Je peux me rendre à l'intérieur dans leur cour. Il s'agit avant tout d'une PRESENCE auprès d'elles. Être à l'écoute, laisser raconter, communier à leur souffrance, partager leur impuissance à faire avancer les dossiers…, à supporter l'incertitude de l'avenir… " A quand la libération ? " est leur question. Très souvent je reçois beaucoup plus que je ne puis donner.

Grand est leur désir de VIVRE, exprimé par des danses, des saynètes, des chants et surtout par la prière. Grâce à la présence de sœur Bernadette, détenue également, la prison ressemble presque à un grand couvent, où tout le monde prie avec ferveur. Trois fois par jour, Bernadette rassemble les mamans et les jeunes filles et anime inlassablement la prière.

La dévotion à la Vierge y est très grande, ainsi que l'adoration faite dehors dans une grande tente confectionnée de vieilles couvertures et pagnes. Ayant assisté parfois à cette adoration, j'étais saisie par le recueillement profond. A l'intérieur de la prison, les musulmanes ont leur coin de prière, garni de tapis, et le nécessaire pour les ablutions ; la ferveur n'y est pas moins grande !Nous avons pu fournir une modeste bibliothèque. Dans tous les coins de la prison, il y a des cours qui se donnent : kinyarwanda, kiswahili, français, anglais et alphabétisation. Pour celui-ci un certificat a été attribué à ceux et à celles qui avaient suivi le cours durant 3 années.

De plus, il y a mille et un petits services que nous essayons de rendre : chercher des médicaments que l'on ne trouve pas dans la prison, du lait et quelques suppléments de nourriture pour les malades et les petits enfants, du fil à tricoter, des sacs vides pour tresser des corbeilles, quelques sheetings (de grandes feuilles de plastique) pour s'abriter contre le soleil, etc.…

Ce qui me frappe chez les femmes, c'est leur fermeté à vouloir RESTER DEBOUT.

Grande est leur créativité, leur originalité même pour confectionner leur costume rose de prisonnière, se draper de fichus (elles sont rasées), se maquiller… et garnir leur tout petit coin personnel; elles inventent des détentes communautaires où l'on se croit ailleurs !

Souvent, elles me disent : " Il nous faut rester debout ! "

Bien sûr, il y en a d'autres qui restent prostrées, supportant difficilement la détention. Elles attendent beaucoup de " l'heure de la visite ". J'essaie de les écouter et de les encourager, afin qu'elles se prennent en charge et se fassent aider par d'autres. Certaines montrent beaucoup de solidarité.

Oui, c'est dans ces milieux que nous expérimentons aujourd'hui, ce que c'est " être femmes avec les femmes " et de cheminer avec elles dans ces espaces limités.


 

Webdesign: Gisela Schreyer
website@smnda.org

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