 |
 |
| Sr
Agnès Madai (au centre debout), enseigne la Bible aux femmes catéchistes
du Tchad. | |
| |
Le Tchad, un
pays enclavé entouré de divers autres pays a une population de six
millions d'habitants dont 20 % Catholiques, 14.5% Protestants, 54 % Musulmans
et 0.7 % de religions traditionnelles. Le pays a souffert de guerres civiles pendant
plus que 30 ans et continue à souffrir dans le conflit continuel entre
Nord et Sud. L'EgliseAprès
70 ans d'évangélisation, l'Eglise compte 67 prêtres tchadiens
et 50 religieuses de congrégations locales. Dans le Sud du pays on observe
une forte expansion de l'Islam dans une mentalité d'envahisseurs. Malgré
un nombre important de Chrétiens baptisés le Tchad reste un lieu
de première évangélisation. |
| | | |
Le travail des Surs Missionnaires de Notre-Damer d'Afrique au Tchad

| |
Les
SMNDA dans un lieu de première évangelisation
Depuis 1978 nous
sommes présentes dans le diocèse de Moundou, au Sud du Tchad. Nous
avons eu deux communautés à une distance de 20 kilomètres
l'une de l'autre dans les paroisses de Deli et Ndoguindi. A
présent, nous n'avons plus qu'une communauté. |
Comme les soeurs ne sont pas encore remplacées à Ndoguindi, chaque
semaine, Sr. Julia Gonzalez et Sr. Maria Angeles Yaniz sont heureuses de retrouver
les gens du village pour deux jours. Julia pour travailler avec la communauté
chrétienne, et Maria Angeles au dispensaire.
Religieuses
missionnaires, nous nous sentons vraiment heureuses et à notre place ici
au Tchad où l'urgence des nombreux besoins est un défi constant.
Le peuple est courageux et joyeux. |
Notre
Mission
Comme
religieuses missionnaires nous sommes vraiment heureuses et à notre place
ici au Tchad où l'urgence de tant de besoins pose un défi continuel
à vivre notre Charisme. Dans
ce milieu difficile lent à accueillir des valeurs évangéliques
nous sommes souvent déconcertées. Mais nous sommes prêtes
à rester attentive aux signes du Royaume, à recommencer toujours
sans nous décourager et à accepter de ne pas voir les fruits de
notre Travail. Dans
ce milieu l'ethnocentrisme est marqué. Le témoignage de communion
fraternelle et d'unité dans nos communautés internationales et interraciales
est un signe qui fait réfléchir les gens. Le
partage en communauté, le discernement dans la prière, la mise en
commun des biens, l'aide mutuelle et le souci des unes pour les autres
tout cela nous aide à persévérer et rester enracinées
en Jésus Christ, heureuses d'être là y vivant notre vocation
missionnaire. L'urgence
de tant de besoins pose un défi continuel à vivre notre Charisme.


| |
|
|  |
| Sr
Gloria Sedes avec deux jeunes amis. | |
 |
| Sr
Marga Rodriguez avec les femmes qui travaillent au dispensaire. |
| | | |
|
Collaboration avec l'Église locale
Dans notre
diocèse, les activités pastorales sont en général
bien organisées et suivies ; cela fait qu'il y a une bonne collaboration
et qu'il règne un esprit de famille. Toutes
nos activités font partie d'un plan pastoral général soit
dans la santé, le développement ou dans la pastorale proprement
dite. Bien sûr, il nous faut parfois abandonner nos façons de voir
et de faire. Récemment,
la paroisse de Ndoguindi a été remise entre les mains des prêtres
tchadiens. Nous apprenons à collaborer par le dialogue, la souplesse, la
patience et le respect, et à entrer dans les initiatives de l'Eglise locale
et dans tout nous nous trouvons enrichies. Notre
présence au Tchad est une véritable mission de foi où l'Esprit
est à l'uvre. 
| |
Au dispensaire de Déli: nous gardons l'espoir !
Margarita
Rodriguez Sala (Espagnole), travaille au dispensaire de Déli au Tchad.
Elle nous partage une des difficultés de son travail, la question que cela
lui pose et l'espoir qui la soutient.
Notre région connaît actuellement une épidémie de rougeole.
Or depuis presque un an, les parents refusent d'amener leurs enfants au dispensaire
pour être vaccinés. Ils nous reprochent de leur donner la maladie
et de les stériliser. Nous avons entrepris plusieurs démarches :
réunions d'équipe, rencontres avec les chefs de village, informations
aux autorités sanitaires, sensibilisation de la population. Mais il n'y
a encore aucun changement. Après ces quelques années de service
à Déli, cela me fait de la peine. Je pensais que les gens avaient
davantage confiance en nous et dans les services que nous rendons. Alors je me
pose la question : Comment notre présence et notre mission sont-elles perçues
?
| |
 | |
Sr.
Marga Rodriguez soigne un enfant au dispensaire de Déli. |
| |
Malgré
tout, je crois que Dieu aime ce peuple ; Il a voulu que nous fassions un bout
de chemin ensemble et que nous apprenions à reconnaître Sa présence.
Malgré l'échec apparent, nous gardons l'espoir que ces gens comprendront
que notre but n'est pas de leur faire du tort mais au contraire de construire
avec eux un monde plus heureux et plus fraternel. Sr.
Margarita est actuellement en Espagne pour des études en théologie. Margarita
Rodriguez Sala, Deli  
|
|
 |
Sr.
Hélène Shalukoma avec un groupe de catéhistes. |
|
Église
établie ou première évangélisation ?
Hélène Shalukoma
Furaha (Congolaise) est en mission à Ndoguindi (Tchad). Elle nous partage
son interrogation sur l'inculturation de la Foi chrétienne.
Depuis le début de ma vie missionnaire au Tchad, je réfléchis
sur une question qui me semble représenter un grand défi pour nous,
missionnaires, aujourd'hui.
Peut-on parler d'une mission de première évangélisation dans
une Église qui a 75 ans d'existence et dont le nombre de baptisés
ne cesse de croître ? Voici un fait qui permet de comprendre. |
| | |
Il y a un an, la paroisse
a accueilli plus de 750 nouveaux baptisés. Durant la semaine qui a suivi
le baptême quelques un(e)s se sont efforcés de participer aux 7 jours
de la catéchèse d'initiation (mystagogique). Mais, un mois plus
tard, un grand nombre de ces nouveaux chrétiens ont suivi l'initiation
traditionnelle organisée dans le village.
Ce rite de passage d'un homme enfant à un homme adulte comporte plusieurs
aspects très importants. L'initié doit notamment être lié
au dieu de la tribu par le biais d'un aliment offert par ce dieu. Cette alliance
ne doit jamais être rompue. À la sortie du temps de formation, l'initié,
qui n'a plus le droit de se souvenir de quoi que ce soit de son passé,
est entraîné, par son parrain, à une nouvelle vie selon l'esprit
de ce dieu. C'est
dans ce contexte que je vis pleinement ma vocation de SMNDA envoyée vers
un autre peuple qui a encore besoin de découvrir DIEU dans sa grâce
libératrice, Lui le maître de toute vie. Je crois de plus en plus
à la force de l'Esprit qui seul peut disposer les curs à accueillir
la grâce du Dieu de Jésus-Christ.
Hélène Shalukoma Furaha, Ndoguindi 

|
|
Le défi du chrétien africain
Christiane
Zongo (SMNDA Burkinabé) est en mission à Déli (Tchad). Elle
se pose la question de l'enracinement de l'Évangile dans cette église.
Voici le défi qui me semble lancé à notre mission en Afrique
: Que faire pour que l'Évangile atteigne l'Africain dans son être
profond ? Parler
d'Africains, c'est peut-être trop généraliser. Mais je parle
au moins des pays africains que j'ai connus jusqu'ici. Le même problème
s'y pose. Plusieurs catholiques se montrent très pratiquants et très
engagés. Mais lorsqu'ils doivent affronter des situations difficiles, on
dirait que la foi perd tout son poids et beaucoup parmi eux retournent aux pratiques
traditionnelles.
? Au Burkina Faso, une femme très engagée a été accusée
d'être sorcière. Elle a été chassée par son
milieu qui pourtant était assez chrétien, catholique ; cela s'est
fait au vu et au su de tous (y compris prêtres et religieuses).
? Au Mali, j'ai connu deux catéchistes qui ont pris une deuxième
femme. L'un disait : "Ma femme ne m'a donné qu'un enfant." Et
l'autre : "Ma femme ne me donne que des filles ; qui va être mon héritier
?" ? Au
Tchad, une communauté chrétienne avait des problèmes internes.
Le catéchiste a proposé de recourir au devin pour trouver une solution.
En tant qu'Africaine, ces situations m'invitent à m'enraciner toujours
davantage dans le Christ. Si non, comment être lumière si je suis
ténèbres ?
Christiane Zongo, Deli 

| |
Améliorer la santé : Sr. Gloria Sedes
|
| |
| | 

Grève à l'école : aide aux filles
Rollande Lacasse
Rollande Lacasse nous écrit de Déli : " Les écoles sont
en grève car les maîtres n'ont pas été payés.
J'ai offert aux filles de leur donner du français. Julia a commencé
la sensibilisation pour les CEB (Communautés ecclesiales de base) dans
les villages. Le 31 janvier, nous avons eu la rencontre des religieuses avec pour
thème : " La mondialisation ", ce fut très intéressant.
Simon, le stagiaire, a fait une causerie débat sur l'avortement. Il y avait
plus de 100 jeunes très intéressés. La semaine suivante,
il en a fait une sur l'alcoolisme, les jeunes sont venus au nombre de 50, en majorité
des protestants. L'abbé Martin en a fait une sur " Foi et Religion
traditionnelle ". Là aussi, il y avait une cinquantaine de jeunes.
Cette semaine doivent arriver à Moundou deux Bénédictines
du Congo pour chercher un lieu d'implantation. Monseigneur a demandé à
toutes les religieuses du diocèse de les accueillir. Je viens d'écrire
au nom de la communauté, disant que nous sommes prêtes à les
accueillir 2 ou 3 jours, de préférence en fin de semaine pour
qu'elles sensibilisent les communautés chrétiennes à leur
mode de vie. " 

|
| |