Il
y a quelques mois, j'ai découvert "Charles",
un malade du SIDA qui venait de perdre en quelques jours sa femme
et un de ses enfants.
Lorsque
je l'ai rencontré il était alité et très
malade. Il était tout à fait découragé
et il refusait de manger, et de prendre des médicaments.
Il voulait se laisser mourir.
Avec l'équipe qui prend en charge les malades du SIDA,
nous sommes allés lui rendre visite chaque jour. Nous avons
passé de longs moments avec lui l'invitant à se
soigner, à manger pour prendre des forces et continuer
à vivre avec ses trois enfants. Le refus catégorique
du début, à fait place peu à peu, au désir
de vivre. Un sourire est apparu de temps à autre, et la
reconnaissance envers les personnes qui le visitent a commencé
à s'exprimer. Après quelques mois Charles a même
commencé à faire des projets d'avenir, à
reprendre un travail.
Dans ce monde où nous sommes et où presque tout
s'achète et se paie, j'aperçois davantage la valeur
du dévouement, de la gratuité
C'est là
que je vois ma mission : être envoyée vers les plus
démunis, comme le Christ, leur montrer mon affection, les
libérer de leurs peurs et les encourager afin de faire
grandir en eux la vie.
Sr.
Felisa Garcia Galán (Gitega - Burundi)


Allo ! SOS chrétien à
Marseille
" Allo !
. (une voix féminine au bout du fil)
.
Allo !
. Je ne peux pas parler
.. (long silence
)
Non, je ne peux pas parler, c'est trop dur
. Excusez-moi
.
Je vais vous laisser". Je me sens impuissante. (Seigneur
donne-moi tes paroles !) Et dans la crainte qu'elle ne raccroche
ainsi, je ne peux que murmurer : " Je vais prier Dieu pour
vous ". - " Dieu ! C'est un
. (injure) ! Silence
.
- " Pour que vous disiez cela, je crois que vous êtes
dans une grande souffrance
.
- " Exactement
Merci de m'avoir écoutée
".
Dans ce service d'écoute téléphonique, où
je suis depuis cinq ans, une écoute fraternelle, sans jugement
peut aider à faire face à des angoisses et à
se remettre debout. Qu'en est-il dans chaque cas ? Le Seigneur
le sait, Lui à qui, dans l'espérance, nous remettons
tout.
Cette écoute, rejoignant la rencontre dans le quartier
de frères et surs musulmans, juifs, gitans ,évangélistes,
malades, personnes âgées,
N'est-ce pas tout
cela " être pont " au nom de Jésus ?
Sr.
Madeleine Hanauer (Olives - Marseille - France)


Fatima
est baptisée
Fatima
a été baptisée l'année dernière
à Pâques. Elle est orpheline de naissance et a été
élevée par des religieuses à Alger ; mais
celles-ci respectant sa religion ne l'ont pas baptisée.
Devenue adulte, elle est venue en France et a rencontré
son mari, un Algérien chrétien. Mais celui-ci étant
divorcé, malgré tout son désir, Fatima n'a
pu être baptisée. Elle a attendu de longues années
que l'annulation du mariage soit prononcée par l'Eglise.
Celle-ci est arrivée en 1999. Fatima a alors commencé
un vrai catéchuménat. Le mariage religieux a été
célébré le lendemain du baptême, et
cette année elle prépare sa confirmation avec beaucoup
de foi.
Fatima fait partie d'un groupe de catéchumènes de
la paroisse Ste Rita, où régulièrement de
nouveaux catéchumènes se présentent. La plupart
d'entre eux ont été baptisés enfants, mais
n'ont suivi aucun catéchisme ; adultes, ils désirent
vivre leur foi chrétienne et y réfléchir.
Chaque année les groupes se préparent pour les sacrements
du baptême, de l'Eucharistie et de la confirmation. Cela
leur demande un travail en profondeur et une grande régularité.
Ils ont des rencontres individuelles, puis une réunion
par mois avec le groupe, et une fois par trimestre avec tous les
catéchumènes du diocèse. C'est là,
à Ste Rita que j'ai été envoyée par
la responsable du catéchuménat de Marseille pour
aider tous ces catéchumènes à approfondir
leur foi.
Danielle Follain
Olives - Marseille - France


El hamdullah ! Tu
m'as
rendu le goût à la vie
Au cours d'une visite aux malades de l'hôpital
où je travaille comme bénévole, j'arrive
dans une chambre où un malade est tout recroquevillé
sur son lit. C'est un musulman arrivé d'Algérie
trois jours avant pour soigner une polyarthrite chronique évolutive.
Il avait été soigné pendant dix ans avec
des comprimés..
Je
luis dis que j'ai travaillé en Algérie et que je
connais bien son pays. Alors la glace est rompu ! Alors il me
raconte son histoire et l'accueil peu sympathique qu'il a reçu
en arrivant.
Le
lendemain, je lui fait la surprise de venir lui souhaiter la fête
de l'Aïd el Kebir, en lui apportant une assiette de gâteaux,
offerte par des amis algériens de la cité. Un large
sourire éclaire son visage, et il me tend les bras pour
m'embrasser : " Merci, ma sur, merci ! Mon cur
est gros comme ça
"
Une
infirmière entre à ce moment, et me dit : "
Vous le connaissez ? " et il lui raconte notre rencontre
et lui dit que j'ai travaillé en Algérie.
A ma visite suivante, il me dit : " Le personnel est plus
gentil avec moi, ils me changent les draps plus souvent, c'est
grâce à vous ".
Au bout d'un certain temps on l'envoie en rééducation,
puis il revient à l'hôpital pour un contrôle;
il marchait droit sur ses béquilles ! En deux bonds il
est près de moi, et me dit : " Regarde, ma sur,
je me tiens droit, et mes mains peuvent tenir les béquilles
Merci ma sur, tu m'as donné beaucoup de courage pour
tenir loin de mes gosses et de leur mère ; Dieu te bénit
! Tu m'as rendu le goût à la vie
El hamdullah !
Sur Edmée Sibioude ( Marseille - Olives - France)


Tu
as fait ça, toi, " l'étrangère "
Je
rentre de ma récollection et je suis assailli par des enfants
de la rue : " Safari est mort ! " Il n'avait que 14
ans ! Je suis consternée. J'ai fait tant de démarches
avec eux depuis leur SOS
pour faire soigner Safari mal en point ! Pris avec des voleurs,
il avait été tellement battu, qu'il en est mort
!
Safari,
si difficilement accepté à l'hôpital ! Que
faire ? Comment l'enterrer dignement ?
Je questionne les
enfants : " Connaissez-vous la famille ? " " Ils
habitent loin, mais une maman de la ville était leur voisine
" me disent-ils.
Les enfants me guident. Accueil froid. Résistance ! Je
persévère et raconte les derniers jours de Safari,
les démarches pour le sauver, les bonnes volontés.
La maman se redresse : " Tu t'es occupée de lui !
Mais, es-tu Rwandaise, toi ? Non !!! " Elle est touchée.
" Mais qui es-tu ?
Oui, tu es vraiment une sur.
Alors je vais te dire la vérité : ça ne va
plus entre ma famille et celle de Safari. Avant la guerre nous
étions grands amis, on ne se salue même plus. Mais
puisque tu as fait ça, toi, " l'étrangère
", moi aussi je vais aller les prévenir ". Ce
qu'elle a fait.
Et
Safari a été bien enterré comme un enfant
de la famille !
Trois jours plus tard la maman me croise en rue. Elle m'appelle.
Elle est heureuse ! " J'ai été bien accueillie
! La famille aussi a été touchée quand je
leur ai raconté
Ils ont logé chez moi ! J'ai
fait toutes les démarches avec eux ! Nous sommes redevenus
amis ! "
"
Etre tout à tous, parce que tout à toi ". Être
pont comme dit notre Projet Apostolique, sans être ni d'un
côté ni de l'autre, mais aider la traversée
pour que la Vie continue-avec-les autres.
Georgette Léonard ( Butare - Rwanda )


Dieu
seul peut nous sauver
Une longue file de mamans chargées de Lourdes
charges monte la cote du Lycée Wima. La conversation s'engage
avec l'une d'elles.
- "La route se rétrécit de jour en jour, bientot
ce sera un petit sentier..." - "Pour nous, cela n'a
pas d'importance, depuis si longtemps nous marchons. Les taxis,
les camions ce n'est pas pour nous..." - "Où
habitués-tu?"
- A Kadutu... une maison en bois accrochée à la
colline.
- On a payé cette parcelle, il y a longtemps... et depuis,
beaucoup d'autres habitations ont été construites
au-dessus, à coté, et en dessous de nous... A chaque
grosse pluie, la terre glisse devant et derrière la maison.
Parfois cela arrive même sur le toit."
- "N'avez-vous pas peur que tout dégringole?"
- "Si, nous avons peur, mais nous avons confiance en Dieu
seul.
Ici personne ne s'occupe de nous. Il n'y a que Dieu qui peut nous
sauver. On entend à la radio qu'il faut déménager...
Pour aller où? A Hongo ou près de l'abattoir. Là
aussi l'érosion va tout emporter. Quand la colline dégringolera,
nous espérons avoir le temps de nous sauver... comme les
gens de Goma quand le volcan a craché!"
- Combien êtes-vous à la maison?
- Il y a le papa, huit enfants et aussi quatre enfants du voisin
dont la maison s'est écroulée la semaine passée...
Ils viennent dormir chez nous puisqu'ils n'ont plus d'habitation!
Sr. Patricia Massart
(Bukavu - RD Congo)

