Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique (SMNDA)

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Des histoires vraies
que les SMNDA découvrent dans leurs rencontres.

 

 

 

 

Dans leur vie missionnaire,les sœurs sont témoins des histoires qui les évangélisent et les transforment.

Elles vous partagent quelques unes de ces histoires:

 


Mesfin réunis avec l'amour de sa vie après 14 ans d'exile

Mesfin est un Éthiopien qui a fui son pays pour sauver sa vie. Je l'ai rencontré dans le camp de réfugiés de Kakuma, au nord du Kenya, en `93. Il faisait pitié; souvent malade, très amaigri, désespéré…je lui ai offert, avec sa thérapie, d'être gardien et homme à tout faire dans le minuscule "centre" de counselling, construit avec ses camarades volontaires (pour ce service aux réfugiés.) La vie dans ce climat semi-désertique lui était extrêmement pénible. À mon départ du camp, il m'a supplié de ne pas l'oublier. J'aurais voulu être fée avec baguettes magiques!

De retour au Canada, j'ai contacté les Sœurs de Jésus et Marie qui marrainent des Éthiopiens depuis la demande faite à Rome aux Supérieures Majeures. Un très long processus s'est enclenché. Après quelques années d'efforts, recherches, démarches, prières et persévérance, Mesfin a pu enfin être accueilli par sa nouvelle famille, les Sœurs de J.M. et les autres Éthiopiens qui l'ont précédé.

Et voilà que Mesfin a repris contact avec l'amour de sa vie, une femme avec qui il avait vécu 4 ans en Éthiopie. Elle était partie travailler au Liban pour se changer les idées et attendre les retrouvailles. Encore là, les Sœurs de J.M. l'ont adopté et la ré-unification des familles a été une démarche plus facile. Ils sont ici, heureux, reconnaissants comme peu de gens le sont. Pour Mesfin, tout, absolument tout, est don, cadeau de Dieu.

Réunis après 14 ans! À leur visite ici, l'autre jour, sa femme Berke répétait: "J'ai faim Mesfin !" Ils sont beaux à voir. Il a trouvé un travail depuis le début, vivant dans une chambre, et apprenant le français, ce qu'elle fait aussi. Nul doute que des enfants ne tarderont pas à naître et les forcer à déménager dans un appartement plus grand!

Sr. Colette Joubert (rue Guy - Montréal)

 


CHARLES, un malade du SIDA dit "OUI" à la vie

Il y a quelques mois, j'ai découvert "Charles", un malade du SIDA qui venait de perdre en quelques jours sa femme et un de ses enfants.

Lorsque je l'ai rencontré il était alité et très malade. Il était tout à fait découragé et il refusait de manger, et de prendre des médicaments. Il voulait se laisser mourir.

Avec l'équipe qui prend en charge les malades du SIDA, nous sommes allés lui rendre visite chaque jour. Nous avons passé de longs moments avec lui l'invitant à se soigner, à manger pour prendre des forces et continuer à vivre avec ses trois enfants. Le refus catégorique du début, à fait place peu à peu, au désir de vivre. Un sourire est apparu de temps à autre, et la reconnaissance envers les personnes qui le visitent a commencé à s'exprimer. Après quelques mois Charles a même commencé à faire des projets d'avenir, à reprendre un travail.

Dans ce monde où nous sommes et où presque tout s'achète et se paie, j'aperçois davantage la valeur du dévouement, de la gratuité… C'est là que je vois ma mission : être envoyée vers les plus démunis, comme le Christ, leur montrer mon affection, les libérer de leurs peurs et les encourager afin de faire grandir en eux la vie.

Sr. Felisa Garcia Galán (Gitega - Burundi)


Allo ! SOS chrétien à Marseille

" Allo !…. (une voix féminine au bout du fil)…. Allo !…. Je ne peux pas parler….. (long silence…) Non, je ne peux pas parler, c'est trop dur…. Excusez-moi…. Je vais vous laisser". Je me sens impuissante. (Seigneur donne-moi tes paroles !) Et dans la crainte qu'elle ne raccroche ainsi, je ne peux que murmurer : " Je vais prier Dieu pour vous ". - " Dieu ! C'est un…. (injure) ! Silence….
- " Pour que vous disiez cela, je crois que vous êtes dans une grande souffrance….
- " Exactement… Merci de m'avoir écoutée ".

Dans ce service d'écoute téléphonique, où je suis depuis cinq ans, une écoute fraternelle, sans jugement peut aider à faire face à des angoisses et à se remettre debout. Qu'en est-il dans chaque cas ? Le Seigneur le sait, Lui à qui, dans l'espérance, nous remettons tout.

Cette écoute, rejoignant la rencontre dans le quartier de frères et sœurs musulmans, juifs, gitans ,évangélistes, malades, personnes âgées,… N'est-ce pas tout cela " être pont " au nom de Jésus ?

Sr. Madeleine Hanauer (Olives - Marseille - France)

Fatima est baptisée

Fatima a été baptisée l'année dernière à Pâques. Elle est orpheline de naissance et a été élevée par des religieuses à Alger ; mais celles-ci respectant sa religion ne l'ont pas baptisée.

Devenue adulte, elle est venue en France et a rencontré son mari, un Algérien chrétien. Mais celui-ci étant divorcé, malgré tout son désir, Fatima n'a pu être baptisée. Elle a attendu de longues années que l'annulation du mariage soit prononcée par l'Eglise. Celle-ci est arrivée en 1999. Fatima a alors commencé un vrai catéchuménat. Le mariage religieux a été célébré le lendemain du baptême, et cette année elle prépare sa confirmation avec beaucoup de foi.

Fatima fait partie d'un groupe de catéchumènes de la paroisse Ste Rita, où régulièrement de nouveaux catéchumènes se présentent. La plupart d'entre eux ont été baptisés enfants, mais n'ont suivi aucun catéchisme ; adultes, ils désirent vivre leur foi chrétienne et y réfléchir. Chaque année les groupes se préparent pour les sacrements du baptême, de l'Eucharistie et de la confirmation. Cela leur demande un travail en profondeur et une grande régularité. Ils ont des rencontres individuelles, puis une réunion par mois avec le groupe, et une fois par trimestre avec tous les catéchumènes du diocèse. C'est là, à Ste Rita que j'ai été envoyée par la responsable du catéchuménat de Marseille pour aider tous ces catéchumènes à approfondir leur foi.

Danielle Follain
Olives - Marseille - France


El hamdullah !
Tu
m'as rendu le goût à la vie…

Au cours d'une visite aux malades de l'hôpital où je travaille comme bénévole, j'arrive dans une chambre où un malade est tout recroquevillé sur son lit. C'est un musulman arrivé d'Algérie trois jours avant pour soigner une polyarthrite chronique évolutive. Il avait été soigné pendant dix ans avec des comprimés..

Je luis dis que j'ai travaillé en Algérie et que je connais bien son pays. Alors la glace est rompu ! Alors il me raconte son histoire et l'accueil peu sympathique qu'il a reçu en arrivant.

Le lendemain, je lui fait la surprise de venir lui souhaiter la fête de l'Aïd el Kebir, en lui apportant une assiette de gâteaux, offerte par des amis algériens de la cité. Un large sourire éclaire son visage, et il me tend les bras pour m'embrasser : " Merci, ma sœur, merci ! Mon cœur est gros comme ça… "

Une infirmière entre à ce moment, et me dit : " Vous le connaissez ? " et il lui raconte notre rencontre et lui dit que j'ai travaillé en Algérie.

A ma visite suivante, il me dit : " Le personnel est plus gentil avec moi, ils me changent les draps plus souvent, c'est grâce à vous ".

Au bout d'un certain temps on l'envoie en rééducation, puis il revient à l'hôpital pour un contrôle; il marchait droit sur ses béquilles ! En deux bonds il est près de moi, et me dit : " Regarde, ma sœur, je me tiens droit, et mes mains peuvent tenir les béquilles… Merci ma sœur, tu m'as donné beaucoup de courage pour tenir loin de mes gosses et de leur mère ; Dieu te bénit ! Tu m'as rendu le goût à la vie…

El hamdullah !

Sœur Edmée Sibioude ( Marseille - Olives - France)

Tu as fait ça, toi, " l'étrangère "…

Je rentre de ma récollection et je suis assailli par des enfants de la rue : " Safari est mort ! " Il n'avait que 14 ans ! Je suis consternée. J'ai fait tant de démarches avec eux depuis leur SOS pour faire soigner Safari mal en point ! Pris avec des voleurs, il avait été tellement battu, qu'il en est mort !

Safari, si difficilement accepté à l'hôpital ! Que faire ? Comment l'enterrer dignement ?… Je questionne les enfants : " Connaissez-vous la famille ? " " Ils habitent loin, mais une maman de la ville était leur voisine " me disent-ils.

Les enfants me guident. Accueil froid. Résistance ! Je persévère et raconte les derniers jours de Safari, les démarches pour le sauver, les bonnes volontés. La maman se redresse : " Tu t'es occupée de lui ! Mais, es-tu Rwandaise, toi ? Non !!! " Elle est touchée. " Mais qui es-tu ?… Oui, tu es vraiment une sœur. Alors je vais te dire la vérité : ça ne va plus entre ma famille et celle de Safari. Avant la guerre nous étions grands amis, on ne se salue même plus. Mais puisque tu as fait ça, toi, " l'étrangère ", moi aussi je vais aller les prévenir ". Ce qu'elle a fait.

Et Safari a été bien enterré comme un enfant de la famille !

Trois jours plus tard la maman me croise en rue. Elle m'appelle. Elle est heureuse ! " J'ai été bien accueillie ! La famille aussi a été touchée quand je leur ai raconté… Ils ont logé chez moi ! J'ai fait toutes les démarches avec eux ! Nous sommes redevenus amis ! "

" Etre tout à tous, parce que tout à toi ". Être pont comme dit notre Projet Apostolique, sans être ni d'un côté ni de l'autre, mais aider la traversée pour que la Vie continue-avec-les autres.

Georgette Léonard ( Butare - Rwanda )

Dieu seul peut nous sauver

Une longue file de mamans chargées de Lourdes charges monte la cote du Lycée Wima. La conversation s'engage avec l'une d'elles.

- "La route se rétrécit de jour en jour, bientot ce sera un petit sentier..." - "Pour nous, cela n'a pas d'importance, depuis si longtemps nous marchons. Les taxis, les camions ce n'est pas pour nous..." - "Où habitués-tu?"

- A Kadutu... une maison en bois accrochée à la colline.

- On a payé cette parcelle, il y a longtemps... et depuis, beaucoup d'autres habitations ont été construites au-dessus, à coté, et en dessous de nous... A chaque grosse pluie, la terre glisse devant et derrière la maison. Parfois cela arrive même sur le toit."

- "N'avez-vous pas peur que tout dégringole?"

- "Si, nous avons peur, mais nous avons confiance en Dieu seul.

Ici personne ne s'occupe de nous. Il n'y a que Dieu qui peut nous sauver. On entend à la radio qu'il faut déménager... Pour aller où? A Hongo ou près de l'abattoir. Là aussi l'érosion va tout emporter. Quand la colline dégringolera, nous espérons avoir le temps de nous sauver... comme les gens de Goma quand le volcan a craché!"

- Combien êtes-vous à la maison?

- Il y a le papa, huit enfants et aussi quatre enfants du voisin dont la maison s'est écroulée la semaine passée... Ils viennent dormir chez nous puisqu'ils n'ont plus d'habitation!

Sr. Patricia Massart
(Bukavu - RD Congo)

 

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