Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique (SMNDA)

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Artiste de la saison - Janvier 2004

Peintures de Sr. Madeleine Côté

La rencontre de l'Islam fut un privilège...

Sr. Madeleine Côté est du Québec (Canada).
Elle a travaillé de longues années dans l'enseignement en Algérie, surtout en Kabylie, comme Missionnaire de Notre-Dame d'Afrique.

"Arrivée en 1944 en Kabylie (Algérie) j'ai découvert et apprécié un peuple fier, sa culture et sa très belle langue. Vie rude de ces femmes rêvant pour leurs enfants et surtout pour leurs filles d'une vie meilleure. Quelles richesses humaines, quel dynamisme ! Quelle tâche facile pour l'éducatrice que j'étais.

Sr. Madeleine Côté avec deux jeunes kabyles.

Je compte comme un très grand privilège dans ma vie d'avoir rencontré l'Islam. Notre amitié ne s'est jamais démenti dans le temps ; nos croyances différentes n'étant pas un obstacle, bien au contraire car la foi authentique est source de vérité et de respect mutuel.

Actuellement elle est à Montréal (Canada) où elle continue à travailler dans la peinture, surtout l'aquarelle.

LE BIJOU QUI PLEURE:

Hommage aux femmes algériennes

Cette aquarelle exposée au Centre Culturel de Cartierville (Montréal) en mai 1995, est actuellement à Rome dans une chapelle près du tombeau du Cardinal Lavigerie, qui fonda les Missionnaires d'Afrique (pères, frères et sœurs) en Algérie.

Couleurs tragiques traversées de lumière et d'espérance, court poème et bijou kabyle deformé; classifiant cette aquarelle d'affiche.

Source de cette création : les émotions face à la violence et à la mort de plusieurs femmes et filles algériennes luttant pour leur liberté et n'ayant d'autre tort que leur jeunesse, leur scolarisation et leur voix, -refusant ce rêve funèbre" qui plane au-dessus de l'Algérie.

Le bijou qui pleure par Madeleine Coté

Ce bijou kabyle "abzim" fait partie des anciennes fébules très prisées de ces dames... Fait d'une plaque d'argent triangulaire garnie d'émaux cloisonnés et de cabochons de corail. À la partie supérieure se trouve un ardillon riveté dans lequel se glisse un anneau en forme d'oméga. Ce bijou se portait aux épaules retenant le pan de deux vêtements appelés "timelhelft". Ce bijou demeure un trésor de famille et la mémoire d'un art consommé.

Cette aquarelle modeste veut être un témoignage d'affection pour toutes mes Sœurs Algériennes qui ont toujours été pour moi l'expression de courage, de sagesse, de créativité extraordinaire, pour l'amitié qu'elles m'ont accordé Durant mon long séjour auprès d'elles.
Que ma prière et ma reconnaissance apporte l'espérance de la PAIX.

Ce " bijou qui pleure " est devenu un projet d'aquarelle après la mort tragique de plusieurs jeunes filles algériennes refusant un certain programme politique qui limitait les libertés les plus fondamentales en préfèrent le danger et la mort.

Ma solidarité avec l'Algérie, ce pays en mal de vivre et surtout pour ces jeunes femmes qui ont rejoint le cortège des martyrs pour la liberté, je demande à vous tous qui regardez " ce bijou qui pleure " de faire une petite prière.

Priez Celui qui donne la dignité.
Priez notre Père plein de tendresse.
Confiez-lui ce pays et ses enfants
Luttez de toutes vos forces pour que cessent
ces " bijoux qui pleurent "
Dieu a besoin d'un monde nouveau.
Dieu a besoin de femmes et d'hommes libres.

Montréal, le 10 avril 1995
Sr. Madeleine
Côté

 

L'art dans la vie d'une missionnaire

L'art (avec un petit a) est tout simplement l'expression d'un peuple, de ses traditions, de l'amour de ses Anciens, etc.… Dans ce sens, toute personne est un ou une artiste.

La devise " tout à tous " des SMNDA a ouvert mes yeux car dans l'enseignement, comment il est difficile de ne pas imposer sa culture et ses goûts…

Un article d'Arno Stern " L'expression primitive, son éducation par l'atelier de peinture " fut un coup de foudre… Notre supérieure M. Mechtildis m'a permis de faire un stage dans l'école d'Arno Stern à Paris où je suis devenue son assistante durant un an. La démarche était tout le contraire de l'enseignement donné aux Beaux-Arts.

La source peinture par Sr. Madeleine Côté

Dans cette méthode le point de départ est l'enfant (de 7 à 87 ans). Celui-ci trouve en lui-même face à cette grande page blanche punaisée au mur, son expression et ses couleurs. Un exemple : un garçon de dix ans fréquentant mon atelier n'aimait pas " mon rouge ". Le magenta, couleur primaire, remplaça le " vilain rouge " ! et il reconnut tout de suite le nouveau rouge dont il avait besoin. Il me dit : " Mado, tu as pris du temps à comprendre ! "… Il n'est pas devenu peintre. Il est organiste, et son expression créatrice lui permet de présenter de superbes improvisations et de composer tout simplement, de donner des concerts… Le rouge dont il avait tant besoin lui a donné " son expression créatrice "…

Cette formation à la mode d'Arno Stern est devenue pour moi ma voie et ma voix. L'expression primitive est un signe d'espérance quelque soit l'origine et l'age, car on découvre en soi-même ses valeurs. Point besoin de modèles ou d'ambiance stimulante. Son authenticité se reconnaît par l'équilibre et la beauté. Dernièrement lors d'une exposition de peinture à Montréal, je fus frappée par quelques toiles dont je reconnus le langage. L'auteur ingénieur en retraite avait trouvé le filon intérieur de l'expression créatrice. Il était tout heureux de m'entendre parler de mon expérience et de l'orientation de l'art avec un petit " a " qui est très souvent le grand Art !

Notre devise le " tout à tous " et la Méthode d'Arno Stern ont transformé ma vie et ma vue, surtout dans l'enseignement.

Je relis souvent cette pensée de Dustin Hoffman : " Tu n'as pas vu ce qui était, tu as vu ce que tu voulais croire ".

Roger Garaudy dans " Parole d'homme " dit : " …l'art n'est pas fait pour faire de l'art mais pour faire l'homme, que ce n'est pas affaire d'inspiration individuelle, mais prise de conscience de la création continuée de l'espèce et découverte de langages nouveaux, pour exprimer le jaillissement de la réalité nouvelle… "

Sr. Madeleine Côté

 

La Lumière - Peinture de Sr. Madeleine Côté

Tu n'as pas vu
ce qui était,
tu as vu
ce que tu voulais croire.

Dustin Hoffman



Le bijou de Braque

Toujours à la recherche de l'espace et de la profondeur, Braque a créé un bijou en onice bicolore noir-blanc, à 80 ans!! Genèse de cet auteur que j'ai saisi - un peu... Sur une branche dans la profondeur, un objet... dans l'espace des formes sous-marines.

Le bijou de Braque fut honoré avec le 2e prix de l'exhibition de Québec en 1966. Le prix fut contesté par le Consul de France.

 

Sr. Madeleine Côté en Mai 1966 à côté de sa peinture "Bijou de Braque" qui a gagné le 2e prix.

Photo de la peinture de Sr. Madeleine "Le bijou de Braque"


 


D'atures peinture de Sr.
Madeleine Côté

Cliquez sur une peinture pour voir une image plus grande

 

Le bijou qui pleure
Aquarelle
Le bijou de Braque
Peinture à l'huile
Photo de la peinture
(en blanc et noir)

Gong et croix
sur une vieille
porte Kabyle
Aquarelle

Lumière
sur l'escalier
La lumière
Aquarelle
Le petit prince
Gouache
Paris 1963
"Il n'a ni forme
ni splendeur"
Recolte
Aquarelle

Expression créatrice
La source
Aquarelle



 

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