Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique (SMNDA)

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Le développement des Congrégations religieuses africaines
et les SMNDA

Dedza (Malawi): Sr. Elizabeth Zadnik (SMNDA) avec Sr. Luiza, Sœur de la Présentation.

 

 


Les débuts de la vie religieuse en Afrique

Très rapidement, après l'annonce de l'Évangile en Afrique, l'Esprit souffle sur les nouvelles communautés en suscitant chez quelques jeunes filles le désir de "faire le travail de Dieu", comme elles disent, et de faire partager le bonheur qu'elles ont découvert.

Les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique ont toujours eu la préocupation de consolider l'église locale. Sachant l'importance que la femme africaine pouvait jouer dans le développement de l'église dans le continent, les SMNDA ont aidé les églises locales à avoir leur propre congrégations religieuses.

Les SMNDA ont reçu la grâce d'accompagner jusqu'à leur autonomie, une vingtaine de ces congrégations naissantes.

Elles voyaient dans cette responsabilité l'accomplissement de l'orientation donnée par le Fondateur: "Transformer l'Afrique par les Africains devenus chrétiens et apôtres", le missionnaire n'étant qu'un initiateur.

Les SMNDA ont attendu que les églises locales soient assez fortes et que leurs congrégations religieuses soient bien établies pour commencer à accepter des vocations africaines chez elles: des femmes qui désiraient quitter leur pays pour aller annoncer la Bonne Nouvelle ailleurs...

Le mouvement de la vie religieuse féminine en Afrique fut spontané.

Voici quelques exemples bien significatifs:

Une sœur SMNDA avec un groupe de jeunes africaines qui se préparentà la vie religieuse en Zambie.


C'était l'année 1894 à Villa Maria (Ouganda)

Un groupe de jeunes filles ougandaises se présente à l'ouverture du Grand Séminaire en 1893. Elles n'avaient jamais vu des religieuses, aucune influence extérieure ne les avait poussées. Elles devaient attendre l'arrivée des sœurs avant de pouvoir réaliser ce qu'elles désiraient. (français)

Elles devenaient le noyau de la première congrégation religieuse en Afrique Centrale : les Bannabikira.


1922 à Ouagadougou (Burkina Faso)

Marie-Jeanne, une jeune mossi veut être sœur " comme sœur Delphine de l'ouvroir " . Mais " est-il possible
d'être sœur en étant noire ? " Mais oui ! Jamais elle ne l'aurait cru… Coup de tonnerre dans leur famille! "
Impossible " Du jamais vu….

Mais grâce à l'audace de quelques jeunes filles dont Marie Jeanne, du Père Supérieur et de Sr. Delphine le
11 février 1924 s'ouvrait le postulat des Sœurs de l'Immaculé Conception de Ouagadougou (SIC)
avec quatre jeunes filles.


En 1948, du côté de Bobo Dioulasso (Burkina Faso)

"Une africaine peut-elle devenir religieuse ? " Même des parents profondément chrétiens croient la chose
irréalisable...

Mais l'année suivante, la Congrégation des Sœurs de l'Annonciation de Bobo Dioulasso (SAB) était née.


En 1967, à Baam (Burkina Faso)...

"Peut-on prendre au sérieux le désir de filles analphabètes de devenir sœurs?"

Elles veulent consacrer leur vie à Dieu pour annoncer la Bonne Nouvelle du salut à leurs frères et Sœurs des
villages. En 1969, Sr. Elisabeth de la Trinité (SMNDA) arrive à Baam pour aider la jeune congrégation qui venait
de naître.

Ce furent les débuts des Sœurs de Notre-Dame du Lac.


Sr. Claire Griffon (2ème à gauche) joua un role important dans le développement de la congrégation des Sœurs de l'Annonciation de BoboDioulasso (SAB) au Burkina Faso.


Les SMNDA ont aidé à la fondation d'une vingtaine des congrégations religieuses dans différents pays d'Afrique.

Des graines semées…. La vie triomphe…..

Dans ces débuts difficiles, les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique ont reçu la grâce d'accompagner jusqu'à leur autonomie, une vingtaine de ces congrégations naissantes. Les sœurs qui nous ont devancées, ont fait confiance à ces germes de vie jetés en terre africaine. Aujourd'hui nous pouvons contempler la vie jaillie de ces graines, ces congrégations que nous avons aidées à fonder et à grandir et qu'aujourd'hui sont devenues missionnaires à leur tour.

Lorsqu'elles nous disent "vous êtes nos mères" cela nous fait chaud au cœur et nous donne la joie ! Nous sommes fières de voir ces congrégations se développer et grandir, et voler de leurs propres ailes pour porter la Bonne Nouvelle aux peuples africains.

En 2003 la petite plante des Sœurs de l'Immaculée Conception (SIC) née en 1924 est devenue un grand arbre qui a fêté ses 75 ans et qui compte aujourd'hui 270 Sœurs professes formant 55 communautés. Les SIC ont actuellement 50 novices.

Elles sont présentes dans quatre pays (Níger, Togo, Côte d'Ivoire et Burkina Faso).

En 1999 les Sœurs de l'Annonciation de Bobo-Dioulasso (SAB) fêtaient leurs 50 ans d'existence. Elles travaillent dans quatre pays (Mali, Sénégal, Côte d'Ivoire et Burkina Faso); les 193 professes, forment 42 communautés. Sr. Claire Griffon (SMNDA), co-fondatrice de la congrégation, qui l'a conduite jusqu'à son autonomie en 1968, a été invitée à la fête.

1999 Les Sœurs de Notre-Dame-du-Lac (NDL) ont élu leur premier conseil général, acquérant leur autonomie.

Présentes dans trois diocèses du Burkina Faso en neuf communautés, elles sont 49 professes , et neuf novices. Sr. Blandine, leur première supérieure générale remercie les vingt-deux Sœurs de ND d'Afrique qui ont œuvré à Baam.


Une Sœur du Rwanda apprend la langue des sourds pour pouvoir parler avec cette femme qui est sourde.


Le désir de " faire le travail de Dieu "

Les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique voyaient dans cette responsabilité d'accompagner les nouvelles congrégations africaines naissantes, l'accomplissement de l'orientation donnée par le Fondateur: "Transformer l'Afrique par les Africains devenus chrétiens et apôtres", le missionnaire n'étant qu'un initiateur.

Aussi s'ajoutait la conviction de Lavigerie quant à l'importance fondamentale de l'apostolat féminin. Outre le fait que, dans les missions d'Afrique du Nord qui lui étaient proches, seule une femme pouvait pénétrer l'intimité de la famille, il voyait dans le rôle éducateur de la femme un élément essentiel pour la transformation de toute société.

Le mouvement de la vie religieuse en Afrique a été spontané. L'exemple le plus frappant est ce groupe de jeunes ougandaises qui se présente lors de l'ouverture du séminaire! (1893) Elles n'avaient jamais vu de religieuses, et aucune influence extérieure ne les avait poussées. Il leur faudra attendre l'arrivée des sœurs pour réaliser leur désir et devenir le noyau d'origine de la première Congrégation du Centre de l'Afrique : les Bannabikira.

On rencontre de tels "fioretti" à la naissance de la plupart des Congrégations, et bien des Évêques ont cherchéà écarter cette responsabilité. Ils considéraient que le milieu social n'était pas mûr pour un mode de vie si révolutionnaire.

Après la première expérience d'Ouganda et de Tanzanie, les fondations se succédèrent entre 1920 et 1960,au Congo, au Rwanda et au Burundi, en Zambie, au Malawi. Quand les Sœurs de l'Immaculée Conception sont fondées à Ouagadougou, au Burkina-Faso, dans les années 30, les Bannabikira de l'Ouganda élisent leur première supérieure générale. Les congrégations se développent, elles essaiment, parfois se divisent en raison des distances, des différentes langues et de la multiplication des diocèses. Les charismes s'affinent, se diversifient.

Si, au début, le but était le service du peuple par les activités auprès des femmes, la catéchèse, le soin des malades, on voit ensuite apparaître des spécificités. Telle congrégation s'oriente vers le milieu rural prépondérant en Afrique et difficile à atteindre en raison de sa dispersion. Telle autre se consacre aux plus pauvres: vieillards et handicapés que la société ne peut plus prendre en charge. Telle autre encore insiste sur le service de la parole.

Si certaines Congrégations gardent une vocation régionale, la plupart cependant ont essaimé dans d'autres diocèses, ou s'engagent dans la mission "ad extra" et passent les frontières: on voit des Tanzaniennes au Burundi, des Burkinabé au Niger, des Malawiennes en Zambie. Au Tchad, les Benetereziya du Burundi ont suscité par leur présences des vocations apostoliques qui pourraient par la suite devenir une Congrégation tchadienne.

Mais tout cela n'est encore que la manifestation extérieure d'un phénomène plus vital, la présence de ces femmes au sein d'une société qu'elles animent parce qu'elles ont donné leur vie. Par sa sensibilité, de par son être même, la femme est ouverte à la vie, aux personnes. Si elle peut saisir les problèmes intellectuels au même titre que les hommes, elle les aborde d'une façon différente. Dès les débuts, Mgr Streicher, en Ouganda, constate avec honnêteté, mais peut-être avec un certain étonnement, que ces femmes qui se sont présentées pour communiquer à d'autres leur bonheur, assimilent la doctrine aussi bien que les hommes! Et, ajoute-t-il," elles ont plus de tact, plus d'adresse pour persuader et convertir".

Tableau idyllique? Oui, comme l'idéal vers lequel on tend. Il y a des lacunes, des faiblesses, mais n'est-ce pas la loi de toute réalité humaine et de l'Église elle-même où le péché reste présent. C'est le miracle du salut qu'à travers nos actions humaines, souvent faussées; Dieu voit la foi de son Église et l'Esprit à l'œuvre.

C'est pour nous une joyeuse espérance que ces 4000 Sœurs vivant dans 22 congrégations africaines, sans oublier toutes les autres Congrégations du Continent.

C'est un petit rameau fragile, mais plein d'une sève qui fait jaillir de nombreux bourgeons. N'est-ce pas toujours dans la petitesse et l'humilité que se construit le Royaume?

Les religieuses africaines sont, dans cette immense pâte que représente l'Afrique, comme un levain qui doucement travaille la pâte pour qu'elle accueille la lumière et la force de l'Esprit Saint.

Sr. Marie-Josée Dor, MSOLA
Communauté de Versailles (France)


 

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