Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique (SMNDA)

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Sr. Diana Martel, SMNDA. Après avoir travaillé plusieurs années en Afrique (en Zambie), Sr. Diane a dédié quelques années de sa vieà préparer des sages-femmes parmi les populations autochtones du Nord du Canada. Ici nous la voyons avec une femme inouite, heureuse de nous montrer son enfant.


Les SMNDA travaillent avec des femmes et dans des groupes de femmes

Intéressez-vous au travail que les Sœurs Missionnaires de
Notre-Dame d'Afrique, font avec les femmes:

Avec beaucoup d'autres femmes, les SMNDA travaillent
pour se libérer elles-mêmes des images qui les empêchent
de mettre leurs qualités au service de la société.

Unies à d'autres femmes les SMNDA participent dans
tous les efforts qui sont faits pour construire un monde
plus humain.

 

Sr. Agnes Madai avec un groupe de femmes au Tchad.

Peule avec les femmes peules

Sr. Agnès Madai vient de la R.D.Congo.
Elle a travaillé au Tchad et à Dori une petite ville dans la région du Sahel au Burkina Faso. Elle travaille au milieu de femmes Peules.

Le milieu peul est très fermé et cela prend du temps avant de pénétrer dans un village. Il faut que quelqu'un t'introduise dans les familles.

Cette période indéterminée de visites gratuites est le plus dur à vivre, car on se sent inutile, sans activité précise.

Il m'a fallu plus d'une année, dans le premier village, avant que quelques femmes n'expriment leurs attentes: apprendre la broderie, pour améliorer la maison et faire un peu d'argent.

Dans les autres villages, cela a été plus rapide car on avait déjà entendu parler de moi.

Montrer aux femmes la broderie m'a permis de me faire connaître dans les villages jusqu'à être considérée presque comme l'une des leurs.

J'ai découvert l'importance d'être avec les gens, de les découvrir de l'intérieur, d'être présente à leurs événements quotidiens. Je ne suis pas celle qui vient montrer la broderie ou autre chose, mais une des leurs qui vient passer la matinée avec les siens en les visitant, en travaillant ensemble.

Il m'a fallu avoir de la patience, savoir durer et respecter leur rythme, accepter d'être inutile et parfois même rejetée… J'ai dû laisser tomber certains préjugés… Aujourd'hui je me sens presque peule avec les Peuls. Le milieu étant complètement musulman, des aspects de notre vie leur posent question: "Pourquoi restez-vous célibataires? Qu'est-ce qui vous fait aimer tout le monde, musulman ou non? Comment des blanches et des noires peuvent-elles vivre ensemble sous le même toit, manger ensemble?… Pourtant on vous voit heureuses et unies!"

Agnès Madai (R.D. Congo)

Les femmes du Centre de poupées de Kangemi (Nairobi) avec Sr. Cécile Peloquin et P. Rodrigo Mejia s.j. qui a mis une des chasubles faits par l'atelier des femmes.


Le centre des poupées: un atelier à Kangemi

Les SMNDA étaient à Kangemi, un quartier très pauvre dans les alentours de Nairobi. Tant de femmes frappaientà notre porte pour demander du travail!

En communauté nous avons vu que beaucoup de femmes étaient seules pour porter la responsabilité de la famille, et elles n'avaient aucun salaire. Nous avons vu le besoin de créer des emplois pour ces femmes.

Nous avons pensé qu'un travail d'artisanat pourrait leur apporter un peu d'argent, mais que pouvait-elles faire?... En lisant les journaux l'idée des poupées représentant les différentes tribus du Kenya est venue... Sûrement les touristes aimeraient cela si elles étaient bien faites. Nous avions trouvé le produit et le nom du groupe "Dollicraft" (artisanat des poupées).

Les femmes ont appris à coudre et à habiller les poupées, et les touristes les achetaient !

Ce fut difficile, surtout d'obtenir un travail de qualité, mais peu à peu le projet devint plus important. Et un atelier d'ornements sacrés (chasubles,aubes,... ) fut rajouté. On employa des tissus africains et des modèles africains. Les prêtres les aimaient et les achetaient, même ceux qui venaient d'autres pays.... Les deux ateliers produisaient et les femmes étaient capables d'envoyer leurs enfants à l'école et d'améliorer leur vie.

Aujourd'hui les deux centres continuent leur production de poupées et de vêtements liturgiques et écclésiastiques.

Cécile Peloquin (Canada)

 

Sr. Lucie Pruvost (à gauche) avec une amie


Avocate et écrivain au service des femmes

Sr. Lucie Pruvost est une SMNDA née en Algérie où elle travaille à présent.

Elle a dédié la plus grande partie de sa vie et ses activités aux femmes dans les pays musulmans.

Sr. Lucie et sa communauté de SMNDA habitent dans un quartier populaire d'Alger. Elle participe depuis presque 20 ans au " Centre d'Etudes diocésain", fondé par le P. Teissier (évêque d'Alger) à la demande du Cardinal Duval. La mission est d'établir un pont entre les cultures, celles d'Algérie et celles, étrangères, que nous représentons, un pont entre islam et christianisme et cela se fait à travers différentes activités : enseignement des langues arabes, où une religieuse libanaise et une SMNDA sont engagées ; deux bibliothèques fréquentées par des chercheurs, étudiants, universitaires… Quatre SMNDA y sont engagées avec d'autres religieux.

Sr. Lucie nous parle de son travail avec les femmes algériennes:

Le premier appel que je perçois comme femme et comme SMNDA c'est l'appel à l'amitié que les femmes del'immeuble expriment de diverses façons, passer une soirée ensemble, aller prendre un café chez l'une ou l'autre et parler. Ces femmes, les mères de famille au moins, celles qui ont une cinquantaine d'années ne sortent pas de chez elles, ou très peu : elles regardent la vie de la rue par leur fenêtre. Alors elles sont heureuses de pouvoir parler " avec nous et pas seulement avec les voisines (avec lesquelles elles ne s'entendent pas nécessairement).

A un niveau plus large, il y a les appels des femmes à la paix sociale, et au retour à une situation plus normale.

Les mamans s'inquiètent pour leurs filles (scolarité, trouver un travail, se marier, etc…)

L'appel à un véritable respect de la personnalité, de la dignité de la femme. C'est un appel qui peut être assez agressif, lancé sur la place publique par des " battantes ", qu'elles soient " laïques " ou "islamistes ". Les femmes "islamistes " puisent leurs arguments dans la loi musulmane, tandis que les " laïques " les puisent dans la doctrine moderne des droits de la personne.

A la demande de Mgr. Teissier j'ai écrit un livre sur " la situation de la femme dans le code de la famille algérienne ". J'essaie de répondre à trois questions D'où vient-il ? Que contient-il ? Vers quoi va-t-on or devrait-on aller? Où je présente différentes propositions…

Avec ce livre, je réalise mon désir ancien et toujours actuel de participer à l'effort de nombreuses Algériennes depuis 1962, date de l'Indépendance, jusqu'à ce jour, pour obtenir le changement de ce statut archaïque et transformer le statut juridique des femmes dans la famille.

Je voulais démontrer l'archaïsme intolérable du statut réservé aux femmes par le Code algérien de la famille et offrir de la sorte aux militantes algériennes un argumentaire pertinent pour soutenir leur lutte dans un pays écartelé entre la modernité et la tradition. Modernité ? Les femmes ont envahi la presque totalité de la vie publique, politique, professionnelle, culturelle, sociale, et à de très hauts niveaux. Tradition ? Pour se marier, quel que soit son âge, une femme a besoin d'un " tuteur " ; elle peut être purement et simplement répudiée, sans pouvoir se défendre, et même se voir adjoindre une co-épouse, pour ne citer que les situations les plus flagrantes, tout cela au nom d'une certaine interprétation de ce que l'on appelle la " loi divine ".

Il me fallait donc commencer par démontrer que, en réalité, ce n'est pas à la loi divine, cette sharîa dont on ne cesse de parler pour brandir des interprétations d'un autre âge, qu'il faut imputer la survie d'un statut qui ne correspond plus à la réalité sociale actuelle, mais bien plutôt à la tradition patriarcale si puissante dans les régions méditerranéennes.

Bien des facteurs m'aident à être très proche des femmes algériennes. Le fait d'être née et avoir vécu en Algérie, en plein monde rural, musulman, pauvre, d'en parler la langue, d'appartenir à une famille proche de ce milieu, d'avoir fait toutes mes études dans l'enseignement public laïc (non confessionnal) avec des personnes de toutes confessions, tout cela m'a aidé et m'aide encore considérablement. La détresse de beaucoup de personnes me touche. Je sais qu'il me faut absolument travailler avec les algériennes qui cherchent une libération des divers jougs qui pèsent sur leurs épaules (coutumes, loi, injustice masculine…) Je travaille à cela avec ce que je suis et ce que j'ai reçu pour le faire.

 

Webmaster: Gisela Schreyer
website.gis@smnda.org

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