Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique (SMNDA)

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LE TRAVAIL DES SMNDA DANS LA SANTE

 

 

 

Ces dernières années la situation de la santé en Afrique s'est détérioré grandement, dû surtout aux "coupures aux budgets de santé" des gouvernements, à travers les Programmes d'Ajustement Structurel imposés aux pays africains par les Institutions Financières Internationales afin d'ajuster leurs Macroéconomies.

Des maladies infectieuses - telles que le SIDA, la malaria, la tuberculose - sont en train de ravager le continent Africain.

Sr- madeleine Dierckx

Depuis leur débuts, les SMNDA se sont dédiées à guérir et soigner des malades. Elles ont été des pionnières dans beaucoup de champs de santé. Aujourd'hui les besoins ont changé et les Sœurs s'occupent des malades et les accompagnent. Beaucoup de soeurs repondent aux besoins des malades, victimes du SIDA et de leurs familles. Elles s'occupent des orphelins et travaillent pour un changement des lois afin d'obtenir des médicaments et soins de santé pour tous.

 

Les SMNDA et le travail de santé dans différents pays

 

Sr. Jeanne Simons et Sr. Madeleine Dierckx avec les
travailleurs du Centre de Santé St. Joseph de Kangemi,
à Nairobi (Kenya)

Sr. Gloria Sedes dans la clinique des enfants
dans un village au Sud du Tchad
.



Sr. Monique Pouyez avec un groupe de volontaires
formés pour tenir la pharmacie du village, à Deli (Tchad).
Sr. Gloria Sedes avec un groupe d'aides sanitaires
et sages-femmes qu'elle a formées. Les unes travaillent
à la maternité, d'autres assistent les femmes
dans l'accouchement. Tchad
Sr. Mari Angeles Yaniz dans le dispensaire de Deli
dans le Sud du Tchad.
Sr. Margarita Rodriguez, dans le
dispensaire de Deli au Tchad.

Sr. Odile Striby avec des jumeaux juste après l'accouchement, à Espungabera(Mozambique)


La médicine verte au Mozambique - Sr. Odile Striby

Sr. Odile Striby, une doctoresse française et Sœur Missionnaire de Notre-Dame d'Afrique est arrivée à Espungabera, une petite ville Mozambicaine dans les montagnes, près de la frontière Zimbabwéenne en 1992.

Elle a travaillé à l'hôpital local, jusqu'à l'arrivée d'un docteur Mozambicain qui l'a remplacée. Depuis lors elle s'est consacrée à améliorer les conditions de santé des communautés locales et à travailler avec les docteurs traditionnels pour améliorer leurs connaissances et continuer leur formation.

Au Mozambique la guerre civile a fait rage pendant 17 années. Le pays a été ravagé et la plupart des dispensaires détruits. Il n'y avait pas de médecines, et les gens sont revenus à la médecine traditionnelle. En 1991 une année avant que la paix soit été signée, l'Association de Docteurs Mozambicains Traditionnels a été reconnue. Ce sont de vrais docteurs ou guérisseurs traditionnels, qui utilisent des produits naturels comme plantes et argile et pas de sorciers guérisseurs ou des sorciers qui invoquent les esprits.

Depuis son arrivée au Mozambique, Sr. Odile a vu la grande importance que les docteurs traditionnels avaient et le rôle important qu'ils jouaient dans les régions où il n'y pas de médecine moderne disponible. Elle s'est intéressée à eux, les a rencontrés, les a écouté et elle a été prête à apprendre d'eux. Ils sont venus la connaître, et elle a été invitée à leurs réunions où ils partagent leurs connaissances et leurs idées au sujet de la médecine traditionnelle (appelée " médecine verte "). Ces réunions sont devenues des échanges de connaissances au sujet de nouvelles plantes, de nouvelles méthodes de préparer les médecines et d'un meilleur dosage.

Communautés chrétiennes et santé

Dans chacun des 23 Petites Communautés chrétiennes de la paroisse d'Espungabera, deux personnes ont été choisies pour être formées afin d'être capables de donner des classes d'éducation sanitaire à la communauté. Ils apprennent la prévention des maladies les plus communes (malaria, SIDA, tuberculose, diarrhée, etc.) et aussi des soins d'urgence dans des cas de blessures et fièvre. Ces travailleurs de la Santé sont des volontaires et font cela comme un engagement chrétien. Ils ne se limitent pas à enseigner, mais ils visitent les malades et voient à leurs besoins spirituels, ils s'occupent d'eux, et ils voient à leur nourriture.

Dans chaque Petite Communauté chrétienne les travailleurs de la Santé ont commencé à planter des jardins d'herbes pour cultiver des médecines. Maintenant ils sont capables de faire des onguents pour la gale et les ulcères tropicales; du sirop pour la grippe, le froid, les bronchites; des lotions pour les rhumatismes; des vitamines de tous genres; des infusions de plantes pour la diarrhée et les coliques.

Sr. Odily et le Comité Diocésain de la Santé ont comme objectif de réduire la dépendance de la médecine moderne en stimulant l'usage de médecines traditionnelles et en permettant ceux qui sont loin des hôpitaux d'avoir accès à des soins d'urgence à partir des sources locales. Pour ceux qui sont touchés par le SIDA, ces médecines sont à la portée de tous, et elles produisent une et amélioration de leur confort et bien-être.

 


Santé et développement main dans la main
Wamaza (R.D. Congo)

L'évêque de Kasongo (R.D. Congo) avait fait appel aux SMNDA en faveur de la population de WAMAZA, très éprouvée par la guerre. C'était une population musulmane à 85%, sortant à peine de la brousse et de la forêt où elle s'était réfugiée, avec tout le cortège de misères qui en résulte. La mission reçue était d'établir des relations fraternelles avec les musulmans et d'entrer en dialogue avec eux dans le quotidien de la vie.

Le temps dédié à préparer la maison était idéal pour connaître les gens du village, qui passaient facilement pour voir ces sœurs européennes (wamama wazungu), qui travaillaient beaucoup...

En septembre Wamaza a vu la naissance d'une école secondaire où deux sœurs y étaient affectées. C'étaient les prémices d'une scolarisation de niveau secondaire qui allait se développer et engendrer 20 ans plus tard, quatre instituts avec plusieurs options différentes.

Les autres sœurs ont pris du temps pour réfléchir avec la population et les aider à exprimer leurs besoins, avant de se mettre à l'œuvre. Les papas musulmans sont venus demander d'apprendre à leurs filles à coudre, à tenir une maison et à "obéir à leur mari". La population attendait des soins médicaux convenables et une maternité. La maladie du sommeil faisait rage et vidait des villages. Une équipe spécialisée ratissait la région pour en faire le dépistage et soigner les malades.

Une maison renouvelée en suivant les règles d'hygiène.
Sr. Renza fait la consultation des enfants dans un village.


A la mission, il y avait un embryon de dispensaire. Sr. Gisèle, infirmière a commencé à soigner et à découvrir les pathologies du milieu et l'urgente nécessité d'une éducation sanitaire et d'une médecine préventive. Le Centre médical étaient à construire. Les gens furent invités à collaborer en faisant des briques, en apportant le bois et en les transportant au lieu des constructions. Cela devenait ainsi "leur" dispensaire et "leur" maternité !

Très vite, Sr Gisèle s'est rendu compte de l'engouement des mamans pour la consultation prénatale. Marcher 30 ou 50 km n'était rien pour elles ! C'était même une détente, un repos des travaux des champs et une occasion incroyable de rencontrer d'autres femmes et d'avoir de nouvelles. Certaines venaient même de 100-150 km.

Nous avons essayé de profiter de la présence des femmes pour leur donner une formation : huit cours différents traitant des problèmes de santé les plus importants ont été organisé: grossesse, malaria, vers intestinaux, soins des plaies, nutrition, tétanos du nouveau-né, tuberculose, lavements et rougeole. La consultation prénatale permettait ainsi de rejoindre un très grand nombre de femmes et leur rendait possible un apprentissage, dans de bonnes conditions, à trois, quatre, cinq enseignements ou plus, durant leur grossesse. Nous avions l'espoir qu'elles finiraient par couvrir le cycle complet après 2 ou 3 grossesses, avec même le luxe de quelques répétitions... Un système de fiches par village permettait d'évaluer l'impact que pouvait avoir le nombre de femmes de tel village sur un changement de mentalité ou de pratiques nocives. Après une année, même si les femmes d'un village n'avaient pas toutes reçu les mêmes leçons, tous les enseignements avaientété reçus par les unes et les autres. Elles pouvaient s'aider et s'épauler dans la lutte contre certaines croyances de fatalité. Les notes sur les fiches étaient précieuses pour les grossesses subséquentes et le nombre de visites prénatales était autant d'enseignements reçus !

Pour atteindre davantage de femmes éloignées, nous avons organisé une consultation mensuelle avec vaccinations et éducation dans trois grands villages environnants, à une trentaine de km de Wamaza. Après quelques années, nous avions la joie de constater qu'il n'y avait plus de malaria cérébrale chez les enfants, et progressivement diminuait le nombre de cas de tétanos ombilical et de mortalité due à la rougeole.

Parallèlement à cette médecine préventive et éducative, Sr. Nelly sensibilisait hommes et femmes et les engageait dans des actions d'amélioration des sources dans une lutte contre les eaux stagnantes, de débroussage contre les tsé-tsé et une amélioration de l'habitat. L'action sanitaire et l'action de développement marchaient main dans la main. Le Centre de Santé et la maternité découvraient les causes des affections et le "Centre de promotion féminine" et le "Comité de développement" travaillaient à les corriger pour améliorer la santé et les conditions de vie.

Pour élargir l'influence il nous fallait des collaborateurs. Nous avons commencé à donner des cours de formation médicale aux travailleurs du dispensaire et de la maternité. Deux infirmières Adventistes d'un petit dispensaire furent aussi invité. C'était l'œcuménisme dans la vie !

Une école secondaire, des soins de santé, c'est tout ce qu'il faut pour qu'un village devienne une localité importante! D'autres services ont été organisés pour répondre aux besoins urgents : dépistage et soins aux tuberculeux, maison d'accueil pour les cas graves, consultation des nourrissons pour un suivi des vaccinations, etc. Le grain de sénevé devient une grande plante potagère !!!

Après un sursaut de progrès à la fin de la rébellion, la région a connu une lente dégradation des routes. La population s'est appauvrie insensiblement, malgré une terre fertile et un labeur constant. Elle arrivait difficilement à écouler ses produits agricoles : manioc, riz, huile de palme, arachides, coton.... Depuis 1997, elle connaît à nouveau les ravages de la guerre, les fuites dans la brousse, la perte de récoltes, la souffrance et ses misères... Dans ce climat, après le départ des sœurs, ceux et celles avec qui elles travaillaient, continuent l'œuvre commencée.

Que reste-t-il de plus de 25 ans de présence au milieu de cette population ? Certainement le témoignage de beaucoup d'amour et de don de soi, d'accueil et de fraternité aussi bien pour les musulmans que pour les chrétiens. Le reste appartient à Dieu ! Les "fruits qui demeurent" ne seront perceptibles que dans la Vie qui ne finit pas. C'est le mystère pascal, le mystère de la mort pour la Vie !

Gisèle Bellemare,
Communauté de Kinshasa (R.D. Congo)

 

 

Webmaster: Gisela Schreyer
website.gis@smnda.org

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