Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique (SMNDA)

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LES SMNDA ET LES MALADES DU SIDA

Sr. Amparo et son équipe travaillent au service des malades du SIDA.

Devant la crise que le SIDA a provoqué dans tout le continent africain, beaucoup des Soeurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique ont dédié leurs activités et leur savoir-faire aux nouvelles besoins et situations crées par cette maladie.

Visitez la page de "Partage Trentaprile"
sur le travail des SMNDA avec les malades du SIDA:

n. 4 - Sept. 2003 - Les SMNDA et le SIDA

 

 

Sr. Corrie Vork avec les malades du SIDA au Centre Shaloom à Mwanza (Tanzanie)

Le centre Shaloom à Mwanza

Lorsque le SIDA commença a être un problème à Mwanza, Sr. Corrie a commencé à visiter les malades et leurs familles. Elle y a engagé les communautés chrétiennes à visiter les malades et aider leurs familles. Le nombre de malades grandissant ainsi que et les problèmes liés à la maladie le besoin s'est fait sentir d'un Centre d'accueil.

Sr. Corrie avec les malades font une excursion. Aider les malades à "vivre pleinement" est le but du Centre Shaloom

Sr. Corrie avec un groupe de chrétiens ont mis leur enthousiame et leur énergie dans la contruction d'un Centre qui seraient la maison de tous ceux qui sont affectés et infectés par le SIDA.C'est ainsi que le Centre Shaloom est né.

Dans le centre il y a un dispensaire avec un médecin et quelques infirmières, pour les visites médicales et les traitements. Il y a des services de psychologie pour les malades et leurs familles. Il y a des groupes de soutien qui reçoivent régulièrement une formation et il y a aussi des groupes de prévention: éducation aux valeurs, surtout pour les jeunes. Vu que la qualité alimentaire est vitale pour les malades du SIDA, le Centre distribue de la nourriture aux familles et une fois par semaine prépare un repas pour tous les malades. Il y a aussi un groupe qui aide les orphelins à suivre leurs études et offre aussi un soutien aux familles qui les ont accueilli.

L'équipe d'animation est inter-religieuse (de différentes églises). Chaque matin ils commencent leur travail avec un moment de prière préparé par l'un ou l'autre. Les malades apprécient beaucoup cet aspect spirituel de l'aide.

 

Sr. Hildegard visite une malade terminale de SIDA

Une coopérative pour les
femmes affectés par le SIDA à Lusaka

Sr. Hildegarde Nagel (infirmière) a été envoyée à Lusaka pour s'occuper des malades du SIDA dans la communauté chrétienne et dans les différents quartiers de la paroisse.

En visitant les femmes affectées par le SIDA dans les petites communautés chrétiennes, Sr. Hildegarde Nagel a découvert le besoin que ses femmes avaient d'obtenir un gagne-pain pour elles et leurs familles.

Sr. Hildegard aide un patient à marcher

Leur maladie ne leur permettant pas toujours d'être présentes au travail, avoir un travail salarié était presque impossible.

Sr. Hildegarde a pensé à créer un Centre où ses femmes pourraient travailler en produisant des tissus africains qu'elles cousaient aussi. C'est ainsi que le Centre d'artisanat textile a commencé : teintures africaines et production de vêtements. La coopérative est aujourd'hui complètement dans les mains des femmes affectées par le SIDA. Elles sont payés par temps de travail et peuvent choisir leur horaire et les jours qu'elles peuvent travailler. Leur produits sont beaux et très vite vendus. Les femmes se sentent réalisées par leur travail et le soutien qu'elles apportent à la famille.

Voyez le travail des femmes dans la coopérative:

 

Sr. Hildegarde s'occupe aussi des orphelins laissées par les victimes du SIDA. Elle les visite chez les parents d'adoption et veuille à qu'ils suivent l'école.

LE MYSTERE DE LA SOUFFRANCE ET DE LA MORT

Sr. Ursula Finder - Lilongwe - Malawi

Sr. Ursula a travaillé pendant de longues années au Malawi comme infirmière. Depuis quelques années elle s'occupe des malades du SIDA. Elle nous raconte son experience avec une de ces malades.

Un matin, lors d'une visite aux malades, j'aperçois Margaret, mère de Lidy, une jeune fille de 18 ans que j'ai suivie pendant ses deux mois d'hospitalisation et qui a quitté l'hôpital depuis un mois et demi. Je vois Margaret en compagnie d'une personne très maigre et qui semble à toute extrémité. En m'approchant pour demander des nouvelles de sa fille, quelle n'est pas ma surprise de découvrir que la personne à l'aspect si misérable est Lidy elle-même devenue méconnaissable.

Je reste une demi-heure en silence au pied de son lit. Soudain Lidy ouvre les yeux et essaie de parler. Je m'incline tout près de ses lèvres et je l'entends murmurer: "Ma Sœur, pourquoi suis-je née?" D'abord étonnée qu'elle m'ait reconnue, je suis très frappée par l'expression d'une si profonde souffrance. Je me sens confrontée avec force au grand mystère de la souffrance et de la mort et à tant de questions qui restent sans réponse. Nos regards se rencontrent longuement et je perçois que Lidy devine le sentiment d'impuissance que j'éprouve face à sa souffrance.

Ce sont des expériences de ce genre qui m'ont orientée en priorité vers ces malades vivant les dernières étapes d'une maladie incurable. Leurs besoins sont très différents comparés aux personnes dont le séjour à l'hôpital n'est que temporaire. Depuis 1998, je remplis ainsi ma mission d'aumônier à l'Hôpital du Gouvernement de Lilongwe, au Malawi, partageant mon temps entre le 'Central Hospital' et le 'Bottom Hospital' où sont regroupés la plupart des malades en phase terminale.

Ma première préoccupation est d'établir des relations pour mieux connaître chacun des malades. Leur témoigner une attention personnelle signifie pour eux qu'ils sont acceptés, qu'on leur fait confiance et qu'on aura le souci d'alléger leurs souffrances. Dans ce climat de sympathie, certains en viennent à me confier l'histoire de leur vie, avec ses bons moments et ses faiblesses. Parler ainsi devient pour eux une libération. S'ils sont catholiques, je leur demande s'ils aimeraient rencontrer un prêtre en vue du sacrement de la réconciliation. Souvent, le fait d'avoir pu se confier fait naître en eux le désir de se rapprocher de l'Église. Il m'a été donné plus d'une fois d'être le témoin émerveillé de véritables conversions. Le Dieu vivant est à l'œuvre au fond des cœurs. Les confidences naissent des relations entretenues.

Les malades que je rencontre sont à diverses étapes de la maladie. Les accompagner, répondre à leurs besoins du moment, exigent une délicate sensibilité, avec beaucoup de compréhension, d'attention et de temps à leur consacrer. Démunie personnellement face au mystère de la souffrance, je suis souvent en admiration devant la perception profonde qu'acquièrent les malades à l'approche de la mort et la façon dont plusieurs accueillent cette ultime échéance. Un jour, malade depuis quelque temps, une dame me dit : "Ma soeur, je vais mourir aujourd'hui,restez et priez avec moi". Intérieurement, je ne suis pas si certaine que son heure soit venue, mais je prie avec elle. Elle boit ensuite un jus de fruit, puis me dit: "Je vais mourir". Une demi-heure plus tard, elle avait quitté ce monde.

Consciente de mon besoin personnel de guérison, je comprends que je trouve souvent cette guérison au contact des malades que j'accompagne à la fin de leur existence ici-bas. Ainsi mon ministère est à la fois enrichissant et exigeant et je tends vers une approche holistique de la personne. Les malades totalement démunis et qui n'ont personne auprès d'eux m'attirent tout spécialement. De même, la présence des nombreux prisonniers m'interpelle et je me sens appelée à leur accorder davantage d'attention.

Mon souci de nouer des relations s'étend également aux membres des familles qui ont souvent besoin de réconfort et d'une oreille attentive. Chaque dimanche, je participe à l'Eucharistie dans l'un ou l'autre des deux hôpitaux et je distribue la Communion à quelques malades. Un prêtre diocésain âgé est officiellement aumônier de l'hôpital et trois autres prêtres se sont engagés à venir une fois par semaine donner les sacrements aux malades. Pourtant, je me sens plutôt seule dans ce ministère. J'aimerais que soit mise sur pied une équipe interconfessionnelle, mais ce n'est pas facile et mes efforts dans ce sens sont restés infructueux jusqu'à présent.

Je sens que le Seigneur me guide dans ce ministère. Au milieu des malades, c'est Jésus que je rencontre: il vit en eux les différentes étapes de leur maladie, il porte la croix avec eux et accepte la mort. Et je me réjouis dans la ferme espérance que la vie éternelle est une réalité.

Ursula Finder
Lilongwe, Malawi

 

 

Webmaster: Gisela Schreyer
website.gis@smnda.org

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